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rando13109

Auteur : Paul
Source : https://www.altituderando.com/rando13109

Des conditions très avancées, et un retour par Troumille rendront cette sortie inoubliable.

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Itinéraire

Mercredi : un coup d’œil du sommet du Cousson donnait clairement la donne : la montée des eaux chaudes déjà praticable en cette fin mars !. L’arête de la Basse, la pointe 2603 quasiment déneigées, les sommets qui bordent le parcours de montée (Caduc, Mourre Gros) déjà très allégés sur leur partie haute ; Bref, feu vert pour cette montée particulièrement expo en hiver.

Nous changeons notre envie de Massour pour une tentative à la variante Nord de l’Estrop, celle là même qui donne le ton à la saison d’alpinisme, selon une certaine croyance, ou une culture partagée avec les amoureux des Alpes de Haute Provence.

Et nous voici donc, radieux, au petit parking des eaux chaudes, malgré l’alarmante sécheresse qui sévit dans le fond de vallée et qui rend si pauvre le débit de la Bléone.

Belle lumière pour la montée classique, avec le pont qui jointe les gorges de la Bléone, de plus en plus bancale et un poil inquiétant ; l’inévitable ravage des récentes avalanches qui sont toujours attirées par ce haut de vallée ; et, nouveauté : deux abris récents sur le parcours qui mène au refuge de l’Estrop où la terrasse en bois nous offre une adorable petite sieste après cette montée de 3 heures.

Le lendemain, 1er avril, nous partons vers 7 heures, et ça commence tout de suite en crampons. Le regel est correct mais nous savons qu’il ne faudra pas trop traîner à la descente.

Les deux compères sont dans un enthousiasme printanier, et je me suis volontiers laissé convaincre de rentrer par l’arête de la Basse. Un parcours exigeant, surtout à la descente, et qui demandera de grimper sur la pointe de Malvesse (2603), au retour de l’Estrop.

Un petit délestage du matériel de bivouac et nous partons équipés vers le couloir et la muraille de la face Nord.

Le couloir cette année, est plutôt riquiqui. La pente touche à peine les 35°, bref, ce n’est pas là que l’on va décoller émotionnellement. Roland l’enchaîne en pointes avant comme un jeune chevreuil. Jean et moi sommes bien plus lents...

S’ensuit la petite arête, sans aucune difficulté ; et même l’engagement dans la muraille nord commence par un large trottoir sans l’ambiance habituelle.
Évidemment cela ne dure pas, et je commence à protéger la traversée au friends.

Petit flottement au premier relais (reprise...). Pas facile de trouver des points, les automatismes se sont volatilisés. Ha ha !, la zone de confort est derrière nous. Il va falloir sortir en trouvant le meilleur itinéraire maintenant. L’idéal serait d’être le plus possible sur la neige, mais les conditions sont incroyablement avancées pour un début de printemps et c’est du mixte rocher/neige 50/50 à grimper en crampons.

Quelques jolis passages, dont une belle pente de neige homogène nous amènent au dernier relai, avec évidemment des blocs de grès branlants à gérer. On ne tire pas sur toutes les prises sans vérifier. Finalement c’est court. Nous sortons en trois petites longueurs, juste à l’aplomb de la balise métallique.
Les copains sont contents et je suis heureux même si le ciel est voilé, et le décor un peu dénudé. Ce n’est pas aussi beau qu’habituellement au printemps.

Jean s’est pris une belle caillasse sur la main. En chef de guerre, il ne bronche pas, pour autant ça a du cogner...

Et c’est loin d’être terminé notre aventure... Il faut retrouver le matos en traversant des champs de neige parfois piégeux, reprendre du poids pour gravir Malveisse, et là, se rendre compte que l’on va avoir une descente sauvage de 1400 m avec des gros sacs. Nous portons la corde (50 mètres en 8.6) à tour de rôle, tous les 300 mètres... Pas une goutte d’eau sur le parcours.

À proximité des câbles de Troumille, évidemment, je sors de l’itinéraire pour aller, sans l’avoir vraiment décidé, explorer une barre de calcaire jaune. Comme par hasard c’est moi qui porte la corde à ce moment. Par solidarité, Roland se perd avec moi, dans ce passage qui nous amène à une petite traversée dans les églantiers, pas trop marrante.

Troumille,... pas d’eau. Comment a-t-on pu vivre ici autrefois ? On continue dans le sous-bois, quasiment sans traces, c’est raide. On se dit qu’on est fou, qu’on n’a plus l’âge... Après les bois, les pierriers, puis la dernière pente,... super... un sentier bien marqué pour les 50 derniers mètres avant la piste ;-).
Cette descente par Troumille avec des gros sacs restera dans les annales, pour sûr.

Pour moi ce fut une magnifique reprise et un test réussi. Merci les gars !!

Photos : Jean Cimolai

Avertissement : En montagne, chacun est responsable de sa sécurité. Les randonnées se font par conséquent sous votre propre responsabilité. L'auteur de ce topo, le site duquel il est issu ainsi que leurs différents contributeurs ne peuvent pas garantir l’exactitude ni l'exhaustivité des indications qui y sont contenues. Ces renseignements ne peuvent en aucun cas engager leurs responsabilités de quelque manière que ce soit. [Voir : www.altituderando.com/Avertissements]