Ailefroide Occidentale (3954m) - Voie originale (éperon sud-est)

Difficulté :
Alpinisme PD
Dénivelé :
1550m
Durée :
2 jours

Une ascension d'ampleur et de toute beauté dans un océan minéral en plein cœur des Écrins parcourant l'éperon SE du 5ème sommet des Écrins !

La carte

Auteurs : , (Avertissements et Droits d'auteur)

Accès

De l’Argentière-La-Bessée, dans la vallée de la Durance, remonter la "Vallouise" jusqu’à Ailefroide.
On laisse le camping sur la gauche. Prendre la route de gauche jusqu’à son terme où l’on trouvera le parking.

Précisions sur la difficulté

  • Cotation : PD (nombreux ressauts en II/II+ et quelques uns en III/III+).
  • Engagement : III (longue course isolée en altitude et peu fréquentée).
  • Dangers objectifs : chutes de pierres sur l’éperon et la vire d’accès.
  • Absence totale de traces en quittant le sentier du Col du Sélé !
  • Progression dans un terrain à chamois parfois croulant
  • Ascension de l’éperon très longue faisant 900 mètres de haut !
  • Repérage de la vire d’accès difficile de nuit
  • Progression à presque 4000m.

Les infos essentielles

  • Carte IGN : IGN 3637 - Massif des Ecrins - Meije, Pelvoux
  • Altitude minimum : 1514m - Parking d’Ailefroide
  • Altitude maximum : 3954m - Ailefroide Occidentale
  • Distance : 7,6km pour le refuge + 4,7km pour rallier le sommet. Compter 24km au total en aller-retour !
  • Horaires : 2h15 d’approche pour le Refuge du Sélé ; 6h/6h30 d’ascension au sommet ; 6h de descente jusqu’au parking ! Compter 12/13h en cordée de deux personnes à un rythme régulier.
  • Période : En été. Préférer la variante de la voie normale pour la descente (versant SW) en conditions hivernales.
  • Remarques : La voie de l’éperon S.E est largement à préférer à la voie normale du versant S puisque le rocher est bien meilleur et qu’on ne traverse pas de glaciers !

Itinéraire

Introduction

L’Ailefroide Occidentale est un sommet légendaire des Écrins, tombé un peu dans l’oubli et pourtant si joli et plaisant à grimper ! L’approche très longue et pénible par moments peut expliquer cela mais l’ascension en vaut la chandelle !
La voie empruntée ici est l’éperon S.E, à ne pas confondre avec la voie normale du versant S passant par un glacier et des vires exposées et pourries...

L’approche : Du parking d’Ailefroide au Refuge du Sélé (Jour 1)

Du Parking d’Ailefroide (1514m), suivre le magnifique sentier qui remonte le Vallon de Celse Nière.

Il s’agit ici de la même approche que celle pour le Refuge du Pelvoux !

En remontant le vallon, on laisse successivement le sentier du Vallon de Clapouse puis le sentier du Refuge du Pelvoux.

Continuer le long du très joli sentier en montée douce jusqu’à atteindre un replat sous le gros verrou barrant l’accès au refuge et au Vallon supérieur du Sélé.

Pour ce qui en est du cheminement on suit les traces de sentier et les nombreux passages câblés (pour les randonneurs bien sûr...).

Cette partie est vraiment sympa puisque l’on met les mains par moments et on louvoie entre les rampes et les vires...

Au sommet de cette barre rocheuse on se retrouve au pied du Vallon supérieur du Sélé d’où l’Ailefroide Occidentale ainsi que l’approche dans les moraines se dévoilent.

PS : Il peut-être intéressant se s’approcher de la pente de moraine (1,5 kilomètre à plat pour arriver au pied...) pour repérer le "meilleur" passage dans ces ravines raides et assez pénibles... Les photos ne suffisent pas, il est intéressant de prendre quelques points de repères histoire de ne pas galérer à chercher ou comme nous de passer à droite de la face et d’user des forces inutiles...

Le Refuge du Sélé s’atteint par une petite montée douce sur sentier, il se situe sur un promontoire à main droite avec un panorama sans égal sur le Vallon de Celse Nière et le Vallon supérieur du Sélé... On y voit même le Refuge du Pelvoux... ;)

Jour 2 : L’approche entre le Refuge du Sélé et le pied de l’éperon S.E

Le départ se fait généralement à 4h30, on commence par redescendre les 50 mètres pour rejoindre le long plat puis on prend le sentier main droite et on essaye d’aller au mieux en suivant les cairns... La recherche d’itinéraire est déjà présente ! Ça met dans l’ambiance !

Au bout d’environ 45 minutes de traversée en faux plat on traverse un torrent (2620m environ) puis de là il faut quitter les cairns menant au Col du Sélé pour se diriger N.E dans un terrain morainique.

Le mieux est de suivre au plus proche du torrent (quelques cairns peu visibles de nuit) et de le suivre le plus longtemps possible !

À l’altitude 2800m une ligne de dalles apparaît, il faut passer au mieux dans cette mini barre rocheuse puis gagner la grande combe glaciaire sous la face S de l’Ailefroide Occidentale !

Suivant l’horaire et la période, le jour s’est levé à ce niveau et on distingue bien le cheminement suivant.

