Le Gokyo Peak (5360m) et le Pachermo (6273m)

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
Non renseigné
Durée :
3 jours et plus
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

C'était en 2003, mon premier voyage au Népal. 14 jours de trek en pays sherpa.

Accès

C’était en 2003, quelques mois après le tragique décès de mon épouse Dominique (10 juin 2003 lors du dernier Raid Gauloises), qu’un bon copain, Christian, m’invite à se joindre à eux pour un trek au Népal. A cette époque, je n’étais pas bloguer et je ne prenais pas de note de mes sorties. Je vais néanmoins essayer de vous faire profiter de ce voyage.

Itinéraire

Comme souvent avec ce groupe de copains, ce n’est que sur place qu’on se retrouve. Il faut dire que nous sommes éparpillés entre Aix les Bains (73) - Combloux (74) - l’Albenc (38) - Megève (74) - et bien d’autres parties du monde pour Christian et Françoise qui sont bien un peu « pigeons voyageurs ».

Avant notre départ de France tout ceux qui ont pu, sont allés passer une nuit au refuge Torino (3371m) pour un début d’acclimatation en altitude. Mais boulot oblige, nous ne nous y sommes pas retrouvés tous ensemble, mais en deux groupes. C’est vrai, c’est un peu onéreux (tunnel - remontée mécanique et refuge) mais çà peut être utile.

Le 2 octobre nous décollons de Genève escale à Zurich et Singapour pour enfin atterrir en terre népalaise à Katmandou. Dés le lendemain nous décollons à nouveau pour Lukla (2800 m). Là, nous sommes enfin à pied d’œuvre.

Premier contact avec nos sherpas - équipe cuisine et porteurs, trois classes sociales hiérarchisées. Au total, une grosse équipe d’une bonne vingtaine de personnes alors que nous ne sommes que huit trekkeurs. Mais ici, tout est transporté à dos d’homme ou de Yack. Et, la charge des humains (hommes et femmes) avoisine les 40kg.

Nous passerons cette nuit à Lukla, car, avant de débuter ce trek, nous avons une mission humanitaire à accomplir :
L’Association Christophe Viard, du Nom d’un guide mégevan décédé dans une avalanche au Mont Joly au cours de l’hiver 2001 (sauf erreur de ma part) dont nous faisons partie, a édifié un dispensaire médical à la sortie de Lukla à Choplung. Nous devons donc y faire une halte pour déposer des médicaments et briffer le personnel local sur le bon emploi de ces médicaments (dans notre groupe, nous avons un médecin généraliste - un médecin gynécologue et une infirmière).
Ce n’est donc que le lendemain que nous quitterons Lukla pour ce premier arrêt au dispensaire. Le but de cette association est l’aide humanitaire en pays de montagne (renseignements au bureau des guides de Megève).

Pour la suite du voyage en direction de Namche Bazar (3440m) nous ferons étape à Phakding (2652m). Etapes courtes avec peu de dénivelé, mais c’est primordial pour l’acclimatation à l’altitude.

Combien de ponts suspendus ont été construits et financés par nos voisins suisses pour les très nombreuses traversées de Dudh Kosi ? Je ne saurais le dire.

Nous sommes à Namche Bazar le soir du 5 octobre. Petit tour en ville et au marché tibétain.

Pour ce rendre au marché de Namche, les tibétains ont une quinzaine de jours de marche en franchissant un col à plus de 5000m avec leurs yacks. Sur le marché, ils vivent sous leurs étales composés de bâches. C’est très rudimentaire.

Le lendemain nous prenons la direction du monastère de Tengboche (3867m) et Deboche où nous ferons étape.

Le jour suivant nous emmène à Konar (4050m). Le lendemain nous passons à Thore (4390m) puis Tharé (4500m) pour faire étape à Nhalha (4440m). Je n’ai pas inventé ces noms, ils sont tous sur ma carte.

Notre acclimatation se passe bien, tout notre groupe suit sans problème, y compris notre infirmière d’Aix les Bains mais d’origine normande qui, à chaque nouveau mètre de dénivelé, bat son propre record d’altitude.

La journée suivante sera notre seul jour de mauvais temps pour atteindre Gokyo (4750m). D’ailleurs dans ce village, nous dormirons en Lodge et non pas sous tente comme à l’accoutumée.

Le lendemain, le ciel est bleu, mais il a gelé pendant la nuit après la pluie de la journée. Le résultat : la traversée de la rivière alimentant le lac de Gokyo (Dudh Rokhari) sur des cailloux bien verglacés a été bien délicate, n’est ce pas Lucile. Un de nos sherpas la voyant hésiter s’est mis en chaussettes pour ne pas glisser sur les pierres pour l’aider à traverser. Dévoués nos sherpas.

C’est ensuite l’ascension en aller retour du Gokyo Peak (5360m) sans aucune difficulté technique si ce n’est l’altitude. Là, l’ensemble de notre groupe est monté au sommet accompagné de nos sherpas et quelques uns de nos porteurs et équipes cuisines ayant voulu nous accompagner.

