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Coup de Sabre de la Balme (2620m), couloir E à ski.

Auteur : patrick73
Source : https://www.altituderando.com/Coup-de-Sabre-de-la-Balme-2620m-couloir-E-a-ski

Coup de Sabre, Coup de Cœur !

Accès

Départ de Celliers-Dessus (1360m), chaine de la Lauzière (Savoie)

Quand le col de la Madeleine est fermé, l’accès de fait par la Tarentaise.
Alberville => N90 sortie Feisson/Isère, puis suivre "Col de la Madeleine" par la D213 jsuqu’à son terminus Celliers Dessus (on passe par Bonneval entre autre)

Parking à Celliers Dessus ou 50m en aval au pied de ce qui fut le vieux téléski (1303m)

Commune de Celliers 73260.

Les infos essentielles

Précisions sur la difficulté

Superbe course en ski de rando, ni trop longue, ni trop exposée.
Le couloir du Coup de Sabre bien qu’impressionnant vu de face est assez court (100/150m de dénivelée) et pas très raide (35° max)
L’engagement est modéré.
Attention aux grosses avalanches qui partent versant N de la combe des plans, il faut des conditions stables (même si le coin et toujours tracé par fort risque nivologique...)
La combe des Plans est hyper parcourue en hiver, c’est un "spot" ! C’est plus tranquille au printemps, mais le couloir E est très, trop vite au soleil...

Itinéraire

Course à ski de randonnée permettant de sortir un très beau couloir super esthétique, court et peu engagé. Il y a dans le secteur beaucoup d’autres itinéraires, plus faciles (col François, col de la Valette) ou plus difficiles comme la pente NE des Aiguilles de la Balme (cote 2683m- ski 4.1, 100m 40° assez engagé). Le secteur est très parcouru. Cela sécurise, mais attention aux très grosses avalanches qui partent dans la combe des Plans...

ITINÉRAIRE :

Coup de Sabre de la Balme, le 23 Novembre 2013.

Coup de Sabre, coup de cœur, coup de folie et coup de barre.

Ça y est la neige est là, fin novembre… Et du lourd… Ça nous évitera d’aller chercher loin sur la chaine frontière Mauriennaise les vallons skiables.
En plus c’est tombé "droit", comprendre sans trop de vent. Le bulletin du risque d’avalanche est modéré. Chouette début de saison.

On adore Celliers, et ses combes Sud. Et on n’est pas les seuls ! Alors comme beaucoup, on se lance. Combe des Plans pour changer. Et on verra bien ou nos spatules nous mènerons.

Cette fin d’année est terriblement chargé coté boulot, j’ai besoin de m’aérer, de me défouler. Cette sortie arrive à point nommé.

Il y a du monde, on n’aura pas à faire la trace, ça c’est top, et vue la caisse que je me trimballe dès le début, c’est tant mieux. L’envie est là mais le physique ne suis pas.

Pourtant, c’est beau, lumineux, froid et cristallin comme j’aime. Je me cale dans le rythme de Jé. Juste le bruit soyeux des peaux sur cette neige ultra légère, scintillante.
Garder le rythme, lever le nez de temps en temps, dévorer le paysage, dissoudre mes pensées, juste prendre le plaisir.

Enfin le col de la Valette. Et là comme une évidence le Coup de Sabre. Et j’ai comme un fou rire ! Mais comment n’y ai-je pas pensé. Ce n’est pas faute d’être venu, souvent. Mais jamais, jamais je n’y avait prêté garde...

Il est là, élégant, austère, attirant, comme une évidence, c’est un coup de cœur !

Déjà l’air gelé des grandes parois glacées nous coulent dessus. Malgré l’effort, on gèle. La neige est profonde, on souffle. Mais l’envie est la plus forte, l’envie de le gravir, de le skier. Il y a un ouragan dans mes poumons tellement je souffle. Je deviens ivre, la tête me tourne. J’enfonce jusqu’aux hanche, j’ai l’impression de flotter dans cette ouate gelée.

Enlever les peaux, chausser les skis. Gare à l’onglée, quasi instantané. Le vent, les tourbillons de neige, je suis secoué dans tous les sens. Jé resté 10m plus bas me hurle quelque chose je n’entends pas...C’est de la folie dans cette brèche. Pourtant l’instant est magique.

Et puis le premier virage, prudent, puis le suivant, et on lâche les chevaux. Droit dans la pente, d’un ski sur l’autre, ça vole de partout, on ne voit plus rien. Rien que ce rythme dément, cadencé, souple et rapide, jusqu’à ce que, à bout de souffle, les cuisses tétanisées, on s’écroule dans la peuf en hurlant de rire.

Mais quelle descente, quelle descente de malade, à ce point la c’est rarissime.

On mettra du temps à récupérer, mais on remet ça dans la descente du col la Valette.
Le temps ne compte plus, la fatigue non plus, il n’y a que le plaisir, comme une drogue, on est accro !

Et puis il y a une fin, la route, se laisser glisser simplement. Il fait doux maintenant, gris et triste, les premières gouttes tombent. Et comme ces lourdes larmes je m’écroule moi aussi mais de fatigue. J ai tout lâché, tout donné pour ce moment de pure folie. Jé me ramasse, je titube jusqu’à la voiture. Je n’ai plus souvenir du retour.

La folie se paye chère, je vais mettre des mois à récupérer... Mais ça je ne le sais pas encore.

Avertissement : En montagne, chacun est responsable de sa sécurité. Les randonnées se font par conséquent sous votre propre responsabilité. L'auteur de ce topo, le site duquel il est issu ainsi que leurs différents contributeurs ne peuvent pas garantir l’exactitude ni l'exhaustivité des indications qui y sont contenues. Ces renseignements ne peuvent en aucun cas engager leurs responsabilités de quelque manière que ce soit. [Voir : www.altituderando.com/Avertissements]