Roche Close (2739m) en traversée et Pic des Têtes (2661m) Sortie du 10 juin 2016

Sortie réalisée le 10 juin 2016.

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La faune locale vous salue de près avant la traversée d'une ligne de crête ludique et vertigineuse mais parfois exposée !

Conditions météo

Temps ensoleillé en début de journée, puis de plus en plus nuageux.

Le plafond est descendu jusqu’à ce que je sois dans le brouillard.

Récit de la sortie

Pour mon anniversaire, j’ai décidé de m’offrir une petite rando en solo !

Le topo m’a accroché en parlant d’arête haut perchée et de "faune pétulante", et je n’ai vraiment pas été déçu !

La météo ce jour-là était assez moyenne, pas moyen de savoir comment cela allait tourner. Pas de vent prévu, donc je me suis lancé.

La balade peut se décomposer en 4 parties très distinctes :

  • La montée jusqu’au Col de la Pierre :

Elle se fait dans un premier temps dans une nature verdoyante au milieu du "champ des Marmottes". Je n’en ai jamais vu autant !

Par beau temps, cette sortie pourrait d’ailleurs être conseillée pour n’être faite que jusqu’à 2000m, en famille, avec picnic et détente, car l’endroit est très agréable. Seuls quelques planeurs troublent à peine le calme ambiant.

Ensuite, au-dessus, l’herbe se fait rare et la fin de la montée jusqu’au col est un peu monotone. Heureusement, cela ne dure pas si longtemps.

  • Du Col de la Pierre de 2452m jusqu’à la crête à partir de 2671m :

L’auteur du topo a rencontré les bouquetins plus haut sur la crête ; mais en ce jour de printemps, ils m’attendaient pile au col. Bien qu’en grand nombre, ils savent être très discrets : je n’ai remarqué leur présence qu’en arrivant tellement proche d’eux qu’ils ont préféré reculer !

Après le Col de la Pierre, point de sentier praticable : un névé en dévers assez incliné barrait le passage (encore une fois le topo avait prévenu !).
Faute de crampons j’ai dû contourner l’obstacle par le haut en passant par les rochers et en dérangeant les bouquetins...

Au fur et à mesure que j’approchais ; ceux-ci, placides, se contentaient de monter un peu plus haut. Ils sont très agiles, pas de danger pour eux, par contre en ce qui me concerne j’ai dû piquer un sprint pour ne plus être à l’aplomb et éviter les pierres qui chutaient !

Après le point 2499 sur la carte, il est temps d’attaquer le couloir. La pente est raide, j’hésite entre passer par la glace ou le sol en petites pierres éboulées. J’opterai pour un compromis en cherchant les endroits où la glace est la plus mince pour pouvoir la casser avec les pieds. J’ai dû mettre les mains au sol plusieurs fois. Et pour finir, en crapahute péteuse sur les rochers fragiles sur la gauche du couloir...

Seulement 200m à gagner sur cette partie, mais c’était clairement la plus éprouvante !

Arrivé sur la crête, c’est le soulagement !

  • Le parcours de la crête :

Le plafond nuageux est de plus en plus épais et de plus en plus bas. Bien gris, mais pas de pluie, ni de vent : ouf !

Vient donc le meilleur moment, le plus ludique, la vue magnifique des deux côtés de l’arête dont je profite tant que je ne suis pas dans le brouillard.

Certains passages sont quand même (très) délicats, et là je ne conseillerais pas de venir avec des personnes peu sûres d’elles ! C’est vertigineux, quelques passages très étroits ne donnent pas droit à l’erreur et le rocher est très délité...

Il est toutefois très agréable de réaliser ce parcours de crête. C’est pour cela que je suis venu après tout !

Pendant ce temps, j’observe quelques oiseaux, les planeurs continuent de défiler.

Après le Col des Têtes, je finis par arriver rapidement au Pic des Têtes, dans un épais brouillard. Pas de jolie vue, mais tout de même la satisfaction d’être arrivé au bout de mon parcours !

Il ne reste plus qu’à retourner au Col des Têtes et à descendre.

  • Le pire moment de la randonnée ce jour-là a clairement été la redescente.

Je pense qu’un peu plus tard dans la saison ce n’est qu’une formalité ; mais ce jour-là dans ce grand pierrier, en plein brouillard, j’ai dû quitter le sentier car il était complètement barré par un gros névé.

Marcher dans ces grosses pierres qui ne tiennent pas en place a été une vraie épreuve pour les pieds et les chevilles. C’était plus long que je n’imaginais. Et avec le brouillard, ce sentiment d’être vraiment seul, nulle part...

Retrouver enfin l’herbe était une vraie joie ! Et la récompense est finalement de se sentir en sécurité, presque arrivé, le reste de la balade étant une formalité et de regarder en arrière et de voir le pierrier monter jusqu’à cette magnifique barre rocheuse dont le sommet se perd dans le brouillard. Très énigmatique. Et si loin de l’ambiance ensoleillée du matin avec les marmottes !

Merci à Roland pour ce topo qui m’a fait vivre une journée pleine d’émotions !

Dernière modification : 5 février 2017

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