La journée n’est pas terminée, il faut redescendre à Gokyo, récupérer le reste de notre caravane est continué en direction de Dole (4040m). Nous avons bien eu un peu de mal à convaincre notre caravane à forcer un peu l’allure pour gagner une journée car l’un d’entre nous à une date butoir pour son retour en France et notre périple n’est pas terminé. Ayant réussi notre premier 5000m pour la totalité du groupe, nous nous dirigeons maintenant vers un 6000.

L’étape suivant ce sera Thame (3800m) où nous trouvons de l’électricité pour recharger nos batteries. Nuit en Lodge et nous buvons une bière dans le lodge voisin tenu par le sherpa recordman du nombre de montées à l’Everest.

Le lendemain, ce sera le dernier camp confortable vers 4800m avant l’assaut final avec une équipe réduite pour une nuit à 5755m à Taschi Lapcha. Là, les porteurs redescendent dormir un peu plus bas. Ne restent avec nous que les sherpas et les quelques membres de l’équipe cuisine à être montés jusque là (le cuistot lui nous attend au camp confortable). A ce bivouac il y a également un autre groupe de tchèques monté par l’autre versant.

La montée à Taschi Lapcha n’est déjà plus tout à fait de la balade. Des cordes fixes ont été installées pour sécuriser les passages sur glace vive. Il faut également se méfier des chutes de pierres toujours imprévisibles.

La nuit a été fraîche pour certains, bien confortable pour d’autre (j’ai même pas eu froid, presque trop chaud).

Avant le lever du jour, tout le monde est sur le pied de guerre et, c’est encordé que nous quittons le camp à seulement 7, l’un de nous, Dominique ayant estimé que c’était bien suffisant pour lui.

Vers 6000m, Lucile ne se sentant pas trop, décide de rebrousser chemin. Du coup, Anne notre normande abandonne et Françoise se sent obligée de les accompagner, des fois qu’il y ait besoin du caisson. Donc nous ne sommes plus que 4 pour tenter le sommet.

Nos sherpas équipent en corde fixe et nous montons pas à pas derrière eux. Il n’y a pas besoin de nous dire de marcher doucement, çà vient tout seul. Personne n’a envie de courir à cette altitude.

Ce 14 octobre, vers 10h30 Antoine, Christian, Mickaël et Mich, nous atteignons le sommet du Pachermo (Parchamo) à 6273m, en compagnie de nos trois sherpas (merci à eux).

Nous avons bénéficié d’une super météo : pas de vent - grand soleil. Au sommet, même pas eu froid, nous avons cassé une petite croûte sans besoin de gants.

Après plein de photos il faut songer à redescendre car la route est longue pour regagner le bivouac dans un premier temps puis le camp de base où nous passerons la nuit. Très longue journée, mais que du bonheur.

Ensuite c’est le chemin inverse en direction de Thame et Namche Bazar, puis la descente sur Lukla et l’avion pour Katmandou.

Si l’atterrissage à Lukla est déjà un exploit pour le pilote et une grosse frayeur pour les passagers, le décollage de Lukla çà vaut le détour : Imaginez une piste d’avion bien courte et un trou sans fond en bout de piste. La montagne en face semble bien près et surtout beaucoup plus haute que la piste de Lukla.
Vous êtes dans l’avion, en haut de la piste. Le pilote met toute la gomme. Tout vibre dans l’appareil, on se demande même s’il ne va pas s’autodétruire. Après un certain temps de chauffe, le pilote lâche les freins et çà roule plein gaz. En bout de piste, l’avion perd de l’altitude plongeant dans la vallée, puis ... enfin ... il se stabilise ... reprend même de l’altitude et finit par franchir le col, avec juste assez d’altitude pour ne pas s’y poser. Ouf, c’est passé. Mais rassurez vous, on n’a vu aucune carcasse d’avion dans le secteur, c’est juste impressionnant.

Une fois à Katmandou, un peu de tourisme tout de même avant notre retour sur la France, là aussi en ordre dispersé n’ayant pas tous un vol le même jour, certains s’arrêtant même en cours de route.

De ce premier trek au Népal, j’en conserve un très bon souvenir. Et si mon nouveau projet se concrétise, en 2008 avec en partie la même équipe, ce sera le Tour des Annapurna à rallonge puisqu’on devrait y rester un mois.


Pour ce trek, nous avons contacté une agence locale sur place. Pas d’intermédiaire français donc. Notre argent dépensé sur place profite uniquement au Népalais. Il faut préciser néanmoins que l’un d’entre nous est guide de haute montagne et, de part sa seconde profession est bien habitué à s’organiser dans le monde entier, çà aide bien. Merci Christian.

Dernière modification : 16 mai 2018

La carte du topo « Le Gokyo Peak (5360m) et le Pachermo (6273m) »

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