20 jours sur la Haute Route des Alpes

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
22668m
Durée :
3 jours et plus
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Ce topo décrit une vingtaine d'étapes de la Haute Traversée (pédestre) des Alpes, de Chamonix à Saint Véran, effectuées lors d'un trek d'altitude au long cours pendant l'été 2017. Il suit grosso modo le parcours du topoguide TransAlpes de Jérôme Bonneaux, dont la devise est : "au dessus des GR, en dessous des glaciers", en traversant successivement le massif du Mont Blanc, la Tarentaise, la Vanoise, le massif du Mont-Cenis, le Val Troncea et le Queyras ! Cet itinéraire comporte de ce fait de nombreuses étapes d'anthologie, tant en France qu'en Italie et en Suisse, ainsi que quelques 3000m à gravir au passage. Bref, il se veut l'équivalent alpin de la Haute Route des Pyrénées, et y réussit plutôt bien ! A signaler que la plupart des étapes peuvent se faire à la journée, sous réserve de prévoir les transports pour le retour... Un lien renvoie sur un blog beaucoup plus détaillé pour chaque étape, illustré de nombreuses photos des points saillants du parcours.

Accès

Départ à Vallorcine ou au village des Buets, très facilement accessibles depuis Chamonix par le rail (Mont Blanc Express) ou par la route.

Précisions sur la difficulté

Avertissement ! Il s’agit d’un trek d’altitude évoluant la plupart du temps entre 2000 et 3000m, et comportant de nombreux passages délicats, pour certains hors-sentier. Il implique également de devoir mettre les mains de temps à autre, pour un brin d’escalade facile. Un minimum d’expérience en matière d’orientation et de progression en terrain difficile (pierriers, névés...) est donc conseillé, ainsi qu’une bonne forme physique.

Les infos essentielles

  • Comme dit plus haut, le topoguide de référence est le TransAlpes de Jérôme Bonneaux (éditions du Mont Rouch 2010). Globalement fiable et bien fait, il pêche cependant par une cartographie des plus sommaires, qui oblige à se munir de cartes papiers ou numériques pour assurer l’orientation sur ce parcours exigeant. Incidemment, sa difficulté rend indispensable boussole et altimètre ! Personnellement, j’ai opté pour l’appli d’orientation Iphigénie, qui donne toute satisfaction tant qu’on reste en France ou en Suisse (cartes IGN au 1/25000), mais qui se révèle très juste dès qu’on passe en Italie (cartes au 1/50000). Mieux vaut prévoir donc des cartes transalpines plus précises, et/ou se référer au blog pour les passages transfrontaliers délicats.
  • Aucun balisage spécifique n’est dédié au parcours, qui emprunte une enfilade de sentiers multiples et variés, du GR au vague chemin de cairns, en s’aventurant régulièrement hors-sentier, le long d’itinéraires de ski de randonnée marqués en traits bleus sur les cartes IGN. Topoguide indispensable !
  • En principe, tout peut se parcourir à pied sans matériel d’escalade (c’est le principe), sauf fort enneigement en début de saison pouvant nécessiter crampons et piolets. Mieux vaut partir en juillet plutôt qu’en juin pour éviter la surcharge...
  • En résumé : ce trek effectué en 20 jours du hameau du Buet (à un quart d’heure de train de Chamonix) à Saint Véran totalise environ 130km en ligne droite, 22668m de D+, et 20120m de D-.

Itinéraire

Informations pratiques :

  • Attention, les temps de marche indiqués dans ce topo ne sont donnés qu’à titre indicatif, correspondant à notre rythme de randonneurs entrainés (pauses exclues évidemment). Ceux du topo de référence sont calculés un quart à un cinquième plus larges... À vous de vous étalonner !
  • Concernant l’hébergement, il est recommandé de s’équiper pour un trek en autonomie (tente, duvet réchaud), même s’il est possible de s’héberger en dur à chaque étape du topoguide, sous réserve d’une planification impérative dans les refuges les plus fréquentés (Tour du Mont Blanc, GR58...). Cela permet une souplesse bien plus grande dans la progression, selon l’état de forme et la météo (certaines étapes peuvent se doubler). Précisons que les occasions de ravitaillement sont nombreuses sur l’itinéraire, qui traverse des vallées urbanisées tous les deux ou trois jours, et qu’il n’est donc pas indispensable de se charger de tonnes de vivres !

