Refuge de la Martin (2154m) en boucle par les Brévières et les Rochers de la Grande Paréi Sortie du 6 juin 2016

Sortie réalisée le 6 juin 2016.

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Virée au refuge de la Martin, quelques jours avant l’ouverture de la saison de gardiennage.

Conditions météo

Le temps très ensoleillé se couvre rapidement, puis de larges éclaircies se développent et contiennent les averses orageuses qui ne se produiront qu’en toute fin de journée. Température de 14°C au refuge à 12h00, vent assez faible. Encore pas mal de neige sur la traversée entre le refuge et le début de descente dans le vallon de la Sache.

Récit de la sortie

Bientôt, le refuge de la Martin va retrouver un peu d’animation. Ouverture le 14 juin avec de nouveaux gardiens.

Là-haut, le printemps semble tout juste commencer avec ces armées de crocus qui tapissent les alpages, à peine la neige retirée.

Pendant la montée, un grand névé couvre le replat vers l’altitude 2000m. Bien épais, il facilite le franchissement du Nant Noir puis du Nant Blanc qui s’écoulent en dessous avec un débit torrentiel à cette époque.

Peu avant l’arrivée au refuge, un craquement retentit sur les hauteurs : une coulée se déverse du glacier de la Martin sur le glacier de l’Inverneau, après une chute de 120 mètres sur les barres rocheuses.

Pour le retour sur le sentier balcon, il reste pas mal de neige jusqu’au Plan des Pierres. De visu, je m’assure que tous les couloirs en amont ont été purgés.

En amorçant la descente vers le vallon de la Sache, une courte portion du sentier est en dévers, terreuse et assez glissante. Il s’agit d’un raide couloir où le sol est régulièrement raboté par des avalanches.

Revenu aux Brévières, j’ouvre une petite page de l’histoire locale et entreprends une escapade le long de l’Isère jusqu’au barrage de Tignes (2,8 kilomètres aller-retour).

Ce barrage voûte mis en eau en 1952 est construit sur l’étroiture du verrou glaciaire du Chevril. C’est le 3ème verrou sur le tracé de l’Isère (depuis ses sources), après les gorges du Malpasset et celles de la Daille.

Je me dirige vers l’usine électrique des Brévières située au pied de la conduite forcée provenant du barrage. Le chemin franchit le canal de fuite qui restitue l’eau turbinée à l’Isère, puis s’engouffre dans les gorges du Chevril.

Ce chemin n’est autre que l’ancienne RN202 qui se prolongeait vers Tignes et le col de l’Iseran. Parallèlement au chantier du barrage, la nouvelle portion de la RN202 (aujourd’hui D902) est alors construite sur la rive droite du lac du Chevril.

Débutant au point coté 1569m sur l’actuelle D902, elle effectue la jonction au niveau du tunnel du Rossetti, à la sortie des gorges de la Daille.

Dans les gorges du Chevril, l’ex RN202 abandonnée depuis plus de 60 ans est méconnaissable avec pour seuls rappels, les murs de soutènement et quelques restes de bitume. Entre ravins et falaises ruisselantes, elle a subi les assauts du temps.

Et à voir tous ces rochers qui jonchent le tracé, cette portion de la RN202 ne devait pas être très sécurisé. D’ailleurs, un morceau de la route gît au fond de l’Isère !

Dernière modification : 13 juin 2016