Le Microlithe (1750m)

Difficulté :
Alpinisme AD
Dénivelé :
200m
Durée :
demi-journée
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Petite aiguille de Cargneule de 70 mètres de haut au pied de la dent Parrachée, à l’ombre de son grand frère, le Monolithe de Sardières. Très jolie petite escalade en trois longueurs bien équipée dans un cadre forestier extraordinaire, sur un rocher déroutant, adhérant si l’on reste dans la voie. Cette facette Sud est un formidable poste pour observer les indiscressions du petit peuple de la forêt Sollière.

Accès

Rejoindre le Village de Sardières en Haute Maurienne (soit depuis Aussois et Modane, D1006, puis D83, soit depuis Sollières et Modane, D1006, puis D83).

En venant d’Aussois, prendre à gauche la route forestière du "Monolithe" à l’entrée du village.

La suivre 2km jusqu’au parking aménager du Monolithe, depart pour le Microlithe.

Itinéraire

Approche du Microlithe :

Du parking du Monolithe, sur la route d’Aussois à Sardières (pistes nordiques l’hiver), remonter droit au Nord dans la forêt par un petit sentier qui très rapidement devient une sente très raide qui mène au pied du Microlithe invisible depuis le parking, en quelques minutes.
Ne cherchez pas le Microlithe, il est invisible, mais une fois dedans on ne regrette pas !

Descriptif de la voie :

  • Repérer sur la droite un pilier évident où se trouvent les premiers spits ou broches.
  • Remonter ce pilier (L1) sur 35 mètres, 5c puis 5b, (12 points), relais (R1) sur chaîne à droite de l’arche.
  • L2, 25 mètres, traverser l’arche, remonter sur l’autre versant un dièdre couché 4c (2 points), traverser à droite 5a pour revenir au-dessus de R1 (2 points), puis remonter droit au-dessus un mur raide 5a (3 points), relais (R2) sur chaîne.
  • L3, 20 mètres, remonter droit vers l’arête sommitale un mur raide 4c (2 points) mais en mauvais rocher, puis remonter l’arête sommitale couchée 4b (3 points) en rocher délité jusqu’au sommet. Relais R3 sur chaîne.
  • Descente en versant nord par un rappel de 35/40 mètres depuis R3.
    Au pied du rappel des sentes raides, à droite ou à gauche, ramènent au pied de la voie et au parking.

Denivelée : 70m d’escalade en verticale, approche 50m.

Difficulté : AD sup

Carte IGN 3535ET (mais ne cherchez pas, "il" n’est pas dessus !

Matériel :

  • Rappel 80m mini.
  • 13 dégaines.
  • Deux sangles.
  • Coinceurs inutiles.

Et une grosse envie de sieste haut perchée !

Récit de l’ascension, juin 2005, mais aussi, septembre 2004, et juin 2006, et puis août 2007, et je crois que c’est tout !

Le Microlithe ce n’est pas une « course » au sens où l’entend l’alpiniste, ce n’est pas non plus une école d’escalade.
Cette petite aiguille de cargneule, roche ocre jaune, est l’occasion d’une agréable escalade de plusieurs longueurs, sur un rocher déroutant mais finalement pas désagréable, au soleil, dans un cadre extraordinaire au pied de la Dent Parrachée, au milieu d’une vaste et superbe forêt d’épicéas et d’arolles.

Cette aiguille est le pendant, en plus petit et moins élégant, du célèbre Monolithe de Sardières.

Mais son escalade est bien moins difficile et soutenue que celle de son ombrageux voisin, et beaucoup moins connue, discrète mais cependant élégante.

Du parking du Monolithe, tout tourne autour de cette superbe sculpture naturelle, aiguille fine et géante. Qui pourrait se douter que derrière le rideau épais d’épicéas, à cinq minutes de là, le petit frère du Monolithe dresse sa face sud de 70 mètres de cargneule ocre jaune dans le ciel.

Mais cette discrète aiguille reste invisible, et ce n’est qu’à son pied que l’on découvre sa voie d’escalade, évidente, car on n’imagine pas que l’on puisse grimper ailleurs !

Après quelque minutes d’une raide montée sur une sente qui serpente entre de grands épicéas, nous butons sur la facette sud de l’aiguille du Microlithe, juste au niveau d’une immense grotte.
La voie d’escalade se situe quelques mètres à gauche. Le départ est évident, il faut trouver le premier spit qui brille sous le soleil. Une toute petite plate-forme permet de s’équiper.

L’attaque de la première longueur est raide, d’entrée de jeu un bon 5.
Le rocher est sain malgré son apparence qui fait douter à chaque instant.

Les premiers mètres grimpés, je viens buter contre un petit surplomb qu’il faut contourner par la droite par une traversée fine mais bien protégée. Le passage est esthétique et élégant, fin…

J’ai toujours trouvé que ce passage est le plus beau de cette escalade, non pas parce que le plus difficile, mais parce que la gestuelle qu’il impose est logique, ne demandant pas d’efforts athlétiques, c’est un passage en finesse.