Étape 1 : Du hameau du Buet à la Cabane des Grands-Dessus

  • Durée : 4h
  • D+ : 1000m D- : 100m
  • Hébergement : refuge (réservation obligatoire) ou bivouac
    Descriptif : une entrée en matière tout sauf progressive, qui vous propulse en quelques heures en haute montagne suisse, face au glacier du Trient.

Étape 2 : De la cabane des Grands-Dessus au camping du Relais d’Arpette

  • Durée : 5h30
  • D+ : 1100m D- : 1560m
  • Hébergement : bivouac, camping ou refuge-hôtel
    Descriptif : Une variante d’anthologie du Tour du Mont Blanc consistant à escalader sportivement la Fenêtre d’Arpette (2655m) tout en matant sous tous les angles le glacier du Trient, puis à dégringoler un par un les étages de la montagne suisse jusqu’au relais d’Arpette. Une avalanche de fonds d’écran à chaque pas.

Étape 3 : du relais d’Arpette à la cabane d’Orny

  • Durée : 3h30
  • D+ : 1200m
  • Hébergement : refuge, ou bivouac extrême !
    Descriptif : courte étape, mais qui se rattrape par son intensité à tous points de vue ! En résumé, une montée au Golgotha de bout en bout, entre forêt, pierriers et moraines, avec pour clou du spectacle l’arrivée au glacier d’Orny. Bref, ça grimpe tout le temps, sans répit, et tant pis pour les rouleurs. Avertissement, ceux qui souhaiteraient prolonger l’étape ou bivouaquer plus bas doivent bifurquer à gauche vers La Fouly, sans monter au refuge d’Orny (2831m).

Étape 4 : De la cabane d’Orny au camping de la Fouly

  • Durée : 4h30
  • D+ : 350m D- : 1580m
  • Hébergement : bivouac, camping, gîte, hôtel
    Descriptif  : Hier, ce fut une montée implacable, aujourd’hui, la descente est à l’ordre du jour, forcément. Plus de 1500m de chute libre jusqu’au fond de la vallée, suivis d’un petit rebond de 300m pour remettre les rotules en place, attendez-vous à chauffer du genou ! On quitte le glacier d’Orny, mais bien d’autres prennent le relais pendant l’étape, à commencer par celui de Saleina. Arrivé au torrent la Dranse de Ferret, le TMB file en balcon jusqu’à la Fouly, affluence et paysages suisses typiques garantis sur ce tronçon très couru du TMB.

Étape 5 : de La Fouly au Refuge Walter Bonatti

  • Durée : 7h40
  • D+ : 1240m D- : 840m
  • Hébergement : refuge, bivouac
    Descriptif  : une variante confidentielle et sportive du Tour du Mont Blanc, passant par le Petit Col Ferret plutôt que par le grand (encore qu’une combinaison des deux soit possible). Descente acrobatique à prévoir jusqu’au refuge Elena, avec vue imprenable sur les glaciers du massif du Mont Blanc, et sur le boss himself !

Étape 6  : du refuge Walter Bonatti au camping de Morgex

  • Durée : 8h
  • D+ : 1050m D- : 2150m
  • Hébergement : gîte ou hôtel (réservation impérative), bivouac péri-urbain, camping (à 2km du centre).
    Descriptif : nouvelle incursion en haute montagne, culminant au col du Bataillon d’Aoste (2882m), en préalable à une très longue dégringolade dans la vallée italienne tout (trop ?) confort de Morgex. Étape exigeante physiquement, à travers pâturages et pierriers bien raides dans les deux sens, mais que récompense la vue exceptionnelle sur le massif du Mont Blanc, la dent du Géant et les Grandes Jorasses.

Étape 7 : du camping de Morgex au lac d’Arpy

  • Durée  : 3h30
  • D+ : 1138m
  • Hébergement : bivouac
    Descriptif : courte étape de transition, en forme d’ascension au palier de tir pour la suivante autrement plus ardue. Du goudron, de la piste et du sentier au programme, la difficulté résidera davantage dans le dénivelé et l’orientation que dans le terrain ! De beaux paysages quand même, et la gratification suprême d’un bivouac au bord d’un lac enchanteur.

