Moraines du glacier Inférieur des Balmes (2550m)

Difficulté :
Moyen
Dénivelé :
940m
Durée :
1 jour

Qui s'aventure au fond du vallon du Clou remarque inéluctablement les vastes étendues morainiques du glacier Inférieur des Balmes. De prime abord, ce glacier semble avoir complètement disparu. Il est pourtant bien présent, très discret, caché sous les rochers et la pierraille, affleurant par endroits. Cette randonnée propose d'arpenter ce glacier, atypique dans sa configuration, qui présente des dépôts glaciaires caractéristiques : une mini plaine fluvio-glaciaire, une moraine terminale, une moraine frontale abritant la sortie du torrent sous-glaciaire et une moraine latérale érigée comme une muraille. La glace apparente laisse parfois entrevoir des crevasses, des bédières et des moulins. À découvrir également, une curiosité assez rare : une cascade qui plonge directement dans la rimaye du glacier ! – Auteur :

Accès

De Bourg-Saint-Maurice, suivre la D902 en direction du col de l’Iseran. Passer Sainte-Foy-Tarentaise puis environ 4,5 kilomètres après le hameau de la Thuile, bifurquer à gauche juste avant le paravalanche des Pigettes. La route autorisée se termine au parking de Chenal (1700m).

Précisions sur la difficulté

  • En amont de la moraine terminale du glacier Inférieur des Balmes, le parcours se déroule hors sentier sur un terrain rugueux et parfois peu commode.
  • Même si le glacier Inférieur des Balmes est un glacier peu actif (comparé au glacier Supérieur des Balmes), l’état de surface du glacier peut varier fortement d’un été à l’autre. L’itinéraire doit être adapté en conséquence.
  • Sur le front du glacier (altitude 2350m), il est fortement déconseillé de stationner au niveau de la sortie du torrent sous-glaciaire : les chutes de pierres et de glace y sont continuelles.
  • En passant à l’aplomb du glacier Supérieur des Balmes (glacier suspendu avec cascades), il est fortement conseillé de faire un écart pour parer aux éventuelles chutes de glace.

Les infos essentielles

Carnet de route

  • Carte : IGN TOP25 3532OT Les Arcs - La Plagne
  • Tracé IGN : Moraines du glacier Inférieur des Balmes
  • Altitude de départ : 1700m
  • Altitude du point haut : 2550m
  • Dénivelé cumulé : 940m
  • Distance : 17,1km

Balisage

  • Blanc-rouge : de Chenal au Monal.
  • Aucun sur le reste du parcours.
  • Quelques panneaux directionnels jusqu’au vallon du Clou.

Matériel

  • Chaussures rigides de haute montagne.
  • Crampons et piolet ne sont pas indispensables mais peuvent être utiles selon les conditions rencontrées sur le terrain.

Itinéraire

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De Chenal au vallon du Clou

Poursuivre la route après le parking de Chenal et à la première bifurcation (panneau "Carrefour de la Combaz Aval", 1789m), continuer tout droit en direction du hameau de la Combaz.

Après le hameau, le chemin s’oriente à l’est et rejoint le hameau du Monal (1874m). Traverser le hameau et le quitter par le sud-est.

Environ 90 mètres après l’entrée dans le mélézin, prendre le sentier sur la gauche (panneau). Vers l’altitude 2140m, ce sentier effectue la jonction avec la piste d’accès aux alpages du vallon du Clou.

Après passage du verrou, laisser sur la gauche le petit barrage du Clou (lac) et remonter le vallon du Clou (site classé), toujours sur la même piste.

Boucle des moraines du glacier Inférieur des Balmes

Environ 400 mètres après un premier chemin partant sur la droite, suivre un second chemin peu marqué et partant également sur la droite. Lorsque ce chemin disparaît au bout de 650 mètres, une sente prend le relai en longeant la rive gauche du ruisseau des Balmes.

Puis la sente s’efface à son tour, continuer dans l’axe du glacier Supérieur des Balmes (glacier suspendu qui évoque une dent de mégalodon !) pour franchir en son centre (ou par la droite) la moraine terminale du glacier Inférieur des Balmes.

  • Remarque : établie vers l’altitude 2300m, cette moraine terminale marque l’avancée maximale du glacier à la fin du PAG (Petit Âge Glaciaire). La carte d’État-Major montre clairement l’étendue du glacier vers le milieu du XIXème siècle (voir la carte). Par ailleurs, le toponyme était à l’époque "Glacier de Plan Champ". On trouve la trace de ce toponyme jusqu’aux années 1950 (Glacier Inférieur des Balmes ou de Plan Champ), puis il a disparu.

Après la moraine terminale, traverser une mini plaine fluvio-glaciaire en suivant la rive gauche du torrent (ce n’est plus le ruisseau des Balmes mais le torrent issu du glacier Inférieur des Balmes). La remontée de ce torrent mène directement sur le front du glacier, d’où le torrent jaillit des entrailles du glacier.

