Grand Assaly ou Pointe du Petit (3173m) ‒ Arête sud par la Savonne

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1443m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Davantage gravi par son versant italien (refuge Deffeyes), le sommet rocheux du Grand Assaly est également accessible par la Haute Tarentaise. Une approche sauvage via le lac du Petit et le cirque glaciaire d'Assaly, puis un peu d'escalade et de recherche d'itinéraire aux abords de l'arête Sud, la seule praticable sans matériel spécifique. Vues superbes sur le massif du Ruitor et son glacier, de nombreux lacs ainsi que sur le massif du Mont-Blanc si le ciel est bien dégagé.

Accès

De la commune de Ste-Foy-Tarentaise (D902), suivre la D84 jusqu’au hameau La Masure. Dans le centre du hameau, prendre alors la petite route à droite qui remonte un vallon via le hameau Le Crot. Fin de la route autorisée au hameau Pierre Giret (parking, 1750m).

Itinéraire

Carnet de route

  • Carte : IGN TOP25 3532ET La Plagne - Les Arcs
  • Altitude de départ : 1750m
  • Altitude du sommet : 3173m
  • Dénivelé cumulé : 1443m
  • Distance : 15,3km
  • Balisage : jaune (trait, point, chiffre "2") jusqu’au lac du Petit

Matériel

  • Casque.
  • Bout de corde si nécessaire.

Difficultés

  • Après le lac du Petit, hors sentier jusqu’au sommet.
  • Moraine du glacier d’Assaly : raide mais stable.
  • Couloir d’accès au Col d’Assaly : très raide sur la partie haute, avec éboulis instables.
  • Arête Sud :
    • pas mal de petites escalades avec des pas de II et III
    • passage (15 mètres) très exposé sur une dalle en dévers
    • usage des mains sur plus de la moitié du parcours (escalade et stabilité)

De la Savonne au Col d’Assaly

Continuer sur 300 mètres la route montante en direction du hameau de la Savonne et prendre le sentier à gauche, juste après le pont sur le torrent de la Louïe Blanche.

À une bifurcation avec panneau (Jourdan, 1850m), suivre à droite la direction "Refuge du Ruitor - Lac du Petit". Le sentier se prolonge par un chemin carrossable qui se dirige vers l’est.

On passe un verrou surmonté de la chapelle Saint-Pierre et du chalet des Molettes. Légère descente puis l’on traverse au nord-est l’intégralité du plateau de la Sassière (auge glaciaire), avec passage devant les chalets du Fréderet et le refuge du Ruitor.

À partir de la passerelle du point coté 2032m, on retrouve un sentier. Petite visite possible du hameau ruiné de la Sassière puis l’on se rend au bout du plateau.

La montée reprend après le franchissement du torrent de l’Invernet (passerelle). Rapidement, une bifurcation se présente (2080m environ). Il s’agit en fait de 2 branches (ouest et est) d’un même sentier et de longueurs équivalentes, qui se rejoignent juste avant le franchissement du ruisseau du Petit (2210m). La branche ouest a l’avantage d’évoluer à proximité du ruisseau du Petit. Choisir sa branche, l’autre sera empruntée au retour.

Lors du franchissement du ruisseau du Petit, traversée d’une zone de gros blocs sous la barre des Colombettes. Bien repérer les cairns.

Le sentier poursuit tranquillement jusqu’au lac du Petit (2400m). Franchir le déversoir du lac (pierres en place) afin de passer sur la rive est du lac.

Longer le lac sur la moitié de sa longueur puis se décaler un peu sur la droite pour prendre pied sur une longue croupe herbeuse orientée au nord et parallèle au lac.

D’abord en faux-plat, celle-ci se redresse franchement, permettant d’arriver sur une petite crête (herbe et rochers). Suivre cette crête au nord-est, jusqu’à son sommet. On retrouve un peu plus de visibilité sur la suite du parcours.

