Glacier et lac de Rhêmes-Golette (2924m) par le lac du Saut Sortie du 25 août 2016

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

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Petite virée de fin de journée sur le front du glacier de Rhêmes-Golette pour un aperçu de son état général en cette période de forte chaleur.

Conditions météo

Plein soleil avec quelques cumulus de beau temps. Température de 11,5°C sur le front du glacier à 18h15.

Récit de la sortie

Pendant ces journées de canicule en France, les hautes vallées alpines n’échappent pas aux températures supérieures à la moyenne.

Comme tous ses congénères, le glacier de Rhêmes-Golette traverse une rude période. Je décide alors de me rendre sur le front de ce glacier, l’un des plus accessibles en Haute Tarentaise, pour observer son état général et voir son évolution depuis un précédent passage daté du 10 septembre 2015.

Avant même d’atteindre le front du glacier, le ruisseau de la Sassière présente un débit anormalement élevé pour une fin de mois d’août. Cependant, aucune difficulté pour le franchir, celui-ci s’éparpille en glissant sur les dalles à l’aval du verrou.

La limite aval du glacier semble quasi identique à celle de l’année dernière, c’est plutôt bon signe. Je monte sur les moraines qui recouvrent le verrou, afin d’avoir une vue d’ensemble.

Pourtant, des signes inquiétants ne trompent pas : la bande d’éboulis située 350 mètres en amont du lac (rive gauche) s’étend davantage. Par ailleurs, l’énorme bloc qui gît aujourd’hui dans le lac, reposait encore sur la glace l’été dernier.

L’impression qui se dégage de visu est un très léger amincissement du glacier sur 1 an. Heureusement que l’hiver 2016 fut particulièrement neigeux, limitant ainsi les dégâts.

Quelques mots sur le lac : il est constitué de 3 bassins distincts qui communiquent entre eux et s’échelonnent jusqu’au déversoir. Le tour complet du lac est possible mais pas simple du tout : raides moraines instables, névés pentus, zones englacées, les crampons sont indispensables.

Je me contente de naviguer sur les moraines qui séparent les différents bassins, en observant une multitude de stries et polis glaciaires sur les dalles du verrou et sur de gros blocs transportés puis déposés par le glacier.

Entre les 2 bassins situés en amont, je me trouve face à la petite moraine médiane formée par la confluence des 2 branches du glacier de Rhêmes-Golette : celle venant du Col de Rhêmes (nord), l’autre du Col de la Tsanteleina (sud).

Cette moraine n’est plus active, perdant presque tout contact avec le glacier (surtout la branche sud), mais elle est encore largement englacée. Lors de ma présence, des rochers, cailloux, morceaux de glace s’en détachent toutes les 30 secondes environ et tombent dans le lac ! Comme si cet inéluctable processus se déroulait en vitesse accélérée sous mes yeux.

Enfin, je me dirige sur le front de la rive droite du glacier. Gadoue, beaucoup de gadoue, mais ça vaut le coup. Et que d’eau ! Face à une bédière, le torrent sous-glaciaire jaillissant des entrailles du glacier s’écoule à mes pieds, tandis que le rebord du glacier ruisselle comme une toiture en plein orage. Toute proportion gardée évidemment, il s’agit là d’un "petit" glacier.

Comme à leur habitude, les chamois sont présents lors de la descente du vallon. À distance, j’en observe 2 hardes, une vingtaine d’individus au total. Puis une belle luminosité de fin de journée m’accompagne au bord du lac de la Sassière.

Après le barrage, l’alpage de la Sassière passe rapidement dans l’ombre, je me retourne fréquemment pour voir la Tsanteleina rougeoyer sous les derniers rayons du soleil.

Dernière modification : 20 octobre 2017