Dôme du Glandasse ou Pié Ferré (2041m) par la Combe de Veyranche, retour par la Combe de l’Aubaise

Sortie réalisée le 6 mai 2016.

ACCÈS et ITINÉRAIRE : Consulter le topo

Sortie sauvage, avec une montée par la superbe combe de Veyranche, et une petite variante pour la descente, avec bivouac pour le lever de Soleil - un enchantement !

Conditions météo

Très beau temps. Fort vent au sommet, agréable sur le plateau. Quelques névés encore en ce début mai.

Récit de la sortie

Je reviens vers les hauts-plateaux du Vercors, certainement l’un des endroits que je préfère. Toujours, j’ai escamoté la partie Dôme de Glandasse, dans mes différents parcours ; j’en fais aujourd’hui mon objectif prioritaire.

Divers accès possibles : Col de Rousset ? Chatillon-en-Diois ? Combe de l’Aubaise ? Je découvre un topo de Valverco proposant de monter par la combe de Veyranche, en surplomb ouest d’Archiane. Tentant, et apparemment facile comparé au Pas de Sambardou à étudier un jour. Et on peut boucler en redescendant par la combe de l’Aubaise : parfait.

Départ à 6h30 d’Archiane, après avoir dérangé, bien à l’insu de mon plein gré, toutes sortes de chevreuils et lièvres sur la route du col de Menée. Il fait beau et bon. D’Archiane, j’observe cette belle combe de Veyranche, gigantesque éboulis qui laisse entrevoir, dans la falaise, un accès au plateau. Obligé d’y aller !

Je prends le petit sentier qui mène à Crépée et l’Eaupigne (ce n’est pas une blague, mais je ne sais pas d’où ça vient) ; puis la piste, et au coude formée par celle-ci, je repère le cairn qui indique le début de la sente. Jusque-là tout va bien.

Un champignon (morille !) par là, un satané coq qui chante par ci, un souci d’appareil photo, j’en perds ma concentration, et avance un peu machinalement sur la sente. Il y avait une "patte d’oie" à repérer - pas vue ! et je commence à me dire que je vais trop loin au nord. Je poursuis tout de même, et arrive à une langue de pierrier que je peux repérer sur la carte : 50m trop haut ! Demi-tour, mais plutôt que redescendre chercher une patte d’oie que je n’ai pas vue, je pars par une sente animalière, en courbe de niveau, vers le bon pierrier, observé en prenant un peu plus de hauteur.

Après quelques démêlés avec les arbres, j’atteins le bout du pierrier de la combe de Veyranche. Ouf !... Sauf que c’est une bavante. Les gros blocs sont bien en place, mais en plein soleil, même si tôt et avec le matériel de bivouac sur le dos, ce n’est pas une sinécure ! Banzaï !... Siné ! qu’a rendu l’âme... Banzaï ! Un pied dans la combe !

Bouquetins et chamois, eux, gambadent dans la combe. Moi, je quitte parfois les gros blocs pour la petite caillasse, beaucoup moins stable elle, et c’est la galère. Des pauses pour admirer les aiguilles et grottes alentour font du bien.

Finalement, après une bonne heure et demie passée dans cette magnifique combe, je sors sur le plateau (la Plantainche). Austère ! Beaucoup de caillasse, j’en veux plus de la caillasse !... Des chamois m’accueillent : ne faites pas de pareils bonds ! On s’en extirpe tellement plus facilement que de la combe de Veyranche...

Jonction, à Jencourt, avec le GR. Crocus ! tout beau le crocus. Vers le dôme, des cris. Quelques groupes de randonneurs croient pertinent de s’en donner à cœur-joie à tue-tête. Voilà aussi pourquoi je préfère les combes désertées aux autoroutes.

Au Dôme, c’est intenable. Un vent terrible. Je m’éloigne, vers les crêtes, abrité par les pins, pour un petit pique-nique.

Je surplombe assez vite les cabanes de Chatillon, où j’avais initialement prévu dormir. Un troupeau. Quel est donc ce galimatias ? Des bouquetins ! Je descends, je m’approche et me pose pour les observer.

Si ce n’est la distraction offerte par les vautours, ou par ce traquet motteux ou oreillard (un spécialiste dans le coin ?) qui virevolte, je passe l’après-midi à les regarder se défier se combattre. Ils sont 74 mâles, quelques jeunes, remis à leur place d’un simple regard, et les autres qui y vont cornes contre cornes.

Je me décide à aller faire le tour des crêtes, chercher de l’eau à la source de Baume Rousse, et revenir tranquillement. Jonquilles, gagées, gentianes colorent un peu les prairies, grattées par les bouquetins.

La vire menant à la source est très belle, mais la source est à sec. A peine le fond est-il un peu humide. Bon... Je n’ai pas tout perdu. Une étagne, ayant perdu une corne, est là, posée, à surveiller les cabris acrobates stupéfiants mais qui jettent des pierres sur la vire. Je suis en-dessous, faites attention !

Retour aux cabanes, les 74 sont toujours là. Il est encore tôt, je décide de prendre de l’avance sur le chemin du lendemain. Je reprends le nord. Je passe par monts et par vaux, bouquetins et chamois, en contrebas du dôme, devant la bergerie de Laval d’Aix, envahie par les crocus, et habitée d’un chamois en bois, et trouve une petite place pour le bivouac.

20h, le Soleil est caché par les nuages, il fait froid, je suis fatigué, je mange je dors.

5h - réveil, ouverture de la tente. Je vois les massifs, où un voile nuageux semble s’arrêter. Un petit rideau de ciel pas orangé, seulement. Quelques inquiétudes sur la qualité du lever de Soleil que je vais observer, dissipées aussi vite que le voile pas très républicain parait-il par le Soleil. En revanche, il fait aussi froid que les couleurs se réchauffent.

Tout feu tout flamme, le Soleil te peint ça de rouge orange jaune bleu etc. etc. Ça valait la peine de se réveiller si tôt.

J’ai tellement froid que je plie tout illico et en route. La logique voudrait que je regagne le GR91 qui retrouve le GR93 et reprend ensuite la combe de l’Aubaise. Je préfère descendre directement par le Bois du Roi et m’épargner 3 bons kilomètres. Je scrute la carte, ça a l’air jouable. Je scrute le terrain, ça a l’air faisable. Garanti sans randonneur ! Je trouve les ruines indiquées au pied de la butte 1903m, les surmonte, et contemple la descente. Une tente ici : en effet bon terrain de bivouac. Mais ça dort encore (et le lever du Soleil alors ?). Dernière hésitation : Banzaï ! c’est parti.

La descente plein Est se heurte à une pente trop forte, je pars alors Nord-Est, ça passe tranquillement. Je reprends ensuite Est-Sud-Est et gagne ce magnifique jardin d’herbes et de lapiaz déjà repéré lors de mes précédents passages dans le secteur, en surplomb du GR93. Des chamois peuplent les lieux ; les dernières fois, c’étaient marmottes et bouquetins.

Je ne les dérange pas, et, après avoir constaté quelques cairns montant sur le plateau, ou rejoignant (?) la vire de Sambardou, je descends, par la combe de l’Aubaise, sur Archiane. A mon arrivée, c’est le départ, le départ des randonneurs.

Dernière modification : 9 mai 2016

Sortie publiée le 9 mai 2016