Traversée du Jura par le GR5

Difficulté :
Moyenne
Dénivelé :
Non renseigné
Durée :
3 jours et plus
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Le carnet de route de l'aventure de Blaise et Jérôme : taverser le Jura du Nord au Sud. Un défi de plus de 280km, des sacs de 20kg (voyager en autonomie ça n'a pas de prix, mais ça a un poids !), 9h de marche par jour et 8 nuits à la belle étoile.

Accès

Montbéliard

Itinéraire

280km de Montbéliard à Segny

Le 28-07-06 Montbéliard au pont sarrazin

Etape préparatoire au raid : rejoindre Montbéliard, le point de départ. Rendez-vous est donc donné à Lyon le vendredi au soir, pour un gîte étape chez Blaise. Départ le samedi matin pour prendre un train vers Montbéliard. Les quelques heures de voyage sont l’occasion de peaufiner la planification des deux premières étapes.

Arrivés à midi en gare de Montbéliard, Nous décidons de monter à la citadelle pour prendre notre premier repas. La première étape sera une mise en jambe, une quinzaine de kilomètres à faire dans l’après-midi, jusqu’à la première curiosité naturelle : le pont sarrazin, arche naturelle de pierre.

Il nous faut environ 20 minutes pour quitter les paysages urbains et nous retrouver le long du canal du Rhin au Rhône, longue ligne droite sur un chemin tout plat. Première curiosité : un carrefour de canal ! A gauche le canal de la Haute Saône et tout droit le canal du Rhin au Rhône. Nous prenons tout droit.

Nous rejoignons le GR5 à Fesches-le-Châtel et nous enfonçons dans la forêt. Le parcours de cette journée est quasiment tout plat, parfait pour chauffer les jambes et habituer nos pieds. On aura de toute façon encore 8 jours pour monter et descendre toutes les chaînes du Jura...
A la sortie de Vandoncourt, nous arrivons au pont sarrazin. C’est une arche naturelle de pierre qui surplombe un effondrement en pleine forêt. La légende dit que cette arche s’est formée afin de laisser passer une jeune fille fuyant les Sarrazins.

Le site est très ombragé et humide, donc plein de moustiques. Nous qui avions cru monter notre bivouac ici, ça va pas être possible ou alors ce sera l’enfer. On reprend donc les sacs à dos pour trouver un coin plus propice à notre installation.

Le temps est au beau fixe, et il fait encore bon quand nous nous arrêtons vers 18h15, sur une sorte de plate-forme à deux pas du pont. On passe donc en sandales, déballons toutes nos affaires et profitons des dernières heures de soleil pour faire une reco de notre site et avoir une vue d’en haut du pont.

Notre installation pour la nuit est rustique : il fait beau, on dormira à la belle étoile. Mais la nuit est le théâtre d’une attaque ! Dans notre insouciance, nous avons laissé traîner nos affaires, et la poubelle... Blaise le premier est réveillé par une bête venu chercher de la nourriture dans sont sac. Allumant sa lampe, il réveille Jérôme en sursaut qui aura eu plus peur que le renard, qui lui ne s’est même pas éloigné !

Nous faisons du bruit et le chapardeur s’éloigne. Blaise sort son mètre 95 de son sac de couchage pour impressionner l’animal, réorganiser le campement, et pendre la bouffe dans les arbres. Mais il nous faudra plus de vingt minutes pour ne plus entendre le rôdeur autour de nous et se rendormir.

Le 29-07-06 pont sarrazin à Courtefontaine

Le départ s’avère être difficile : à 200m de notre bivouac, le chemin se sépare en de nombreux chemins de débardage et le marquage n’est pas très clair. Le chemin est sympathique, dans la forêt.

On atteint la frontière franco-suisse, marquée par de grosses bornes en pierre. Blaise se plaint des tentons d’achile. Quelques cachets ne font pas effet et il décide de chausser ses sandales. Le résultat est miraculeux : plus mal du tout. Le revers de la médaille c’est que ce sont ses chaussures de rando qui le font souffrir et donc il ne pourra plus les mettre.

