La Grande Dent de Morcles (2969m), en boucle par les cols des Perris Blancs, des Martinets, du Fenestral, de Démècre

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1900m
Durée :
1 jour

Le fantastique promontoire au dessus de la vallée du Rhône qu'est la Grande Dent de Morcles mérite vraiment le détour, non seulement pour son panorama, mais aussi pour l'ambiance particulière du lieu, en particulier son raide versant ouest et ses impressionnantes vires… Alternative à l'habituelle ascension par la Rionda, le parcours par le cols des Perris Blancs et des Martinets offre un trajet beaucoup plus esthétique sur de belles vires permettant de voir l'austère versant nord de la montagne. La descente se fera quant à elle par le versant sud via le col du Fenestral par un beau vallon minéral et chaotique en haut, verdoyant en bas autour du lac de Fully. Finalement, le col de Démècre franchi, une magnifique traversée en balcon sur des vires herbeuses parcourant tout le flanc ouest des Dents de Morcles concluera la boucle très variée parcourant les trois versants de la montagne. – Auteur :

Accès

Aigle ou Martigny - Saint-Maurice - Lavey-les-Bains - Morcles - Route des Planaux - Les Martinaux, petit parking avant la barrière.

Itinéraire

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  • Altitude départ : 1670m.
  • Altitude sommet : 2969m.
  • Durée : 11h.
  • Carte : SwissTopo 1/25000 - 1305 Dent de Morcles.
  • Office Fédéral de Topographie : Grande Dent de Morcles

Période

Praticable sur terrain bien sec, lorsque la neige a totalement libéré les versants nord et ouest de la montagne, en particulier dans les vires sous le col des Perris Blancs et derrière le col des Martinets, en général pas avant mi-juillet ou même début août (L’itinéraire par la Rionda est praticable un peu plus tôt). A ne pas faire par risque d’orage.

Difficulté

L’itinéraire est toujours parcouru par une trace, plus ou moins marquée. Bien que sans réelle difficulté technique (juste un peu de désescalade facile en début de descente), la trace, parfois étroite, déversante et gravillonneuse, est par endroits exposée au dessus des pentes raides où le faux-pas est interdit. L’itinéraire demande donc un pied sûr et habitué. L’itinéraire de montée est un peu plus impressionnant mais guère plus difficile que le cheminement habituel par la Riondaz. L’itinéraire de retour est plus facile, mais aussi beaucoup plus long, ponctué de quelques remontées.

Ascension

Depuis le parking, remonter le sentier partant à gauche de la barrière de la piste. En plusieurs lacets, il remonte pour recroiser la piste, et poursuit en direction de la cabane de la Tourche. Il est cependant plus esthétique, et guère plus long, de prendre le sentier montant en traversée vers la gauche à partir du dernier lacet de la piste pour rejoindre un col sur la belle crête verdoyante venant de la croix de Javerne, puis de remonter cette crête jusqu’à la cabane.

Depuis la cabane, prendre le sentier poursuivant l’ascension de la crête qui, après quelques lacets, part en traversée vers la gauche dans des pierriers en direction d’une vire confortable donnant accès aux pentes sous le col des Perris Blancs. Attention aux névés en début de saison.

Peu avant le col, bifurquer vers la droite (sud) sur un sentier remontant les pentes caillouteuses de la Pointe des Martinets en longeant la base d’un petit ressaut rocheux. En haut, le sentier bascule en versant ouest sur une belle vire longeant la falaise sous la crête sommitale. On croise plusieurs abris militaires délabrés creusés dans la roche. La vire finit par déboucher sur la crête descendant vers le col des Martinets. En cas de nécessité, un raide sentier redescend du col vers la Riondaz.

Remonter au sud vers l’abri militaire juste au dessus du col, et poursuivre sur la vire qui y fait suite qui contourne le Roc Champion par l’ouest. La vire est assez confortable, mais souvent à l’ombre et des névés peuvent la barrer en début de saison. Elle se poursuit en versant ouest dans deux petits cirques où la trace étroite dans des graviers déversants demande un peu d’attention. Puis elle redescend, facile mais un peu exposée, pour finalement rejoindre le sentier habituel du versant ouest montant de la Riondaz.

