Le Cheval Blanc (3020m, Massif du Thabor), voie Lanfrey

Difficulté :
Alpinisme AD
Dénivelé :
1120m
Durée :
2 jours

La voie Lanfrey, proposée ici, est la voie d'escalade la plus abordable dans un niveau ne dépassant jamais le 4c, à l'équipement discret mais toujours suffisant et là où il le faut (c'est un grimpeur de 4 qui vous le dit !). Escalade "grand plaisir" pas stressante, mais aérienne dans un cadre alpestre étonnant. A ne manquer sous aucun prétexte ! – Auteur :

Accès

Départ du "Lavoir" 1905m, au-dessus de Val Fréjus (Le Charmaix) côté Savoie.
Atteindre Modane par la D1006 ou l’A43.

Au niveau du supermarché "Casino" après la gare, prendre la D216 et monter à Val Fréjus.

Traverser la sation en totalité (cote 1599m) et remonter la piste du Jeu jusqu’au Lavoir, 1905m (sentier du col de la Vallée Etroite/refuge du Mont Thabor).

Départ possible coté Hautes Alpes par la Vallée Etroite, depuis les Granges de la Vallée Etroite, au dessus du Mélezet (via Bardonnechia ou la Clarée et le col de l’Echelle.)

Précisions sur la difficulté

Course de rocher dans une excellent rocher, très bon équipement.
Niveau 4c avec une pas engagé.

Itinéraire

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Course d’escalade en deux jours, avec nuit au refuge du Mont Thabor. Possible en un jour, mais approche longue !

  • Catre IGN : 3535OT.
  • Bibliographie : Topo escalade en Maurienne de Patrick Col édition 2005, pages 228-229.
  • Equipement : Corde rappel 90m, 6 dégaines, 4-5 grandes sangles, chaussons d’escalade, casque, bonnes chaussures pour la descente du couloir Cheminée.
  • Difficulté : AD sup, deux longueurs en 4c max, le reste en 3c/4b.
  • Dénivelées : 1120m (600m pour le refuge, 520m pour le Cheval Blanc)
  • Horaires :
  • 2h/2h30 pour la montée au refuge du Mont Thabor
  • 1h30 pour l’approche au pied de la voie depuis le refuge du Mont Thabor
  • 3h pour la voie Lanfrey
  • 2 à 3h pour le retour au refuge du Mont Thabor
  • 1h pour le retour au Lavoir
  • 8 à 10h au total

Jour 1

Montée au refuge du Mont Thabor par le GR5 jusqu’au col de la Vallée Etroite à 2435m.

Du col, remonter à droite le bon sentier qui mène au refuge (2507m) en quelques minutes.

C’est une belle rando, sympa et cool dans les alpages au milieu des vaches tarines (fromageries à Beaufort), avec de belles vues sur la Crête des Sarrazins, les couloirs du Grand Bagna et bien sûr la superbe tour du Cheval Blanc.

Jour 2

Escalade de la voie Lanfrey au Cheval Blanc.

Du refuge du Mont Thabor, remonter le sentier qui longe les lacs Sainte-Marguerite, le lac Rond, puis le lac Long.

Quitter alors le sentier de pays "tour du Mont Thabor" au bout du lac Long (cote 2513) et monter à vue vers le petit lac (cote 2545), puis gravir dans des pentes un peu raides le dôme (cote 2661m).

On vise alors la base de la tour du Cheval Blanc, qui par de raides pierriers nous amène à l’entrée d’un vaste couloir raide d’éboulis (sente).

Commencer à remonter ce couloir sur quelques mètres et on trouve, en rive gauche (droite en montant), le départ de la voie, seul passage d’escalade possible, un spit avec cordelette bien visible.

C’est ici, au pied de la voie, que l’on s’équipe.

Escalade

L1 : 40m , départ vertical en 4c, puis 3c, 3 points relais R1 équipé sur vire.