Étape 8 : du lac d’Arpy au refuge Deffeyes via le col Colmet

  • Durée : 6h30 (en incluant la montée au pic Colmet)
  • D+ : 1000m D- : 600m (idem, incluant un supplément de 200m pour les deux )
  • Hébergement : bivouac, refuge
    Descriptif : Enfin, on tape dans le dur. Très haute étape montagnarde et sauvage à souhait, à travers pierriers et névés dans la partie la plus relevée. Elle culmine au col Colmet (2836m), avec l’option facultative de grimper au pic Colmet (3023m) pour le premier 3000 du trek, facturé une heure à peine aller et retour. Il n’y a plus qu’à viser le glacier du Ruitor pour atteindre le refuge Deffeyes planté juste en face, et à savourer la vue !

Étape 9 : du refuge Deffeyes au refuge de l’Archeboc

  • Durée : 7h
  • D+ : 1370m D- : 900m
  • Hébergement  : refuge, bivouac
    Descriptif  : belle balade culminant au col du Tachuy (2673m), marquant le retour en France (Haute Tarentaise). On perd en altitude, mais l’impression de sauvagerie reste intacte, sur cet itinéraire fort peu fréquenté. On navigue de lac en lac pour une fois, en alternant alpages et pierriers praticables, ça repose un peu !

Étape 10  : du refuge de l’Archeboc au gîte du Monal

  • Durée : 6h
  • D+ : 1000m D- : 1100m
  • Hébergement : gîte d’étape, bivouac
    Descriptif : superbe étape d’altitude, donnant à voir le plateau glaciaire d’Argentières (2875m), unique en son genre dans les Alpes paraît-il. Si possible, emprunter la variante vers les lacs Verdet plutôt que de redescendre directement, pour profiter au max du spectacle. La descente s’effectue ensuite sans problème à travers pâturages et forêt jusqu’au hameau ultra-typique et préservé du Monal.

Étape 11 : du refuge du Monal au camping des Brévières

  • Durée : 3h
  • D+ : 600m D- : 680m
  • Hébergement : bivouac, camping, hôtel
    Descriptif : courte étape de liaison (et de récupération en prévision de la prochaine épreuve), s’arrêtant aux portes de Tignes. Une promenade champêtre en balcon pas désagréable à l’étage humain, de lieux-dits en hameaux toujours pas électrifiés pour certains !

Étape 12 : du camping des Brévières au refuge de la Femma

  • Durée : 7h15
  • D+ : 1400m D- : 1200m
  • Hébergement : refuge, bivouac
    Descriptif : l’un des clous du trek, comportant l’ascension en free ride dans la caillasse de la Pointe du Grand Pré (3059m), suivi du franchissement plus facile du col de la Rocheure (2911m). Avec en fond d’écran arrière le glacier de la Grande Motte, forcément. On entre dans le parc national de la Vanoise, et ça se voit !

Étape 13 : du refuge de la Femma à Lanslebourg

  • Durée : 8h
  • D+ : 1000m D- : 1960m
  • Hébergement : refuge non gardé (Cuchet), camping, hôtel, gîte...
    Descriptif : Nouvelle étape aussi belle que costaude, culminant à la Pointe du Grand Vallon (3136m), officiellement la plus haute du trek ! Pour y parvenir, il faudra escalader (à pied) murs de rocailles et pentes neigeuses, puis dégringoler deux bons km d’altitude à travers prairies et forêts pour atterrir en fond de vallée civilisée. Aussi éprouvant qu’exaltant, et gare à l’orientation pas toujours évidente sur ce parcours sinueux.

Étape 14 : de Lanslebourg au Plan de la Vie

  • Durée : 7h
  • D+ : 1400m D- : 900m
  • Hébergement : bivouac
    Descriptif : Étape plus tranquille, enjambant placidement le Pas de la Beccia (2713m) derrière lequel se dévoile l’intrigante couleur hémimorphite du lac du petit Mont Cenis. De là, direction le col du Mont Cenis chargé d’histoire et de touristes (Hannibal y aurait fait passer ses éléphants), puis retour dans la montagne sauvage via le vallon d’Ambin.

