Pointe d’Ambin (3266m), Face Nord-Est

Difficulté :
Alpinisme AD
Dénivelé :
1300m
Durée :
2 jours
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

La Pointe d'Ambin ferme le fond du secret vallon d'Ambin. Un superbe pic acéré, le Grand Cordonnier, masque une face glaciaire qui subsiste encore dans ce petit massif isolé et aride, minéral et sauvage. La face Nord-Est de la Pointe d'Ambin est une belle pente glaciaire de 200m de dénivelée, inclinée à 45°, que l'on remonte dans l'intimité de ce vallon, entre lacs d'altitude et cols secrets, entre chamois et bouquetins. Montagne à l'état originel !

Accès

Accès à Bramans pas la route D1006 depuis le bas de la Maurienne (Modane).

Arrivé dans Bramans, prendre à droite dans le village et remonter la route du Planey (D100) jusqu’au refuge du Suffet.

Continuer alors la piste carrossable (route EDF) qui conduit au départ du sentier du refuge d’Ambin (indication au Suffet).

Atteindre le parking de la Maroqua 1975m, terminus de la piste carrossable, départ du sentier du refuge, lac et col d’Ambin.

Itinéraire

FACE NORD EST DE LA POINTE D’AMBIN

Course d’alpinisme, glaciaire avec un peu de mixte délicat sur la sortie dans un cadre d’une sauvagerie extraordinaire. Solitude garantie !

  • Cartographie :
  • IGN TOP25 3634 OT
  • Difficulté :
  • ADinf, pente à 45° régulière sur 200/250m, rapidement en glace, mixte court mais pénible à la sortie de la face.
  • Horaire :
  • 1h15 pour le refuge
  • 4 à 5h du refuge au sommet
  • 3h à 3h30 pour la descente complète
  • soit 9 à 10h pour la course
  • Dénivelée : 1300m à la montée comme à la descente (300m pour le refuge, 1000m pour le sommet).
  • Equipement :
  • Piolet court, crampons, corde 30m, deux broches à glace, quelques dégaines et deux sangles. Un second piolet peut être utile quand la face devient en glace. Ne pas oublier le casque, la face prend le soleil dès son lever...Donc parpaing !

ITINERAIRE

  • Montée au Refuge d’Ambin (2273m)

Le sentier du refuge démarre à gauche du parking, et remonte en pente très douce le profond et sévère vallon de toute part emmuré de hautes parois.

Le sentier est caillouteux et traverse par deux fois de petites cuvettes, élargissement du vallon, jusqu’à venir buter contre un ancien verrou glaciaire qui porte le sympathique petit refuge d’Ambin (2270m), 1h à 1h15 depuis le parking.

  • Ascension de la Pointe d’Ambin (3266m)

Le sentier continue droit au fond du vallon en direction du lac d’Ambin (2683m) que l’on atteint en 1h30/1h45, par le passage successif de trois verrous dont le dernier est, sur une courte portion, équipé d’un câble.

Au lac, repérer à droite un large couloir raide et encaissé soit en neige soit en rocaille (le sentier est toujours bien marqué). Le remonter jusqu’au sommet (2844m), 30 à 45mn, d’où on domine le glacier d’Ambin de quelques mètres.

La face Nord-Est d’Ambin est alors devant nous et le cheminement devient évident.

Remonter en traversée le glacier sous la paroi de la pointe d’Ambin et remonter la face qui se redresse vers 2950/3000m, 45° régulier. Atteindre soit le collu 3155m, soit directement la crête sommitale en remontant sur 50m un mixte assez pourri qui amène sous le sommet (2h depuis le sommet du couloir).

  • Descente

Du sommet, traverser plein Est la large crête sommitale qui domine le versant Nord et le glacier d’Ambin, et descendre la face Est qui domine le col d’Ambin (raide face rocailleuse). Retrouver le sentier du col d’Ambin proche du sommet du grand couloir qui domine le lac (point 2844m).

Redescendre le couloir (pénible s’il n’est pas enneigé, rapide, s’il l’est) jusqu’au lac, puis le sentier du vallon d’Ambin jusqu’au refuge et le parking (3h/3h30 depuis le sommet).

