Sortie du 23 novembre 2015 par Anic Tour des Annapurnas

Un magnifique trek mais aussi (et surtout) une superbe expérience humaine au cœur de la population népalaise.

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Conditions météo

Non renseignées...

Récit de la sortie

Vendredi 23/11/2015

Départ de Lyon à 12h .
Un Lyon/Istanbul inoubliable...un indien comme voisin, aussi bavard que moi. On discute pendant tt le vol et on attend notre correspondance ensemble. Échange de nos mails, une prochaine idée de voyage avec comme guide Shokat !

Samedi 24/11/2015 et Dimanche 25/11/2015

Nuit blanche dans l’avion. Les films se succèdent comme les caprices d’un petit népalais.... On arrive à 6h15, heure locale (mais 3h du matin heure française) .Tout va très vite à l’aéroport et je retrouve Jocelyne et Passang qui m’attendent comme convenu. Déjeuner à Katmandou. Café pour se réveiller et c’est parti pour ma 1ère journée au Népal.

Dimanche sera essentiellement consacré à l’Association ( Bimal Ecolier du Népal) et à l’accueil de nos derniers amis qui n’arriveront que le soir.

Lundi 26/11/2015 Katmandou

Petit déjeuner chez Tilak . C’était long mais bon ! Katmandou connaît une pénurie de gaz, la cuisine se fait au feu de bois...

Visite du centre de la capitale au programme ce matin. Thamel, Dubar Square, le marché aux légumes, .. En chemin, on découvre les traces du séisme jusqu’à maintenant inexistantes.

La vie continue entre les ruines de certains quartiers. Dubar square est partiellement détruit, des poutres maintiennent des édifices debouts, des photos de l’avant/après séisme révèlent l’ ampleur des dégâts. Palais, temples, statues ne sont plus que l’ombre d’eux mêmes. On peut visiter la cour intérieure du palais de la Kumari, la plus éminente déesse vivante de la vallée de Katmandou.

Déjeuner en hauteur, sur le toit d’un restaurant. Ambiance plutôt calme par rapport l’année dernière..moins de touristes, de circulation. Quelques cerf volants dans le ciel, bientôt commencera un festival qui va durer quelques jours. Les enfants sur des toits ont des bobines de fil et un cerf-volant souvent fait maison (sac plastique et bambou).

On rentre par un autre chemin. On passe dans des ruelles étroites , des poutrelles de tous les cotés pour consolider des maisons qui sont déformées par le tremblement de terre. Au retour à l’hôtel, j’apprends qu’il y a eu un nouveau séisme au Pakistan, en Inde. Rien chez nous, heureusement ,compte tenu de notre itinéraire.

On prépare nos sacs pour le lendemain. Repas vers 19h et coucher tôt. Demain départ à 6h30.

Mardi 27/11/2015 Katmandou à Bhulbhule (840m)

Départ à l’heure prévu dans un monospace grand luxe.
Il n’y a que nous et les bagages sur le toit.

Quelques heures de route, on décide de s’arrêter dans un « boui-boui » au bord de la route. A peine mis un pied à terre que je me retrouve nez à nez avec des matourins. Ce n’est pas une ethnie népalaise mais simplement des habitants de mon ex village en France.

Je savais qu’ils devaient venir au Népal mais aucune connaissance de la période, du trek. Le monde est petit. ....il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.

On arrive à Besisahar en un temps record avant midi.Pas grand monde sur la route à cause de la pénurie d’essence. De nombreux bus n’ont plus de pare brise ou simplement un sac plastique à la place. Incroyable de pouvoir conduire dans ces conditions. Mais au Népal, tout est POSSIBLE.

On déjeune donc dans ce gros bourg en attendant une autre voiture pour Khudi. On choisit des momos ( sorte de raviolis fourrés aux légumes ou avec un peu de viande que l’on sert bouillis ou frits).sans trop réfléchir à la pénurie de gaz. Les népalais ne disent jamais NON. L’attente est interminable.

On réalise qu’il cuisine au feu de bois au bout de 45 min...trop tard..il va falloir attendre encore 30 min. On est en vacances, pas grave, la voiture, elle, s’impatiente un peu. Pour une fois c’est dans ce sens !!!

