Pointe du Montet (3428m) par l’arête sud Sortie du 20 août 2017

Sortie réalisée le 20 août 2017.

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Une courte ascension mais un sommet qui se mérite, avec un splendide final sur l'arête sud. Retour par le glacier du Grand Pisaillas (branche nord) et le ruisseau de Pers (rive droite).

Conditions météo

Plein soleil, température de 4°C au sommet à 16h00, vent modéré.

Récit de la sortie

C’est au cours d’une sortie à l’Aiguille Pers le 07 août, que promesse était faite de gravir dès que possible la Pointe du Montet.

Les conditions météo sont excellentes en cet après-midi du 20 août, je prends donc le chemin du col de l’Iseran, fin content d’en découdre avec la plus haute cime du secteur.

Bien que l’ascension soit courte et peu technique, ce sommet n’est pas servi sur un plateau ! Selon l’expression, il faut un peu "mouiller la chemise", même si la chemise n’est pas de rigueur dans un tel environnement.

Vers l’altitude 3080m, la Pointe du Montet est bien en vue et je quitte la sente du col de l’Ouille Noire pour une traversée "à vue" en direction du nord-nord-est.

C’est d’abord un terrain rugueux composé de gros éboulis et de ressauts à contourner tantôt par la gauche, tantôt par la droite. Le cheminement est plaisant, avec une recherche d’itinéraire tout en maintenant le cap dans l’axe du sommet.

Ensuite, j’effectue comme prévu la traversée ascendante en amont de la branche sud du glacier du Grand Pisaillas, afin de rejoindre l’arête sud. La pente se raidit nettement, sur de fins éboulis de schistes calcaires. L’auteur du topo écrit avoir passé "un mauvais 1/4 d’heure" sur ces pentes, je pourrais l’écrire tout autant !

Pas mal d’efforts déployés pour une efficacité très limitée, comme faire du vélo de course sur des dunes de sable fin. Je récupère un peu en arrivant sur l’arête, l’horizon s’élargit du côté de la Haute Maurienne et le spectacle est déjà grandiose. Le fil de l’arête est simple et agréable à parcourir, le long de l’à-pic du versant est.

Quant à la cheminée qui pimente un peu le final de cette ascension, c’est effectivement un régal. Passage trop court à mon goût, j’en aurais volontiers repris une portion.

Arrivé au sommet, j’aperçois de très nombreux sommets emblématiques des Alpes. Avec seulement 42 mètres de plus que l’Aiguille Pers, la Pointe du Montet offre un panorama bien plus généreux, notamment en direction de la Haute Mauriennne.

Pour la descente, je file au plus court en direction du passage situé entre les 2 branches du glacier du Grand Pisaillas, puis j’entame une traversée de la branche nord.

Ce n’est pas une surprise, le glacier a bien morflé au cours des dernières décennies, je l’ai connu plus pimpant au milieu des années 1980. La couche de glace paraît globalement mince, une épaisseur de quelques mètres ne semble réaliste qu’au centre du glacier.

Aux abords de l’arrivée du téléski du Montet, le glacier régurgite des vestiges des saisons hivernales passées. Une canette par-ci, un morceau de plastique par-là. Je ramasse ce que je peux, jusqu’à combler tout le volume disponible dans mon sac à dos. Heureusement, les déchets se concentrent près de la remontée mécanique, je n’en trouve plus en continuant la descente vers le front du glacier.

Un mal pour un bien, la disparition du glacier (dans 15 à 20 ans ?) permettra de procéder au nettoyage complet du site, comme cela se fait chaque été depuis 10 ans sur d’autres parties plus accessibles du domaine skiable.

Je m’attarde un peu sur le front du glacier, j’aime bien ces discontinuités sur le terrain pour observer les stries, polis, tables et ruissellements glaciaires. C’est comme si de nouvelles terres émergeaient lentement, après des siècles passés sous le poids de la glace.

Pour terminer cette randonnée, je longe la rive droite du ruisseau de Pers jusqu’à faire la jonction avec la sente qui descend du col Pers et me ramène au lac de Céma.

Dernière modification : 22 septembre 2017