Juste après la sortie de Villars-lès-Blamont, la pluie fait son apparition. Mais nous entrons de nouveau en forêt et la voûte feuillue nous protège. Sur la crête, les paysage devient curieux à l’approche de la batterie du fort du Lomont : fossés, remparts écroulés et la batterie, bâtiment militaire en ruine. Nous continuons sur le chemin stratégique en direction du fort du Lomont.

Nous arrivons face au Doubs à Soulce-Cernay. Il est environ 15h quand nous traversons le pont, et la vue de la plage sur notre droite nous fait envie. On décide donc, après avoir rempli nos gourdes à la fontaine d’aller faire trempette et de jouer avec le courant.

Nous repartons en sachant que demain, nous retrouverons le Doubs de l’autre côté de la montagne qui se dresse face à nous. Nous arrivons à Courtefontaine et demandons à un habitant une source d’eau pour remplir nos gourdes. Coïncidence : ce monsieur fait partie du club de randonnée local et participe au marquage du GR.

La fin de journée approche et dès la sortie du village, nous nous mettons en quête d’un endroit pour dormir. Au niveau des fermes de la Mine, une colline au sommet aplati attire mon attention : c’est là l’endroit où on pourra être tranquille. Un coup d’oeil au topo nous apprend que cette ferme fait gîte... C’est un peu le narguer que de s’installer juste derrière, mais la végétation nous dissimulera.

Dans le champ, un muret éveille ma curiosité. Je chausse mes sandales pour faire les 300m qui m’en séparent et aller y jeter un oeil. Il se trouve que ce muret est un cimetière ! La stèle centrale date de 1870 et est en allemand, je n’y comprends pas grand chose à part "minen". Je continue mon inspection et découvre une ouverture dans le mur du fond : c’est le caveau d’une famille, dont les ossements sont bien présents à l’intérieur.

Dormir à côté d’un cimetière... Ne nous fait pas peur et nous sommes plus préoccupé par le vent qui se lève et nous oblige à réorganiser notre campement pour s’en abriter.

Le 30-07-06 Courtefontaine à Biaufond

Dès le départ, le chemin s’élève, pas le temps de s’échauffer. Mais le moral est bon et les jambes tournent bien. Au sommet se prépare la fête de la forêt, prévue pour le 4 août : de nombreux stands en sapin ont été montés pour l’occasion et nous rencontrons 2 passionnés qui reconstituent un four de verrier. La région a été, depuis le 17e siècle, grande productrice de verreries.
Après une descente vers Fessevillers, on repart en montée en direction de "sur le mont de Fessivillers". Après 2 jours sur le plateau vallonné du Jura, on sent qu’on arrive sur les premières chaînes et on dépasse pour la première fois les 1000m.

Et derrière, redescente vers 500m pour retrouver le Doubs, qui nous servira de main courante pour quelques jours. L’avantage c’est que suivre la rivière limite le dénivelé. Je décide d’imiter Blaise et chausse mes sandales pour aérer mes pieds.

Le Doubs est assez encaissé sur cette partie, et peu avant les échelles de la mort, le sentier s’élève dans la pente abrupte en laissant la rivière sur notre gauche. Cette partie de la forêt est exploitée par des bûcherons et le chemin qui était tout à fait praticable laisse place à une piste défoncée par les machines et boueuse suite aux averses de la veille. Mes tongs s’alourdissent d’une bonne couche de boue, et ont de plus en plus tendance à coller à la piste, j’ai vraiment du mal à avancer.

Pestant contre cette galère, je n’étais pas au bout de mes surprises, et ce fût le bouquet lorsque la lanière de ma sandale gauche cassa. Blaise, hilare, me regardait marcher pieds nus dans la boue, tel un aborigène. Mais les tongs cassées et les pieds pleins de boue, je n’avais d’autre choix. Heureusement, grand bonheur, une petite source coulait à quelques hectomètres, qui me permit de laver mes pieds et remettre chaussettes et chaussures.