Ascension de la Face Nord-Est de la POINTE D’AMBIN

  • le 15 Juillet 2006

Le week-end du 14 Juillet est traditionnellement une période très chargée en montagne. Alors pour éviter la foule nous décidons d’aller dans notre cher vallon d’Ambin pour faire la face Nord de la pointe en espérant qu’elle soit encore en condition. La chaleur est telle depuis bientôt trois semaines, que la glace doit probablement être déjà apparente !

Nous remontons tranquillement, Jérôme, Fred, Hervé et moi le long vallon qui mène au refuge en début d’après-midi du 14. Le temps s’est chargé et de lourds nuages noirs roulent sur les crêtes, nous amenant un peu de fraicheur et parfois quelques gouttes.

La montée est courte mais superbe dans cette vallée encaissée, minérale à souhait. De toute part ce ne sont qu’aiguilles, clochetons et gendarmes verticaux, avec au fond le superbe pic du Grand Cordonnier, chandelle immuable, phare de la vallée.

Cette belle pointe cache la face Nord de notre sommet convoité.
Mais le bout de glacier qu’elle nous laisse voir ne nous réjouit pas vraiment quand aux conditions de neige que nous trouverons.

En prévision nous avons emmené un piolet court au cas où !

Lors de la montée nous croisons pas mal de promeneurs, et un jeune couple qui manifestement revient de par là-haut. La discussion s’engage, sympathique, et j’apprends que la face est encore en condition malgré un passage en glace et une sortie en mixte courte mais pénible. Nous verrons bien demain !

Déjà arrivons au refuge avant la pluie et profitons de notre après-midi !

En y arrivant, je fais mon petit détour pour passer devant la stèle à la mémoire de Geneviève, afin de ne pas oublier…

Il y a foule là-haut, ce qui n’est pas commun, ce soir le refuge sera plein. Mais comme il n’a que 30 places cela restera convivial.

L’après midi se passe entre l’installation dans le dortoir, la sieste dans la pelouse alpine au soleil lorsque celui-ci daigne se montrer, et une belote arrosée d’un petit blanc frais de Savoie...

Les heures coulent paresseusement au rythme de notre farniente. Nous voyons redescendre des groupes de randonneurs et monter de jeunes alpinistes qui préfèrent bivouaquer plus haut dans le vallon. Peut être les verrons-nous demain ?

L’heure du dîner approche.

L’effervescence règne dans la salle commune du petit refuge. Nous avons amené notre repas, et nous commençons à le préparer alors que le gardien serre les pensionnaires. Le moment est convivial et nous prenons notre temps.

L’heure du coucher suit et rapidement. Jérôme se met à ronfler.

3 heures du matin le 15 Juillet.

Après une mauvaise nuit nous nous levons. Dehors le brouillard humide remonte en courant d’air froid le vallon. Il ne fera pas mauvais, la voie lactée brille par moment entre deux passages de brouillard.

Le petit déjeuner est rapidement avalé, la cabane bouclée sous la garde des ronfleurs.

Jérôme et moi remontons à la frontale ce vallon que nous connaissons bien. Même de nuit j’arrive à ne plus perdre le sentier !

Nous déambulons plus que nous marchons butant sur les cailloux, ces traîtres, ces fourbes et obscures "choses" qui nous font vaciller entre la veille et le sommeil !!!!

Les premières lueurs du jour nous rattrapent un peu avant le lac d’Ambin, d’où nous découvrons le grand couloir qui nous permettra de prendre pied sur le glacier. A part le reste de névé au bord du lac, pas la moindre présence de neige. Il va falloir remonter cette rocaille inconfortable. Heureusement maintenant le passage est bien balisé voir même tracé, ce qui évite de se fatiguer inutilement dans les passages les plus instables.

Nous débouchons au dessus du glacier face à notre pente qui n’est pas dans l’état que j’espérais.
Et dire qu’il y a quelques années le glacier affleurait la sortie du couloir ! Il a bien perdu 30 mètres en épaisseur…

La neige ne recouvre que la partie gauche de la face, la sortie au col 3155 n’est qu’un immense toboggan noir.

Pendant que nous nous équipons, un chamois traverse le glacier et remonte à vive allure de hautes barres rocheuses, quelle agilité ! A chaque fois nous nous émerveillons.