Toujours au nord-est (dans l’axe du Doigt d’Assaly), on traverse une zone de très gros blocs qui tapissent le creux situé au pied la moraine du glacier d’Assaly. Une fois la zone traversée, gravir la moraine sur la droite. La pente est raide mais cette moraine est stable et la progression efficace.

L’arrivée sur la crête de la moraine (2610m) marque l’entrée dans le cirque glaciaire d’Assaly. Effectuer sa traversée plein est (pente assez modérée) en direction du glacier d’Assaly ou du Petit (bien qu’indiqué sur IGN en 2015, ce glacier n’existe plus, au mieux un grand névé).

Lors de cette traversée, on laisse sur la gauche un petit mont rocheux situé au milieu du cirque (on va peu à peu le contourner).

On peut déjà identifier le couloir d’éboulis qui mène au Col d’Assaly : celui-ci est orienté sud-ouest, il s’agit du premier couloir situé à droite du Grand Assaly, à l’aplomb d’abruptes parois rocheuses.

Vers l’altitude 2700m, la pente se redresse. En virant peu à peu nord-est puis nord, on traverse à nouveau une zone de gros blocs afin de se présenter dans l’axe du couloir.

Des éboulis font suite aux gros blocs, avec une pente de plus en plus raide à l’approche du col. Une vague trace discontinue, caillouteuse et terreuse, remonte ce couloir. L’ensemble est plutôt instable.

À l’altitude 2940m environ, le couloir se divise en 2 branches, séparées par un long rocher. Prendre celle de droite afin de rallier le Col d’Assaly (3002m).

Arête Sud du Grand Assaly

Vue du col, l’arête Sud est davantage impressionnante que réellement difficile. Cependant, elle nécessite un pied sûr et ne doit pas être abordée avec légèreté.

Le guidage est facilité par la présence de cairns ainsi qu’une vague trace sur le premier 1/3 du parcours. Ceux-ci étant assez discrets, il peut être utile de bien mémoriser le parcours lors de l’ascension, en prévision de la descente. Le manque de visibilité, en amont comme en aval peut conduire à des impasses.

Le cheminement ne suit pas exactement le fil de l’arête Sud. La première partie se déroule sur le versant est du Grand Assaly (côté Italie), la seconde sur son versant sud-ouest, après basculement au niveau d’un cairn sur l’arête.

L’ascension, étape par étape :

  • Du col, descendre de quelques mètres en Italie pour trouver une discrète trace sur la gauche.
  • Suivre la trace qui serpente "en escalier" sur le versant est.
  • Après un pas de III, traverser en dévers une dalle très exposée (15 mètres environ). Suivre la fissure évidente (appuis) en s’aidant des bonnes prises (toujours les vérifier) présentes sur un bon rocher (grès).
  • Prendre à droite (est) après la dalle pour une traversée en dévers sur herbe et plaques rocheuses (légère exposition).
  • Gravir un raide et étroit couloir après s’être faufilé en force, entre 2 blocs rocheux. Bonnes prises sur les bords du couloir.
  • En haut de ce couloir, virer à gauche (ouest) en suivant des vires, encore exposées.
  • Ensuite, un pas de III permet de passer le fil de l’arête Sud, signalé par un cairn, pour basculer sur le versant sud-ouest. Bien mémoriser l’emplacement de ce cairn, c’est ici que l’on effectue le passage d’un versant à l’autre.
  • Par une succession de ressauts (II à II+), progresser parallèlement à l’arête Sud, légèrement en contrebas, en suivant quelques petits cairns. Ce versant sud-ouest, moins raide que le versant est, ne présente pas (ou peu) d’exposition.
  • Un dernier ressaut (II+) permet d’accéder au sommet du Grand Assaly (3173m), surmonté d’une croix métallique.

Excellent belvédère sur le massif du Mont-Blanc (si celui-ci n’est pas dans les nuages…) et sur le ghiacciaio del Rutor. Pas mal de lacs sont visibles : laghi del Rutor, laghi di Bella Comba et laghi di Tachuy pour l’Italie, lac du Petit pour la Haute Tarentaise.

