Le Grand Paradis (4061m) par le refuge Victor Emmanuel Sortie du 16 août 2016

Sortie réalisée le 16 août 2016.

ACCÈS et ITINÉRAIRE : Consulter le topo

Le "4000" sur lequel je lorgne depuis que je crapahute en Savoie, mon deuxième...

Conditions météo

Temps clair et frais lors de l’ascension, pas de vent, puis, pluie fine en début d’après - midi lors de la descente vers le parking de Pont, le deuxième jour.

Récit de la sortie

PREAMBULE

Le Grand Paradis, un nom de sommet qui fait déjà rêver, et l’atteindre était pour moi, un peu inespéré cette année après quelques désistements qui avait fait capoter mon projet, mais la rencontre salutaire du sympathique et détonnant duo "Technif" (Fred et Rafa) d’altituderando a changé la "donne".

De chez moi, la route est longue pour aller chercher ce sommet mythique, et un passage par la Haute Maurienne pour une ascension d’acclimatation bien "pêchue" était le bienvenue.

Cette étape m’a permis de retrouver les "altituderandonneurs" Alain et Technif pour ce qui restera déjà, un immense souvenir lors de l’ascension commune du sommet de Croix Rousse (3571m), Croce Rossa en Italien (topo de Alain à suivre).

La suite : la route de Bessans (73) vers Pont (Italie), le lendemain, où j’en ai pris plein la vue, avec les sublimes panoramas que nous ont offerts nos passages aux cols de l’ Iseran et du Petit St Bernard.

PREMIER JOUR

Accompagné du duo Technif, nous débarquons à Pont, au bout de la vallée de Valsavarenche, pour un premier jour de randonnée facile jusqu’au refuge Victor Emmanuel II.

1h45 de montée sur un sentier qualifié d’"autoroute" que nous avons rendu assez physique par une montée bien rythmée.

Le refuge est agréable et la vue sur le Ciarforon et le Bec de Montchair est sublime.

Petite déception tout de même, et contrairement au refuge des Ecrins que j’ai découvert l’année dernière, le sommet du Grand Paradis n’est pas visible depuis le refuge, dommage !

Encore beaucoup de monde ici, mais en ce 15 août 2016 (fin du gros week-end de trois jours), beaucoup de rando-alpinistes effectuaient la descente vers le parking de Pont lors de notre ascension.

DEUXIEME JOUR

Réveil à 3h30 du matin, pour un départ une heure plus tard, petit déjeuner pris, la montée dans l’obscurité des éboulis au-dessus du refuge, est d’entrée, chaotique.

Effectivement, et sûrement comme beaucoup d’alpinistes avant nous, nous avons raté la sente située plus sur notre gauche, et avons donc emprunté une montée, certes cairnée par endroits, mais extrêmement pentue dans de gros blocs de pierre instables, et tout ça bien sûr à la frontale.

On entame donc, cette ascension par une "bavante", et nous ne mettons pas longtemps pour "mouiller le maillot".

On entame la langue du glacier après avoir récupéré un nombre importants de cordées et de loupiotes encore allumées, que nous avons rejoint au sommet de la bute rocheuse.

Celle qui, par plein jour, cache le sommet du Grand Paradis quand on se trouve au refuge Emmanuel II.

Le début d’ascension de cette première partie du glacier est bien pentue et il ne s’agit là, que de glace bien dure.

Nos crampons sont mis à rude épreuve et mon piolet est de sortie.

Le jour se lève et petit à petit, un panorama incroyable se dévoile dans un ciel complètement dégagé et coloré par de sublimes nuances de bleu et de rose.

Le Mont Blanc, maître des lieux domine tout, et les plus grands sommets des Alpes de l’ouest se dévoilent au fur et à mesure de notre ascension : Tresenta et Ciarforon au premier plan, sommets de Haute Maurienne, Vanoise et Haute Tarentaise jusqu’à la Grivola située à l’extrême est de mon champs de vision, c’est magique !

La montée sur le glacier se poursuit, et passe par une sente glaciaire extrêmement bien marquée par toutes les précédentes ascensions d’alpinistes issus de toute l’Europe, et même d’ailleurs...

Quand la partie sommitale rocheuse apparaît, beaucoup de monde déjà s’y trouve, je me dis que ça ne va pas être simple pour s’immortaliser par une photo à côté de la vierge.

Le passage de la rimaye bien négocié, le petit collet sous la partie rocheuse est vite atteint.

Là, beaucoup de matériel a été laissé par les alpinistes, afin de se délester du maximum du poids qui pourrait les encombrer pour l’escalade du bastion rocheux, celui de la vierge.

Nous sommes conscients que ce n’est pas le vrai sommet, le point culminant se situant à quelques encablures mais nécessitant une autre approche.

Alain m’avait bien briefé, mais celui de la vierge est symbolique, et avec Rafa et Fred, nous avions fait notre choix avant le début de notre ascension.

Par l’escalade facile de plusieurs blocs rocheux, la dalle sous le sommet de la vierge est vite atteinte, malgré une affluence certaine.

Ensuite, c’est le passage délicat sous le sommet qu’il faut négocier avec une extrême prudence, car la vire est étroite et le faux pas interdit.

Les guides encordent systématiquement leurs apprentis alpinistes et ceci prend du temps.

Notre tour venu, la dextérité ainsi que l’ habitude du rocher acquises au cours de plusieurs années d’ascensions de ce type, nous permet d’assurer le passage de cette vire sans soucis, sans encordement et sans grosse frayeur.

Et mes compagnons d’ascension n’y voient que du feu, car à l’aise comme des poissons dans l’eau !!! ce qui n’est pas tout à fait mon cas...

C’est ensuite l’arrivée au sommet accompagné de la joie des vainqueurs, des photos à côté de cette vierge tant convoitée et du panorama mythique de ce sommet du Grand Paradis.

Bilan final : notre plus haut sommet atteint pour tous les trois, mon deuxième "4000", le premier pour mes compagnons de cordée, mais extrêmement heureux d’avoir partagé ça avec eux.

Dernière modification : 17 août 2016