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Aiguille de l’Olan (3373m) par Font Turbat et la Brèche de l’Olan

Auteur : BA42
Source : https://www.altituderando.com/Aiguille-de-l-Olan-3373m-par-Font-Turbat-et-la-Breche-de-l-Olan

Ce sommet vit un peu dans l'ombre encombrante de la montagne qui porte presque le même nom. L'Olan est en effet l'un des grands sommets du Massif des Ecrins. Mais cette Aiguille offre une ascension intéressante, variée et un peu plus facile que son prestigieux voisin.

Accès

De la Mure, prendre la direction de Valbonnais, Entraigues, la Chapelle en Valjouffrey. Continuer jusqu’au Désert en Valjouffrey, terminus de la route. Parking juste avant l’entrée du village à 1250 m d’altitude.

Itinéraire

Matériel

Site de l’IGN

Difficulté

Privilégier le début de saison pour monter à la Brèche de l’Olan par un itinéraire neigeux.

Cet itinéraire, n’est pas la voie normale depuis le refuge de Font Turbat. On franchit la Brèche de l’Olan pour aller reprendre la voie normale venant du refuge de la Lavey dont l’ascension finale est plus intéressante. Le changement de Vallon ajoute un attrait supplémentaire à cette ascension.

Ce sommet, peut donc se gravir indifféremment par le refuge de la Lavey ou par celui de Font Turbat.

Dénivelée premier jour : 944m - de 1250m à 2194m

Dénivelée deuxième jour : 1350m - de 2194m à 3373m (on redescend de 90m après la Brèche de l’Olan)

Refuge de font Turbat 2194m

Traverser le Désert en Valjouffrey et prendre la piste interdite à la circulation qui pénètre bientôt en Zone Centrale du Parc National des Ecrins. Remonter toute la haute vallée de la Bonne. La piste devient un sentier. Au niveau de la Cascade de la Pisse, le vallon fait un coude et on découvre la formidable Face Nord-Ouest de l’Olan, haute de 1100m, l’une des plus belles des Alpes. En bout de vallon, le sentier fait 2 lacets, passe près de la cabane de la Maye, avant d’atteindre le refuge qui réserve une vue extraordinaire sur l’imposante paroi de l’Olan parcourue par des itinéraires connus des alpinistes du Monde entier.

Bréche de l’Olan 2790m

Du refuge, prendre au Nord-Est, le sentier qui monte au petit lac des Pissoux à 2632m d’altitude.

Du point qui domine le lac, on peut voir la Brèche de l’Olan.

Partir au Nord sur quelques dizaines de mètres puis, plein Est pour contourner par des vires et de petits gradins, le rognon rocheux situé sous la brèche.

Au-dessus de ce rognon, continuer par des vires jusqu’au résidu de glacier situé sous la brèche.

En début de saison, atteindre la brèche par la neige et le petit couloir qui fait suite.

Si l’itinéraire est en glace, il faut passer au plus près des contreforts rocheux de l’Aiguille de l’Olan, dans du terrain instable.

Sommet 3373m

De la Brèche de l’Olan, descendre par des rochers (sauf si on la chance que le petit couloir issu de la brèche soit en neige) sur le plateau supérieur du Glacier des Sellettes.

Se diriger plein Nord, vers la barre rocheuse qui supporte le petit glacier séparé du glacier principal.

Remonter la barre rocheuse et se diriger vers la partie la plus élevée de ce petit glacier.

Franchir la rimaye au meilleur endroit pour gagner une vire terreuse.

Cette vire est dominée par des rochers entrecoupés de couloirs.

Suivre la vire un moment vers le Sud. Quand les rochers deviennent moins raides, prendre un couloir pour gagner l’arête Sud de l’Aiguille de l’Olan.

Le meilleur couloir n’est pas facile à trouver. Il faut observer les traces de passage et faire jouer le "feeling".

Une fois sur l’arête, on la suit jusqu’à une antécime, puis on franchit une petite selle neigeuse avant d’atteindre le sommet et son magnifique panorama.

Du sommet le gouffre de la Face Nord, haute de 1300m impressionne. Situé presque au pied de l’Aiguille de l’Olan, le refuge de la Lavey, 1590m plus bas semble vraiment minuscule.

Retour

La course

Nous commençons la montée en refuge vers 15h30 sous un ciel couvert et nous pénétrons très vite dans le brouillard et le crachin. Nous arrivons au refuge à 18h15 dans une pénombre automnale.

Le lendemain, grand beau et mer de nuage en vallée.... Et la paroi Nord-ouest de l’Olan, fabuleuse.

Lucien Devies, Giusto Gervasutti, Jean Couzy, René Desmaison et bien d’autres ont gravi cette paroi. Olivier Challéat à été foudroyé en tentant la première solitaire de la voie Couzy-Desmaison en 1975. Michel Berruex, qui réalisa cette première l’année suivante évoque ce drame dans son récit d’ascension : "Son corps se balança quinze jours au gré des vents avant que ses camarades ne puissent le redescendre." (La Montagne & Alpinisme N°4 1977)

Il s’agit d’une ascension collective du CAF dont le but est d’emmener en haute montagne, des personnes plus habituées aux sentiers de randonnées.

L’ascension est très lente, plusieurs manquent de pratique sur ce genre de terrain. A la Brèche de l’Olan, nous attendons plus d’1 heure pour que le groupe soit au complet. 1 heure à contempler ces montagnes et glaciers rendus immaculés par une chute de neige récente. Et déjà un abandon.

Et une nouvelle attente au pied de la rimaye. Il est plus de 13h00 et le groupe reste dans l’expectative. Continuer ou renoncer ?

Une cordée part, deux autres vont suivre et une va faire demi-tour.

Sur la vire, nous entendons des voix dans les rochers au-dessus de nous. Une cordée venant de la Lavey monte par un couloir trop à l’aplomb du sommet.

Nous trouvons un couloir moins raide et gagnons l’arête puis l’antécime. Nous traversons la petite selle neigeuse vierge de toute trace et nous arrivons enfin au sommet.

Le panorama est merveilleux. Pas de vent, la mer de nuage jusqu’à 2000m environ. Le Dévoluy est comme une île... Et cette neige fraîche qui a poudré les glaciers et les versants Nord des sommets....c’est absolument magnifique. L’atmosphère est d’une limpidité de rêve. Loin à l’Ouest, nous apercevons la ligne bleue du Massif Central.

Les 3 cordée stéphanoises sont réunies au sommet. 7 sur 11 au départ ce n’est pas si mal. La cordée qui avait pris le mauvais couloir arrive à son tour.

Et puis c’est la descente. Nous franchissons à nouveau la Brèche de l’Olan. Les nuages se sont élevés, le refuge est dans le brouillard et le crachin.

Plus bas, le crachin se transforme en pluie et nous arrivons de nuit au parking.

J’ai parcouru la haute vallée de la Bonne sans la voir, sans pouvoir prendre une seule photo !

PS : encore une fois, merci à Patrice dont j’ai utilisé 2 photos pour illustrer cet article.

Avertissement : En montagne, chacun est responsable de sa sécurité. Les randonnées se font par conséquent sous votre propre responsabilité. L'auteur de ce topo, le site duquel il est issu ainsi que leurs différents contributeurs ne peuvent pas garantir l’exactitude ni l'exhaustivité des indications qui y sont contenues. Ces renseignements ne peuvent en aucun cas engager leurs responsabilités de quelque manière que ce soit. [Voir : www.altituderando.com/Avertissements]