Lac d’Amour (2248m) Sortie du 14 juillet 2016

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

J'avais espéré faire une magnifique rando au départ de Treicol à destination du Lac d'Amour et du Col du Coin. Mais 3 jours de pause forcée pour cause de précipitations et d'orages m'ont rendu un peu intrépide, surtout à 2 jours de la fin des vacances ... Du coup j'ai dû composer avec des conditions très humides et quasi-hivernales, assorties d'un brouillard très épais, qui ont transformé cette rando en course d'orientation et en aventure inédite pour moi. La photo ci-dessous (Vallon de Treicol et extrêmité du Lac de Roselend) illustre en partie les conditions du jour : brouillard, humidité et absence de soleil. Mais 200m plus haut il y avait la neige en plus et encore moins de visibilité.

Conditions météo

Après de fortes précipitations au cours des 3 jours précédents, j’ai eu droit à un brouillard épais, à de la bruine et à de faibles averses de neige et de pluie. Températures proches de 0° aux différentes altitudes et vent froid.

Récit de la sortie

Ma dernière publication de rando dans les Alpes date d’octobre. Après plusieurs publications de topos/sorties dans les Vosges, j’ai bien envie de revenir un peu à ces chères Alpes.
Mais mon choix ne se porte pas sur une rando effectuée par beau temps. Je choisis certes une rando estivale (14 juillet) mais en conditions hivernales ! ;o)

Genèse de la rando

Retour en arrière en ce jeudi 14 juillet ...
C’est notre 2ème semaine à Hauteluce. Samedi 16 au matin, ce sera déjà le départ ... ;o(
Donc il ne reste qu’aujourd’hui et demain pour randonner dans les Alpes avant l’été 2017 !
La 1ère semaine c’était top. J’ai randonné tous les jours jusqu’au dimanche 10 à part le mardi 5.
Quant à ma femme et mes filles elles n’ont zappé que le samedi (besoin d’une coupure après 3 jours consécutifs).
Mais depuis dimanche, la météo est mauvaise ou trop incertaine et c’est la disette.
Lundi, on est allé en voiture au Plan de la Lai, au Cormet de Roselend puis aux Chapieux. Mais pas de randonnée.
Mardi et mercredi, rien.
Je tourne en rond, les jambes me démangent et l’appareil photo est en service minimum.

C’est décidé, jeudi je vais randonner du moment qu’il n’y a pas de risque d’orage.
Normalement le risque d’orage devrait être faible ou inexistant car on est quasiment en conditions hivernales. Le risque c’est plus d’être dans les nuages ou la brume ou les précipitations ou un peu tout à la fois.
Pour cela, je suis allé m’acheter une paire de chaussures de rando imperméables mercredi ainsi qu’un poncho de meilleure qualité que celui que j’avais jusque-là.
Jusqu’à présent, on ne partait randonner que si le temps devait être beau et sec.
Mais là je ne suis pas rassasié et je suis prêt à braver les éléments (sauf les orages) et à mieux m’équiper en conséquence.

Je regarde les prévisions météo les unes après les autres sur 5 chaînes de télé différentes (1, 2, 3, 15 et 16 pour ne pas les nommer ...). Je dois partir le matin si je veux éviter les orages et avoir des chances de voir le soleil.
Je choisis d’aller faire un aller-retour dans la matinée au Lac d’Amour depuis Treicol.
Départ de la location à Hauteluce vers 8h15 en allant encore jeter un œil au bulletin météo local affiché à l’office du tourisme. Le bulletin date de la veille en fin d’après-midi.
Verdict : possibilités d’éclaircies le matin mais conditions hivernales avec risques d’averses le matin et risques d’orages l’après-midi ...
Ce n’est pas fantastique mais ça ne compromet pas mon projet et ça me donne même un peu d’espoir d’avoir des éclaircies d’autant qu’il y a un peu de ciel bleu au-dessus d’Hauteluce.

Le trajet en voiture jusqu’au parking de Treicol

Jusqu’à la route entre le barrage de Roselend et le Col du Pré, pas de souci, malgré la visibilité réduite. Mais c’est là que ça se corse. C’est ce que je craignais et malheureusement ça se vérifie.
La piste qui mène à Treicol est longue (4 km) et bien défoncée. Si elle avait été en côte, j’aurais renoncé avec mon véhicule de tourisme diesel 2 roues motrices.
Mais comme elle est à altitude constante, je tente le coup. C’est juste pénible. Il me faut une bonne vingtaine de minutes pour couvrir les 4 km !
A peine plus de 10 km/h de moyenne, souvent à la limite entre la 1ère et la 2ème. Un peu trop vite pour la 1ère mais un peu trop lent pour la 2ème.
J’ai dû garder le pied gauche plus ou moins enfoncé sur la pédale d’embrayage sur la quasi-totalité de la piste. Un peu fatigant à la longue ...
La bonne nouvelle c’est qu’il y a de la place sur le parking de Treicol. C’était pas forcément gagné pour un 14 juillet, mais c’est le bon côté de ces mauvaises conditions météo !
À l’inverse, malgré la météo et l’heure encore assez matinale (9h20), il y a quand même déjà une dizaine de voitures garées sur le parking.
Et il y a effectivement d’autres randonneurs que moi qui partent en direction de Presset le long du ruisseau de Treicol. C’est plutôt de nature à me rassurer.
Pour les conditions météo, c’est pas folichon pour l’instant : à peine 5°C, bruine, brouillard, pas de soleil et pas de sommet visible.
C’est moins bien qu’à Hauteluce. Mais avec le lac de Roselend à proximité qui s’ajoute à toutes les précipitations des derniers jours, pas étonnant qu’il y ait une évaporation conséquente.

