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Mont Bégo (2872m) en traversée par la Gordolasque

Auteur : afkalizebone
Source : https://www.altituderando.com/Mont-Bego-2872m-en-traversee-par

Evidemment, le Bégo n'est pas un des plus hauts sommets des Alpes. Il ne vous faudra pas vous encorder pour atteindre son sommet. Aucune de ses faces ne porte le nom d'un alpiniste célèbre qui aura été le premier à en réussir la périlleuse ascension. Mais gravir le Bégo, et traverser la Vallée des Merveilles, c'est comme accomplir un pèlerinage. Il y a les cicatrices le long des roches laissées par le passage de glaciers maintenant disparus. Les témoignages gravés d'ancêtres qui ont ressenti le besoin d'exprimer quelque chose qui les dépassent. C'est un peu tout cela, que de monter au Bégo. Se laisser porter par ces traces hors du temps, et devenir la variable négligeable par laquelle les miracles s'accomplissent.

Accès

Au départ de la côté (Nice) : remonter la Plaine du Var par la RD6202. A la sortie de Plan du Var, après le Pont Durandy, prendre au rond-point à droite en direction de la Vallée de la Vésubie (RD2565). Remonter la vallée jusqu’à Roquebilière. 2 routes sur la droite, l’une à l’entrée, l’autre à la sortie du village (toutes les deux nommées RD71), vous permette de gagner le village de Belvédère. Le traverser et continuer à monter sur plusieurs kilomètres le long de la rivière. Gagner le bout de la route au Pont du Countet et garer votre véhicule sur le parking en terre.

Itinéraire

La sortie en quelques chiffres :

Note :

Cet itinéraire est en partie celui réalisé dans le 3ème jour du topo "Raid Tinée, Vésubie, Fenestre, Gordolasque, Merveilles". Y figure donc l’ascension complète et le retour au Refuge des Merveilles, mais pas la redescente. Il m’a paru intéressant de proposer ce topo, car cet itinéraire est plus aisé à mettre en œuvre que la traversée Gordolasque - Merveilles - Col du Turini proposée dans le raid...

De la Gordolasque au Pas de l’Arpette :

Partir du Pont du Countet à la balise n°412 et monter dans le raide Vallon de l’Empuonrame. On longe la conduite forcée à main droite, avant de passer dessous en arrivant dans un replat qui nous offre un moment de répit dans notre ascension. La grimpette se poursuit vers l’Est, avec à notre droite la Cime du Diable et la Cime des Verrairiers.
On gravit dans une pente raide et dans quelques éboulis un petit cirque par la gauche, jusqu’à gagner le Pas de l’Arpette et la balise n°402. A cet endroit se dévoile vers l’Est les nombreux lacs de la vallée de Fontanalbe, la Cime du Diable vers le Sud, la masse imposante du Bégo vers l’Est, les contreforts du Mont des Merveilles au Nord.

Pas de l’Arpette - Pied du Bégo :

La descente dans ce vallon herbeux et parsemé autant de blocs rocheux épars que de ruisseaux est tout simplement magique. On rencontre rapidement des panneaux d’avertissement nous indiquant les sentiers à ne pas prendre sans guide. La descente est tranquille jusqu’au Refuge des Merveilles et le Lac Long Supérieur, point de départ de l’ascension.

L’ascension du Bégo en traversée :

Vous vous en apercevrez aisément en consultant la carte IGN, l’itinéraire par la face Sud du Bégo est matérialisé par des traits pointillés noirs. Cela se traduit sur le terrain par une sente bien tracée, parsemée de cairns suffisamment nombreux pour qu’on ne s’égare pas, par beau temps du moins.
Pour l’itinéraire en versant Nord-Ouest, cependant, pas de signalisation sur la carte, à part un tracé depuis la baisse de Valmasque qui s’arrête brusquement dans une zone de barres rocheuses... Sans doute les autorités du Parc veulent éviter que de trop nombreux randonneurs s’aventurent sur ce chemin exigeant... Sur le terrain, ce sentier existe bel et bien : cairné, taillé "dans le roc", aérien, délicat, et donc incontournable, pour une traversée magique qui permet d’effectuer par une boucle l’ascension du Bégo ET de passer par la Vallée des Merveilles.
La seule condition : s’être assuré du déneigement total sur l’ensemble de l’itinéraire pour pouvoir passer sans matériel d’alpinisme. J’ai eu beaucoup de chance pour ma part car même en distinguant une bonne partie du sentier Nord-Ouest depuis la cime, il m’était impossible de me rendre compte de la praticabilité sur tout le parcours.
J’ai heureusement été rassuré dès les premiers hectomètres de ma descente, en croisant un couple et leur enfant qui ont émergé d’une vire et qui s’inquiétaient eux aussi de la présence de neige vers le sommet ! D’après un guide croisé au refuge des Merveilles, le sentier n’était pas accessible un ou deux jours plus tôt...

