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Tour de la Tête de Moïse en hivernale

Auteurs : JEAN.C.RIEN , Paul
Source : https://www.altituderando.com/Tour-de-la-Tete-de-Moise-en-hivernale

Trois cols de belle envergure dans le décor somptueux que réserve le versant italien. Une boucle qui passe par deux refuges/bivouacs ouverts en hiver. À ski, on pourra envisager cet itinéraire d'une traite, si on a le niveau.

Accès

Prendre la D.900 en direction du Col de Larche et de l’Italie.
5 Km après le village de Larche, se garer au parking "Le Pontet". Le WE par bonne météo, on y trouvera difficilement de la place, continuer alors vers le parking du col de Larche qui est plus généreux.

Les infos essentielles

Précisions sur la difficulté

Raquette alpine avec crampons (un piolet pour sécuriser)

Itinéraire

Les temps changent et la roue tourne en ce bas monde, et nous voici au col de Larche un Week End...
La météo est au beau fixe depuis 10 jours, et les températures matinales sont sérieuses. Un -10 ressenti avec un vent soutenu nous mettent dans l’ambiance.
Nous contournons la Tête des Blaves par une traversée ascendante de 300 mètres pour rejoindre le vallon de L’Orrenaye.

Le lac se fait discret, sous la glace. Au point 2466 on bifurque à gauche vers le col entre la tête de Moïse et la tête de Feuillas, 300 mètres plus haut se trouve la principale difficulté du parcours : le col de Feuillas ou d’Echelette.

Un groupe d’autrichiens vient d’arriver au col avec leurs skis sur le dos. Ils s’y recollent au moment où Jean commence la désescalade. C’est un peu couillon, mais bon, ils nous ont fait de belles traces avec leurs chaussures de ski à la montée. La descente est un poil impressionnante au départ : une dizaine de mètres à 45° dans de la neige plutôt poudreuse, et avec un entonnoir qui va directement sur un éperon rocheux, assurément ce n’est pas là qu’il faut s’en coller une...

Voyant le défilé des teutons, plus ou moins rassurés par leur premier virage bien gazeux, Jean se planque en tirant à gauche. Finalement ils descendent assez vite, même si l’un d’entre eux prend une petite coulée sur le museau, partie de la gauche on ne sait pourquoi.

Jean progresse lentement avec deux bâtons dont il a enlevé les rondelles. Il m’a laissé son piolet avant de partir... Un bon copain...
Finalement ça se passe bien. Je ne suis même pas perturbé quand mon crampon gauche se débine sans rien dire, et je rechausse dans la pente. Avec deux bâtons plantés par les manches, ou par les pointes sans rondelles, on est bien. Avec le piolet c’est encore mieux bien sûr.

Encore dans le couloir, je chausse les raquettes dès que la pente se ramollit, et nous descendons à bon rythme vers le bivouac Angelo Valmaggia, à 2330m, que l’on aperçoit assez tardivement. Le cadre est d’une rare beauté pour des sommets de cette altitude.

WE oblige, un groupe de gaulois cisalpins débarque vers 17h00, et c’est le début de ce que l’on appelle à Marseille, "le Ouaï"... Les mecs parlent tous en même temps, ce qui fait glousser les filles, et cela va durer jusqu’à 10h30. Un cauchemar... Jean s’abrutit de musique à "donf" avec ses écouteurs (pas étonnant, le lendemain ses batteries ne donneront plus de signal). Quant à moi, j’invoque intérieurement la sainte trinité, je prie la Madone, mais rien n’y fait, les italiens se défoulent de leur semaine, exactement comme si ils étaient seuls. Même après s’être couchés et avoir récité trois "buena note", ils ont encore plein de trucs à se dire, en se contredisant mutuellement dans leurs sacs de couchage, et les filles que l’on croyait endormies se remettent à glousser...

Évidemment, au matin, tout ce monde roupille lorsque nous nous levons, Jean et moi, pour foutre le camp. Bonté divine, on ne m’y reprendra plus !
Dans l’autre sens, une nuit à Bonelli devrait éviter ce brassage inter gaulois.

Mais tout cela est vite oublié grâce au décor du petit matin. La lune et le soleil se cherchent et se fuient au bénéfice des sommets rocheux qui s’éclairent magnifiquement. Un endroit sublime s’illumine rien que pour nous.

Il faut compter environ 400m pour le col d’Enchausia. Sur son versant de descente, orienté NO, la neige est moyenne et les 200 premiers mètres sont un peu raides.

Nous poursuivons une longue et belle descente avec une brise soutenue qui joue avec les cristaux, pour rejoindre le bivouac Bonelli, vide, quasiment à la même altitude que celui des macaronis (2333m).

Une belle montée nous attend pour rejoindre le col du Bœuf (2631m), dans une neige variable. C’est là que l’on se dit qu’à skis ce doit être autre chose. Le versant Larche est dans le soleil, et c’est une longue descente jusqu’au parking, avec une traversée assez pénible à raquettes,

Un grand merci à Jean pour ses photos

Avertissement : En montagne, chacun est responsable de sa sécurité. Les randonnées se font par conséquent sous votre propre responsabilité. L'auteur de ce topo, le site duquel il est issu ainsi que leurs différents contributeurs ne peuvent pas garantir l’exactitude ni l'exhaustivité des indications qui y sont contenues. Ces renseignements ne peuvent en aucun cas engager leurs responsabilités de quelque manière que ce soit. [Voir : www.altituderando.com/Avertissements]