  • Remarque : en juillet 2017, le front du glacier se situait à l’altitude 2350m, soit à environ 500 mètres de distance de la moraine terminale. Depuis la fin du PAG, le glacier a donc perdu près d’1/3 de sa longueur mais c’est surtout la massivité de ce dernier qui a considérablement diminué. D’ailleurs, il suffit de regarder la moraine latérale pour imaginer ce qu’a pu représenter le volume du glacier Inférieur des Balmes.

Gravir ensuite la moraine frontale par la droite et poursuivre dans l’axe du glacier. Pas complètement à droite, plutôt au centre-droit du glacier dans le sens de la montée.

Après un passage peu commode, caractérisé par un enchevêtrement de gros blocs, le terrain devient plus confortable. Une très fine couche de caillasse, sous laquelle le glacier atteint son épaisseur maximale, soit 30 mètres environ.

C’est sur ce secteur, surplombant le centre du glacier, que l’on peut observer au mieux les crevasses et bédières qui entaillent le glacier.

Se diriger vers la droite du cirque glaciaire et monter jusqu’à 2500m environ, altitude à laquelle la pente se redresse franchement. À niveau, traverser l’intégralité du cirque sans oublier de faire un écart de 50 à 100 mètres en passant à l’aplomb du glacier Supérieur des Balmes.

La probabilité qu’un gros bloc de glace se détache au moment du passage est très faible (voire infime) mais elle n’est pas nulle. Quant aux petits blocs, ils sont pulvérisés avant d’atteindre la rimaye.

Après cette "zone critique" d’une distance de 150 mètres environ, revenir au niveau de la rimaye pour voir un phénomène assez rare : une cascade qui se déverse directement dans la rimaye du glacier. Cette cascade, comme d’autres visibles plus en amont sur les parois rocheuses, provient du torrent sous-glaciaire du glacier Supérieur des Balmes qui se disperse au gré du relief.

Arrivé à l’extrémité du cirque glaciaire, gravir une raide pente pour atteindre la crête d’une moraine latérale (2550m environ). Cette moraine latérale de la rive droite du glacier (sens de l’écoulement), très effilée et quasi rectiligne, est beaucoup plus marquée que la moraine latérale de la rive gauche.

Parcourir la crête descendante de la moraine jusqu’à un petit lac (2410m) coincé entre la moraine et la pente venant de l’arête des Mines. Quitter alors la moraine par la gauche (sud-ouest), perpendiculairement à celle-ci, afin de retrouver le front du glacier.

Franchir le torrent sous-glaciaire au niveau du front du glacier car cette manœuvre s’avèrerait beaucoup plus compliquée (voire impossible) plus en aval.

Une fois sur la rive gauche du torrent, le cheminement pour revenir dans le vallon du Clou est le même que celui effectué à la montée.

Retour à Chenal

Par le même itinéraire qu’à l’aller, via le Monal et la Combaz.

Variante possible : après passage du verrou du vallon du Clou, rester sur la piste qui descend vers Chenal via le hameau du Fenil.

Dernière modification : 16 août 2018
Pointe de Serru ou Punta Maurin (3227m) et Pointe du Rocher Blanc ou Becca di Percia (antécime, 3018m) par le lac Noir et l’arête du Bélier

A propos

Auteur de ce topo :

Randonnée réalisée le 12 juillet 2017

Topo publié le 3 août 2017

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

  • par Le 9 août 2017 à 23h34

    Très beau reportage sur cette curiosité que j’avais approché il y a bien longtemps.
    Ce type de glacier a un nom : glacier régénéré. Car alimenté par les avalanches de neige et de séracs provenant du glacier supérieur.
    Ce sont en général des Glaciers noirs car recouverts par une moraine superficielle qui les protège de l’ablation.
    L’épaisseur du glacier supérieur diminue, les chutes de séracs sont plus rares et le glacier inférieur souffre, comme tous.

  • par Le 10 août 2017 à 10h55

    Merci Alain, tu as déjà évoqué ce glacier dans un commentaire sur ce topo. Tu fais bien de mentionner les termes de "glacier noir" et de "glacier régénéré", ils s’appliquent précisément au glacier Inférieur des Balmes.

    Les chutes continuelles de séracs ont effectivement contribué à alimenter le glacier Inférieur et donc, à ralentir sensiblement sa fonte récente. En quelque sorte, ces 2 glaciers ont longtemps fonctionné en "tandem" ! Mais depuis quelques décennies, l’ablation l’emporte largement sur l’accumulation (+ apports du glacier Supérieur).

    Sur cette ancienne carte postale (vers 1900 ?), on distingue au loin le glacier Inférieur des Balmes, encore bien massif ! À la vue de cette image, il semble plausible qu’au plus fort du PAG, les glaciers Inférieur et Supérieur (branche ouest) aient été en contact.

    À noter que sur la face sud du Dôme de la Sache, le glacier Suspendu et le glacier Plan présentent une configuration assez similaire, toutefois de moindre ampleur et beaucoup moins spectaculaire.

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