On continue la route dans une jeep qui a vécu on va dire. Changement de standing...on est agglutiné les uns contre les autres. La piste est très accidentée, on a l’impression que le véhicule, grince, souffre au passage de chaque ornière.

Arrivée à Bhulbhule 1 bonne heure après. Sur le trajet on peut apercevoir l’Himal Chuli ( 7893 m), le Manaslu ( 8163m) et Annapurna 2 et 4. On va faire une petite balade vers la cascade. Parcours un peu glissant, on fait attention, ce serait trop dommage de se faire mal le 1er jour.

Douche et dal bhat pour tout le monde, on a compris la leçon du gaz.Le dal bhat , littéralement « riz aux lentilles » est le plat emblématique du Népal.Composé de riz blanc (bhat) et d’un bol de soupe de lentilles (dal), il est souvent agrémenté d’un curry de légumes et parfois d’un mélange d’ingrédients épicés. La viande étant peu accessible, c’est un plat végétarien !

On est hébergé dans un lodge ( on les nomme aussi hôtel, guest house). C’est l’hébergement principal sur les principaux treks. Des chambres de 2 souvent, sans chauffage, la douche ( froide !) et les toilettes sont à l’extérieur. Un bon duvet est indispensable même si les loueurs prêtent souvent des « blankets » ! (couvertures)

Mercredi 28/11/2015 Khudi

Une nuit un peu difficile.. Il faut s’adapter à la literie népalaise, une épaisseur plus que fine, une planche en guise de sommier..quelque soit la position, c’est dur, il va falloir quelques jours pour s’habituer.

Lever 5h45. Déjeuner 6h pour un départ à 6h30 . On visite la famille d’Amindra, le filleul d’Annick, Guillaume et David qui vit à 1H30 de marche On discute , on boit du lait de buffalo, beaucoup plus fort que du lait de vache mais c’est bon , échange de cadeaux, photos...
On prend congés 1h plus tard et on redescend en entendant l’hymne nationale népalais qui débute chaque journée de classe.

A Khudi, notre petit groupe se disperse.
On mange à l’école, dal bhat bien sur dans la nouvelle cantine. Ils ont profité de l’argent donné pour le tremblement de terre pour construire un nouveau bâtiment. Réfectoire, cuisine intérieure et extérieure, un cadre de travail et de vie beaucoup plus agréable. L’ancienne cuisine s’est transformée en une salle de cours pour accueillir des nouveaux élèves. L’effectif total frise les 600 étudiants.

A 15h30, une cérémonie pour remercier l’association commence. On est tous les 6 devant plus de 400 enfants bien alignés devant nous.
Discours des officiels, discours de Jocelyne traduit en népali par Passang , applaudissement et c’est parti pour la remise de Tica et Tara.

Concrètement, tous les professeurs ( une vingtaine) et quelques élèves nous font une marque rouge sur visage et nous passe un collier de fleurs autour du cou. On est traité comme des stars même si on fait un peu « pot de fleurs » sur la fin. C’est la tradition, nous sommes des menbres honorés et respectés qui avons un peu de mal à respirer mais nous gardons le sourire !!
Séance interminable de photo sur le banc avec tous les professeurs. Tout le monde veut nous tirer le portrait...

Plus de 30 min de marche au retour avec nos kilos de fleurs fraîches autour du cou. On se déleste petit à petit sur le chemin. Sourire des porteurs qui trouvaient leur charge plutôt originale.

Patates et œufs pour le soir, le riz à répétition commence à contrarier notre intestin.
Le trek commence demain mais en jeep . Plus de 6h30 sur piste .. dur, dur pour le dos.
On se prépare en prenant un matelas en plus pour la nuit.

Jeudi 29/11/2015 Bhulbhule à Dharapani (1940m)

Une nuit meilleure avec le double matelas. Déjeuner à 6h30 avec chapati, pain tibétain, pancake au choix et thé : black tea, limon tea, milk tea, massala tea...sont proposés tous les matins.

