Mont Tour ou Punta Marmottere (3385m) en traversée du Passo delle Marmottere au col de Novalèse

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1750m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Situé sur la même ligne de crête que Rochemelon et la pointe du Lamet plus connus, le mont Tour est peu fréquenté, d'autant qu'il est défendu par de grandes pentes d'éboulis dans un immense versant sud qui plonge de près de 2900 mètres jusqu’à la ville de Susa. On peut le gravir en effectuant une intéressante traversée en surplombant le haut du vallon du Ribon, un sauvage univers de neiges, de glaces et de roches, sublime dans son isolement. La course est très longue et l'option VTT pour l'approche est plus qu’intéressante pour effectuer l'ascension sur une journée. Sinon, on peut passer une nuit dans le magnifique refuge Stellina.

Accès

Vallée de la Maurienne, Modane, Termignon, Lanslebourg. A Lanslebourg, prendre la route du Col du Mont Cenis. Dépasser le col et le lac. La route redescend sur l’Italie, elle effectue 2 lacets, puis une courbe à droite. Vers le milieu de la courbe, une piste part à gauche vers le parking des Carrières du Paradis.

Précisions sur la difficulté

  • Itinéraire pour montagnards
  • Longueur
  • Importante dénivelée
  • Pentes d’éboulis raides
  • Choisir une journée sans risques d’orages
  • Orientation en cas de Nebbia car il faut impérativement trouver le passage qui mène à la traversée sous la crête pour atteindre le col de Novalèse
  • Possibilité de parcourir les 12 km aller-retour jusqu’à l’Alpe Tour à VTT
  • En partant très tôt (ce qu’il faut faire vu la longueur de la course et les risques de montée de Nebbia), on monte à l’ombre jusqu’à la crête
  • Un troupeau de mouton, avec patous peut se trouver dans un enclos coupant le sentier

Les infos essentielles

  • Carte : IGN TOP25 3634 OT
  • Départ : 1950m
  • Alpe Tour : 2126m
  • Distance : 22km environ
  • Distance d’approche par la piste : 6km (+ 6km au retour)

Matériel

  • Bâtons de marche indispensables

Itinéraire

Toponymie

  • La carte IGN ne cote ni ne nomme le Passo delle Marmoterre dont je n’ai pas trouvé de nom français
  • Il est possible que seul le nom italien soit resté car ce col, qui ne permet pas de passer dans la vallée du Ribon, était semble-t-il en territoire italien jusqu’au Traité de Paris de 1947
  • Le village italien de Novalesa s’écrit Novalaise en français
    • L’IGN utilise la graphie Novalèse pour le col et la pointe

Logistique

Plusieurs solutions

  • Course à la journée, prévoir de partir très tôt, (3h00 en début de saison ou 4h00 à partir d’août) et de rentrer tard
  • Utilisation de VTT qui raccourcit considérablement la durée de l’approche et permet un départ moins matinal
  • Possibilité d’effectuer l’ascension sur deux jours en passant la nuit au refuge Stellina

Balisage

  • Du parking au refuge (où l’on ne passe pas), balisage blanc/rouge et pictogrammes grossiers représentant une cabane et peints en blanc
  • De la bifurcation avant le refuge au sommet, balisage traits rouges et traits jaunes, souvent absent dans le haut du versant, sans doute en raison du fluage des éboulis et des blocs
  • Du sommet au col de Novalèse, traits jaunes
  • Du Col de Novalèse au parking, balisage blanc/rouge

Du parking au sommet

Du parking des Carrières du Paradis, prendre au sud-ouest, la piste de 6 Km jusqu’aux chalets de l’Alpe Tour.

Un peu avant les chalets, on rencontre une bifurcation de 2 itinéraires menant au refuge. Prendre celui de gauche car on ne passe pas par le refuge.

  • Avant la bifurcation, de gros blocs rocheux permettent de laisser les VTT à l’abri des tentations

Juste avant les chalets, repérer à gauche un gros rocher avec les marques de balisage et l’inscription RIF STELLINA. L’itinéraire traverse des pâturages et le sentier n’est pas bien visible, mais les marques à la peinture sont abondantes.

Un peu au-dessus du plateau, on trouve un sentier bien marqué. Après un passage en crête, on atteint de nouveau un plateau herbeux où la sente disparaît.

On traverse un ravin et on passe sur une crête à la cote 2384m. Le refuge est visible le l’autre côté du vallon.

Entamer la traversée et passer sous une crête rocheuse. On arrive à une bifurcation sous une pente herbeuse à gauche, cairns, trait jaune ancien, flèche rouge, inscription rouge sur un rocher : P. SO M. RE (Passo delle Marmottere).

On ne passe donc pas par le refuge.

Prendre le très bon sentier à gauche, herbeux car peu fréquenté qui remonte en lacets pour atteindre une crête.