La montée

Compte-tenu des conditions de visibilité et des fortes précipitations de ces derniers jours qui font que la montagne ruisselle de partout, je vais suivre le large chemin qui monte jusqu’à Presset en lacets, sans prendre le GR qui coupe certains lacets.
Surprise ! Même le large chemin est traversé et inondé par endroits par des ruisseaux exceptionnellement gonflés par les précipitations récentes.
Et notamment, à peine plus de 500 m après le départ du parking, un 1er ruisseau qui vient de la gauche m’oblige à mettre un peu les pieds dans l’eau.
Bien content d’avoir acheté mes chaussures imperméables la veille. Sans elle, j’aurais peut-être déjà renoncé. En effet, avec des températures proches de 0°C, ce n’est pas le moment d’avoir les pieds trempés.
Côté ambiance, au début du chemin qui longe le Ruisseau de Treicol, on est vers 1700 m d’altitude donc il y encore quelques arbres.
Du coup, entre le vert foncé de ces derniers arbres, les cours d’eau qui ruissellent de partout et les vapeurs d’eau qui s’élèvent, on se croirait dans une région tropicale, genre Bornéo ou Sumatra. J’ai l’impression d’être dans un reportage sur les gorilles. Il ne manque que ces derniers ;o)

Peu avant Presset (2021 m), la neige commence à faire son apparition dans l’herbe.
Arrivée à Presset à 10h20, soit 1 heure après le départ. Pour l’instant ça s’est bien passé. Si on fait abstraction de la mauvaise visibilité, la seule difficulté de parcours, c’était une traversée de ruisseau les pieds dans l’eau mais qui s’est bien passée grâce à mes chaussures imperméables.
Jusque là, pas de problème pour suivre le bon chemin mais c’est dans quelques mètres que ça va se compliquer, quand il faudra que je quitte le large chemin pour le sentier final ...
D’autant que le brouillard est de plus en plus épais et que je ne vois pas à plus de quelques dizaines de mètres.
D’ailleurs, je passe à côté du sentier qu’il faut prendre à gauche (vers le Sud), sans m’en rendre compte ...
Peu après le sentier que j’ai raté, un gros ruisseau coupe à nouveau le large chemin. Je ne le sais pas encore sur le moment, mais c’est le Ruisseau du Coin.
J’essaie de passer à gué grâce à des rochers bienvenus mais en n’étant pas trop rassuré car il y a un peu de profondeur, un courant assez important et les rochers sont mouillés, glissants et en dévers sur le bord inférieur du chemin.
En cas de faux pas, les chaussures imperméables ne suffiront pas à éviter d’avoir au moins un pied trempé.
Mais finalement ça passe. Les 2 bâtons n’étaient pas de trop pour assurer le succès de l’opération.
Heureusement, un peu plus loin, je finis par tomber sur les chalets de Conchette. Même s’il n’y a pas de pancarte indiquant qu’il s’agit de Conchette, il n’y a aucun doute possible, vu qu’il n’y a pas d’autre chalet sur la carte dans les environs.
Retour au virage traversé par le Ruisseau du Coin, 25 minutes après mon passage précédent !...
J’ai beau avoir réussi à le traverser dans l’autre sens, je ne suis toujours pas très rassuré mais ça passe encore. Merci les bâtons !

Cette fois, je trouve le départ du sentier vers 10h55 (une bonne 1/2 heure après l’avoir raté). Je ne sais pas comment j’ai fait pour le louper avant. Il se voit quand même bien et il y a même un cairn au départ ...
C’est pas grave, ça fait un peu d’aventure et ça met un peu de piment.
Et à partir de maintenant, je vais utiliser la boussole pour la 1ère fois de ma vie pour m’aider à m’orienter.
D’ailleurs, coup de chance, c’est quasiment plein sud jusqu’au lac. Ça ne devrait pas être trop compliqué à suivre avec la boussole.
Il n’y a qu’au début, où c’est plus orienté sud-sud-est sur environ 500m mais sur cette portion, ce n’est pas très compliqué, il faut longer le Ruisseau du Coin.
Et dans les conditions présentes, même quand on aperçoit moins le ruisseau à cause du brouillard, on l’entend très bien, tellement il est gonflé par les précipitations de ces derniers jours.
Et coup de pouce supplémentaire, sur les 600 premiers mètres, on voit des traces de véhicules à 4 roues sur le chemin. Donc c’est facile de le suivre malgré la visibilité.