Emprunter le sentier qui passe sous le barrage du lac. Le torrent émissaire peut être difficile à traverser lorsqu’il est très fort. Bien suivre le sentier qui monte sur le flanc Sud du Bégo. Les longues traversées vont peu à peu se transformer en vires raides et encombrées d’éboulis à mesure que l’on monte. On distingue au-dessus de nous, écrasante, la face Sud que l’on a du mal à voir approcher.
On finit par gagner une zone de replat relatif, mais ce n’est pas encore le sommet ; quelques passages un peu exposés où il faudra mettre les mains par endroits, une navigation sur des blocs et l’on arrive au cairn de pierres blanchâtres marquant la cime.
Inutile de vous dire que le panorama offert (si la météo est clémente !) est inoubliable. Allez, un petit tour d’horizon : Mont des Merveilles à l’Ouest, Grand Capelet, Tête du Basto Sud et Nord, Chamineye, Clapier, Cime de la Charnassière et Mont Sainte Marie au Nord, Cime de Chanvrairée à l’Est, Cime de Durmiose, Cime de Chagiasse, Mont Macruera au Sud, et enfin Cime du Diable et Cime des Verrairiers au Sud-Ouest.

Pour la descente et comme expliqué dans le chapitre en préambule, emprunter le sentier qui s’engage sous la face Nord-Ouest en prenant soin de ne pas le quitter. Il descend, il monte par moments, il passe astucieusement entre les accidents du relief... concentré sur sa progression, s’aidant parfois des mains, on se retrouve finalement assez rapidement sur le GR à la Baisse de Valmasque (balise n°94), qui n’est somme toute que 350 mètres environ plus bas que le Bégo, certes, mais ce sont 350 mètres d’aventure...

Baisse de Valmasque - Lac Long Supérieur

C’est l’occasion de découvrir dans la partie basse du vallon les diverses gravures accessibles depuis le bord du sentier (c’est à dire sans guide), selon l’état d’enneigement : "l’Autel", "Le chef de tribu", "Le Christ", "La Roche de l’éclat", "La Roche Vitrifée".
Inutile de dire que ce sentier est une autoroute pour pèlerins de la roche venus en masse et souvent aussi mal équipés que mal préparés à arpenter ce milieu montagnard... Mais sans doute est-ce le prix à payer pour préserver ce site : que tout un chacun puisse venir s’émerveiller, et ainsi faire le premier pas vers le respect de ce patrimoine.
De plus, la forte densité de guides agréés en plus des gardes du Parc assure sans doute une bonne surveillance du site et évite d’éventuelles nouvelles dégradations...

Le sentier est évident, parsemé de moutonnements de blocs rocheux (pélites) que l’ancien glacier a charrié, au milieu de zones d’herbe rase. On regagne tranquillement le rivage Nord du Lac Long Supérieur et on rejoint le croisement à la balise n°93.

A partir de ce point, l’itinéraire de retour est identique à celui de l’aller.

Avertissement : En montagne, chacun est responsable de sa sécurité. Les randonnées se font par conséquent sous votre propre responsabilité. L'auteur de ce topo, le site duquel il est issu ainsi que leurs différents contributeurs ne peuvent pas garantir l’exactitude ni l'exhaustivité des indications qui y sont contenues. Ces renseignements ne peuvent en aucun cas engager leurs responsabilités de quelque manière que ce soit. [Voir : www.altituderando.com/Avertissements]