Mont Viso (3841m) Sortie du 17 juillet 2016

Sortie réalisée le 17 juillet 2016.

ACCÈS et ITINÉRAIRE : Consulter le topo

Belle ascension technique après le passage d'une perturbation neigeuse la veille.

Conditions météo

Temps magnifique, absence de la Nebbia habituelle, le sommet est resté dégagé toute la journée.

Récit de la sortie

En avant pour le Viso

Malgré des conditions d’ascension pas idéales, nous décidons mon cousin et moi de nous lancer à l’assaut de cet imposant sommet fermant la vallée du Guil, et exerçant sur nous depuis tous petits une grande fascination.
Après avoir échoué l’année dernière au pied de la face, faute d’équipement, nous organisons notre ascension de façon à assurer le maximum de chances de réussite.
Malheureusement, le mauvais temps s’est abattu sur le Queyras le jeudi 14 Juillet et nous a obligé à reporter notre ascension d’une journée. Nous profitons de la journée du 15 juillet pour effectuer une reconnaissance de la montagne en montant au col Vallante pour y évaluer les conditions. Au col, nous découvrons un paysage hivernal : cinquante centimètres de neige fraîche sont tombés dans la nuit, les refuges situés sur le classique Tour du Viso sont pris d’assaut par des randonneurs ayant été surpris par la perturbation. Mais heureusement, le soleil de Juillet transforme rapidement la neige qui finit par disparaître en fin de journée en dessous de 3000 mètres d’altitude, de quoi nous redonner confiance pour l’assaut du lendemain.

Le départ

Le coup d’envoi est lancé le lendemain, 16 Juillet. Nous partons à 9h du parking de Castello, en Italie, et empruntons la voie d’accès passant par les lacs de Forciolline. Le chemin des lacs de Forciolline est très raide, et notre équipement, que nous avons pris en quantité, ralentit notre progression. En effet, weekend du 14 Juillet oblige, nous sommes partis en autonomie complète, en pensant que le bivouac Forciolline serait plein. A notre grande surprise, nous ne rencontrons que cinq autres personnes, tous Français, qui tenteront l’ascension avec nous le lendemain. Les conditions météo des derniers jours ont dû refroidir un certain nombre de prétendants ce weekend.

L’assaut

Réveil à 4h, départ à 5h. Nous partons à la fraîche quand il fait encore nuit afin de rejoindre le début de la face au lever du soleil. Le bivouac Andreotti est atteint à 6h30.

Conditions d’ascension à la mi-juillet 2016 :

crampons, piolet et corde absolument indispensables. La voie d’ascension est encore largement enneigée, et le névé en début de paroi est encore très épais. Les conditions du terrain rendent la montée plus difficile : si le gel du matin a permis aux crampons de mordre efficacement le matin, le dégel de fin de matinée a rendu la descente délicate.

Important : Toute la voie normale a été déséquipée. Ne subsistent qu’un piton rouillé avant la première escalade technique en amont du névé, et deux queues de cochon un peu avant le sommet.

Le sommet est atteint à 9h30. Nous sommes les premiers arrivés, mais les deux autres cordées de Français partis de Forciolline en même temps arrivent peu après. Nous sommes six au sommet du Viso ce jour-là. Des trois cordées de Français parties de Forciolline, toutes redescendront sans encombre.
La descente se révèle délicate : en effet, à peine avons-nous décidé de descendre que des dizaines d’Italiens partis du refuge Quintino Sella atteignent l’arrête terminale avant le sommet. Un bouchon d’alpinistes se forme à 3800 mètres d’altitude, nous contraignant à patienter pendant une heure avant de pouvoir poser le premier rappel de la descente.
Cette désescalade se révèle laborieuse : la neige transformée s’accumule sous les crampons malgré l’anti-bottage, le manque de relais rend la pose des rappels peu évidente. De même, nous nous faisons rattraper par les cordées d’Italiens pressées de descendre du sommet. Personne n’avait jugé bon de s’équiper d’une corde. Notre petite corde de 40m a ainsi servi à une cinquantaine de personnes de sortir de passages délicats...

Retour à Andreotti à 13h, soit plus d’une heure après l’estimation. Arrivée à Forciolline à 14h30. Heureusement que le temps s’est maintenu au beau toute la journée. Je n’ose pas imaginer ce qui aurait pu arriver aux alpinistes non équipés, très nombreux sur le Viso cette journée, si la Nebbia était montée.

Redescente à Castello et arrivée au parking à 18h30.

Une ascension technique, plus difficile que prévue (au regard des conditions d’ascension de cette journée, qui ressemblaient plus à du mixte qu’à du rocher, on classait la voie avec les autres alpinistes Français plutôt autour de AD que PD).

Mais malgré le monde et les conditions pas idéales, cette expérience restera gravée longtemps dans nos mémoires !

Dernière modification : 24 juillet 2016