Mr Arjun ’( président école) vient nous saluer pour notre départ et nous prenons place dans la jeep.
3 devant, 4 derrière et les 3 porteurs avec les bagages à l’extérieur. Comme dirait Arjun, vous êtes serrés au début et après vous trouvez votre place comme des sardines dans une boite. La comparaison n’est pas flatteuse mais elle s’avère exacte.Le véhicule empreinte l’ancienne route .

On s’en aperçoit très vite et demandons au conducteur de faire demi tour. Mais on ne désobéit pas a Arjun, même s’il n’a aucun rôle d’organisateur dans notre trek.. Il a juste omis de nous dire qu’il conseillait au chauffeur de prendre la vieille piste quand tout le monde prend la nouvelle, beaucoup plus roulante.

45 min de creux, de bosses, sur une piste de cailloux qui fait grincer toute la voiture et on récupère la route principale, enfin....
La pluie s’est invitée également mais on est à l’abri ! Cela ne nous empêche pas d’admirer cette vallée encaissée et sa rivière Marsyangadi. . On s’arrête plusieurs fois regarder des cascades aussi belles les unes que les autres. Syange retient plus particulièrement notre attention. On traverse également de nombreux villages qui vivent d’agriculture ( surtout riz et mais )et de tourisme.

On arrive à Dharapani vers 13h, déjeuner à 14h et balade dans le village à travers les gouttes.

Un professeur népalais rencontré dans le village nous fait visiter un temple hindou.
Discussion sur la condition de professeur au Népal. IL nous apprend que le salaire est le même dans le privé que dans le publique, et que les « fonctionnaire travaillent moins et touchent une pension à la retraite ».

Après-midi jeux, photos, écriture en espérant que le temps s’améliorera le lendemain.

Vendredi 30/11/2015 Dharapani à Chame (2670m)

Nuit calme , soleil au RDV, la journée s’annonce au top

Le départ prévu à 7h, se transforme en 8h, le temps que les porteurs s’organisent pour se répartir nos sacs. Nous voyageons en effet avec 1 guide et 3 porteurs. Nous apprécions tous ce confort qui nous permet de marcher avec un sac à dos assez léger ! Cela permet également de faire travailler des hommes qui doivent faire vivre leur famille. Un trek solidaire, c’était notre choix.

On marche sur une piste dans la foret aux couleurs automnales avec vue de temps en temps sur des sommets enneigés compte tenu de la météo de ces derniers jours.
On s’arrête à Thanchook pour manger. Pizza en ce qui me concerne, j’essaie de varier au maximum la nourriture car je sais que ce sera dal bhat après 2 fois par jour à l’école !

Les menus sont d’ailleurs assez variés, on a toujours le choix entre au moins 4 ou 5 plats qui ont eux mêmes des variantes. Par exemple, macaroni/ légumes ou macaroni/ viande ou macaroni/œufs ou macaronis avec un mélange de tout.

On arrive vers 16h à Chame. C’est un village commerçant de culture tibétaine. Vielles pierres, monuments bouddhistes dont un moulin à prière actionné par le courant d’un torrent.

Notre chambre est sympa avec douche et toilette,le luxe même si l’eau est plus que gelée. Ce soir, pas besoin de frontale pour aller faire pipi !

Visite du village et achat de bâtons, de cape de pluie, de gâteaux et fruits secs...
Au lit vers 8h...on va dire qu’on vit au rythme du soleil !

Samedi 31/11/2015 Chame à Pissang (3300m)

Le soleil brille, la journée s’annonce belle.Comme la piste d’ailleurs que l’on empreinte, passage en foret, les sommets enneigés sont de plus en plus omniprésents .

On découvre des vergers de pommes, insolite tous ces fruits rouges. On en achète, on se régale, elles sont sucrées à point. On est loin des 5 fruits et légumes par jour au Népal...les dernières bananes remontent à quelques jours !

On continue notre lente ascension, aujourd’hui on va passer les 3000m. La vallée est large, des montagnes de chaque coté, nous longeons toujours la rivière Marsangdi que nous traversons régulièrement par des passerelles métalliques ou ponts de bois colorés par des drapeaux tibétains. L’eau est de couleur bleue/grise.