Une fois arrivé au belvédère, nous jetons un coup d’oeil aux échelles de la mort, succession de 3 échelles permettant le passage d’une corniche et la descente dans la vallée du Doubs. Mais force est de constater que les échelles primitives, qualifiées de mortelles, ont laissé place à de bons escaliers métalliques peints de couleur vive.

Nous passons le barrage du Refrain et longeons désormais le lac de barrage. Le dégagement et l’entretien de la berge suisse frappe, quand on découvre la berge française couverte d’une dense forêt, que traverse un tout petit chemin. D’innombrables barques sont attachées, voire abandonnées le long de la berge. Nous décidons de nous installer au bord d’une plage, en face de quelques maisons côté suisse.

Il n’est pas encore trop tard et je décide de prendre un bain avant de manger. Au cours du repas, une voiture se gare derrière nous et 2 femmes en sortent. Ceux 2 femmes travaillent au restaurant de l’autre côté, côté suisse et sont préoccupées par notre désir d’installation. En effet, des feux d’artifices sont prévus pour la fête nationale suisse et nous sommes assis juste sur le pas de tir !

Nous hésitons sur la conduite à tenir : doit-on s’installer quitte à être réveiller au moment du spectacle ou devrait-on attendre ? Finalement, nous décidons de cacher nos sacs, traverser le Doubs et aller boire un coup au restau. Une glace et quelques verres plus tard (dont un marc offert par la maison pour le dérangement occasionné), nous rentrons pour monter notre campement. Il est 23h, les feux sont tirés, et nous nous couchons.

Le 01-08-06 Biaufond à le Meix Musy

Il est à peine plus de 6h lorsque quelques gouttes commencent à tomber. Nous sommes installés sous des arbres et j’hésite à sortir de mon sac de couchage pour installer la bâche. Finalement, il reste 1h de sommeil, plus tout le temps pour se préparer, je pense que ça vaut le coup.
Nous repartons donc sur le GR sous la pluie. Nous remontons le cours du Doubs et la vallée se transforme en gorges, avec des versants très abruptes, voire des falaises. Le GR traverse souvent des éboulis et la progression n’est pas facile. D’autant plus que Blaise, qui ne peut pas faire 3 pas avec ses chaussures de randonnée, marche toujours en sandales.

Nous apercevons deux chevreuils en haut d’un éboulis, avant de rejoindre le sentier Bonaparte. Le Doubs suit un court en pente douce, mais le sentier (car ce n’est pas plus qu’un sentier maintenant), pour éviter certaines zones inondables lors des lâchers de barrage, passe tantôt au pied, tantôt au sommet des falaises. Et la pluie qui tombe toute la matinée a rendu les pentes couvertes de feuilles très boueuses.

Nous passons l’usine électrique alimentée par le barrage du Chatelot, 3km en amont. Elle est construite au fond des gorges et possède deux accès : un funiculaire ou un escalier de 1200 marches ! Après une pause dans un abri de pêcheur, et un moment d’égarement dû à des incohérences entre la description de la voie à suivre du topoguide et les panneaux effectivement présents, nous arrivons en vue du barrage du Chatelot.

Nous profitons de la terrasse abritée d’un genre de chalet pour y faire notre repas. Un repas en terrasse, avec vue sur le lac, ça aurait été super avec le soleil. Au lieu de ça il pleut et il fait froid. La pause sera donc express et nous voilà bientôt sur les escaliers métalliques facilitant l’accès au lac de Moron puis au point de vue sur le saut du Doubs.

Une bonne petite grimpette et 7km de bitume plus loin nous voilà arrivé à Viller-le-Lac. La journée, à cause du mauvais temps et du chemin accidenté, a été dure. Nous décidons de profiter d’un rayon de soleil pour prendre un chocolat chaud en terrasse.

Un coup d’oeil sur le topoguide nous révèle que l’on pourrait dormir ce soir sur la crête du Meix Musy. Derniers kilomètres difficiles, mais qui pourraient être récompensés par une belle vue sur tout ce qu’on vient de parcourir. En plus il y a sur le chemin une auberge où nous pourrions refaire nos réserves d’eau pour le repas de ce soir et le petit déjeuner de demain.

