Roc de Bassagne (3220m) Sortie du 21 juillet 2015

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Retour vers ce sommet situé au fond d'un vallon glaciaire que j'apprécie particulièrement. Les parois dolomitiques de Bazel et Calabre bordant ce vallon ainsi que la proximité avec l'Italie (Val di Rhêmes) en sont les principales raisons.

Conditions météo

Belle et chaude journée, quelques cumulus inoffensifs. Température de 15°C au sommet, vent faible voire nul dans le vallon glaciaire.

Récit de la sortie

En partant à 07h45 du pont Saint-Charles, la montée des pentes des Cavales peut se faire à l’ombre, celles-ci étant protégées du soleil matinal par une arête rocheuse. Les edelweiss sont bien présentes, peut-être plus petites cette année en raison d’un déficit pluviométrique.

Au pied de la paroi de Bazel, chouette ambiance avec les sons émis par les oiseaux et/ou rapaces qui évoluent aux abords de la paroi. Il y a de l’activité là-haut !

Au passage de l’ombilic, dernier espace de verdure dans ce vallon, je revois ce gros bloc très probablement tombé de la paroi de Bazel. Contrairement à d’autres blocs dont la base est en partie enfouie dans les dépôts glacio-lacustres, mon bloc repose dessus. Sa chute semble donc plus récente, à une époque où le glacier avait déjà fortement régressé, ayant pour conséquence une plus faible accumulation des dépôts au niveau de l’ombilic. Quelques siècles, ou plus ?

À moins que celui-ci ne provienne de la paroi de Calabre après transport et passage du verrou, du temps des vastes et puissants glaciers alpins. Dans ce cas, ce serait un bloc erratique. Difficile de trancher et ça me turlupine. Fin des investigations pour aujourd’hui, je poursuis.

Après le verrou de Tenn de Rhêmes, les névés qui étaient délicats à franchir il y a 3 ans ne sont plus là.

Ensuite, je fais au plus simple et opte pour une remontée du vallon via le talweg morainique, afin de rejoindre le lac coté 2895m que je n’avais pas visité la fois dernière. Le lac apparaît telle une oasis dans ce vallon aux airs arides, les saxifrages prospèrent aux alentours. Avec Bazel en arrière plan et un ciel azzurro, c’est fin joli. Et pourquoi ce lac n’a-t-il pas de nom ? Lac de Bassagne ou lac de Calabre, ça irait bien.

Sur la paroi de Calabre, des roches instables éclatées l’année durant par la gélifraction, dégringolent continuellement avec un lointain son très particulier.

Au fond du vallon, quelques tentatives d’ascendances en provenance de la vallée de l’Orco (Italie) sont aussitôt désintégrées au passage de la crête frontière. Ce petit jeu va durer une bonne partie de la matinée avant que ces ascendances ne prennent un peu le dessus avec le réchauffement, accrochant au passage les sommets de la Punta Basei aux Aiguilles Rousses.

Après le lac, montée sur un terrain constitué d’éboulis, dalles moutonnées en escaliers et quelques névés résiduels. Il y a bien de rares petits cairns çà et là mais ils sont peu visibles. Je ne m’en préoccupe pas et effectue mon propre cheminement. Dans les anfractuosités des dalles, de petites joubarbes profitent de la moindre accumulation de dépôts pour s’y développer.

Vers l’altitude 3020m, cramponnage à la base du glacier (ce qu’il en reste), au niveau d’un replat. Les crampons sont bien utiles pour franchir la partie en glace (de très faible épaisseur), seule partie assez raide de ce mini glacier.

Puis, la terrasse située au-dessus d’une dernière barre rocheuse est encore en neige, permettant ainsi d’arriver en contrebas de l’arête sommitale, vers 3150m. L’accès à l’arête est simple mais il faut rester vigilant sur ces roches brisées, certaines basculent facilement et peuvent surprendre.

Je ne me lasse pas des vues au sommet, vers les parois dolomitiques de Bazel et Calabre (Norien, Trias). Dans la partie supérieure de la paroi de Bazel, on peut observer un pli couché (anticlinal). On se trouve à la fois au fond de la haute Tarentaise et du val di Rhêmes, non loin des sources de l’Isère. Sur le versant italien, les glaciers (Soches, Tsanteleina, Lavassey) souffrent également.

De retour au lac (de Bassagne ? de Calabre ? Allo l’IGN…), je me rapproche de la crête surplombant le vallon du Prariond. À cette heure-ci (13h00), une descente dans le vallon, certes magnifique et peuplé de marmottes, m’emmènerait dans le flot des randonneurs(euses).

Finalement, je suis bien dans le vallon glaciaire et j’y reste, avec Bazel et Calabre. Il faudra se farcir du caillou sous la semelle puis quelques glissades sur le haut des pentes des Cavales mais ça, c’est OK.

Je parcours un temps la crête puis plonge vers le talweg morainique dans lequel, soudainement, il n’y a plus un brin d’air. Avec un soleil proche de sa culmination et une forte réverbération sur ces roches claires, je ruisselle comme un torrent en période de fonte. Sur les 3 litres d’eau emportés aujourd’hui, 2,5 litres seront avalés ici en quelques minutes.

En bas des pentes des Cavales, je rencontre un vent d’est venant de se lever et sortant des gorges du Malpasset, faible mais continu. Parfait pour effectuer le séchage sur le retour au pont Saint-Charles.

Dernière modification : 25 juillet 2015