Déjeuner à Dhikur Pokhari en terrasse et en plein soleil...tee shirt, crème à bronzer, doigts de pied en éventail...de vraies vacances !

Nous sommes en pays bouddhiste, les villages que nous traversons ont tous des murs avec les moulins à prière que l’on fait tourner à notre passage en passant par la gauche bien sur ! Les habitants font des prières nous, on s’adresse aux dieux pour que le temps se maintienne jusqu’au sommet...pas de quoi être très fièrs !

On découvre également les 1er murs à Mani. Ces murs à prière sont des amoncellements de pierres plates sur lesquelles sont gravées des mantras, des prières ou dessins. Mani est l’abréviation du mantra de la compassion « Om mani padme hum ».

Arrivée à Upper Pissang ou les porteurs nous ont réservés le lodge. Certes ils vont plus vite que nous malgré leurs charges mais cette fois, ils ont fait le trajet en jeep !

Le village est divisé en 2, Lower Pissang et la partie « haute » que nous avons préférée.Le panorama sur l’Annapurna 2 (7937m) et 4 ( 7525m) est saisissant. C’est aussi le point de départ de l’ascension du Pisang Peak (6091m).

Douche, shampoing ( je précise car c’est assez rare ds le trek), lessive et visite du monastère en haut du village. C’est une construction récente et magnifiquement décorée.

On nous offre de l’eau chaude citronnée en nous invitant à nous asseoir et pourquoi pas méditer.

Retour au lodge . Apéro avec patates à l’eau et sauce épicée ( cela change des cacahuètes).

Repas servi à 18h30. On commence par de la soupe sur les conseils de Passang. En effet il faut boire plus de liquide en altitude, il nous vante celle à l’ail...indigérable selon Annick 1 et succulente pour Annick 2.
J’ose l’écrire, coucher 8h !

Dimanche 01/12/2015 Upper Pissang à Manang (3540m)

Lever 6h15 pour un déjeuner prévu à 6h45. On l’attend jusqu’à 7H15, par moment un peu marre de ce 3/4 d’ heure népalais. Certes, ils cuisinent au feu de bois avec la pénurie de gaz mais tous les soirs quand on commande pour le lendemain, on précise l’heure et le plat choisi.

L’avantage de cette attente est de démarrer sous un soleil qui commence à chauffer. Il y a toujours un coté positif à la situation...les népalais voient toujours la vie sous cet angle, les occidentaux n’ont pas toujours ce réflexe !

Le ciel est bleu, les montagnes se découpent encore mieux sur ce fond. Annapurna 2 puis 3, on se sent tout petit face à ces géants mythiques.

Le sentier est large, on traverse une foret avec des restes de neige au sol. Pissang est au loin avec sa partie haute et basse. On s’arrête pour faire des photos, acheter des souvenirs, chacun vit le trek un peu à sa manière....l’avantage d’être dans un petit groupe sans un programme à respecter « à la lettre ». La zénitude règne sur le Népal, sur notre groupe aussi.

On déjeune vers 13h à Nawal. 30 min de peluche de patates à l’eau pour aider une vieille dame. David lui offre sa photo avec son polaroid. Un beau sourire édentée pour le remercier. Ce ne sera pas sa future fiancée malgré le « beke magareko »= il est célibataire , la phrase préférée de son père !

On continue sur une piste, une vision double...je m’explique
Sur la gauche, paysage de haute montagne, sur la droite, on se croirait en Cappadoce en Turquie. Les 2 à la même altitude..incroyable

Descente sur Manang en traversant souvent des troupeaux de yak et on arrive au village un peu fatigué.

La chambre est au dernier étage...il y a des escaliers à monter mais la vue est imprenable.

La salle commune est déjà chauffée et la porte d’entrée est régulièrement fermée. C’est une spécialité népalaise de laisser toujours les portes ouvertes malgré le froid extérieur et la difficulté de chauffer à l’intérieur.

Soupe pour le mal des montagnes, plat et chocolat pudding/beignets aux pommes pour les plus gourmands. Que c’est bon de manger sucré de temps en temps.
Coucher vers 20h30, on veille !