Descente

Prendre son temps pour revenir au Col d’Assaly, la désescalade de certains passages est peu confortable.

Ensuite, il n’y a pas vraiment d’alternative pour la descente, celle-ci s’effectue donc par le même itinéraire que celui pris à la montée.

Toutefois, comme petite variante après le lac du Petit, on peut simplement prendre la branche du sentier (ouest ou est) qui n’a pas été prise à la montée.

La bifurcation se situe juste après le franchissement du ruisseau du Petit, à l’altitude 2210m (sous la barre des Colombettes).

Puis la jonction des 2 branches a lieu avant le retour sur le plateau de la Sassière.

Sortie du 12 août 2015

Un départ matinal (06h30) me permet d’assister aux premiers rayons du soleil sur le Mont Pourri et de profiter d’une marche d’approche en bonne partie ombragée. Je ne retrouve le soleil qu’au niveau de la Baleine, entre le plateau de la Sassière et le lac du Petit.

Une baleine ? Dans les Alpes ?

Pas vraiment, explication. Lors d’une précédente sortie sur ce même parcours, une immense roche moutonnée au bord du sentier a attiré mon attention. Une fois dessus et avec un certain point de vue, cette roche aux stries parallèles évoquait une baleine. Ça aurait pu être une girafe ou un kangourou, mais non, c’était une baleine. Inutile de la chercher sur IGN, il s’agit d’un toponyme totalement officieux et personnel, fin de l’histoire. Créateur de toponymes, en voilà un beau métier. Okay, mi piace !

Je profite ensuite de la quiétude du lac du Petit, dont les rives sont prises d’assaut par des nuages de moucherons. À proximité du lac, il y a de bons emplacements pour établir un bivouac.

Ici commence la partie hors sentier pour rejoindre le Grand Assaly. Aucune mauvaise surprise jusqu’au Col d’Assaly, le parcours a été minutieusement étudié d’après quelques clichés pris lors d’une précédente montée au Col du Tachuy. Le plan de vol se déroule parfaitement, les points de passage s’enchaînent à merveille.

Les seules petites turbulences rencontrées seront la traversée des gros blocs au pied de la moraine du glacier d’Assaly et plus tard, le haut du couloir d’éboulis menant au col. Ce dernier est fastidieux mais pas insurmontable.

Quant à la moraine du glacier d’Assaly permettant d’accéder au cirque glaciaire, elle est assez pentue mais très stable. Un mot sur le glacier d’Assaly ou du Petit : bien qu’encore mentionné sur la carte IGN en 2015, ce glacier n’existe absolument plus. Un épais névé, rien de plus. Pas l’impression qu’il subsiste un glacier rocheux, ou alors en profondeur.

Au pied du couloir d’éboulis, le ciel est parfaitement bleu sur le secteur. Au loin, quelques boules de coton se forment sur le Mont Pourri. Verrai-je le Mont Blanc au sommet ? J’en doute fortement, d’autant plus que les ascendances s’accélèrent au fur et à mesure que je remonte le couloir. Elles sont bien plus rapides que moi.

Le haut du couloir est assez pénible, mais rien de comparable à ce qui a été enduré 6 jours auparavant sur la face sud-ouest de la Levanna Centrale.
Une fois le col atteint, petite pause. Le paysage change soudainement côté Italie, avec la vue sur ces vastes étendues glaciaires du Ruitor.

L’ascension des 2 Assaly (Grand et Petit) est envisagée mais la multiplication des ascendances donne la priorité au Grand. Le regard se tourne donc à l’ouest, vers cette imposante masse rocheuse qu’est le Grand Assaly.

Du col, impossible d’y déceler un quelconque cheminement. Il ne se dévoilera que progressivement, au fil de l’ascension.

Prima di tutto, trouver le départ de la trace. Chose faite quelques mètres sous le col, sur la gauche. Trace très discrète mais un œil averti la repère assez facilement.