Après 600m, cette fois je n’ai pas loupé le sentier final qui continue tout droit plein sud, pendant que le large chemin bifurgue à gauche vers l’est.
À présent le chemin est beaucoup moins évident.
Mais entre l’orientation plein sud et les nombreux cairns, j’ai réussi à atteindre le lac sans trop d’hésitation. Parfois il y a des chemins parallèles et des raccourcis mais les cairns le long du chemin principal sont vraiment nombreux et bien visibles.
Plus on s’élève, plus le manteau de neige au sol est important.

Au lac

Une fois arrivé au lac par le nord, du côté de son déversoir (vers 11h45), je n’arrive pas à le voir en entier tellement le brouillard est épais, ce qui n’est guère étonnant juste au-dessus du lac.
Ce n’est qu’au bout de 5 minutes que je vais enfin réussir à deviner le lac en entier, le temps de faire une photo.
Mais ça ne se découvrira pas plus au-dessus du lac pendant le temps que je vais y rester.
Pique-nique accéléré car bien désagréable à cause d’un vent glacial et d’une légère chute de neige givrée. Si c’est pour ne même pas voir de lac ou le moindre sommet environnant (je ne parle même pas de la Pierre Menta), il n’y a aucun intérêt à m’éterniser là.

Le retour

Pour le retour, je vais simplement revenir sur mes pas. Ça ne devrait pas trop poser de problème. Au début, direction le nord, avec l’aide des cairns, et ce jusqu’au chemin plus large qui longe le Ruisseau du Coin.
Pendant la descente, la visibilité est un peu meilleure que pendant la montée, à la faveur d’un brouillard moins dense au niveau du sol. Ma visibilité porte désormais à bien plus de 100m !!! ;oD
Maintenant, j’arrive à parcevoir le Chalet du Coin à environ 300m du chemin alors que c’était impossible à la montée. Je vois aussi beaucoup plus nettement le lit du Ruisseau du Coin juste à côté du chemin.
Et puis le relief environnant se dévoile un peu, mais modestement, pas jusqu’aux sommets.
Enfin, j’aperçois également les 2 Chalets de Conchette et la route qui y mène depuis le virage traversé par le Ruisseau du Coin. Si j’avais eu la même visibilité à la montée, je n’aurai certainement pas fait le détour jusqu’à Conchette ;o)
Entre Presset et Treicol, je vais croiser 3 groupes qui montent. D’abord 2 groupes de 5 à 10 personnes puis 1 groupe d’une quinzaine de personnes. Moi je suis content d’en terminer. Je n’ai guère d’espoirs sur le fait que ça se dégage avant la fin de la journée.
Sur la fin de la descente, je dois essuyer une petite averse mais je ne suis plus à ça près.

La Rando en chiffres

  • Participants : 1 personne (moi seul)
  • Distance : environ 10 km
  • Dénivelé : environ 550m cumulés
  • Altitude au départ : 1710 m (Treicol)
  • Altitude point bas : 1710 m (Treicol)
  • Altitude point haut : 2248 m (Lac d’Amour)
  • Durée de ce jour : 5h10 avec les pauses, la recherche d’itinéraire et l’aller-retour imprévu aux chalets de Conchette (de 9h20 à 14h30)

Conclusion

Ça m’a fait plaisir de revoir ces photos et de me replonger dans les souvenirs des conditions particulières de cette rando.
Sur le coup, ce n’était pas génial. Froid et humidité désagréables. Orientation délicate. Frustration de ne pas voir le cadre magnifique de cet itinéraire (Lac de Roselend, Pierra Menta et autres hauts sommets du Beaufortain, Lac d’Amour, Col du Coin, etc ...)
Sans compter les 4 km défoncés et interminables de la piste de Treicol à parcourir 2 fois ...
Mais une fois que c’est derrière, on retient plus de positif avec le goût de l’aventure, la satisfaction d’avoir atteint l’objectif dans des conditions compliquées et des photos dans une ambiance originale (certes beaucoup moins belles qu’en condition estivales mais avec un certain charme).
Et puis maintenant, je me tourne vers l’avenir avec confiance. On vient de réserver 3 semaines cet été à Hauteluce comme l’an dernier.
Sur 20 jours, on devrait pouvoir trouver l’occasion d’y retourner, en conditions estivales cette fois, et accompagné de ma femme et de nos filles car c’est un parcours de rando qui devrait beaucoup leur plaire (grâce à ce magnifique lac et aux ruisseaux longés).
Rien qu’en ce jour, j’ai déjà pu apprécier la beauté de ce Vallon de Treicol. Alors avec du soleil, du ciel bleu et les sommets environnants qui se découvrent, ça promet !

Dernière modification : 8 mars 2017