Lundi 02/12/2015 Manang

Pas de sac aujourd’hui à préparer car nous restons 1 journée à Manang. Pancake au chocolat pour les plus gourmands du groupe, lessive à l’eau froide et on part pour une petite balade en direction d’un glacier. Pause vers le sommet en sirotant une eau chaude citronnée.

Il fait vraiment très beau et chaud, la vue est dégagée et magnifique . Sur le chemin du retour, on voit des enfant qui font comme de la luge, dans un espèce de couvercle en ferraille sur des cailloux.Distribution de peluches aux petits et à leur famille.Un agréable moment même si on ne se comprend pas, les gestes, les sourires suffisent.

Repas au lodge vers 13h. Hamburger au yak, frites, crudités...on croit rêver. MacDo version népalaise, on se régale.On se dépêche de finir nos festins pour aller assister à une course de chevaux dans le village. Programmée à 14h, elle commencera à 15h45...pas de doute, on est bien au Népal !

On profite de ce retard pour participer à une réunion d’information sur le mal des montagne. Un médecin volontaire d’ Himalaya Rescue Assciation nous explique pendant 30 bonnes minutes le phénomène et les les précautions à prendre .

A force de me concentrer sur toutes ces explications en anglais, je commence à avoir mal à la tête. La maîtrise de la langue de Shakespeare me cause encore beaucoup de problèmes...Elle nous préconise de réaliser l’ascension du col en respectant des paliers de 500m et parallèlement une météo capricieuse est annoncée. On ne sait plus quoi faire.

On va se changer les idées ...la course commence. Les chevaux et leurs cavaliers font des aller/ retour devant nous. Costumes divers, acrobaties pour certains, un show un peu à la cow boy !

Repas avec de la soupe bien sur et un dessert sucré pour beaucoup !

Mardi 03/12/2015 Manang à Yak Kharka (4050m)

Lever à 6h . Déjeuner à 6h30 pour une fois à l’heure et nous démarrons à 7h sous un beau soleil.On quitte Manang par un petit chemin ou l’on croise de nombreux petits marchands. Les produits artisanaux proposés sont souvent d’origine tibétaine.

Jocelyne en profite pour compléter ses achats pour son association.On monte lentement pour diminuer les conséquences de l’altitude, d’ailleurs on ne se rend pas compte que l’on marche entre 3500 et 4000m.

On privilégie les boissons chaudes à l’eau froide, on fait des pauses pour s’acclimater au mieux.Tout le monde ne respecte pas ces conseils..On croise un jeune qui vomit. On le persuade de redescendre plus bas. Une fille ne veut pas nous écouter. Elle est livide, titube mais son groupe ne veut rien entendre. De la pure inconscience...

Vers 13h, on arrive à Yak Kharka et on s’installe dans une véranda à l’étage. Des rideaux de toutes les couleurs illuminent cet endroit, le soleil sur les vitres dégage une douce chaleur, les coussins sur les banquettes épousent nos corps un peu fatigué, sans parler de la vue ...que c’est bon tout ce confort.

Après le repas, on se décide difficilement d’aller jusqu’au bout du village . 500 m de dénivelé entre chaque nuit, on respecte la procédure de l’acclimatation finalement.

On prend possession de nos chambres et on finit l’AM en jouant aux cartes,en discutant avec d’autres français. C’est le 2ème binôme que l’on rencontre qui à décidé de changer de destination de voyage par solidarité.

Le tremblement de terre n’a pas laissé de traces visibles dans les Annapurnas mais plus de 60 % des trekkeurs habituels sont absents.On en profite indirectement... ce n’est pas le boulevard de d’ habitude !

Lasagne au repas. C’est bon, copieux à 4000m d’altitude !

Mercredi 04/12/2015 Yak Kharka à Thorung Phedi (4450m)

Réveil un peu plus tard ce matin, 7h ! mais avec la gorge très sèche, j’ai du mal à parler..

On démarre vers 8h, il fait frais quand le chemin n’est pas exposé au soleil. On monte régulièrement, la nuit à été bonne pour tout le monde , pas de soucis d’acclimatation. Il n’y a toujours pas de neige au sol, on a vraiment du mal à croire que l’on marche à cette altitude.

