Santo Antao (1585 m)

Difficulté :
Moyenne
Dénivelé :
Non renseigné
Durée :
3 jours et plus
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Découverte de nouveaux horizons métissés dans l'île la plus verte de l'archipel du Cap Vert au beau milieu de l'Atlantique. A 5 heures d'avion, un dépaysement garanti à la croisée de trois continents (Afrique, Amérique du Nord, Amérique du Sud).

Accès

Depuis l’île de Sao Vicente où nous a déposé notre vol depuis Paris, nous prenons le ferry jusqu’à Porto Novo où nous attend notre guide. Il y a peu de vols directs depuis Paris et ils sont chers, il y a plus de possibilités via Lisbonne.

Itinéraire

La traversée dure une heure et est à elle seule un petit spectacle, les deux tiers des passagers semblent malades sur une mer pourtant pas trop agitée... Nous arrivons dans la ville portuaire de Porto Novo, au sud de l’île, les circuits de trek sont plus beaux sur le versant nord.

La randonnée commence donc par... un peu de voiture. Depuis le port le minibus grimpe courageusement les lacets jusqu’à atteindre l’un des sommets de Santo Antao, à 1585 m.

D’un côté le Pico da Cruz fait face à Sao Vicente, le bras de mer qui sépare les deux îles est superbe ; de l’autre côté on surplombe la vallée de Paul, notre guide nous indique un rocher que nous grimpons avec nonchalance... pour nous retrouver au dessus du vide, il y a bien 900 mètres sous nos pieds, la première sensation est la bonne, nous voilà partis pour une belle aventure. Il y aura ces prochains jours une belles collection de jolis points de vue comme celui-ci, de vraies pépites d’or insoupçonnables et totalement inconnues des guides papier, on ne dira jamais assez l’intérêt d’avoir un accompagnateur - et en plus ça donne du boulot bien payé à la jeunesse du coin.

En continuant la promenade passant par un cratère cultivé (Cova) (1500 m), par un village très accueillant (Aguas de Caldera) (1400 m), on passe par des vallées beaucoup plus vertes que sur l’autre versant de l’île parcouru en minibus, bien plus aride.
Après quelques minutes de route pavée, on suit des pistes de terre. On troque alors les pins des sommets pour des cultures en terrasse où les paysans font pousser des haricots et du maïs, à proximité de Lagoinha (après une heure et demie de marche : 1300 m).

Sur les hauteurs il faisait un peu frisquet, mais en descendant on s’éloigne un peu des quelques nuages agrippés au relief et on retrouve progressivement la chaleur qu’on avait senti la veille au Mindelo. L’agence a pris nos bagages en charge, c’est heureux.

Le petit sentier nous mène dans deux vallées peu habitées, il y a quelques petites digues pour freiner l’eau des pluies ; les vues sont superbes, il y a plusieurs embranchements, chaque sentier est une promesse et seul le guide sait quel chemin suivre.

En fin d’après-midi on arrive au bourg de Caibros (300 m), on y passe la nuit chez l’habitant, dont le français vaut bien plus que notre portugnol, mauvais mélange d’espagnol et de portugais. La langue parlée ici, c’est le créole issu du portugais, l’ancienne puissance coloniale - rien à voir évidemment avec celui des antilles françaises.

Au matin du deuxième jour, nous descendons la vallée de Caibros pour prendre la direction de Cha de Igreja (200 m), un charmant village posé sur un plateau surplombant un canyon et entouré de champs de canne, l’ambiance y est très agréable, la place de l’Église est un havre de paix, il y a peu de touristes dans la région et les gens sont d’une gentillesse absolue, progressivement on abandonne un peu de notre retenue pour établir de beaux contacts malgré la barrière de la langue. En plein milieu du trek, ça grimpe pas mal en zig-zag jusqu’à 800 m, pour faire la jonction entre les deux vallées. La famille chez qui on dort nous donne d’ailleurs un beau coup de pouce linguistique, et on y mange plutôt très bien !

Le troisième jour, notre guide nous a réservé un gros morceau avec un chemin longeant la mer ; pas de grosse difficulté, pendant l’essentiel de la rando on suit un chemin pavé et cerné d’un muret de protection, mais ça grimpe et ça descend, au bout de cinq heures on sent bien les dénivelés dans les talons et dans les genoux. Mais la promenade valait le coup, après avoir dépassé le singulier cimetière de Cha de Igreja on rejoint Cruzinhas léché par les vagues et l’écume, pour aller jusqu’à Aranha, Formiguina, Corvo et l’immanquable Fontainhas, un village multicolore qui semble flotter sur le flanc de la montagne face à la mer. Finalement et après quelques dénivelés de 200 m on arrive à la petite ville de Ponta do Sol où le port est un vrai régal pour les yeux. Au dîner, le poisson grillé et les patates douces finissent de nous combler.

Les deux jours suivants, nous les passons dans la vallée de Paul, celle que nous avions vue au départ depuis Pico Da Cruz. De là-haut on ne soupçonnait pas à quel point cette vallée est belle, c’est un pur bijou ; on y oublie réchauffement climatique, crises financières et autres turpitudes, la vie y est saine, les habitants rivalisent d’amabilité, et grâce à notre guide nous sommes régulièrement invités à boire le café ou le grog, le fameux rhum local. Pombas, Eito, Passagem, Lombo, Cabo da Ribera, Janela, tous ces hameaux sont délicieux. Depuis Cha de Mato à 600 m la vue est unique. Seul point un peu préoccupant par rapport aux autres vallées, le nombre d’enfants demandant bonbons et stylos, c’est la marque du tourisme. Ils ne se formalisent pas, les sourires fusent de tous côtés, tout va bien...

Au matin du sixième jour, fourbus ni trop ni pas assez, heureux comme escompté, la banane fendant le visage d’une oreille à l’autre, il faut se résigner à rentrer à Mindelo en se promettant de revenir le plus vite possible. De belles randonnées dans des paysages impressionnants, une logistique sans accroc de la part de l’agence locale (Cap Vert Rando), des habitants remarquables au coeur sans limite, on aimerait bien que toutes les randos se passent avec autant de bonheur....

Bibliographie

Le Petit Futé Cap Vert 2009

Cap-Vert Loin des yeux du monde - Ed Olizanes 2007

Le Cap Vert aujourd’hui - Ed du Jaguar 277 pages (le meilleur pour comprendre la situation et la culture du pays)

Dernière modification : 16 mai 2018

La carte du topo « Santo Antao (1585 m) »

Ouvrir en grand !

Chargement de la carte en cours

Photos « Santo Antao (1585 m) »

Arrivée au port Cratère de Cova Entre Cruzinhas et Fontainhas Grands orgues de basalte Vue depuis le Pico Da Cruz Grand vert ou grand vide Les cultures en terrasses Des dénivelés à foison Village typique dans la vallée de Paul