Sortie du 26 juillet 2018 par Bryce38 Tour du Chambeyron

Après une aventure hivernale en raquettes il y a quelques années dans ce secteur, j'avais envie de revenir explorer en été ce massif que je connais mal en y restant suffisamment longtemps pour en prendre plein les yeux. C'est maintenant chose faite avec cette belle immersion de 4 jours !

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Conditions météo

Météo en alternance parfaite : 1 jour sur 2 de beau temps, conforme aux prévisions sauf le troisième jour (les aléas de la montagne)
Jour 1 : Maljasset - Col de l’Autaret : beau temps, se dégradant rapidement avec orage et averses en milieu d’après-midi, ciel plus clair en soirée
Jour 2 : Col de l’Autaret - Lac Niera : grand beau, très chaud
Jour 3 : Lac Niera - Lac Noir : nombreux nuages dès le matin, pluies légères en début d’après-midi, éclaircies jusqu’au soir, nuit bien dégagée
Jour 4 : Lac Noir - Maljasset : grand beau, très chaud

Pas de difficultés rencontrées sur le terrain : tous les cols et sommets passent sans équipement particulier. Bâtons bienvenus pour les quelques névés à traverser, notamment quand la neige est dure.

Récit de la sortie

Jour 1 : Maljasset - Col de l’Autaret

Compte tenu du temps de trajet (plus de 4h de route), je commence à marcher de pas très bonne heure : 13h. Heureusement cette première étape est d’une longueur raisonnable.
Entre Maljasset et le Plan de Parouart je rencontre beaucoup de monde en chemin et on comprend pourquoi : l’eau limpide de l’Ubaye naissant et les forêts de mélèzes sont vraiment agréables.
Cependant le ciel s’assombrit vite alors que je prends un peu d’altitude vers Chabrière. Les premières gouttes arrivent. Puis ça se met à gronder. Je suis encore loin de la bergerie, il va falloir trouver autre chose pour m’abriter.
Je sais que c’est mal mais je n’ai que ça sous la main : les arbres, en évitant ceux qui sont trop isolés. Durant près de deux heures l’orage va tourner autour de moi, déversant plusieurs averses dont une de grêlons. Je me force à gesticuler pour ne pas me refroidir et profite de cette pause inopinée pour pique-niquer.
L’accalmie s’installe enfin, je peux reprendre la marche vers le Plan de Chabrière mais j’ai perdu beaucoup de temps.
Je parviens à 19h30 sous le col de l’Autaret et le ciel est encore incertain. Je décide donc de tronquer l’étape et de ne pas passer le col ce soir.
Par chance l’endroit est parfaitement bivouacable et ravitaillé par un joli ruisseau, donc je gagne sans doute au change par rapport au lac de l’Autaret qui n’a que de l’eau stagnante.
En soirée je contemple les magnifiques couleurs chaudes du soleil couchant dans un ciel encore encombré.

Jour 2 : Col de l’Autaret - Lac Niera

Le deuxième jour démarre sous une météo clémente qui me permet d’entamer sereinement la raide montée au col de l’Autaret. Une fois franchi, je passe côté italien sans faire la Tête de l’Autaret qui me prendrait 1h aller-retour.
La descente de ce vallon verdoyant est rapide et agréable, avec ses dizaines de marmottes qui viennent rompre le silence des lieux.
Arrivé à une stèle, je coupe le sentier normal pour m’économiser 100m de dénivelé jusqu’aux granges et vise le col Bellino dont on aperçoit le panneau de loin.
Peu à peu le sentier quitte l’herbe et devient rocailleux. Plusieurs traces s’entrecoupent, j’en choisis une qui me semble aller au plus court.
Surprise : je n’arrive pas au col Bellino mais à une station météo où deux techniciens s’affairent à changer les batteries !
Peu importe, je franchis ce col inattendu et attrape une piste 4x4 juste en dessous, que je dévale pendant d’interminables kilomètres.
Il commence à faire bien chaud. La piste est monotone et sa faible pente n’est pas très rentable pour le randonneur, mais pour les trois VTTistes torses-nus que je croise elle l’est bien plus !
Au bout d’un moment je suis pris d’un doute par rapport au paysage et à l’orientation. Ca ne correspond pas à ce que je vois sur ma carte papier et à la boussole.
Je consulte mon GPS : argh, il y a un bug sur la trace de l’étape 2 et en plus je n’ai pas le fond de carte en Italie, donc inutilisable ! Je dois me rendre à l’évidence : je me suis planté de vallon et sans aucun repère.
Vu la distance parcourue depuis le col Bellino, je m’imagine mal devoir tout remonter, je décide donc de demander à des braves autochtones s’il y a moyen de tout contourner par le bas pour rattraper le coup.
Sans parler la langue, je réussis à baragouiner tant bien que mal et avec des gestes ils me font comprendre que c’est possible par la piste puis la route.
Me voilà donc à redescendre tout le vallon Traversiera jusqu’au village de Lausetto, mais que c’est long !!
Je meurs de soif, je me jette sur la première fontaine venue et avale 1 litre direct puis demande conseil à un sympathique habitant qui parle français.
Plus bas, j’emprunte la route de Chiappera sur quelques kilomètres et pour soulager mes pauvres pieds je tente le stop. Ca marche ! Je me fais embarquer par un couple qui a déjà pris 2 scouts, on se retrouve donc entassés à cinq dans la voiture, avec mon gros sac sur les genoux.
Ils me déposent devant le camping de Stroppia, parfait ! 17h15 : j’attaque la montée finale par le raide sentier Dino Icardi qui traverse plusieurs fois un ruisseau par des passages escarpés et assez exposés où il faut parfois mettre les mains, mais offrant une vue fabuleuse sur la Croix Provençale.
Une fois le refuge de Stroppia passé, ça se calme et le chemin débouche enfin sur le lac Niera et son originale presqu’île.
19h40 : j’y suis tout juste pour l’heure de l’apéro. Le temps d’installer le bivouac, de manger et je me prépare à observer la plus longue éclipse lunaire totale du siècle, sans aucune pollution lumineuse.
Ouf, quelle journée !

