Pour imprimer ce topo, utilisez la fonction d'impression de votre navigateur, ou cliquez sur .

rando13807

Auteur : CourtePatte
Source : https://www.altituderando.com/rando13807

L'aventure est dans l'escalier...

Accès

Non renseigné

Itinéraire

Et bien, pour moi ce fut une bavante.

OK, je l’ai un peu cherché. J’avais pourtant bien préparé cette sortie. Tellement bien que j’avais imprimé des extraits de deux topos différents, celui d’AltitudeRando et un autre, histoire de pouvoir pratiquer des recoupements.
Et puis j’ai oublié le doc imprimé quelque part chez moi.
À Paris.
Omission réparée tant bien que mal la veille de la sortie à coup de photos, depuis mon APN, d’un écran d’ordinateur : autant dire que je n’ai pas fait des dizaines de clichés mais enfin c’était mieux que rien.
Là-dessus, je suis partie pour un bivouac : le sac est déjà gros et lourd en temps ordinaire, mais cette fois j’avais plus de 4 litres d’eau. Par le passé j’ai déjà eu soif dans le Dévoluy et après le coup de chalumeau de la semaine dernière j’étais doublement méfiante.
Ah, et le point de départ c’était Montmaur (je ne suis pas motorisée).

Je passe sur la partie Montmaur – Sauvas, hors topo, mais qui valait la visite aux plans géologique (molasses), botanique (catananches, lavande...) et où l’air palpitait de papillons. À partir des Sauvas, nous voilà à l’étage calcaire, où règne l’ail à fleurs de narcisse qui est une découverte pour moi. À la Fontaine du Vallon – qui est bien vigoureuse, contrairement à mes craintes – les choses sérieuses vont commencer.

Je commence par suivre la description de l’alter-topo. Ce dernier recommande de mettre le cap, depuis la première croupe, droit sur les falaises de Côte-Belle puis de les contourner en traversée, ce qui fait qu’on ne découvre les « escaliers » qu’à la dernière minute. Parce que moi, hein, je suis là pour les escaliers !
La croupe me paraît bien raide, bien longue, et le sac pèse un âne mort. Par contre, lorsque je me retourne j’embrasse du regard la houle boisée du Bochaine et des Baronnies, dominée par la vaste écuelle de Ceüse : c’est déjà spectaculaire.
Et puis d’un coup, m’y voilà. Les fameux escaliers. Alors là, c’est du Louis XIV, c’est beau comme dans un château, et ludique : c’est tout comme les topos le promettaient et je me régale.

Puis ça se gâte. C’est un peu comme dans ces immeubles haussmanniens où il y a du marbre et un petit tapis sur les premiers étages – et au fur et à mesure que l’on monte, les tapis disparaissent et les matériaux deviennent plus médiocres. Désormais les marches sont moins nettes, plus raides et parfois recouvertes de débris roulants. Les bâtons sont rangés dans le sac et je mets sans arrêt les mains ; dès que les gradins sont un peu déversants le sac me déséquilibre vers l’arrière et c’est anxiogène. Ma sélection de photos des topos ne comporte rien sur cette portion, pas plus d’ailleurs que sur le cap à tirer vers la sortie, et je donnerais cher pour voir un cairn car il y a des passages où il me semble que l’on peut choisir entre plusieurs alternatives.

Mais ce qui m’inquiète vraiment c’est que les deux topos me promettent un « pas d’escalade » pour la sortie et je n’ai qu’une peur, c’est que ce dernier soit en dévers. Que je ne puisse pas le passer avec le sac. La perspective de devoir redescendre ce que je viens de monter ne me fait aucune, mais alors là aucune envie...

Malgré tout je continue à apprécier l’ambiance de ce décor ruiniforme, entre ces sculptures en piles d’assiettes et ces gradins chavirés. D’autant que, depuis que je suis dans le couloir, un gros nuage déborde du Plateau et l’univers est presque monochrome, ajoutant au caractère dramatique de l’endroit.

Rétrospectivement, à regarder les photos des topos et des sorties, je me demande encore jusqu’à quel point il existe un itinéraire « recommandé ». Ce qui est sûr, c’est que je me rappelle avoir vu le « petit couloir de gauche » en photo 21 de la sortie https://www.altituderando.com/spip.... et avoir jugé, peut-être un peu vite, qu’il me poserait des problèmes : je suis montée plus à gauche. Et lorsque j’ai atteint le point où s’arrêtait ma visibilité vers le haut, en sentant une étrange bouffée d’air au-dessus de ma tête, j’ai eu le temps de me dire « Ha bravo, tu auras trouvé le moyen de te fourvoyer sur quelque gendarme », et....tout le plateau de Bure m’est apparu : j’étais arrivée.

Je pourrais en danser de joie, sac et tout. J’établis sur-le-champ un programme pour la fin d’après-midi. Un coup d’œil du haut de la tête de Pras Arnaud, puis visite de la tête de la Cluse ; après quoi direction le Pic de Bure pour regarder le coucher de soleil sur les Écrins ; n’oublions pas les antennes au passage ; enfin je vais revenir côté Cluse pour passer la nuit, histoire de profiter du lever de soleil le lendemain – comme je compte redescendre par la Combe de la Cluse tout ça se combine très bien.

Je n’évoque pas le Plateau de Bure : il faudrait, pour lui rendre justice, doubler la longueur de ce texte. Je me bornerai simplement à mentionner que je savais très bien ce que j’allais voir là-haut, de remarquables reportages photos lui ayant été consacrés : et malgré cela, j’ai quand même été instantanément envoûtée par l’atmosphère presque onirique qui règne là-haut.

Pour finir : si c’était à refaire...? Et bien, le plus dur c’était bel et bien l’incertitude quant à ma capacité à sortir sur le plateau. Si l’on me donne seulement cette garantie, malgré le sac, malgré les doutes et les efforts...j’y retourne demain !

Avertissement : En montagne, chacun est responsable de sa sécurité. Les randonnées se font par conséquent sous votre propre responsabilité. L'auteur de ce topo, le site duquel il est issu ainsi que leurs différents contributeurs ne peuvent pas garantir l’exactitude ni l'exhaustivité des indications qui y sont contenues. Ces renseignements ne peuvent en aucun cas engager leurs responsabilités de quelque manière que ce soit. [Voir : www.altituderando.com/Avertissements]