La Grande Casse (3855m), voie normale des Grands couloirs Sortie du 22 juin 2017

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

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J'en rêvais, on l'a fait ! j'en ai pleuré !

Conditions météo

Beau temps, température clémente, bonne neige et couloir en condition.
Petit passage en glace sur 10 mètres bien négocié.

Récit de la sortie

J’avais dit que j’y reviendrai chaque année.

Où ça ? ben en Savoie, et plus précisément en Vanoise / Haute Maurienne, endroit magique pour tout rando-alpiniste français.

Cette année, j’ai décidé de placer mon séjour au mois de juin.

L’objectif principal de ce séjour étant la Grande Casse, et son ascension, paraît-il, est conseillée en début de saison, quand la glace n’est pas encore trop présente sur le parcours.

Mais, nous ne comptions pas, mes compagnons et moi, nous contenter du point culminant du secteur.

D’autres objectifs secondaires ont été fixés comme la Pointe de Ronce ou celle de Charbonnel, et l’enneigement habituel d’un mois de juin dans les hautes montagnes de Savoie me laissait perplexe.

Nous allons cramponner tous les jours, et risquons de beaucoup brasser !

Mais, coup de bol !!! une canicule salutaire (pour notre séjour) s’est abattu sur la France, et la neige à fondu à vitesse "Grand V".

Mais revenons à notre objectif principal, cette mythique Grande Casse qui parait infranchissable et impressionne par sa prestance et surtout sa hauteur.

Premier jour

Départ du parking de Bellecombe, atteint par la jolie route de Termignon en Haute Maurienne, étant donné que notre "camps de base" avait été positionné à Bessans.

Pas d’autre choix que de partir par là, sinon, c’est 2h30 de route pour rejoindre Pralognan en Tarentaise.

Mais quelle majestueuse marche d’approche !

Le Plan du Lac et son refuge, la magnifique descente vers le Plan des Eaux, avec, encore un refuge.

Puis c’est cette rude montée vers le plateau du Ruisseau de la Vanoise où des bouquetins pas farouches nous ont accueilli presque à bras ouverts !

La vue sur le sublime Vallon de la Leisse qui passe sous la Grande Casse et sa voisine la Grande Motte, et la traversée d’un gigantesque et original champs de cairns nous ont ébahi.

Dans notre rétroviseur, la Pointe de Pierre Brune qui de profil, nous a étrangement fait penser à celle de Moïse, dans nos Alpes du Sud.

Le G.R55 nous emmène vers le Refuge du Col de la Vanoise en longeant son lac éponyme ainsi que le Lac Long.

Peu avant de rejoindre notre futur lieu de repos, la montée glaciaire des Grands Couloirs apparaît, et la perspective de cette impressionnante ascension installe déjà un doute dans ma tête.

Arrivés au refuge, l’envie me prit de repartir immédiatement !

Effectivement, la photo de couverture d’une carte de randonnée au 50000 ème de la Vanoise, en place dans ma bibliothèque depuis quelques années, me hantait par sa beauté.

D’autres images captées sur internet m’avait également sidéré par la beauté de cet endroit.

Il s’agissait du Lac des Vaches et des ses mythiques dalles qui le traverse avec en toile de fond, la vue sur les Grands Couloirs de la Grande Casse.

Alors, nous nous y sommes rendu en une petite demi-heure, appareil photos chargés à bloc, et nous avons immortalisé l’instant, avons parcouru ces dalles et avons profité pleinement de ce spectacle grandiose avant un bon repas et une nuit tourmentée au refuge.

Deuxième jour

Départ 4h15 du matin à la "frontale", après un petit déjeuner que la crainte et l’angoisse ne m’ont pas permis de finir.

J’ai encore passé une très mauvaise nuit en refuge.

Extrêmement stressé par cette rude ascension qui nous attendais, je n’ai pratiquement pas pu sortir un mot lors des premières montées vers les Grands Couloirs.

La montagne fait peur, ou, ME fait peur, je n’en sais rien, mais lors d’une ascension comme celle-ci, engagée et ... glaciaire, je suis souvent dans cet état.

Besoin que mon corps chauffe au fil de la montée, pour un peu me libérer et retrouver un esprit positif, offensif et conquérant.

L’arrivée rapide des premières lueurs du jour facilite ceci.

Passé les moraines du glacier, nous formons deux cordées de trois, et l’ascension glaciaire débute vraiment.

Le cheminement est logique et la montée se faisant de plus en plus pentue me transcende.

Puis on attaque la grosse pente.

De bonnes traces sont encore bien présentes et nous facilitent la montée.

Le Col des Grands Couloirs se fait désirer et demande de gros efforts, mais la récompense est de taille lorsque qu’il est enfin atteint.

Un grand soleil nous accueille avec une luminosité sans pareil et la Pointe Mathews se dévoile généreusement.

Mes compagnons de cordée et moi nous accordons un bonne pause ensoleillée, puis repartons à l’assaut de la reine de Savoie.

Les derniers 150 mètres de dénivelé sont difficiles.

L’altitude, à n’en pas douter !

Nos jambes fonctionnent un peu au ralenti, mais sont toujours là, et l’arête enneigée rétrécit au fur et à mesure de notre progression vers le sommet tant désiré.

La configuration des deux cordées m’a amené à faire partie de celle qui a mené la "course" en tête, et ayant été placé premier de cordée... et bien, c’est moi qui ai l’honneur de poser le pied le premier sur le sommet de la Grande Casse et de toucher son modeste, mais si symbolique cairn.

3855mètres d’altitude, le sommet de la Savoie, le sommet du Parc National de la Vanoise, j’y suis !!!

Je ne réalise pas encore, mais mes coéquipiers d’ascension sont là pour me le répéter "ON Y EST !!!! ON L’A FAIT !!!"

J’en pleure de joie, c’est magique, le panorama est grandiose, le Mont Blanc, les Grandes Jorasses, le Mont Pourri, la Grande Sassière, la Barre des Ecrins, la Meije, les Aiguilles d’Arves, la Pointe de Charbonnel, le Grand Paradis, tout y est !

Quelle impression de domination et de majestuosité !

Certes, ce n’est pas encore le Mont Blanc, mais c’est peu-être une étape supplémentaire vers le Roi des Alpes, qui sait ?

"S’encorder, c’est partager les mêmes émotions."

Dernière modification : 7 juillet 2017