Descendre d’une vingtaine de mètres derrière la crête et remonter le long d’un escarpement rocheux en suivant le balisage jaune et le balisage rouge.

Le cheminement devient de plus en plus raide, les marques de peinture rouge s’interrompent et le balisage jaune devient de plus en plus espacé.

On perd beaucoup de temps à repérer le balisage car si on s’en éloigne, les éboulis deviennent plus glissants.

Le sommet devient visible, semble proche, mais ne l’est pas.
Quand on arrive à une vingtaine de mètres sous la crête, laisser le balisage partir à droite dans des pentes d’éboulis raides et glissants et et traverser facilement à gauche vers le Passo delle Marmottere qui offre une belle vue sur la vallée du Ribon prise en enfilade.

Du passo, prendre une vire à droite, sud, versant Ribon.

Par des vires et des pentes peu inclinées de pierrailles, en restant le plus possible sous la ligne de crête, gagner facilement le sommet nord, borne, cairn puis le sommet sud, cairn.

Le sommet nord semble être, de peu, le point culminant.

Grandiose panorama, Vanoise, Mont Blanc, Haute-Maurienne, Ecrins, Rochemelon et le sauvage plateau du glacier de Rochemelon.

Du sommet au Col de Novalèse

Continuer la très large et très facile crête vers le sud.

On descend en pente douce jusque vers 3300 mètres d’altitude en passant au-dessus d’un petit lac lequel, avec 3306 mètres d’altitude, dépasse de loin le lac de Mongioia, ancien plus haut lac des Alpes.

On atteint un gros cairn, descendre vers un plateau inférieur.

Ce plateau se prolonge à l’ouest et semble tentant comme itinéraire de descente, ce qui n’est pas le cas.

Continuer au sud en direction de la première pointe rocheuse de l’arête qui nécessite de contourner par la droite, en remontant un peu, de petits escarpements.

  • Ce passage n’est sans doute pas évident à trouver par temps de brouillard. Il est balisé par des traits jaunes.

Se diriger vers la base de la pointe en traversant des pentes d’éboulis raides.

Traverser à la base même des rochers de la pointe pour atteindre, sans remonter, la ligne de crête, une fois cette pointe dépassée.

Cheminer sur la crête jusqu’au col de Novalèse où sont plantés le deux pieux d’arrimage du câble de descente.

Le col de Novalèse se situe immédiatement au nord de deux gendarmes jumeaux caractéristiques.

Du Col de Novalèse au parking

Descendre le couloir sur quelques mètres et prendre une sente à gauche qui évite la partie supérieure du "physique" couloir.

Revenir dans la partie inférieure du couloir câblé et atteindre une sente.

Descendre en traversée la raide pente d’éboulis, bien stabilisés, en direction du magnifique refuge Stellina.

Un peu avant d’arriver au refuge, à un embranchement, prendre à droite, panneau direction Passo Marmottere.

On traverse un large ravin et, avant la fin de la traversée, on retrouve peu après l’itinéraire de montée et par lui gagner l’Alpe Tour et la longue piste d’alpage.

Ceux qui auront laissé un VTT à proximité de la ferme comprendront leur bonheur malgré les "remontées" dont seule celle (courte) précédant les chalets du Lamet est raide et pénible après une longue journée de montagne.

Sortie du 03 août 2015

Départ des carrières du Paradis à 5h00. Je range la frontale, la Lune répand une pale mais suffisante lumière.

Le plip de ma voiture fait un bruit sec dans l’air rare et froid qui précède l’aube en altitude. Je monte sur le VTT et c’est parti pour une longue ascension.

Quand la piste devient plus raide, je descends du VTT et pousse. Inutile de se "mettre dans le rouge" au passage des Pierres Blanches. Ensuite, ce n’est presque que de la descente jusqu’aux chalets endormis de l’Alpe Tour où j’arrive vers 6h00 dans la grisaille de l’aube. Je laisse le VTT derrière un gros bloc rocheux et commence la véritable ascension.

Dans mon dos, le Soleil illumine le massif d’Ambin et le mont Guisalet d’une belle lumière dorée qui m’est refusée.

Plus haut, après un petit passage de crête, sur le plateau d’alpage, un troupeau de moutons est enclos pour la nuit. Le sentier passe au milieu et il me faut donc le contourner.

Soudain, un patou se présente devant moi. Prudemment, je m’arrête. Il tente de japper mais il ne produit qu’un bruit ressemblant à un bâillement. La bête se déplace avec peine. Il est sans doute vieux ou malade.
Je fais un détour symbolique et la pauvre bête tente sans succès de m’intercepter.

Elle a tout de même réveillé ses congénères qui, au nombre de trois semble-t-il, sont enfermés dans l’enclos et se mettent à japper.
Leur concert va m’accompagner pendant plus d’une demi-heure.

Le sentier de montée au refuge Stellina est agréable, il fait frais et inutile de se presser, le Soleil ne viendra pas me faire transpirer avant que je n’atteigne la ligne de crête.

