Vorderi Bütlasse (3063m) en 2 jours

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
2115m
Durée :
2 jours

La première journée, on démarre de la vallée de Kiental vers le Gspaltenhornhütte SAC où l'on peut dormir (sur réservation) ou bien bivouaquer à + de 2000m. Le second jour, l'objectif sera d'atteindre le sommet du Vorderi Bütlasse avant de redescendre par le Sefinafurgga. – Auteur :

Accès

Sur l’A6 prendre la sortie Kandersteg à proximité de Spiez.
Au village de Reichenbach, suivre la route en direction de Kiental.
Poursuivre dans la vallée et se garer sur le deuxième parking (payant) au pied de la route de Griesalp.

Précisions sur la difficulté

La dernière partie de l’ascension du point 2628 vers le Vorderi Bütlasse n’est balisée que par des cairns sur un parcours exigeant. Un court passage d’escalade (coté II) permet d’atteindre le sommet.
Le reste du parcours est bien balisé sans réelle difficulté.

Les infos essentielles

  • Carte IGN : Swisstopo 1248 Mürren 1:25000
  • Office Fédéral de topographie
  • Altitude minimum : 1171m (Vallée de Kiental)
  • Altitude maximum : 3063m (Vorderi Bütlasse)
  • Distance : environ 21km
  • Balisage :
    — Losange Jaune (Kiental-Griesalp)
    — Peinture Blanc-Rouge-Blanc (Griesalp-Refuge-Col-Griesalp
    — Cairn (point 2628-Vorderi Bütlasse)

Itinéraire

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  • Jour 1 : De la vallée au refuge 8km +1345m env.

Du parking (10CHF/24H), suivre la route en direction de Griesalp sur quelques mètres.

Nota 1 : le ticket ne peut s’acheter qu’avec des pièces. Seulement sur le 2e parking l’on peut faire le change (billet-pièces)
Nota 2 : La petite route menant à Griesalp possède une forte déclivitée sur 2km (28%).

Au premier panneau de randonnée, prendre à gauche, traverser un torrent puis continuer en forêt en direction de Griesalp.
On admire entre-temps la cascade de Pochtenalp.

Du "hameau", poursuivre vers la gauche en direction du Gspaltenhornhütte SAC.

On sort du bois au niveau d’une ferme et découvre les cimes au loin, dont notre objectif prochain.

Traverser plus loin le torrent puis rejoindre à droite le lieu-dit Bürgli (1617m).

Continuer en face jusqu’au fond de la vallée où l’on retrouve un chalet (Gamchi).
Peu après, l’itinéraire passe sous une paroi.

Ici sont à disposition des parapluies car cette zone est sujette à l’humidité.

Sortie de là, le décor devient de plus en plus minéral.
La cabane, accrochée à 2455m d’altitude sur une épaule rocheuse, sera visible dans le final et sera atteint sans grande difficulté.

Il est possible de dormir ici au milieu des alpinistes si réservation faite au préalable.

  • Jour 2 : Du Refuge au Vorderi Bütlasse 3.6km +770m

Redescendre sur le même chemin jusqu’au point 2331 puis continuer en face en direction du Sefinafurgga.

Après avoir longé la sente sous la falaise, on retrouve un peu plus de verdure (Trogegg).

C’est dans les environs qu’il est plus préférable de placer son bivouac, à moins d’être amateur de cailloux.

Une échelle nous mènera à un étage supérieur puis l’on retrouve la masse rocheuse de la montagne.

Des marches puis des cordes facilitent l’ascension vers une sorte de col (point 2628).

Les cairns à droite montrent le chemin du Vorderi Bütlasse.
En premier temps visible et accessible, la sente se perd au milieu de cette grisaille ardue.

On débouche plus tard au pied de l’impressionnante paroi sommitale.
Un premier couloir assez court (pas de II), puis un deuxième à escalader.

Nota : Ne pas prendre le couloir en face à la sortie du premier mais celui un peu à gauche sur une sorte d’arête.

Au-dessus de ce dernier, l’effort est terminé, les silhouettes sympathiques des cairns vous montrent le chemin du sommet. Vous pouvez souffler !

Belle vue à 360°, même si l’on n’a pas l’impression de dominer depuis ce sommet secondaire du Bütlasse : L’Eiger, Mönch, Jungfrau, Gspaltenhorn ainsi que les cimes du Blümlisalp jusqu’au Niesen et au-delà.

  • Jour 2 : Retour dans la vallée par le Sefinafurgga. 9km -1892m env

Redescendre par le même itinéraire jusqu’au sentier balisé, puis continuer à droite vers le col Sefinafurgga (2612m) par un cheminement sécurisé.

Prendre à gauche, les marches en bois qui dégringolent dans un vallon... d’abord gris puis verdoyant.

Continuer après la petite maison d’Obere Dürreberg et, par un large chemin en lacets, retrouver le lieu-dit rencontré la journée d’avant.

Suivre à droite le parcours vers Griesalp, par Steinenberg.
Au Restaurant Golderli touner à gauche puis à droite pour descendre le petit chemin (déjà pris) en direction du parking par Pochtenalp.

Récit de la sortie :

14 Juillet 2018 :
Je pars à la rencontre d’un sommet méconnu pour me tester sur un 3000m en ce début Juillet.
Le Vorderi Bütlasse au dessus du Gspalternhornhütte ? Où vas-tu chercher cela pourrait-on me dire... Je répondrai que je ne sais pas vraiment en fait.
L’instinct de découverte me fait scruter des cartes IGN et voilà ce que ça donne ;).