Nous arrivons à Gradoz dessus devant ce que nous croyons être l’auberge, et s’en suit une série de quiproquo. En effet, nous ne sommes pas devant une auberge, située elle 500m plus haut, et la dame à qui nous parlons n’est pas l’aubergiste. Bref, tout se démêle, elle nous donne des bouteilles d’eau et en échange, nous lui donnons un coup de main pour rentrer à l’atelier un fourneau en fonte. Elle nous indique par la même occasion un raccourci pour rejoindre le sommet.

Nous voici au pied de la piste de ski, dernier effort de la journée si nous voulons nous installer au sommet. Au sommet, la vue est superbe mais le vent est terrible, et nous décidons finalement de nous installer dans la forêt pour s’en abriter.

Le 02-08-06 Le Meix Musy à rochers du Larmont

La nuit a été fraîche, on sent qu’on arrive dans les plus hautes chaînes du Jura. Malgré un bivouac bien installé, on a bien senti les courants d’air. Une satisfaction quand même : il ne pleut pas ce matin. Nous partons donc sur la crête, sur la frontière franco-suisse.

Le sentier est jalonné par des bornes frontières en pierre taillée, plus ou moins ouvragées. Nous passons la corniche de "derrière la mont", qui offre une vue sur la vallée. La partie qui suit est en pente douce et traverse des pâturages, qui ne facilitent pas la progression car il nous faut être plus attentif à notre orientation (pas d’arbres = pas de marquage).

Finalement, nous regrettons les pâturages car nous voici maintenant sur une route bitumée. A 10h, nous arrivons à la ferme auberge du Vieux Chateleu. Pas besoin d’une longue concertation pour entrer commander un chocolat chaud. A l’intérieur, un couple belge prend son petit déjeuner. Ils ont entrepris, depuis plusieurs années, de traverser le GR5 de la Belgique à Nice. Certes il ne vont pas à notre allure et s’assurent un confort certain, mais ça donne des idées pour l’année prochaine...
Petit épisode cocasse, avant de partir, entre Blaise et l’aubergiste.
Blaise : vous avez des toilettes ?
L’aubergiste : oui ; vous savez on est civilisé.
Blaise : oh je sais pas, ça aurait pu être au fond du jardin...

C’est amusés que nous reprenons la route. Pour éviter le bitume, le GR passe à flanc de montagne, à quelques 300-400m de la route qui elle emprunte le fond de la vallée. Cette configuration a un gros désavantage : nous traversons des pâturages en dévers sur plusieurs kilomètres, et on se met à craindre pour nos chevilles.
Nous progressons dans cette vallée à l’habitat dispersé, cette fois-ci en légère descente, pour arriver au passage des dames d’entreportes. Une plaque de rocher, d’à peine 1 mètre de large est fichée à la verticale, c’est impressionnant. Nous faisons une dernière pause devant ce monument, pour préparer la montée finale vers les rochers du Larmont.

La montée commence tranquillement, par la route forestière. Mais après 1km, nous découvrons devant nous ce que le topoguide entend par "un petit raidillon" : c’est un sentier creusé par un torrent intermittent qui grimpe droit dans la pente... A mi-pente nous profitons des quelques fruits sauvages de saison. L’avantage d’un sentier raide c’est qu’on avale le dénivelé rapidement, et on arrive en haut en légère sudation.

Nous installons notre bivouac au sommet. Une fois n’est pas coutume, il fait beau. Le site est magnifique : côté français nous dominons le défilé d’entreportes de 300m, côté suisse les alpages nous offrent une vue dégagée sur les sommets plus au sud. Mais un vent fort remonte par les falaises et à 1350m d’altitude, il est frais. Avant d’aller au lit, nous peaufinons l’installation de la bâche avec pierres et branchages pour éviter les courant d’air cette nuit.

Le 03-08-06 rochers du Larmont à Les Hôpitaux-Neufs

Nouveau réveil sous la pluie.
Après avoir mangé allongé à l’abri, nous démontons le bivouac. La journée s’annonce rude à cause de la météo et Blaise cherche un moyen de se protéger plus efficacement de la pluie. Jérôme, militaire et habitué à la vie en campagne, lui fabrique un poncho en trouant sa couverture de survie.