On ne passe pas par le refuge, la bifurcation se situe environ 600 mètres avant de l’atteindre.

Un bon sentier monte sur une crête qu’il faut traverser pour basculer dans le vallon sous les Trois Dents.
Une montée directe dans ce vallon était possible mais, hors sentier, je n’aurais sans doute pas été plus vite. Cette option peut être intéressante pour une descente par l’itinéraire d’ascension.

Une sente est balisée dans les éboulis. Un balisage ancien que je perd fréquemment. Et dès que je le perd, la pente devient glissante.
Quand j’ai atteint une marque de balisage, je m’arrête pour tenter de repérer la suivante, ou un cairn. Je perds beaucoup de temps.
Les cairns sont rares et les marques de balisage très espacées. Anciennes, je pense que certaines ont été emportées par les avalanches hivernales.
Les passages qui longent un escarpement rocheux bénéficient d’un balisage rapproché.

Je dépasse les 3000 et arrive sous une crête au pied de laquelle se trouve un névé résiduel. Je vois le sommet. Plus je marche et moins il semble se rapprocher. Il est encore loin.
Ce vallon orienté au sud-ouest, et donc dans l’ombre, est vraiment austère. Pas un animal, de très rares touffes de fleurettes naines, un univers inhospitalier.

Enfin, je suis à quelques mètres de la crête. Le balisage dirige vers un éboulis raide qui atteint le plateau sommital juste sous le sommet.

Je délaisse le balisage et me dirige vers le Passo delle Marmottere qui est ensoleillé et c’est comme une renaissance.
Le "passo" prend la vallée du Ribon en enfilade. La longue et interminable vallée du Ribon.
J’ai un projet d’ascension dans ce vallon. Je crois, j’en suis même certain, que je vais mettre le VTT à contribution...

Du "passo", je prends une petite vire en versant Ribon et arrive facilement au sommet à 10h20. Sommet désert, bien entendu. Le panorama est somptueux. Tout le haut vallon du Ribon est désert. Personne sur le glacier. Seul le sommet de Rochemelon me révèle quelques silhouettes humaines.

Vers 11h00, je commence la descente, les brumes commencent à se former dans la vallée. Le risque qu’elles montent suffisamment vite pour me gêner dans la recherche du col de Novalèse est faible, mais je ne prends pas de risques.

Le sommet est un plateau qui descend en pente douce vers le sud. Je passe vers un petit lac à 3306 mètres d’altitude et qui doit être l’un des plus hauts des Alpes. Un lac récent, apparu suite au retrait glaciaire, en partie pris dans un névé et qui à les couleurs du ciel.
En année "normale" ce lac ne dégèle peut-être que quelques jours en fin d’été.

Sur le plateau inférieur, près d’un gros cairn où je vais passer, un chamois détale. Un promeneur sans doute. Il n’y a rien à manger dans ce haut vallon, magnifique mais désolé. J’avais déjà rencontré un chamois, posté sur un piton rocheux, et qui observait le lever du Soleil et qui s’en était allé une fois l’astre du jour au-dessus de l’horizon. Cette fois, c’est un promeneur.

Seules quelques rares touffes de fleurettes sèches apparaissent vers le sommet. Ailleurs, c’est trop récemment déglacé.

Après le gros cairn, je cherche un peu le balisage. Je finis par le trouver. Le passage se fait au ras de la première pointe rocheuse et permet d’arriver au col de Novalèse que j’ai déjà franchi lors de l’ascension du Rochemelon. La pente m’impressionnera moins.

Descente sans problème alors que la brume monte de plus en plus. Descente tranquille. Je ne fais pas le petit par le refuge, j’ai encore de l’eau et la brume occulte la belle vue plongeante sur la vallée offerte par la terrasse du refuge.

Je retrouve l’itinéraire de montée. Les moutons sont partis. Le vieux patou est toujours là. Toujours aussi fatigué, toujours aussi atone.

A 14h40 je suis de retour à l’Alpe Tour. Je retrouve mon VTT. Je fais une petite pause. J’appréhende un peu les différentes remontées de la piste.
Bonne surprise, seule celle avant les chalets du Lamet présente une raideur qui emballe un peu le rythme cardiaque.
La longue pente après les chalets se révèle peu raide alors qu’elle semblait impressionnante vue de loin.

Après les Pierres Blanches, ce n’est que de la descente. La piste n’est pas très bonne et je ne peux pas aller très vite, surtout sans casque.

40 minutes après avoir quitté l’Alpe Tour, j’arrive au parking.
En 2011, de retour du Rochemelon, à pied, j’avais mis 2 heures...vive le VTT !

Dernière modification : 16 mai 2018
Pointe du Lamet (3504m)

La carte du topo « Mont Tour ou Punta Marmottere (3385m) en traversée du Passo delle Marmottere au col de Novalèse »

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