On voit des « montains goat » ( entre chamois et bouquetins au loin) et des yaks de très très près.

Rivière dans la vallée, sommets enneigés, ciel bleu,on est plus que bien.
On arrive vers 12h à 4500m. Les dortoirs ont été remplacés par des petites chambres de 2 ou 3, belle surprise, repas et chacun occupe son AM en fonction de ses envies et de sa forme .

Souper à 18h30, il faut se lever tôt le lendemain. On programme les réveils pour 2h30.

Jeudi 05/12/2015 Thorung Phedi/ Thorung La Pass (5416m) à Muktinath (3760m)

Réveil à 2h30 et départ à 3h30 comme convenu . Il fait froid, le ciel est encore noir mais assez étoilé.On monte en se suivant de prés, allumés par les frontales jusqu’à Thorung hight camp. En 1h, pas mal !

On boit un thé pour se réchauffer et on continue l’ascension du col dans l’obscurité.La neige s’invite sous nos pas comme le vide que l’on devine au bord du chemin. Nous sommes concentrés sur les passages délicats mais essayons également de profiter du panorama qui se dessine peu à peu avec la clarté du jour. Une seconde pause thé et on arrive au col Thorung (5416m) à 7h30.

Séance photo mémorable, le ciel est bleu, les drapeaux colorés tibétains donnent une impression de fête, le soleil, la satisfaction du but accompli..

On redescend 1 heure après. C’est long, plus que long...le chemin est difficile, on glisse sur la neige encore parfois gelée, il faut vraiment faire attention à chaque pas. 1250 mètres de dénivelé négatif pour aller se restaurer à Chakarau Pedi. Le soleil chauffe, la pause est vraiment agréable.On continue la descente sur Muktinath.

Changement de décor complet, gros bourg en plein travaux, constructions hautes...heureusement la présence du sanctuaire nous confirme que l’on est bien au Népal. C’est un haut lieu de pèlerinage à 3800m d’altitude à la fois pour les bouddhistes et les hindous.

Sa principale attraction est une flamme bleuâtre, supposée éternelle et formée de gaz qui tremble à a surface d’une source d’eau naturelle lovée dans le rocher, sous l’autel d’un temple. Pour purifier le corps, le rite veut que les pèlerins passent aussi sous les 108 gargouilles en forme de têtes de vache.

Le temps se gâte. On marche rapidement en direction de l’hôtel. La ville n’est pas agréable, changement de décor complet.

On a une chambre individuelle avec eau chaude, c’est le luxe mais pas de chauffage dans la salle commune ou l’on mange. Il commence à neiger ...on mange avec les doudounes et bonnets et on va vite se coucher

Vendredi 06/12/2015 Muktinath à Marpha (2670m)

On démarre à pied à 8h, n’ayant pas trouvé de moyen de transport pour rejoindre Jomson.

Le tour des Annapurnas nous révèle une autre de ces facettes. La montagne blanche devient pelée, les roches imitent le relief de la Cappadoce en Turquie, parfois du grand Canyon avec une rivière presque asséchée eu fond de la vallée.

On s’arrête à midi 1h pour manger en terrasse et on prend la direction de Jomson. C’est la capitale provinciale du Mustang. La ville est défigurée par l’aéroport, les camps militaires, le vent violent et les routes poussiéreuses.

On n’a pas envie d’y rester et continuons vers la capitale népalaise de la pomme ou l’on distille des alcools de fruits et d’eau de vie d’abricot à 16h30. Tout est blanc, les ruelles sont pavées, c’est magnifique.

A peine le temps de s’installer dans les chambres que l’on va visiter un temple bouddhiste. Une cérémonie commence...on se retrouve en position de méditation, en buvant un thé tout en écoutant musique et prière. Le public est divers, certain dans le recueillement , d’autre dans le bavardage...et ce n’est pas des touristes !

La nuit tombe, on rentre vite pour commander le repas. On boit du cidre à l’apéro et du crumble à la pomme en dessert. On se croirait à la maison ! Des touristes arrivent du Col des Italiens, il y a eu une petite tempête, peu être des disparus..la montagne n’est pas toujours sans danger...

