Roc de la Tovière (2347m) par le bois de la Laye Sortie du 7 juin 2016

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Conditions météo

Après de belles périodes ensoleillées, le ciel se couvre avec une nette dégradation vers la frontière franco-italienne. Gouttes de pluie intermittentes au sommet et lors de la descente, mais aucune averse. Quelques névés sous la Croix de Combe Folle, jusqu’au pied de la crête du Roc de la Tovière. Température de 11°C au sommet, à 14h30.

Récit de la sortie

  • Distance : 12km
  • D+ : 672m

Des pluies orageuses étant annoncées dès le début d’après-midi, j’opte pour cette petite boucle facile et tranquille.

Quoique, la traversée des gorges de la Daille nécessite un minimum d’attention concernant d’éventuelles chutes de pierres. Une portion du sentier en est régulièrement couverte et un mini éboulement (très récent) a eu lieu juste après le passage sécurisé.

Puis, c’est l’arrivée à l ’ancienne carrière (calcaire) et sa belle vue sur le lac du Chevril. Sur ce site, la roche extraite entre 1949 et 1952 fut utilisée pour la construction du barrage de Tignes. Après concassage, la roche était acheminée vers le hameau des Boisses (haut du verrou glaciaire) via un téléphérique dont il reste quelques vestiges.

Remplissage de printemps pour le lac du Chevril, encore bien en dessous de sa cote maximale. Le niveau est toutefois trop haut pour l’escapade vers l’ancien pont de Tignes.

D’ailleurs, il ne sera accessible (tout comme les ruines du village englouti) que lorsque des travaux de maintenance nécessiteront une vidange totale du barrage (comme entre 2013 et 2015). Pour les inspections décennales des parois, le robot s’en occupera désormais comme lors de la première visite robotisée d’octobre 2010.

Avant de monter au Roc de la Tovière, une autre escapade est possible : la cascade du Salin. Pour s’y rendre, il faut traverser la carrière et continuer sur le chemin/sentier qui borde le lac.

Il s’agit de l’ancienne piste qui accédait à la carrière, en provenance de Villarstrassiaz, l’un des hameaux du Tignes englouti. En partie revégétalisé, ce chemin taillé dans la roche est saturé d’eau en période de fonte, avec beaucoup de ruissellement le long des barres rocheuses.

Parmi les restes de l’activité de cette carrière, on trouve 2 bâtiments ruinés ainsi que la zone d’arrivée du téléphérique. Et si le niveau du lac est encore assez bas, on peut apercevoir 2 carrés en béton qui correspondent aux ancrages des pylônes Blondin.

Immédiatement après le franchissement d’un ruisseau, on laisse filer le chemin qui descend vers le lac en se perdant dans la végétation et l’on prend le sentier montant sur la gauche.

Lorsque le sentier atteint le torrent du Lac, on remonte celui-ci sur sa rive droite jusqu’à la cascade du Salin (1870m).

Cette fin jolie cascade est assez particulière : on est en présence d’une tufière (concrétion calcaire) qui forme un dôme convexe s’élargissant vers sa base. Au lieu d’une chute unique, les eaux s’écoulent sur toute la paroi après débordement de la gouille de Salin située juste en amont de la cascade.

Quant à la gouille de Salin, il s’agit d’une vasque naturelle alimentée par une exsurgence : de la Grande Motte au lac du Chevril, la commune de Tignes repose sur un vaste système glacio-karstique. Eaux de fonte et précipitations s’infiltrent dans les sols calcaires et circulent via un réseau complexe de galeries souterraines.

Les eaux étant fortement chargées en calcaire dissous, ce dernier précipite lorsqu’elles réapparaissent à l’air libre, contribuant ainsi à l’édification de la tufière du Salin avec sa couleur brunâtre caractéristique.

Pour rejoindre la gouille de Salin après la cascade, il faut rester sur le sentier ascendant de la rive droite du torrent (ne pas franchir le torrent en direction des Combes).

Au croisement avec un autre sentier sur une zone déboisée, on prend à gauche pour revenir vers le bois de la Laye. Environ 60 mètres plus loin, on trouve l’accès à la gouille de Salin (1940m).

On peut l’observer d’en haut ou se rendre sur son bord par une courte et raide descente. Et pour situer l’endroit précis de l’exsurgence, il suffit de repérer les remous à la surface de l’eau !

Après visite, on revient sur le sentier principal et l’on engage à l’est une traversée du bois de la Laye. On bifurque à droite au panneau "Cimetière des Moutons" (1980m) pour emprunter le sentier de découverte.

Encore à droite au niveau d’une aire de pique-nique, après laquelle la montée se fait plus soutenue. Les premiers névés apparaissent sur cet ubac, avec une neige lourde et glissante. En prenant plus à droite que le sentier, je shunte le belvédère de la Croix de Combe Folle.

Le ciel est maintenant bien gris et je ne suis pas encore au sommet. D’ailleurs, les premières gouttes tombent dès mon arrivée au point haut de la crête du Roc de la Tovière.

De visu, il semble pleuvoir abondamment du côté des sources de l’Isère. Pour ce coup, n’étant pas du tout équipé pour affronter une grosse averse (erreur !), j’abandonne alors la traversée complète de la crête jusqu’au Rocher du Saut qui surplombe les gorges de la Daille et enclenche le retour.

Finalement, l’averse redoutée n’aura pas lieu et seules quelques grosses gouttes mêlées à un fin crachin m’accompagneront pendant la descente.

Sous un ciel plus clément, il me faudra un jour revenir pour tester le raide sentier qui du bout de la crête, rejoint directement la Daille. Ce serait alors une alternative au GR5.

En bonus, quelques clichés (06 et 12 juin) pris sur les rives du lac du Chevril pendant son remplissage, en aval de la Reculaz.

On peut y voir les souches d’une forêt clairsemée dont les mélèzes ont été abattus avant la mise en eau, ceci afin d’éviter tout risque d’endommagement des turbines du barrage.

Certaines souches semblent surélevées, comme des palétuviers sur une mangrove ! C’est juste que le sol sur lequel ils reposaient a été complètement décapé jusqu’à la roche mère par les eaux du lac.

Puis je me dirige vers le tracé de l’ancienne RN202 au niveau du dernier lacet encore exondé, avant les gorges de la Daille. En remontant cette route, quelques portions du mur de soutènement sont encore en place.

Après le virage de la Reculaz, l’ancienne route continue juste en dessous de l’actuelle D902 mais à hauteur de la sortie du tunnel du Rossetti, l’ancien tracé de la RN202 n’est plus praticable.

Pas grave, il y a de belles vues plongeantes sur les gorges de la Daille et j’y découvre les noms des voies d’escalade qui s’échelonnent sur les parois rocheuses du Châtelard.

Dernière modification : 18 juin 2016