Pour imprimer ce topo, utilisez la fonction d'impression de votre navigateur, ou cliquez sur .

rando12672

Auteur : Pascal
Source : https://www.altituderando.com/rando12672

Une des plus belles journées d'hiver pour faire une ascension habituellement effectuée l'été...

Accès

Non renseigné

Itinéraire

C’est peut-être la journée à ne pas rater de l’hiver : Grand beau au-dessus d’une mer de stratus condamnant les vallées à la grisaille glaciale, alors que les sommets baignent dans la blancheur ensoleillée entre neige et nuages...

On se libère dès qu’on peut... En chemin, quelques hésitations sur l’objectif du jour, ou plutôt des quelques heures qu’il en reste. Un sommet des Aravis ? Mais les froides combes ne voient guère le soleil en début d’hiver. Le Merdassier ? Déjà fait il n’y a pas longtemps. Bon, il reste les Bornes, destination habituellement ignorée en hiver à cause des raides pentes, mais où la vieille neige regelée en profondeur est ces jours-ci particulièrement sûre. C’est l’occasion d’aller voir là-bas en cette saison inhabituelle.

Départ vers 14h des hauts du Chinaillon, la route du col de la Colombière fermée devant être montée à pied. Cela fera un petit échauffement avant de commencer l’ascension. On monte donc dans les nuées discontinues offrant une magnifique ambiance hivernale, avant de laisser finalement les nuées en remplissage cotonneux bouchant les vallées juste au-dessus du col...

On chausse les crampons, rien de tel pour affronter les pentes de neige dure. Contournement du chalet de la Colombière par les collines au sud pour éviter les raides dévers de l’habituel chemin en balcon. Puis la montée dans la combe... Déjà bien fréquentée par les skieurs, elle a plus l’apparence d’une piste noire. On la montera tout droit dans la pente grâce aux crampons. Cuisses, mollets et chevilles chauffent, mais c’est rudement efficace...

Au vu des excellentes conditions, l’objectif "optimiste" du jour se fait réaliste. Direction la raide pente sous la porte d’Enfer. On range les bâtons et on sort le piolet. Si il n’est pas du tout nécessaire pour la progression, cela reste tout de même le seul outil pouvant bien s’enfoncer dans la neige dure et offrir un appui sûr pouvant empêcher une glissade en cas de faux-pas... En tout cas, la montée est bougrement plus rapide et agréable que dans les dévers terreux glissants et la caillasse instable de la version estivale.

La porte de l’Enfer sera celle menant au paradis... La vue s’ouvre sur l’autre versant montrant la vallée en mer de nuages sur fond de Haut-Giffre étincelant... Plus haut, les pentes se laissent facilement monter. On fera juste attention aux crevasses de neige parfois profondes créés par quelques fissures soufflantes. Un dernier petit passage alpin, finalement plus facile en version "glace & crampons" qu’en version "roche patinée", et voilà le sommet...

16h, la vue est magnifique... Tout est lumineux, la blancheur de la mer de nuages ayant remplacé le gris des vallées. D’un côté, les massifs alpins enneigés étincellent, entrecoupés de quelques fjords remplis de nuages ourlés, alors que de l’autre côté, la riviera parsemée de quelques îles laisse place à un océan cotonneux qui s’étend à l’infini... Casse-croûte et gros boulot photo, on prendra même le temps de faire un panorama...

Le soleil descend, la lumière se colore, les ombres s’allongent... C’est tellement beau, on va rester jusqu’au coucher de soleil.

17h15, le soleil se couche, c’est l’heure de descendre. En crampons c’est facile est rapide, même si il faut quand même assurer la progression car une glissade serait malvenue. Et, sous la porte de l’Enfer, la pente se dévale tout droit. Puis on descend dans la combe au plus court, droit dans la pente... C’est tellement plus rapide et agréable que l’habituel sentier de caillasses patinées qu’on affronte en été... Du sommet au col sans se presser en à peine plus de 45min, un record !

Une soudaine bouffée d’air froid et humide, on replonge subitement dans les nuées juste au-dessus du col... Il n’y a plus qu’à redescendre la route du col dans le brouillard. Il fait maintenant bien sombre, l’ambiance est lugubre... Fin de la balade vers 18h30.

Avertissement : En montagne, chacun est responsable de sa sécurité. Les randonnées se font par conséquent sous votre propre responsabilité. L'auteur de ce topo, le site duquel il est issu ainsi que leurs différents contributeurs ne peuvent pas garantir l’exactitude ni l'exhaustivité des indications qui y sont contenues. Ces renseignements ne peuvent en aucun cas engager leurs responsabilités de quelque manière que ce soit. [Voir : www.altituderando.com/Avertissements]