Le sentier, bien taillé mais exposé, remonte en quelques lacets vers un abri militaire taillé devant un promontoire offrant une vue spectaculaire sur la vallée. Derrière, il poursuit horizontalement sur la Grande Vire, franchissant deux cirques. Au bout du deuxième cirque, repérer le sentier du couloir du Nant Rouge, taillé dans le roc, qui remonte à gauche dudit couloir. Les lacets, raides mais bien taillés, reviennent à droite, puis remontent les pentes caillouteuses du couloir qui s’élargit. Le cheminement n’est pas difficile, mais la pente est raide et il ne faut pas faire partir de cailloux sur les éventuelles personnes en dessous...

On arrive à la base de la falaise sommitale. Délaisser à droite le sentier de la vire du Grand Cor et poursuivre la montée en lacets raides vers la gauche du couloir. Il traverse une faille encombrée d’un bloc en travers (grimper sur le côté ou ramper en dessous), puis atteint finalement une étroite brêche qui débouche sur la crête sommitale. Le sommet est juste un peu plus haut au nord. La vue est magnifique de tous les côtés, et particulièrement vertigineuse sur la plaine du Rhône 2500m plus bas...

Descente

Revenir à la brêche, puis poursuivre la descente sur le sentier balisé du versant sud-est. On aborde une zone de dalles fissurées assez ludique, avec une petite désescalade dans une fissure, puis un raide escalier déversant franchissant une barre rocheuse. On prend pied sur un replat où débouche du versant ouest la vire du Grand Cor permettant éventuellement de rejoindre l’itinéraire de montée.

Poursuivre le sentier, qui descend vers le sud-est en direction du col du Fenestral en traversant un décor chaotique de blocs, de dalles et d’herbe.
Le terrain se fait plus facile en abordant des replats (antenne météo), puis une dernière traversée scabreuse dans un dévers caillouteux permet de descendre sur le col, et la cabane du Fenestral juste en contrebas.

Prendre le large sentier traversant vers le sud, et rapidement le quitter pour un petit sentier permettant de descendre dans les belles pentes herbeuses au fond du vallon, en direction du lac de Fully. Le lac se contourne par la droite (ouest) en direction de son barrage.

Prendre le sentier remontant vers le sud-ouest en direction du col de Démècre. La cabane de Démècre se trouve juste derrière. Rebasculant en versant ouest, prendre le sentier descendant au fond du vallon. Arrivé au fond de la cuvette herbeuse, repérer la bifurcation du sentier partant en traversée ascendante vers le nord en direction de la Riondaz.

Ce superbe sentier en balcon, jamais difficile bien que parfois exposé, mérite à lui seul le détour. Il traverse tout le raide flanc ouest de la montagne sur de belles vire herbeuses. Il est bien tracé et les parties les plus exposées sont câblés. Dans sa partie centrale, de magnifiques cirques herbeux sont franchis entre de spectaculaires promontoires au dessus des falaises. Le cheminement est globalement légèrement montant, mais surtout en dents de scie, ce qui alourdit un peu plus les jambes déjà bien fatiguées, mais le spectacle grandiose fait vite oublier cela...

On finit par arriver aux baraquements de la Riondaz. Derrière, la piste redescend vers le parking, croisant au passage les sentiers offrant une descente plus rapide.

Remarques

  • En une journée, l’itinéraire est réalisable, mais long. Ceux qui souhaitent le parcourir plus tranquillement pourront l’étaler sur deux jours en passant la nuit à la cabane du Fenestral. Cela permettra aussi, le lendemain, d’ajouter éventuellement à la boucle la magnifique traversée du Grand Chavalard (2899m), en montant par son arête nord-ouest (difficile) et en descendant par son arête sud (5h et 600m de dénivelé en plus). Moins long, depuis Démècre, un aller-retour au Diabley (2469m) et éventuellement le long de la crête jusqu’à l’arche naturelle du Portail de Fully offrira un superbe panorama sur la vallée du Rhône.
  • L’itinéraire se déroule en partie sur une zone d’entrainement militaire (alpages de la Tourche et de Riondaz). Hors saison et hors weekend, se renseigner sur place sur les éventuelles restrictions.
  • Porter un casque n’a rien de ringard sur ce genre d’itinéraire, en particulier entre le col des Martinets et le sommet de la Dent de Morcles (traversée au pied de hautes falaises, couloirs caillouteux raides…).
  • La montée de Lavey aux Martinaux se fait par une route étroite et raide qui avale 1200m de dénivelé en 52 lacets… La route de l’Alpe d’Huez n’a qu’à bien se tenir !