Samedi 07/12/2015 Marpha à Tatopani (1150m)

Lever 5h45 pour un départ en car à 7h.

Changement de bus vers 11h et on arrive à 12h sur notre lieu de villégiature. Bougainvilliers, terrasse, orangers,...on se croirait encore une fois à la Réunion. Les sources sulfureuses d’eau chaude de Tatopani sont à nos pieds. Repas, lessive, petit tour dans le village et vers 15h30, on se retrouve en maillot de bain dans de l’eau presque bouillante.

Que des népalais au début, les touristes arrivent un peu plus tard. Moment de décontraction totale, nos muscles se détendent ..Lassi à la banane en apéro( boisson à base de yaourt) repas pas trop tardif et un gros dodo pour tout le monde.

Dimanche 08/12/2015 Tatopani à Ghorepani (2860m)

On décide de partir vers 7h30..avec la traditionnelle ½ heure népalaise, on fait nos premiers pas vers 8h pour 1700 m de dénivelé positif.

Alternance de montée, descente, plat, c’est long, très long surtout que la chaleur se fait vite sentir.

La pause de midi est encore assez longue. On attend en moyenne au moins 1 heure avant de donner le 1er coup de fourchette ! En soit ce n’est pas grave, on a le temps mais la fatigue commence à se faire sentir et on a de plus en plus de mal à repartir avec le ventre plein, trop plein !

Heureusement on traverse plein de villages avec chacun leur curiosité. C’est la fin d’une séance « découpage » de buffalos...les 2 bêtes ont été tuées et les villageois se partagent la viande coupée en morceaux. Reste que les cornes pour notre arrivée ...à la grande joie de Passang et Guillaume qui ne manquent pas d’imagination pour une séance photo avec ces ornements un peu insolite !!!

Dégustation de fromage de Yak ou de buffalo... On arrive à Ghorépani,à la tombée de la nuit, éreintés. On boit du thé pour se réchauffer , il fait assez froid quand le soleil est couché. Heureusement le poêle à bois fonctionne bien pour une fois ! On se couche tôt, demain départ pour Poon Hill à 5H.

Lundi 09/12/2015 Ghorepani à Nayapul (1020m)

Lever 4h45, départ 5h comme convenu sans sac !

On monte pendant 1 heure des escaliers pour voir le lever du soleil sur le Poon Hill (3194m) sur la chaîne des Annapurnas et le Dhaulagiri On voit progressivement des sommets mythiques se découper dans le ciel qui change progressivement de couleurs.

La foule est présente pour voir ces montagnes qui s’illuminent. A 7h30 on est de retour pour déjeuner et le deuxième départ de la journée a lieu vers 8h30. On redescend les 1800 m avec essentiellement des escaliers. C’est encore long, très long, les genoux et les cuisses sont bien sollicités.

Encore une fois, on retrouve les paysages de la Réunion, fleurs, cascades, rivières..et dire qu’il y a 3 jours, tout était blanc ! Les adultes comme les enfants travaillent dans les champs...avec des techniques un peu ancestrales pour nous, occidentaux.

On arrive dans le milieu d’AM, douche chaude, que c’est bon de temps en temps !
Guillaume goûte au raksi ( alcool de riz ou de millet népalais) , il est un peu déçu mais assume son choix jusqu’à la dernière goutte. Leurs bières blondes ( Everest, Gorkha..) sont nettement meilleures !

On prépare la dernière soirée tous ensemble. Les porteurs nous quittent demain à Pokhara. Discours de Guillaume pour remercier Passang et son équipe, enveloppes et cadeaux, musique, danses traditionnelles pour tout le monde.

Mardi 10/12/2015 Nayapul à Pokhara

Réveil à 5h45 . On marche 10min et on s’engouffre dans une jeep avec toute l’équipe.
On rejoint Pokhara, le trek est fini. Les porteurs prennent le bus pour Katmandou après le déjeuner et nous avons quartier libre pour l’AM : musée, cadeaux, internet, sieste...le rythme ralentit. ON en a tous besoin.