C’est raide mais le début est assez tranquille, ça chemine habilement sur ce versant est, avec quelques ressauts faciles. Plus sérieux ensuite, un pas de III débouche sur la fameuse dalle. Techniquement, elle est très simple mais il y a l’inclinaison et sur la gauche, l’appel du vide. Il faut prendre son temps et vérifier chaque prise, même si le rocher paraît très sain.

Après la dalle, une traversée en dévers me mène à un surprenant passage entre 2 rochers. C’est super étroit et il faut lutter pour passer. Ce sera encore plus comique au retour, lorsque je me trouverai coincé entre ces rochers, avec les jambes dans le vide qui cherchent désespérément des appuis qu’elles ne trouvent pas. Mais en secouant le bonhomme, centimètre par centimètre, je retrouverai le plancher.

S’ensuit un très raide et étroit couloir avec des prises tout du long. Puis de nouveau une traversée, très aérienne, sur des vires à chamois avec au bout, un pas de III pour atteindre le cairn situé sur le fil de l’arête. Ce cairn est un point de passage stratégique lors du cheminement. Il ne faut pas le manquer, ni à la montée, ni à la descente.

Une fois sur le versant sud-ouest, les plus grandes difficultés sont passées. Avec un peu de visibilité retrouvée, il reste à suivre les petits cairns qui permettent d’éviter les ressauts trop compliqués.

Joie habituelle au sommet même si, comme attendu, le massif du Mont-Blanc est noyé dans les nuages. Et toutes ces vues plongeantes, tous ces lacs et ce vaste glacier…

Mon regard s’attarde sur les laghi del Rutor. Oh, voilà 2 lacs que je n’ai pas visités. Il faudrait à nouveau explorer ce fabuleux secteur (me dis-je). Ta liste de randonnées s’allonge indéfiniment, tu n’auras jamais assez d’une vie, déjà bien entamée, pour toutes les réaliser (me dis-je encore). Pas grave, ajoute celle-ci. Okay, à quelle période ? À l’automne ! L’herbe roussie avec l’eau turquoise des lacs, c’est juste magnifique. C’est noté. À l’automne et avec joie, aux laghi del Rutor tu retourneras.

De retour au Col d’Assaly, je pause après une descente qui a demandé pas mal de concentration. Brève hésitation pour enchaîner le Petit Assaly mais le ciel chargé sur le massif du Ruitor ne m’incite guère. Avec un ciel parfaitement dégagé, il en aurait été tout autrement. Et puis le Grand Assaly, c’est déjà une belle randonnée. Basta così, je reste au col.

Plus tard, une cordée de 4 jeunes rejoint le col après une traversée complète des arêtes du sommet. Ils ne connaissent pas du tout le secteur, alors je me fais une joie de nommer les sommets italiens qu’ils peuvent apercevoir : Monte Colmet, Monte Lusse, Paramont, Becca Bianca, Flambeau, les Doravidi, Château Blanc, Testa del Rutor, Vedettes del Rutor, sans oublier le ghiacciao del Rutor. Puis ils rangent leurs équipements et s’en vont.

Le temps passant au Col d’Assaly, la luminosité change. Les sillons et crevasses du glacier sont davantage mis en valeur, tandis que le rocher de la face est du Grand Assaly revêt une belle teinte orangée.

À 13h40, j’enclenche la descente, tranquille, pour profiter du cadre sauvage du cirque glaciaire. Il fait chaud au lac du Petit, parfait pour une longue pause rafraîchissante au niveau du déversoir.

Il y a un peu d’animation au plan de la Vacherie, c’est l’heure des montées aux refuges de la Vacherie et du Ruitor. Une randonneuse un peu perdue me demande son chemin. Montez dans l’axe au niveau FL 065 et virez au cap 060 au passage du verrou. Rappelez en visuel terrain pour un alignement piste 24R. Pardon ? Je plaisante, c’est tout droit à 20 minutes de marche.

Au final, une belle journée en montagne. 17h15 à la Savonne, j’ai encore bien traîné, peut-être pas assez.

Dernière modification : 16 mai 2018

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