Gravir la grande zone d’éboulis en suivant une moraine sur la droite et se reporter bien à gauche de l’éperon S.E au niveau de rochers oranges et d’une cascade !

Attention, des névés peuvent persister ici jusqu’à mi-août et les crampons sont nécessaires si c’est le cas ! C’est d’ailleurs le seul endroit nécessitant les crampons !

La grande vire rayant la face de gauche à droite ne se voit pas directement, il faut bien aller vers les rochers oranges pour la distinguer sous les cascades...

La partie escalade : l’Éperon S.E

Suivre alors cette vire montante traversant plusieurs couloirs !

Au bout de cette vire (à l’endroit où elle redescend franchement), il faut grimper les rochers moutonnés droit dans la face (II).

On atteint vite un promontoire herbeux d’où l’éperon se dévoile bien et où l’on devine bien le passage !

Grimper à main droite en diagonale vers le fil de l’éperon par des rochers brisés et des dalles peu inclinées (II).

Par ce cheminement on rejoint une zone plate (point 3306m). Depuis ce point on aperçoit les Ailefroides Centrales et Orientales...

Prendre maintenant l’éperon à peu près par le fil : on suit un système de couloirs et de ressauts (II/II+) afin de rejoindre une zone d’éboulis vers 3450/3500m...

Cette zone fait office de moment de répit...

Au milieu de l’éboulis, virer à gauche pour rejoindre des dalles sur l’arête (II) avant de négocier un ressaut plus raide (III/III+) à droite du fil.

On rejoint une petite brèche avec un relais de rappel pour la descente !

Rester toujours à droite du fil afin de négocier un ressaut pratiquement vertical (III) et de rattraper le fil au-dessus au niveau d’un gendarme bien caractéristique.

Suivre maintenant le fil assez aérien mais plus facile (II/II+) et rejoindre une zone moins raide de gros blocs.

Plus loin, on rejoindra le bas de la bosse de neige (3649m) qui marque la fin de l’éperon en lui-même.

Nul besoin de crampons pour gravir cette pente de neige très peu inclinée (10-15°) puis rejoindre une terrasse plus haut.

Négocier un couloir-cheminée assez raide mais peu difficile à gauche du fil (II) qui se termine à droite d’un gendarme caractéristique (peu visible du bas).

Entamer alors une diagonale montante pour rejoindre le grand couloir caractéristique suivant.

Une traversée de vire étroite ramène à la rive gauche du couloir.

Remonter ensuite au mieux ce couloir débonnaire mais assez branlant...

Le gravir sur une cinquantaine de mètres avant de s’engager main droite dans des dalles d’apparence lisses et un dièdre ramenant sur le fil d’un éperon secondaire, ensemble de II+ sur cette partie...

Du le fil, il ne reste plus qu’à suivre le fil bosselé mais pas compliqué afin de rejoindre la base du grand pierrier sommital...

Finir l’ascension par ce pierrier infâme où rien ne tient... Possibilité de reprendre un bout de rocher pour les derniers mètres !

Panorama du sommet

Le sommet est là, on admirera tous les massifs alpins français, en particulier ceux des Alpes du Sud comme le Mercantour, l’Ubaye, le Queyras et le Viso. Les arêtes de l’Ailefroide ainsi que la Barre des Écrins sont impressionnantes !
En cas de très bonne clarté, on admirera le Massif Central, le Pilat et le Vercors...

La descente

Environ 4 heures pour retourner au refuge + 2 heures pour le parking d’Ailefroide !
Compter 6 heures en tout !

Reprendre le même itinéraire, en faisant attention de ne pas envoyer de pierres sur les partenaires...

Effectuer le rappel de 10m du relais sur l’arête... C’est le seul endroit nécessitant un rappel, le reste se désescalade assez bien !

Impressions personnelles

On a tous ressenti que l’on était dans les Écrins et que c’est une ascension à ne surtout pas sous-estimer et qui mérite également plus de reconnaissance... Du vrai Écrins Sauvage comme on les aime...

Liste des voies d’accès

  • Versant S (voie normale) : PD, il s’agit de la voie la plus facile mais le rocher y est bien pourri et nécessite le matériel de glacier... Il peut-être intéressant de la prendre en guise de voie de descente, pour effectuer une boucle...
  • Éperon S.E (voie originale) : PD, voir topo...
  • Traversée de l’Ailefroide : AD+, une longuette chevauchée d’altitude comptant parmi les plus belles courses d’arêtes du massif ! Nécessite un bivouac au sommet de l’Ailefroide Orientale en vue de la longueur !
  • Arête de Coste Rouge : D+, il s’agit de l’arête nord de l’Ailefroide Centrale, en passant les Dents de Coste Rouge avec quelques longueurs en V/V+... Très longue course dans l’ombre de la face nord également...
  • Éperon E : AD, il s’agit d’un éperon peu marqué entre l’Ailefroide Centrale et l’Ailefroide Occidentale, rocher excellent et quelques belles longueurs en III/IV !
Dernière modification : 17 septembre 2018
L’Ailefroide - Sommet Oriental (3848m) Voie normale

La carte du topo « Ailefroide Occidentale (3954m) - Voie originale (éperon sud-est) »

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