Le haut de la face est déjà au soleil quand nous commençons à remonter le glacier d’Ambin.
Nous partons en traversée ascendante, nous ne sommes pas encordés. Le glacier est en glace noire, recouvert de nombreux débris rocheux. Nous passons quelques crevasses et attaquons la pente dans une neige molle lorsque le soleil nous rattrape. Nous nous encordons, Jérôme part en tête. Le paysage commence à s’ouvrir, la vue s’étend au-delà du vallon sur la Vanoise toute proche.
La longue et monotone montée s’engage, pas répétitifs, rythme lent, régulier...Nous sommes des métronomes !

A mi-pente nous butons contre une barre rocheuse, nous la contournons par la droite. La glace a remplacé la neige. Nous tirons une longueur. Les chutes de pierre sont nombreuses. Ça siffle dur aux oreilles, et des parpaings énormes nous visent.

Nous ne trainons pas, la zone est vraiment malsaine.

Le deuxième piolet fait merveille et c’est sans difficulté que nous surmontons le passage. Nous nous élevons ensuite dans la pente redevenue en neige, régulière...au rythme lent des métronome !

Nous dominons maintenant notre proche alentour. Le fier Grand Cordonnier a des allures de bout de rocher, au loin la Dent Parachée s’impose.
Jérôme vient buter conte la face rocheuse sommitale, vers 3200m.

Je passe en tête et surmonte en deux petites longueurs ce passage raide et très délité, en traversée vers l’arête sommitale. La transition glace-rocher m’a parue assez pénible et périlleuse et j’ai mis pas mal de temps.

Ce sont ces rares moments ou se mélangent l’angoisse et excitation, bloqué dans un pas que l’on n’ose faire qui font parfois l’intensité d’une course ! Et là, ce fut intense !!!

Nous débouchons enfin sur l’arête.

Le paysage est bien entendu grandiose. Nous observons les cordées qui descendent de la Pointe Sommeiller, celles qui sont sur le glacier Ferrand.

Il fait chaud maintenant mais le vent d’Italie s’est levé et il y a comme un petit coup de foehn. Les nuages s’engouffrent dans le profond passage du col d’Ambin et nous masque la vue.

Sans perdre de temps nous traversons le sommet pour gagner l’antécime (3251m) et descendons la raide et pénible face Est. Le passage est facile mais c’est au travers d’énormes et instables blocs que nous allons retrouver le chemin du col. Un gros bouquetin se prélasse en face de nous, et une harde de chamois détale à toute allure au bas de la pente, alertée par les pierres que nous faisons tomber.

La descente est longue et la fatigue se fait sentir. Nous retrouvons un semblant de sentier qui nous conduit au sommet du couloir de ce matin que nous descendons lentement.

Nous retrouvons Fred et Hervé au Lac où nous faisons une grande pause. Nous sommes « rincés ! ».

La pause s’impose, voir même ma sieste, les pieds dans l’eau...Je sombre doucement dans une douce torpeurs, bien être trompeur, il reste encore pas loin de deux heures de descente dans les cailloux !

......Reveil ? Non ! Nous sommes bien à la voiture, et c’est un "monstrueux" plaisir que d’enlever enfin les grosses chaussures après cette course qui finalement aura été longue.

Quel bonheur que d’être remonté là haut ! La sensation d’une ascension bien réalisée m’apaise et c’est l’esprit léger et libre que nous laissons notre cher vallon d’’Ambin à son éternité.

Dernière modification : 16 mai 2018

La carte du topo « Pointe d’Ambin (3266m), Face Nord-Est »

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Photos « Pointe d’Ambin (3266m), Face Nord-Est »

Pointe d'Ambin et le Grand Cordonnier, du refuge d'Ambin. Orage sur le Grand Cordonnier. Sur le glacier d'Ambin, la face NE de la pointe d'Ambin. Vallon d'Ambin dans l'ombre, en arrière plan, le Mt Cenis, Grand Roc Noir, Grande Casse Le Grand Cordonnier, vue originale ! Jé attaque la pente Nord-Est. Montée monotone de la face Nord-Est. Le Petit Vallon, en arrière-plan, la Dent Parrachée et le dôme de Chasseforêt Coup d'œil dans «le rétro», vue plongeante sur la face NE. Jé arrive au sommet de la pointe d'Ambin, en arrière-plan, Sommeiller et Rognosa d'Etache. Du sommet, on fait face à la Pointe Ferrand et Niblé. La face NE vue de profil. Le superbe lac d'Ambin vu de l'éperon 2844m. Superbe couleur du lac d'Ambin. Jé a décidé de rentrer à la rame...Grosse fatigue !