La matinée sera riche en patrimoine : nous dépassons l’un après l’autre les forts du Larmont supérieur et inférieur pour déboucher sur un point de vue sur le château de Joux. Malheureusement le brouillard nous empêche d’apprécier ce panorama dans son ensemble. Une fois descendu et arrivés à Cluse-et-Mijoux, le froid le brouillard et la pluie ont raison de nous et nous cherchons un abri chauffé pour se restaurer.

Nous trouvons les vivres à la boulangerie, et malheureusement l’abri ne sera pas chauffé puisqu’il s’agit de l’église. En ce matin aucun restaurant ou café ne sont ouverts dans ce petit village.

Nous poursuivons par la montée vers la roche sarrasine (décidément il y a une vraie obsession pour les sarrasins dans la région). Le topoguide nous apprend que le village que nous traversons, Les Fourgs, est le plus haut du département du Doubs, à 1100m.

De là, plus que 10km pour atteindre Les Hôpitaux-Neufs, objectif pour ce soir. Cette étape sera courte, mais l’arrivée nous est imposée par notre séparation du lendemain : Jérôme continuera sur le GR tandis que Blaise passera en Suisse pour rentrer en train vers Genève. En chemin, un thermomètre indique la température maximum de la journée : 12°.

Arrivés aux Hôpitaux-Neufs, c’est la croix et la bannière pour trouver un hôtel (Blaise souhaite prendre une douche et faire une bonne nuit avant de rentrer. Le seul hôtel du village est fermé, ses chambres ne sont pas aux normes et nous force à pousser jusqu’à Métabief (2km de rab’).
Après une douche appréciée, nous décidons de poursuivre la remise en forme par un repas au restau (en plus, il faut marquer la séparation). Nous retournons donc aux Hôpitaux-Neufs et prenons tous les deux un gratin montagnard et un banana split.

Je quitte le restaurant alors qu’il fait déjà nuit. Blaise pars vers son hôtel alors que je reprends la direction du GR et sort à peine du village, trouve une sapinette idéale pour monter ma bâche. Mais vers 22h je suis réveillé par des aboiements et des grognements : je suis visiblement installé sur le territoire d’un rottweiler qui n’est pas du tout content de me trouver ici. Grosse trouille ! Je suis saucissonné dans mon sac de couchage, à plat ventre sous ma bâche, bref je ne peux rien faire d’autre que de regarder ce monstre droit dans les yeux.

Il fini par s’éloigner et je me réinstalle. Franchement, je ne suis pas tranquille. Et le voilà qui revient une demi-heure plus tard. Il reste devant moi à grogner et je me dis que je ne pourrai pas passer la nuit ici. Finalement, j’entends siffler (pas le train) et le chien disparaît dans le noir pour retourner vers son maître. Je suis fatigué, je vais bien dormir ici.

Le 04-08-06 Les Hôpitaux-Neufs à Chapelle des Bois

Etape pluie.
Réveil, contrairement à ce que le ciel bleu hier soir aurait pû laisser augurer, il pleut à nouveau. Je plie donc rapidement le bivouac pour me lancer à l’assaut du Grand Morond puis du Mont d’Or. C’est le plus grand dénivelé de tout le raid, 700m.

Il y a un brouillard terrible, il pleut par moment et je dépasse les 1500m d’altitude, bref ça caille. J’arrive au sommet du Grand Morond. Je devrais voir le Mont d’Or là, juste en face, mais tout est blanc.

Une petite cuvette à traverser et me voilà au sommet du Mont d’Or, d’où je devrais avoir une vue magnifique sur les Alpes suisses, mais le trou devant moi est rempli de coton. C’est dommage, faudra revenir...

Et comme il pleut toujours, je ne m’attarde pas et arrive à midi à la source du Doubs. La pluie cesse et je passe à table, soulagé de pouvoir manger tranquile, pensant que c’en est fini du mauvais temps. Mais à peine l’entrée finie la pluie retombe à nouveau et pas un abri dans ce lieu touristique hyperfréquenté ! J’avale mon repas en 4e vitesse et repars.