La suite reste soutenue sur le fil arrondi d’une sorte d’éperon très raide, mais pourvu de bon grattons, solides et adhérents, qui permettent de s’élever élégamment (long passage en 5c).

Cette escalade se fait en finesse sur les pieds.
Au fur et à mesure que l’on s’élève, nous dépassons les grands arbres sombres et le spectacle du paysage grandiose s’ajoute au plaisir de l’escalade en plein soleil.

Les martinets frôlent le rocher à des vitesses folles dans des vrombissements sourds, les corneilles et corbeaux volent tranquillement de perchoir en perchoir, la brise souffle dans les épicéas et courbe leurs têtes souples. Le paysage est presque bucolique malgré les grands sommets qui nous entourent.

La fin de cette longueur est moins agréable, le rocher devient plus délité, la difficulté diminue jusqu’à venir buter au pied d’une très belle arche naturelle.

Le relais sur chaîne est parfaitement installé sur une vire dans une conque à côté de cette arche.

Mais pour l’atteindre il faut effectuer une traversée de quelques mètres dans un terrain meuble et instable.
J’éprouve toujours une grande méfiance de ce type de terrain pourtant facile.

Bien installé sur cette confortable terrasse, magnifique perchoir au-dessus de la forêt, je fais partir Fred.
Pendant toute son escalade je profite de la douceur du soleil et du vent pour dévorer des yeux les montagnes alentour. Le vallon de Bramanette est superbe vu depuis ce relais.
Je peux l’observer de face, tout en profondeur avec sur sa rive droite les hautes pointes de Bramanette et leurs raides couloirs de neiges.

Fred arrive et vient se « vacher » au confortable relais.

Manœuvre de corde, et en route pour la longueur suivante. Il faut traverser l’arche et grimper une sorte de dièdre couché sur l’autre versant. Le passage est esthétiquement beau, bien protégé. On vient alors buter contre un mur raide, voire surplombant.
Il faut alors traverser à droite par un pas délicat qui ramène exactement au dessus de R1, dans un mur raide suivi d’un dièdre que je trouve malcommode pour rejoindre R2.

L’ensemble se situe entre le 4c et 5b. L’escalade est moins fine que lors de la première longueur mais les passages sont variés et toujours aussi plaisants.

Par contre les tours et les détours font qu’il y a pas mal de tirage dans la corde.
De R2 la vue est moins rayonnante car nous sommes juste sous le pilier du sommet qui masque le panorama.

De nouveau je fais monter Fred qui arrive en courant ! Au relais la place manque et le confort est relatif. Je ne m’attarde pas et attaque la troisième longueur.

Traversée d’une fissure herbeuse, un mur raide et voici l’arête sommitale que je remonte sur 20 mètres jusqu’au sommet. Le rocher dit « de qualité moyenne » est franchement délité et, malgré les points réguliers, je ne suis pas très à l’aise dans ce 4c.

Une énorme chaîne entoure le piton sommital pour un confortable relais. Je découvre le célèbre grand frère, le Monolithe dans toute sa splendeur, dominant la sombre forêt de Sardières avec en toile de fond le Grand Roc Noir et la Haute Maurienne.

Le paysage est superbe, Fred dès son arrivée mitraille en tous sens pendant que je commence une douce sieste au soleil. Le souffle du vent dans les grands arbres me berce. Mais de lourds nuages masquent le soleil et il fait alors frais. Il faut s’extirper de la sieste, Fred place le rappel sur les chaînes, et je descends en premier.

Le rappel est vertical et assez long (35 à 40 mètres).
Il s’effectue sur l’autre versant, plein nord et très rapidement on plonge à nouveau dans la forêt jusqu’à une confortable selle entre mélèzes et épicéas.

C’est l’endroit idéal pour faire des photos de Fred qui descend à son tour.

Rapidement nous retrouvons le pied de la voie et le parking.

Ce Microlithe, nous l’avons découvert un peu par hasard, mais nous y sommes revenus souvent, à chaque fois pour des motifs différents, mais toujours par plaisir. C’est notre terrain de jeu favori pour ce que nous appelons la photo-escalade…

En tous cas c’est toujours pour nous l’occasion d’un grand moment de bonheur dans un cadre somptueux.

Dernière modification : 16 mai 2018
Les Monolithes de "l’École Buissonnière" (1550m)

La carte du topo « Le Microlithe (1750m) »

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Photos « Le Microlithe (1750m) »

Facette sud vue d'une des rares trouées de la forêt dense de Sardières. Dans le grand dièdre de 35m en 5b. Le Monolithe vu de R1 dans la grande conque. Fred arrive à R1. Le Petit Mont Cenis et le Mont Froid, vus de R1. Départ de L2, traversée de l'arche. Dans le dièdre de L2, photo prise du relais 1 que l'on contourne par la traversée de l'arche. La photo classique du Monolithe vu du sommet du Microlithe, sur fond de Haute Maurienne. Fred au départ du rappel en versant nord. Fred dans le rappel.