L2 : 40m, départ dans un mur vertical 5m/4b, puis facile 3b-3c jusqu’au fond d’un grand dièdre, relais R2 équipé au fond du dièdre.

L3 : 40m, dans le dièdre redressé, escalade loisir en 3c, 3 points, pose de coinceurs très facile, relais R3 équipé sur vire.

L4 : 45m, suite du grand dièdre redressé jusqu’à une brèche évidente, 3 points, R4 équipé dans cette brèche.

L5 : 40m, crux de la voie ! De la brèche, traversée ascendante à gauche 5m (pas déversant, rétablissement sur une petite vire, 4c, 2 points), puis droit dans la dalle verticale qui lui fait suite (aérien et impressionnante mais très prisue, 4b, 20m, 3 points), sortie facile sur l’arête qui se couche. Relais R5 sur piton et sangle.

Descente :

Deux options depuis le relais, R5 :

  • On peut poursuivre en deux petites longueurs (pas en 3c) toute l’arête sommitale, pour aller chercher le point de rappel de la petite facette SE (une descente dans une fente aérienne, vire et plateforme pour le rappel de 40m), qui amène sur une grande vire proche d’une petite pointe caractéristique.
  • Ou descendre directement depuis R5 dans la facette SE (désescalade facile mais aérienne) jusqu’à une petite pointe caractéristique.

On trouve alors un relais, rappel de 45m sur anneau qui dépose au fond d’un grand couloir détritique (paysage magnifique, dolomitique !)

Au bas de ce rappel, descendre quelques mètres pour trouver rive droite du couloir un relais, rappel de 25m.

On retrouve le grand couloir que l’on a abordé le matin et le départ de la voie (descente à faire avec précaution, ça parpine fort, et il est parfois difficile de se planquer quand on est nombreux).

Retour au refuge par la sente et les lacs Sainte-Marguerite, puis le Lavoir par le GR5.

Récit de l’ascension, le 4 Octobre 2009

J’adore ces fins d’étés et débuts d’automnes chauds et secs.
J’adore grimper dans la douceur de ces journées aux teintes pastels, douces, apaisantes.

L’été est passé, nous en avons bien profité. Les jours raccourcissent, bientôt nous échangerons nos chaussons d’escalade pour nos planches.

L’envie d’en profiter est là.

Je "reluque" cette escalade depuis quelques années, et je propose à Nico de venir nous en délecter.

La jeunesse est toujours d’attaque !

Alors, en ce samedi chaud, nous remontons les alpages en direction de la vallée étroite, au milieu des tarines qui "produisent" les derniers laits du Beaufort d’été de cette saison.

Il a déjà un peu neigé, et dans les couloirs du Grand Bagna on trouve déjà quelques plaques.

En montant, la canine du Cheval Blanc est omniprésente, nous avons déjà envie d’y être.

Arrivée au refuge confortable avec d’autres convives.

Soirée sympa, il y a peu de monde, le refuge n’est pas gardé. Nous assistons à un somptueux lever de Lune ce soir-là, sur la terrasse du refuge où un bisolet frisquet nous surprend.

Nuit fraîche, lever à 6h.

Il a gelé ! Le givre recouvre la terrasse et les pelouses alpines.

Comme d’habitude, nous nous pressons pour partir, et c’est avec la fraîcheur que nous arrivons vite aux lacs Sainte-Marguerite, alors que la Vanoise s’enflamme et que les brumes de vallée s’élèvent.

La canine du Cheval Blanc nous écrase et nous avons tout le loisir d’observer la voie depuis le bas en nous en approchant.

Cela a l’air sévère !

Les pierriers se font pénibles, petite pause, et nous entrons dans le couloir.

Nico repère aisément le départ.

Enfin le Soleil, nous nous préparons lentement afin de nous réchauffer un peu.

Nico attaque en tête et la gardera jusqu’au sommet.

Le premier pas de 4 sup est bien vertical sur cette quartzite, surprenante au départ.

Un clou, deux clous, on vire dans le dièdre, l’escalade devient récréative, c’est un jeu.

