Pierre sur Haute (1631m) par la Vallée des Reblats – à raquettes Sortie du 22 mars 2016

Sortie réalisée le 22 mars 2016.

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Une sortie qui n'a de printanière que le nom.

Conditions météo

Alternance nuages bas et Soleil le matin.
Soleil dans une atmosphère manquant de limpidité ensuite.
Vent violent (et glacial) toute la journée.

Récit de la sortie

La neige est arrivée tardivement, en mars, et se maintient grâce à des températures inférieures à la normale.

La météo prévoit du beau temps, et je pars pour mon annuelle randonnée entre le col des Supeyres et Pierre-sur-Haute.

J’ai regardé le bulletin météo d’un œil assez distrait, notant uniquement la couleur du ciel.

Dès la sortie de la voiture, je suis saisi par le froid dû à un vent tourbillonnant et plutôt glacial. Et, printemps oblige, j’ai pris la polaire (plus le coupe-vent) plutôt que l’anorak...erreur, je l’aurais apprécié...

Après les premiers hectomètres plats, je commence à monter sur le plateau et là où devrait se trouver Pierre-sur-Haute, il n’y a qu’une masse de brouillard qui progresse dans ma direction, tandis que je me dirige droit vers elle.

Changement de programme, je vais passer par la vallée des Reblats, plus abritée que le plateau où rien n’arrête le vent, lequel, comme écrit plus haut, n’est pas vraiment chaudet. Et je n’ai pas mon anorak...

Je gagne la vallée par le premier passage, celui qui passe par la croix isolée et qui me permet de quitter le plateau au plus vite...surtout sans anorak...

Dans la vallée des Reblats, le Soleil revient, le vent est moins violent et la température presque agréable. Au bout de la vallée, l’abri est maximal et je quitte même la polaire...

Comment définir la vallée des Reblats ? La Vallée secrète ? La vallée Oubliée ? La Vallée Perdue ? La Dernière Vallée ? (En pensant au film de James Clavell d’après un roman De J.B. Pick, The Last Valley.)

Je ne trouve dans cette vallée que la trace de deux skieurs et qui doit dater d’une semaine. Je sais que la vallée a été skiée ce jour-là.

En arrivant au col de la Croix du Fossat, je trouve de nombreuses traces de raquettes et aussi le vent. J’aurais bien mis mon anorak, mais je dois me contenter de la polaire...

En montant sur Pierre-sur-Haute, en prenant de l’altitude, le vent se fait plus froid et plus violent. J’enfile le coupe-vent sur la polaire. Ah, si j’avais eu mon anorak...

En arrivant sur la crête de la cote 1506, vers le site mégalithique (l’un des ...) je me rends compte que sans anorak je ne pourrai pas faire ma pause casse-croûte au sommet de Pierre-sur-Haute. Les seuls abris face à un vent tourbillonnant sont constitués par les bâtiments militaires. Je doute un peu que nos braves soldats m’accueillent à bras ouverts avec une tasse de café. Je pense même qu’ils verraient d’un mauvais œil un simple stationnement à l’abri près d’un mur...

Je vais donc passer par les Burons de la Richarde, me mettre à l’abri d’un mur et faire le sommet après ma pause. Ce qui est drôle, c’est que je ne passe jamais par les burons, pensant que c’est plus long alors que c’est l’inverse...

Bien entendu, les seuls burons ouverts sont en ruines...Même la chapelle est fermée. Elle s’appelle la Chapelle de la Nativité et non la Chapelle du randonneur Frigorifié...

Le dernier bâtiment, une grande étable est le seul qui présente des murs d’une dimension suffisante pour procurer un abri efficace. Je me mets donc à l’endroit le plus abrité. Avec un anorak, il ferait presque chaud. Sans, c’est simplement supportable.

Je m’apprête à sortir mon casse-croûte quand, sniff, sniff, une odeur me chatouille les narines...et pas une odeur de violette des montagnes...
Sniff, Sniff à droite, à gauche, devant et, là, à quelques mètres, une bande de terre d’environ 3m x 1m émerge de la neige.
Merde !
Ce n’est pas de la terre !
C’est un tas de fumier !
J’en serai quitte pour manger un peu plus loin, un peu moins à l’abri du vent et complètement à l’abri des émanations... Ah, si j’avais eu mon anorak !

Après le casse-croûte, rapide, incomplet (je finirai au retour dans ma voiture), je me lance vers le sommet, avec ma polaire, le coupe-vent, toutes capuches sur la tête laquelle est déjà recouverte par le bonnet plus le bonnet de secours, gants plus gants de rechange, une paire sur l’autre.

Au sommet, juste un petit tour pour prendre quelques photos. L’un de mes bonnets à glissé sur mes yeux et ma vue n’est que partielle. Je ne vois pas que je pénètre dans l’enceinte militaire. Il faut dire que la clôture de 2,50m est entièrement recouverte de neige. Je ne m’aperçoit de mon erreur que lorsque je me trouve derrière la croix sommitale. Je prends une photo et, bien qu’il ne fasse pas une température à mettre un soldat dehors, je ressors rapidement de l’enceinte.

Retour par l’itinéraire direct en traversant les grandes étendues blanches. Ce n’est qu’en arrivant dans le vallon de Pierre Brune que le vent se fait plus discret et devient plus supportable. En contrepartie, la neige devient de moins en moins portante et la progression de plus en plus éprouvante.

Après 18 km dans le froid et le vent, je trouve une voiture dont l’habitacle a été réchauffé toute le journée par le Soleil...un délicieux cocon qui vaut bien un anorak.

Trois jours auparavant, le dernier jour de l’hiver, j’avais déjà fait l"ascension de Pierre-sur-haute par son versant oriental avec un anorak accroché à mon sac du départ au retour.
Et pour tout dire, de tout l’hiver, je n’ai jamais eu aussi froid que ce second jour de printemps.

Dernière modification : 25 mars 2016