Topo de référence

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Conditions météo

Tempête de ciel bleu, doux, les cumulus sortent de l’Italie vers 10h.
Glacier bien bouché, pas de glace vive.

Bon regel sur le glacier, excellentes conditions de neige, on ne pouvait espérer mieux surtout à la mi-juillet.

Récit de la sortie

La petite Ciam’, ma vieille amie !

La porte du refuge claque doucement.

Deux ombres furtives s’engagent sur le sentier du Plan des Evettes.

Les lampes frontales balayent de leurs faisceaux bleu électrique les alpages à la recherche du sentier.

Face à eux, des formes imprécises barrent le haut de l’horizon.

La voie lactée scintille de ses milles feux. Ils ont l’impression de porter l’univers sur leur épaules dans cette immensité noire ou seules résonnent les eaux bouillonnantes du torrent.

De fugaces lumières zèbrent le ciel, l’orage doit gronder sur les plaines lombardes.

Le bout de leurs souliers bute dans un bruit sourd contre les cailloux, ponctué d’un grognement d’agacement.
Il en sera ainsi pendant la longue traversée de la plaine glaciaire, et jusqu’à ce qu’une pâle et froide lumière métallique matérialise le paysage.

La froidure diffuse dans un ciel laiteux. Des coulis descendant des sommets les frigorifient. Ils accélèrent la cadence au plus qu’ils peuvent pour se réchauffer.

Les pointes de leurs crampons marquent à peine d’une fine empreinte la neige gelée.

C’est quand ils débouchent sur le plateau glaciaire, sous les gigantesques piliers rocheux qui supportent le glacier supérieur des Evettes et le seigneur des lieux, l’Albaron, que le soleil sort presque brutalement dans la brèche du col Tonini.

La douce chaleur coule comme du miel onctueux sur leurs épaules et les revigore.

La neige instantanément transformée par l’astre du jour devient souple, la marche agréable.

Les cascades grondent et emplissent l’espace de leurs rugissements.

Ils rattrapent l’ombre et la froideur de la haute-montagne dans la pente Nord-Ouest.

Le cliquetis du matériel sur leur baudrier marque le rythme de l’ascension, lente, régulière, presque monotone dans la raide pente de neige.

Presque sans y prêter attention ils dépassent la muraille d’Italie, la pente s’adoucit, le souffle est plus marqué, ils retrouvent le soleil, le col de la Petite Ciam’ n’est plus loin, à quelques dizaines de mètres tout au plus.

Alors ils prennent en pleine figure l’immensité du panorama tant attendu.

La tour sommitale les domine de ses rochers ocre-rouge, chauds, accueillants.
Une courte montée raide sur l’arête, ils jouent les funambules au-dessus des corniches de neige, ourlées par le vent venu de Lombardie.
Puis les rocher brisés, compacts, le grincement des pointes acérées des crampons, quelques pas d’escalade et la fine lame de rocher noir qui porte la croix sommitale.

La vue plonge vertigineusement sur la face Nord-Est d’où viennent de sortir deux cordées.

Le panorama est immense, les cumulus bourgeonnent, « les Italiens font cuire les Pasta ! »

Ils savent que la descente sera longue. Ils savent qu’il ne faut pas s’attarder trop sur la sommet tant convoité, ils savent qu’il faut quitter le glacier avant que la neige ne soit trop molle.

Leur montée trop lente, la chaleur de la mi-journée proche ne leur permet pas la sieste contemplative dont ils rêvaient.

Le retour est machinal, bien que concentrés sur leur marche dans la raide pente. Une glissade les amènerait cinq cent mètres plus bas sur le plateau du glacier des Evettes !

Enfin les névés, enfin la moraine, l’esprit se libère, ils gouttent au plaisir d’avoir retrouvé leur vieille amie, la Petite Ciam’.

Dernière modification : 17 octobre 2018

A propos

Auteur de cette sortie :

Piqué à la montagne depuis l'age de 6 ans après avoir atteint peniblement le mont joli et je suis tombé amoureux du mont blanc. Ce jour la je me suis dit qu'un jour j'irais là haut. Il y a bien longtemps que j'y suis allé au sommet du Mont blanc, et la passion de l'alpi, la rando et ski de rando ne m'a toujours pas laché ! Et que ça dure longtemps encore (...)

Randonnée réalisée le 14 juillet 2013

Publiée le 12 août 2013

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

  • par Le 12 août 2013 à 10h14

    superbe écriture , un régal.

  • par VINCENTLe 13 août 2013 à 18h51

    J’ai un instant cru que c’était du Frizon-Roche.

  • par Le 13 août 2013 à 20h37

    Merci pour vos commentaires.
    La lecture jusqu’a l’usure de mes livres de la célèbre trilogie du grand Frizon y est peut etre pour quelque chose...Mais loin d moi la comparaison avec ce grand Monsieur...
    Ce ne sont juste que quelques lignes qui traduisent simplement mes emotions après coup !Rien de plus !
    A+
    Patrick

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