A R1 le Soleil chauffe, Nico est tombé dessus comme une évidence.

Le pas suivant est raide mais court, c’est un plaisir et nous arrivons à R2 dans le dièdre.

Tout n’est que ligne verticale, minéral, le bruit du vent, le frôlement d’un choucas, le tintement d’une pierre qui tombe... Quel univers !

On remonte le dièdre, c’est facile, très beau, on n’a pas envie que cela se termine.

Bonne prises, petites vires, gros baquets s’enchaînent, R3.

Et cela continue encore sur une grande longueur, nous sommes bien. R4 sur une plate-forme aérienne qui penche sur le versant nord, surplombant, brrrr quel vide !

Voilà donc le pas !

Il est bien sur la gauche.

Nico attaque, pas déversant dans une fissure, spit, une grande sangle.

Rétablissement sur la gauche, tire-bras, han ! han ! et le voilà rétabli.

Maintenant je ne le vois plus.

La corde file régulièrement, puis soudain une grande exclamation de joie, il a aimé !

À mon tour.

Bigre, le premier pas est physique, et le rétablissement aérien, les fesses 200m au dessus du vide. Mais quelle sensation !

Et la suite, une merveilleuse dalle en 4b-4c bien sculptée, grimpante à souhait.

Deux cordées nous suivent.

J’entends héler mon surnom ! Christophe et ses potes !

Ça alors ! Se retrouver ici, quelle improbable rencontre !

Nous fêtons nos retrouvailles au sommet où la vue est immense de partout.

Avec Nico nous traversons l’arête pour aller chercher le rappel de la facette sud.

Un mauvais pas en désescalade nous y mène.

On pose le rappel, malcommode, et nous retrouvons l’autre équipe qui a pris le parti de désescalader la facette, solution plus pratique en fait !

Voila les rappels qui mènent au couloir.

Comme nous sommes maintenant nombreux, nous prenons le temps de prendre notre temps.

Il fait chaud, il fait soif...La bière de fin de course se fait attendre.

Encore quelques précautions, dans le couloir raide en caillasse et nous retrouvons le sentier, les alpages confortables et le plancher des Vaches !

Dernière modification : 16 octobre 2018
Mont Thabor (3178m) par Valfréjus et le Lavoir

A propos

Auteur de ce topo :

Piqué à la montagne depuis l'age de 6 ans après avoir atteint peniblement le mont joli et je suis tombé amoureux du mont blanc. Ce jour la je me suis dit qu'un jour j'irais là haut. Il y a bien longtemps que j'y suis allé au sommet du Mont blanc, et la passion de l'alpi, la rando et ski de rando ne m'a toujours pas laché ! Et que ça dure longtemps encore (...)

Topo publié le 22 janvier 2012

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

Afficher les commentaires précédents (3).
  • par Le 22 janvier 2012 à 22h18

    Beau topo ! Juste un petit conseil pour Christophe sur la photo du rappel : il vaut mieux mettre le noeud auto-bloquant sous le descendeur et non l’inverse (question de tension qui peut rendre le noeud difficile à défaire si besoin est). Il y a débat à ce propos pour certains.

  • par Le 23 janvier 2012 à 20h55

    Salut,
    Merci pour le compliment !
    Oui pour l’auto bloquant cela semble faire débat. En tout cas perso j’ai déjà des problèmes avec le noeud au dessus mais en dessous aussi...alors ?
    A+
    PAT

  • par Le 23 janvier 2012 à 21h56

    Topo excellent et belles photos d’ambiance ! Ourf c’est bon ça !!

  • par Le 23 janvier 2012 à 22h05

    Nous utilisons un shunt placé directement au pontet, descendeur au-dessus. Aucun soucis pour débloquer. Après, faut se coltiner le poids de l’engin !

  • par Le 27 janvier 2012 à 14h45

    Merci Patrick pour cet itinéraire intéressant. Les photos sont motivantes. Je me demande si la voie Janichon, à côté, a le même style d’équipement.

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