Jour 3 : Lac Niera - Lac Noir

Après ce beau bivouac et un repos bien mérité, je sors de mon duvet pour admirer le jour qui se lève sur les alentours du lac.
Vers 7h45 les premiers randonneurs matinaux sont déjà là et me saluent alors que je prends mon petit-déj.
Je plie le camp et entame la marche vers 9h30 en remontant le fond de vallée de Stroppia sous une lumière grise un peu triste.
Dans la montée au col Nubiera/Stroppia je me fais doubler par un couple de français avec qui je discuterai un peu plus loin : ils sont de Gap et font la boucle autour du Brec de Chambeyron en 2 jours, après une soirée festival de jazz à Barcelonnette. Sympathique week-end culturel et sportif !
De retour en France, le ciel s’assombrit et la pluie ne tarde pas à tomber dans la traversée du Vallon de Plate Lombarde.
Les éclaircies reviennent dans la montée au Pas de la Couletta mais pour une courte durée seulement. Alors que je me trouve 100m sous le col, une grosse averse orageuse menace.
Par chance une grosse cavité rocheuse en bordure de chemin m’invite à me mettre à l’abri. J’y reste sagement au sec une vingtaine de minutes en regardant ruisseler les gouttes le long de la paroi.
Le soleil revient et j’atteins le Pas de la Couletta duquel le lac Premier en contrebas dévoile son splendide dégradé de bleu.
Je ne résiste pas à l’appel du ventre au refuge de Chambeyron : produits locaux et bière artisanale "La Sauvage" (brassée à Saint-Paul) auront raison de moi !
Repu, je termine les derniers 200m de dénivelé positif qui me séparent du lac Noir où je fais escale cette nuit, blotti entre le Brec et l’Aiguille du Chambeyron.

Jour 4 : Lac Noir - Maljasset

Dernier réveil au bivouac, il fait grand beau. Il y a du monde de bonne heure sur le GR, les gens qui ont dormi au refuge sont vite là.
Je range tout et passe rapidement au lac des Neuf Couleurs, que je trouve finalement moins beau que le lac Premier pourtant plus petit.
La montée au col de la Gypière demande un peu d’attention sur les derniers mètres car il y a un long névé pentu et gelé à traverser.
Au col, je laisse mon sac et mes bâtons pour m’offrir un bonus à la Tête de la Fréma (3151m) qui me tend les bras. L’ascension est facile. De là-haut le panorama est grandiose.
Je redescends récupérer mes affaires et poursuis ma dernière incursion en Italie par le contournement de la cime de la Fenêtre de Stroppia, sorte de curiosité formée d’un rocher incliné percé.
L’ambiance est plus alpine, je prends un raccourci en désescalade avant de rejoindre le sentier qui remonte droit vers le col de l’Infernetto.
Après ce col, la descente est rendue délicate par des ravines et éboulis, mais protégée par des câbles et quelques marches.
Le vallon qui suit est joli et se termine par l’austère col de Ciaslaras : 300m bien raides à remonter d’abord sur un gros névé puis dans la caillasse jusqu’au bout.
Sur l’autre versant c’est tout aussi raide avec un départ droit dans le pierrier, puis quelques traversées de névés avant de passer une dernière fois la frontière au col de Marinet où je grignote un peu.
J’allonge le pas dans la descente facile vers les lacs de Marinet où règne une ambiance de détente : les gens se baignent, lézardent ou pêchent, selon les goûts.
La suite du GRP est vite avalée par la piste et je retrouve peu à peu les mélèzes et la végétation du départ.
17h15 : de retour à Maljasset, j’ai rempli mon contrat pour rentrer pas trop tard à la maison !

Dernière modification : 18 août 2018

Sensibilisation

Pour une montagne plus propreLe milieu que vous allez traverser durant cette randonnée est fragile. Faites attention à la flore et ne dérangez pas la faune locale. Rapportez vos déchets chez vous et ramassez aussi ceux que vous trouverez. Vous soutiendrez ainsi le mouvement KeepTheMountainsClean

A propos

Auteur de cette sortie :

Grenoblois d'adoption, amoureux de la montagne et des grands espaces depuis une quinzaine d'années et collectionneur de lacs d'altitude. J'apprécie les randonnées à la fois sportives, engagées et insolites (vires du vertige) où il faut mettre les mains, mais aussi les randonnées classiques plus tranquilles. Le but principal étant de se faire plaisir et voir des beaux paysages qui se méritent. Adepte (...)

Randonnée réalisée le 26 juillet 2018

Publiée le 18 août 2018

(Avertissements et Droits d'auteur)

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