J’arrive à Mouthe vers 15h et profite d’un abris pour faire ma 2e pause de la journée (après celle de midi). Un coup d’oeil sur le topo me fait prendre conscience que le GR5 traverse la forêt et que cette région de France n’est pas très peuplée. Il y a bien Chaux-Neuve, mais pas de ravitaillement dans ce patelin. Il faut absolument que j’arrive à Chapelle des Bois ce soir avant la fermeture de la supérette.

Il pleut encore toute l’après-midi, mais pas moyen de s’arrêter faire une pause au milieu de la forêt sous la flotte... Alors j’avance aussi vite que possible. Je passe "chez l’officier", mais il n’y a plus qu’une ruine et ce collègue ne m’offira pas le gîte.

J’arrive vers 18h15 à la supérette de Chapelle des Bois, je n’en peut plus (j’ai fait 2 pauses au cours des 45km de la journée). Je fais mes provisions pour aller jusqu’aux Rousses et m’installe dans le premier bois à la sortie du village, il pleut toujours.

Bivouac monté, avant de manger je fais l’inspection des pieds et le bilan : 7 ampoules pour la journée, bon score !

Le 05-08-06 Chapelle des Bois à la combe du Faoug

Il a plu toute la nuit et il pleut encore, vraiment ça dégoute de la randonnée. Mettre mes chaussures me fait vraiment souffrir, mais je me dis que Mike Horn en a vu d’autres.

Ce matin il va encore falloir monter, vers la roche Bernard, le plus beau belvédaire du plateau il parait. Mais vu les nuages, je sens que je vais encore pas voir grand chose.

Etait-ce mal indiqué ou avais-je perdu ma lucidité ? Toujours est-il que j’ai perdu le GR5 qui contournait les falaises et devait arriver au sommet. Au lieu de ça, je m’engage AU PIED des falaises, et le chemin disparait rapidement pour devenir un sentier puis tout simplement une pente abrupte. Avec mon sac et la fatigue, sans parler du brouillard qui n’arrange rien, il me faut 45 minutes pour sortir de cette mauvaise passe, après quelques frayeurs.

Mes pieds me font vraiment mal, et comme mes chaussures sont imbibées d’eau, j’ai peur de rechoper des ampoules. Dès que le chemin devient plat, je m’arrête pour mettre mes tongs "techniques".

Mes pieds sèchent et j’arrive au bout de la forêt du Risoux, vers 12h30 aux Rousses, je reconnais la RN5 (ça sent l’écurie). Je prends un chocolat chaud et me dirige vers le Champion pour remplir une dernière fois mon sac. Il est fermé entre midi et deux, ah la campagne ! Mais bon, il ne pleut plus et je prends une bonne pause sur le parking.

Je repars et quelques hectomètres plus loin, au Tabagnoz, c’est le déluge. J’en ai vraiment marre de marcher sous la pluie et je m’arrête dans un abris bus pour laisser passer l’orage.

Une heure plus tard, après m’être demandé si ne n’allait pas passer la nuit là, la pluie se calme et je me remets en route.

J’arrive au virage de la combe du Faoug et monte ma bâche à quelques mètres de la route, tant pis pour le bruit.

Le 06-08-06 La combe du Faoug à Segny

Dernière journée !
Il ne pleut plus et il faudrait vraiment un cataclysme pour m’empêcher de faire ces 22 derniers kilomètres. Dernière loose en date : ma cartouche de gaz est vide donc, pas de chocolat chaud ce matin.

Une fois arrivé au col, je m’engage sur le sentier du facteur qui me conduira directement à Gex. Je fais ma dernière pause repas 1 virage au dessus des Maladières.
Je suis toujours en tongs pour que mes pieds restent secs et ces derniers kilomètres de bitume sont vraiment difficile à avaler.

Mais me voilà arrivé à destination. Fin de l’aventure. De quoi ai-je envie : m’assoir, me laver, manger une glace, manger tout court en fait et dormir.

Dernière modification : 16 mai 2018

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