Les Rouies (3589m) par le Valgaudemar et le refuge du Pigeonnier Sortie du 28 mai 2016

Sortie réalisée le 28 mai 2016.

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Pas de regel à 3000m en mai...

Conditions météo

Flux de sud-ouest avec vent soutenu en altitude. Très mauvaises conditions de neige obligeant à une retraite à 3300 sur le glacier, après le couloir.

Récit de la sortie

Un grand merci à Jean Cimolai, pour toutes ces photos prises dans des conditions pas toujours faciles !

Erreur d’appréciation cette année pour démarrer dans les Écrins. Cette saloperie d’influence du sud avec des chutes de neige régulières mais qui ne gèlent, ni ne regèlent, aurait dû m’inciter à revoir ma copie.

Suite à un renoncement malheureux le 6 mai, pour le ski, alors que les conditions étaient finalement bonnes, contrairement à ce qu’annonçait la météo, et aussi suite au regel observé à l’Estrop, 15 jours auparavant, je me lance aux Rouies, et qui plus est pour une course d’initiation pour Ju et de ré-initiation pour Odile.

J’étais inquiet, mais l’homme croyant toujours au père Noël, j’espérais au regel d’altitude pour raffermir la masse neigeuse portée par les flux du sud et qui s’agglutine sans relâche en altitude.

C’est finalement mal connaître les Rouies. En bas, à 1600m, les névés résiduels sont durs, mais plus on monte et plus c’est mauvais. C’est assez particulier.

Du coup les affluents du torrent de la Muande Bellone, passent sur des névés encore assez durs pour nous porter au-dessus des eaux tumultueuses, mais au-delà des 2200m c’est déjà bien mou.

On se dit que le milieu de la journée en est la cause et on arrive au refuge en traversant des pentes déjà un peu expo avec cette neige qui recouvre le sentier, et pour certains avec les pieds humides.

Soirée sympa au refuge non gardé ce vendredi. En fin de soirée nous avons la surprise d’entendre des pas sur l’escalier métallique. Deux de plus. Et au réveil le lendemain (3h30 pour jouer à fond la carte du regel nocturne), nous aurons la surprise de découvrir deux nouveaux visages. Ceux là sont arrivés à 10h00...

Premier réflexe : je vais voir la neige. Aucun regel. Ça craint !

Départ un peu avant 4h30 avec quelques traversées de névés un peu pentus et le passage de rochers faciles. Nous mettons les crampons juste après.

Au loin dans la nuit on aperçoit les deux qui sont partis devant nous (arrivés tard mais partis tôt...). Le jour se lève et nous suivons leurs traces en voyant bien que selon la couleur de la neige cela tient plus ou moins.

Le jour levé, j’observe régulièrement leur progression, qui ralentit dramatiquement. Peut être refont-ils leur encordement... En tous les cas ils n’avancent guère...

Finalement ils s’arrêtent au moment où l’on termine la traversée pour remonter vers le couloir, et même ils redescendent...

Petite discussion à notre croisement. La trace est trop difficile pour une seule équipe et je propose d’y retourner ensemble et de se relayer. A contrario de la neige, ils ne sont pas chauds...

Et ça commence !... On s’enfonce facilement jusqu’au genou, et il faut faire le terrassier pour progresser. On croit que ça va tenir et puis blang ! Les deux jambes dans le riz gluant !

Nous nous relayons avec Jean, et progressons tant bien que mal. Puis c’est Ju qui prend les choses en main. Malgré sa mauvaise nuit, il enchaine, avec sa pointure 46, jusqu’au pied du couloir.

C’est à ce moment que, loin en dessous, nous apercevons une cordée, qui marche dans nos traces. Encore plus bas, deux skieurs qui filent au Kérosène... Ils nous doubleront dans le couloir. Le terrassement sur 300m nous a pris du temps et des ressources, et puis nous devons nous encorder pour l’initiation.

Le couloir n’est pas très marrant car on s’y enfonce encore maladroitement. Mais la sortie reste un grand moment même si la corniche sommitale incite à beaucoup de prudence cette année.

Il est 9h30, nous avons mis presque 5h00 pour faire 800m !... C’est énorme et rédhibitoire pour les Rouies, car la neige va être horrible à descendre avec le soleil...

Après la bosse, nous traversons dans une neige affreuse qui nous enlève nos derniers regrets pour le sommet. La descente est pénible au point de préférer glisser sur les fesses que d’essayer de se tenir sur ses jambes ; mentalement épuisant...

Voilà ce qu’il peut arriver par un flux de sud sur une face sud. Le sud n’apporte pas que du bon...

Dernière modification : 29 mai 2016

Photos « Les Rouies (3589m) par le Valgaudemar et le refuge du Pigeonnier »

l'itinéraire vu du bas J'en reviens pas d'avoir une bagnole pareille ;-) flux de sud... pas génial prudence sur les ponts de neige accès au refuge en mai accès au refuge en mai on arrive le refuge en mai on est chez nous ! 4h30, on rigole moins... la neige porte encore pas trop mal c'est mou, c'est mou... c'est mou, c'est mou... La muraille des Rouies s'illumine grosse bataille dans la profonde Ju prend les choses en main.. serions nous trop tôt en saison ? en vue du couloir dans le couloir les pitous dans le couloir (2° cordée) fin du couloir la pointe du Vallon juste avant que la corniche ne s'effondre vers 3300m On redescend vers le glacier en ramant... la galère dans cette neige profonde presque jusqu'en bas...