Étape 15 : du Plan de la vie au refuge Levi-Molinari

  • Durée : 6h15
  • D+ : 1050m D-1050m
  • Hébergement : refuge, bivouac
    Descriptif : Magnifique étape confidentielle remontant le val d"Ambin jusqu’au lac et au col homonymes, dans un univers de rocs, de neige et de glace indubitablement alpin. Au col d’Ambin (2900m), trône le refuge écarlate W.Blays (non gardé), un point de repère infaillible ! De là, on bascule sur le versant italien, jusqu’à rejoindre d’étage en étage le sympathique refuge Levi-Molinari.

Étape 16 : du refuge Lavi-Molinari au camping de Pragelato

  • Durée : 8h
  • D+ : 1490m D- : 1830m
  • Hébergement : bivouac, camping, hôtel, gîte d’étape
    Descriptif : long périple dans un cadre pastoral méditerranéen, consistant à gravir en pente plus ou moins douce une montagne à vache ocre et vallonnée jusqu’au Colle di Lausan (2497m quand même), puis à redescendre vers Pragelato sur le même type de terrain facile. Précisons qu’il s’agit d’une double étape rendue possible par la bonhomie du parcours, mais usante physiquement !

Étape 17 : de Pragelato au refuge Alpe Plane

  • Durée : 5h30 (déduction faite de 7km en navette au val Troncea, compter 2h de plus à pied)
  • D+ : 1360m D- : 780m
  • Hébergement : refuge, bivouac
    Descriptif : une belle étape dans une montagne désormais résolument méditerranéenne, comportant la remontée du mythique val Troncea sur des pistes très fréquentées, en prélude à l’ascension presque solitaire du rugueux col Clapis (2850m). De ce point, il n’y a plus qu’à rallier à travers champs roussis et pentus le très rustique refuge Alpe Plane, sans s’égarer dans la steppe !

Étape 18 : du refuge Alpe Plane au gîte d’étape de Le Roux

  • Durée : 3h30
  • D+ : 640m D- : 670m
  • Hébergement : bivouac, gîte d’étape, camping (à Valpréveyre +45mn)
    Descriptif : brève étape qui nous ramène en France par le col de la Mayt (2705m), aux portes du Queyras. Sentier d’autant plus facile que les pâturages montent quasiment jusqu’au col, repoussant les pierriers toujours plus haut. Précisons que cette étape peut être facilement doublée avec la suivante.

Étape 19 : de Le Roux à la cabane Peyroun

  • Durée : 6h
  • D+ : 1280m D- : 970m
  • Hébergement : bivouac
    Descriptif : haute en couleurs à défaut de l’être en altitude, cette étape classique du GR58 nous faisant admirer les splendeurs du Queyras et du mont Viso depuis le réputé sentier de crête de la collette de Gilly (2366m). De son extrémité, on dégringole dans les champs de sauterelles jusqu’à la Monta (refuge), puis on enchaîne sur la remontée du vallon du Bouchouse, en direction du lac Egorgéou.

Étape 20 : de la cabane Peyroun à Saint Véran

  • Durée : 8,5h (en incluant l’ascension au Pain de Sucre)
  • D+ : 2000m D- : 1250m (en incluant dans les deux cas les 400m facultatif du pain de Sucre)
  • Hébergement : hôtels, gîte d’étape, bivouac
    Descriptif : une fin de trek en apothéose, comportant l’ascension possible (et relativement facile) du Pain de Sucre (3208m) et celle obligatoire du pic de Caramantran (3025m, accessible en VTT !). Le tout dans un décor époustouflant, avec le Mont Viso en fond d’écran. Au col de la Cavale, on plonge dans la vallée de l’Aigue Blanche pour une fin d’étape et de trek en roue libre jusqu’à Saint Véran, le long du sentier en balcon dit du Grand Canal...
Dernière modification : 16 mai 2018

La carte du topo « 20 jours sur la Haute Route des Alpes »

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