Demain mes compagnons de route et Passang rejoignent la capitale et je pars avec Poon direction Khudi. Dernier repas au bord du lac.

Mercredi 11/12/2015 Pokhara à Khudi

Lever encore tôt, je prends un taxi avec Poon à 6h du matin . Petit déjeuner à la gare routière avant de prendre un bus touriste pour Khudi.

Il paraît plein au départ (référence française !) mais version népalaise, ce n’est pas le cas ! Il faut optimiser le moindre centimètre carré..les gens sont debout, assis sur des petits tabourets, l’espace vital est réduit au minimum. On arrive à Besisahar vers 12h. Dal bhat, réserve de bananes...

On prend un bus local pour Khudi. Comme il est encore plein « comme un oeuf », je décide de faire le trajet sur le toit « à la népalaise ». Poon n’est pas d’accord mais je suis majeur depuis quelques années !

Peu avant le tremblement de terre le voyage sur les toits a été interdit, jugé trop dangereux par les autorités. Après le séisme et la pénurie d’essence, le gouvernement est de nouveau redevenu souple.

Le surlendemain, j’apprend qu’une jeep est tombée pendant la nuit dans la rivière sur le même trajet...la sécurité dans les transports est une notion relative au Népal, je dirais que c’est plutôt une question de destin !

Arrivée à Khudi, je vais prendre possession de mon nouveau logement. Une petite chambre avec 2 lits, 1 pour moi, 1 pour pour mettre mes affaires de l’école. J’en profite de nouveau pour doubler le matelas,mon seul petit luxe du séjour .

Cette année je travaillerai juste 1 semaine en tant que volontaire dans cet établissement ou je me suis investie 1 mois l’année dernière.
La beauté des paysages me comble dans ce pays mais le contact avec la population est selon moi encore plus enrichissant...

Annick, Décembre 2015

Dernière modification : 3 novembre 2016

A propos

Auteur de cette sortie :

Randonnée réalisée le 23 novembre 2015

Publiée le 3 novembre 2016

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Commentaires

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  • par Le 5 novembre 2016 à 11h42

    Bonjour,
    Merci... cela m’a permis de replonger dans des souvenirs (2 treks en 2000 et 2003). Un merveilleux pays et des gens pfffff... ils redonnent foi en l’Humain...

  • par Le 5 novembre 2016 à 12h04

    Ils nous donnent en effet une belle leçon de vie...on ne regarde plus les choses de la même après un séjour dans ce pays.

  • par Le 5 novembre 2016 à 17h32

    Magnifique reportage !

  • par Le 5 novembre 2016 à 18h27

    Heureux qui comme Ulysse à fait un beau voyage.......Merci de nous avoir fait rêver par ton reportage.

  • par Le 5 novembre 2016 à 18h48

    Moi qui ai fait un voyage de noces en Inde sac au dos ave un billet aller jusqu’à Bombay et retour depuis Ceylan, le reste "ad libitum", je pose une question générale : en faisant très attention, je m’aperçois que l’on n’apprécie jamais comme il se doit les instants vécus au moment où on les vit. Es-ce le cas pour tout le monde ?
    En tous cas, le retour en France a nécessité un bon mois de réacclimatation.

  • par Le 6 novembre 2016 à 17h18

    Merci pour vos témoignages.
    Apprendre à vivre le moment présent, juste être là est plus facile à écrire qu’à vivre. C’est un cheminement intérieur que des voyages en Inde comme au Népal nous permet de mieux appréhender. Le seul fait de les voir vivre nous fait mieux comprendre la simplicité de cette notion qui est si complexe pour beaucoup d’entre nous. Une manière de continuer le voyage...

  • par Le 6 novembre 2016 à 17h47

    Merci Anic pour ton beau témoignage. Un pays que je ne connais pas mais qui donne particulièrement envie. Je ne désespère pas ......
    en tout cas ton périple me remet assurément l’eau à la bouche ....
    et merci pour la dédicace de fin ;-)

  • par Le 7 novembre 2016 à 11h40

    Un voyage à programmer en effet au moins 1 fois dans sa vie.
    Il manquait le bivouac concernant la dédicace..à penser pour une prochaine fois !

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