Tête de Vachères (2402m) par sa face sud Sortie du 29 juillet 2017

Sortie réalisée le 29 juillet 2017.

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La face sud de Vachères... Une face aussi intimidante qu'impressionnante : 300 cents mètres de pente plus que raide ! Un univers d'une sauvagerie intense... Le Dévoluy n'en finit pas de me surprendre !

Conditions météo

Beau temps le matin, puis éclaircies.

Récit de la sortie

Je l’ai attendue longtemps celle-là ! La face sud de Vachères... Longtemps intimidé par ce parcours hors norme et typiquement dévoluard. J’avais déjà gravi la colossale aiguille en aller-retour par la crête, l’ascension avait été la plus engagée que j’avais fait à l’époque... C’est pour dire ! Mais avec le temps et l’expérience acquise, cette face sud me devient de plus en plus accessible bien qu’elle m’impressionne encore. Puis, je l’envisage sérieusement, pas en solo, mais avec un ami, bon grimpeur avec aucune appréhension sur des itinéraires du vertige. Je l’avais amené sur les vires de la Tête de Garnesier avec le retour par le pas de l’Âne et l’avais conseillé dans l’ascension du Roc. Vachères étant sa dernière aiguille à faire...

Fin juillet, un créneau se présente, la météo annonce du beau pour ce samedi 29. La veille, en soirée, tout nuage se dégage et laisse présager une belle journée pour l’ascension. Au petit matin, je rechecke la météo... risques d’averses faibles vers 12/14h. Nous partons tôt, comme prévu, et nous nous mettons en marche de la station de la Jarjatte vers 7h30. Nous enquillons rapidement l’approche et nous montons à l’aiguille de Serre Long en 1h30, au pied de l’immense face sud de Vachères. Petite pause pour reprendre des forces !

Nous descendons de la croupe et rejoignons la crête menant au pied de la face. Les premières pentes herbeuses vers les gradins rocheux sont une formalité et nous nous retrouvons vite dans le raide même le très raide. Le passage de la vire est réellement impressionnant... Le début des gradins rocheux de même, la vue arrière plongeante est vertigineuse... C’est haletant au possible... Enfin pour moi ! Romain étant très à l’aise dans ce genre de terrain ! Nous gagnons sans encombres le couloir, bien plus confortable et bien moins exposé. C’est sauvage à l’extrême ! Quelle sensation d’évoluer dans cette grande face ! Nous débouchons dans les pentes herbeuses après la sortie du couloir. Elles sont encore ardues ! La crête n’est plus très loin et nous y prenons pied à l’échancrure, à quelques mètres du sommet séparé par la section la plus gazeuse...

Lors de ma première ascension en solo par la crête, j’étais passé dans le dévers constitué de strates plus que raides et délitées... Quelle idée ! Cette fois-ci, nous grimpons par la crête, vertigineuse au possible, mais plus facile tout de même ! Puis, c’est le sommet... Le sommet de la Tête de Vachères ! Comme à ma première, je n’en reviens pas... Tant elle parait inaccessible d’en bas... Les montagnes du massif du Dévoluy ne pointent pas dans la barre mythique des 3000m, mais c’est clairement ici que j’ai fait mes ascensions les plus engagées et les plus sauvages ! Plus que l’altitude, c’est le nom des sommets et les itinéraires à nulle autre pareil qui font son prestige...

Nous profitons du sommet, les nuages moutonnent mais le temps ne s’est pas encore dégradé. Puis, nous repartons par la crête vertigineuse prudemment. La suite reste bien aérienne mais se parcourt sans difficultés majeures. Nous faisons un détour par ce que j’appelle "la tour détachée", une pointe séparée de la paroi. La vue de cette dernière est complètement improbable sur la face nord-ouest de Vachères et sur les immenses parois dominant l’alpage de Mougious...

Nous revenons à crête et grimpons directement le bastion rocheux sans le contourner par le bas. L’escalade du ressaut se révèle aisée et peu exposée. La partie finale des crêtes se fait herbeuse et facile mais toujours au bord du gigantesque à-pic... Nous parvenons au col avec la Rama où nous prenons trois gouttes de pluie, même pas de quoi nous mouiller ! Nous dévalons le pierrier en ramasse en un éclair ! Et nous revoilà au soleil dans le vallon des Aiguilles ! S’ensuit d’une remontée au col, puis du retour sur la Jarjatte.

Après cette mise en bouche de la face sud de Vachères, Romain est fin chaud pour la dantesque face nord-ouest... Affaire à suivre...

Dernière modification : 30 juillet 2017