Bon, bref, j’arrive au premier parking dans la petite vallée de Kiental. Le parking est payant (pas étonnant) mais il se trouve que je n’ai pas le compte en pièces de ce qu’il me faut. Ok, je demande de l’aide à des voisins germains.
Ils me répondent qu’ils ne peuvent rien faire pour moi.
Cela commence bien !

Je reprends la route puis rejoins plus loin un 2e lieu de stationnement.
Là, je découvre cette invention où l’on peut échanger des billets contre de la ferraille :).
Du moins, il m’a fallu plusieurs essais, décidément.

J’embarque finalement mon sac à dos et hop, en montagne !

La première partie du parcours est très sympa, résineux et cascades, puis j’arrive à Griesalp.
Je prend un peu plus de hauteur puis admire au loin les cimes. Je reconnais mon objectif, bien que parsemé de neiges.
Cela ne m’inspire pas vraiment confiance à vrai dire.

Je continue mon bonhomme de chemin jusqu’au fond du vallon. Un bel endroit d’ailleurs : un chalet, un lac et des montagnes tout autour, c’est l’Alphütte Gamchi à 1612m d’alt.

Des parapluies m’interpellent non loin de là, pas commun comme astuce.
Un cheminement humide en vue certes, mais personnellement, je décide de passer outre et récupère quelques belles gouttes au passage ;).

La verdure laisse vite place au décor lunaire, et le temps ensoleillé perd peu à peu de son éclat lumineux.
J’atteins le refuge dans la grisaille, ne perds pas de temps, et file (prudemment) vers mon lieu de bivouac.

L’orage se met à gronder, la pluie fait son apparition alors que je traverse des névés facile.
Mon premier orage en montagne. Je suis seul dans cet environnement, inquiétant comme situation. Bon, je ne panique pas et tente de trouver un abri en attendant que ça passe.
Cet orage est heureusement peu violent.
Je repère une sorte de cavité, je traverse un pierrier pour le rejoindre et, ouf ça va mieux.
Il est 17 h, le temps se calmera peu à peu.
Plus tard, je sors de "mon trou" pour voir ce que ça donne : pluie fine et vent assez fraaaaais.
Broooo, je vais retourner me cacher et... attendez... c’est quoi ça ?
Ohhh une salamandre noire qui part se réfugier aussi dans un lieu plus propice.

J’attendrai le retour du soleil pour planter ma tente mais finalement il ne viendra pas.

Je déciderai donc de dormir ici, sous ce gros rocher (qui ruisselle quelques peu) sous un sac de couchage et moult couches de vêtement :).
J’envoie un dernier message... Et oui ça capte ici ! Puis ferme les yeux.

15/07/2018 :
Je me réveille à 5h du matin encore en vie mais avec un dos perturbé.
Je remballe tout et me réchauffe en reprenant l’ascension vers le sommet du jour.
Les pointes sommitales alentours commencent à s’éclairer et j’approche de la ligne des 3000m. Le vent est tranchant dans cet horaire matinal.
La sente laisse place à un grand espace de gravats, jamais simple d’évoluer dans cet environnement.

Il est 8h lorsque j’arrive au pied des parois. Je prends mon temps pour trouver l’accès le plus pratique. Je gravis un premier couloir, court certes mais assez pour impressionner un novice comme moi en terme d’escalade.
En face, c’est trop vertical ! Je scrute sur le côté gauche et trouve une solution pour me hisser plus haut.

Pinaise, je ne ferais pas ça tous les jours !
Le final est plus tranquille, j’aperçois le sommet, enfin.

La vue y est belle sur mon 1er 3000 juilletiste.

Le sommet du Bütlasse en face m’attire, il a l’air d’être faisable. Allez, je tente le coup.
Finalement, après 1 heure de galère, la fatigue et trop grande et le terrain trop dangereux pour moi (sol instable) pour que je termine cette ascension.
Il ne restait peut-être pas grand chose mais je préfère renoncer.

La descente fut, de même, un véritable moment difficile. Ne voulant pas désescalader, j’ai pris un itinéraire moins raide par le couloir au sud-ouest du Vorderi.
Ce fut long, pénible et dangereux. Des rochers dégringolent sous mes pieds, allant même jusqu’à glisser sur quelques mètres dans un névé.
Un bloc me stop dans ma descente, sans gravité, pfouuuu... Je tâcherai d’éviter cela à l’avenir.

Je retrouve le sentier balisé, me pose au côté d’un cairn pour souffler et enlever les nombreux occupants qui se sont faufiler dans les chaussures lors de cette descente atroce.

Un instant plus tard, je reprends la route, il est temps de rentrer.
Je passe le col et poursuit le chemin qui me ramène à la verdure.
J’ai eu mon lot de cailloux pour aujourd’hui !

1000 m plus bas, les jambes sont lourdes, je retrouve les sapins sous une douce musique de cor des alpes. Le parking n’est plus bien loin...

Dernière modification : 14 août 2018

A propos

Auteur de ce topo :

Franc-comtois à vie, né 1992, mon instinct me pousse à la montagne. Cet endroit fascinant, inquiétant et où je me sens vivant.

Randonnée réalisée le 15 juillet

Topo publié le 24 juillet

(Avertissements et Droits d'auteur)

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