Détail de la sortie du 14 août 2013

Grand beau temps, dixit la météo… Une belle journée pour un objectif permettant de profiter d’un magnifique panorama...

J’étais déjà gravi ce magnifique sommet qu’est la Grande Dent de Morcles, et je voulais refaire l’itinéraire par une boucle beaucoup plus variée et intéressante qu’un simple aller-retour par le chemin habituel de la Riondaz… En particulier, voir à la montée les belles vires de l’itinéraire par le col des Martinets, et au retour faire un beau détour par le Fenestral, le lac de Fully et surtout le fantastique sentier balcon joignant le col de Démècre à la Riondaz.

Départ 11h. L’air est bien brumeux jusqu’à 2200m au moins, et les pentes sont déjà encombrées de petits cumulus poussés par le vent du nord… Prévisions météo trompeuses, tant pis pour le panorama ! Montée rapide, et première difficulté de parcours : Maman vache au milieu du sentier soupçonne mes velléités à vouloir transformer son veau en rôti… Gros détour pénible par les alpages raides...

Montée des crêtes de Javerne jusqu’à la cabane de la Tourche. Les nuages enveloppent le lieu et les trouées fugaces ne laissent quasiment pas voir le paysage… Temps pis, on continue ! Le ciel se dégage un peu à l’arrivée sous le col des Perris Blancs et la montée vers la Pointe des Martinets se fait au soleil. Cependant, les nuages enveloppent ou plongent dans l’ombre les sommets avoisinants, et depuis la vire, la brume laisse à peine transparaitre la vue plongeante sur la vallée… Un peu déçu pour le paysage, mais l’ambiance est quand même là !

Au delà du col des Martinets, l’ambiance est vraiment austère, mais le cheminement est plus facile que prévu sur la vire contournant le Roc Champion. Magnifique… Finalement, on rejoint l’"autoroute" du chemin habituel de la Riondaz pour arriver à un bel abri militaire "avec vue", celui-ci relativement en bon état. Pause sur l’impressionnant promontoire devant.

La Grande Vire et le couloir du Nant Rouge sont vite expédiés et le sommet est atteint vers 15h. Le lieu est magnifique, mais le panorama est décevant, tout le versant nord et la vallée étant irrémédiablement bouchés par les nuages… Une heure de pause, avec l’espoir que les nuages se poussent un peu pour me laisser profiter mieux de la vue...

Le retour s’annonce long… Le sentier en direction du col du Fenestral est un jeu de piste ludique se faufilant dans un décor vraiment chaotique… Le col est atteint vers 17h… Descente au lac de Fully et petite pause… Remontée au col de Démècre, un peu pénible avec les jambes déjà chargées d’un long parcours...

19h, le soleil descend lentement et illumine tout le versant ouest de couleurs chaudes, du moins dans les zones épargnés par les nuages. Descente derrière le col, puis c’est parti pour le magnifique balcon… Ca remonte, plus que ça en a l’air sur la carte. Superbes vires herbeuses épousant les contours de cirques, mais nécessitant de descendre et de remonter à chaque fois pour traverser ces cirques… Les nuages masquent toujours la vallée, et diminuent le caractère vertigineux, sans pour autant altérer l’ambiance… Le parcours en dents de scie est pénible, mais le décor fait oublier la fatigue...

21h, le soleil s’est couché sur les baraquements de la Riondaz. On descendra tranquillement la piste dans la lumière du soir puis sous la lune, sans passer par le sentier pour éviter une éventuelle confrontation nocturne avec maman vache...

Dernière modification : 22 mai 2018
Tour du Grand Chavalard

A propos

Auteur de ce topo :

Des paysages sauvages, même si il faut marcher loin... Des panoramas grandioses, même si il faut grimper haut... Des couchers de soleil colorés, même si il faut redescendre tard...

Topo publié le 26 août 2013

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

  • par Le 26 août 2013 à 19h23

    Bravo, superbe randonnée de vires et belles photos.

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