Tour de la réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors par Archiane

Difficulté
Moyenne
Dénivelé
2400m
Durée
2 jours
Voir le tracé de l'itinéraire

Avertissements et Droits d'auteur

Parcours en deux jours de ces Hauts-Plateaux, sauvages et grandioses, qui vaut la peine pour la faune, la flore, les falaises, etc. On ne se lasserait pas de les parcourir dans n'importe quel sens...

Accès

Archiane :

  • De Grenoble, autoroute du Trièves, puis direction Col de Menée qu’on traverse jusqu’à Menée, où on tourne à droite pour le cirque d’Archiane.

Itinéraire

  • Carte : IGN Top25 3237OT - Glandasse, Col de la Croix-Haute, PNR du Vercors
  • Géoportail : cliquez ici
  • Distance : environ 30km
  • Dénivelé : environ 2400m
  • Bivouac  : un peu où vous voulez. Vue au réveil depuis Montagnette, ou Croix du Lautaret, enchanteresse. Tête Chevalière et ses pelouses suspendues... Embarras du choix. Des cabanes sur le parcours, également...
  • Sources d’eau : rares dans le Vercors... se reporter à refuges.info où les sources sont recensées avec des infos sur leurs débits. Les 17-18 mai 2015 : source Marichaume à sec, fontaine Colombette 1L/30sec, source de Chevalière 1L/10sec, fontaine des Bachassons 1L/30sec
  • Topo : indicatif... l’un des plaisirs de cette rando étant de construire sur place son itinéraire
  • Difficultés :
  • prudence dans la combe de l’Aubaise : risque de chutes de pierres (bouquetins, grimpeurs sur les vires au-dessus), et sente qui demande de l’attention
  • orientation entre le carrefour des 4 chemins de l’Aubaise et la Tête du Petit Jardin
  • orientation de manière générale en cas de mauvais temps

Jour 1

Du parking (760m), gagner Archiane puis le GR 93 qui remonte la combe de l’Aubaise. Montée dans une ambiance assez méditerranéenne jusqu’à gagner le pied de la paroi du Rocher d’Archiane. Un panneau recommandait (il n’existe plus) à "l’ami randonneur" de ne pas perdre son temps ici : risque de chutes de pierre (bouquetins et grimpeurs vous surplombent). Etre vigilant sur cette sente parfois étroite, mais facile.

On gagne le carrefour des Quatre Chemins de l’Aubaise (1408m). Le GR monte dans le pierrier à l’ouest, le retour se fera par là. Mais là, on prend la sente à l’Est dont les multiples lacets font rapidement passer à la cote 1590m (cairn). On atteint alors une vire. Au Sud, c’est la vire d’Archiane, qui commence tranquillement, puis traverse des pierriers avant de devenir très étroite et vertigineuse et très exposée : un faux-pas et on sert de repas aux vautours du coin. Donc, aller au Nord, où la vire est large, et revient à l’intérieur des Hauts-Plateaux.

Des pistes cairnées partent à droite, à gauche. Prendre celle qui part vers le Sud, en direction du Petit Jardin (1800m). Aller au bord de la falaise, et la suivre vers l’Est, en passant au mieux. On passe par la Tête du Peysse (1781m), puis on remonte vers la Tête du Jardin (1820m).

Partir à vue (si on la voit) vers la Croix du Lautaret (1951m). Sinon, prendre Nord-Nord-Est est descendre jusqu’à un talweg Ouest-Est au fond duquel se trouve une sente menant à la Bergerie du Jardin du Roi. Remonter ce talweg vers l’Est, puis obliquer Nord-Est pour la Croix du Lautaret.

De la Croix du Lautaret, prendre Sud-Est vers la Butte sans nom 1949m. La contourner par le Nord en suivant courbe 1910m (ou la contourner par le Sud par la vire "Marichaume" si on a le pied sûr). Descendre un long talweg jusqu’à des ruines, en contrebas d’un joli lapiaz incliné. Des ruines, remonter Est sous le lapiaz jusqu’à la Fontaine Colombette, puis Nord-Est vers le Grand Pas. Suivre la crête du Sommet du Ranconnet jusqu’au Sommet de la Montagnette (1972m).

Jour 2

Descendre Nord-Ouest la Montagnette. Se diriger, au mieux, vers la Plaine de Chamousset. Contourner les reliefs en prenant Nord-Ouest la direction du Pré Mouret, puis obliquer Est vers le Col du Greuson. Gagner la crête au Nord avant la cote 1886m, pour profiter de la vue sur le relief sensationnel des falaises au-dessus de Chichilianne. Poursuivre la crête jusqu’à Tête Chevalière (1951m).

Prendre plein Ouest pour la Butte sans nom 1924m. Dessiner un arc-de-cercle pour rejoindre une bonne sente au niveau du Pas de la Chèvrerie. Bientôt, la Cabane de Chaumailloux et le Pas de l’Aiguille seront visibles, puis atteints (source de Chevalière pour ravitailler).

Du Refuge (1669m), prendre la sente cairnée à l’Ouest qui se dirige vers la Bergerie du Jas Neuf. Laisser au nord une sente qui remonte vers les Rochers du Parquet. On contourne le Sommet de Tourte Barreaux, passe la Bergerie, et traverse de grandes prairies fleuries seulement cassées par les lapiaz.

On atteint le GR91-93. Si besoin d’eau, remonter le GR vers le Nord puis prendre une sente à l’Ouest vers la Fontaine des Bachassons (pousser jusqu’au Col des Bachassons 1661m). Revenir sur ses pas, et prendre le GR91-93 vers le Sud, jusqu’au Quatre Chemins. Laisser le GR91 vers Chatillon-en-Diois, et prendre le GR93 vers Archiane.

Traverser la Plaine du Roi, et, juste avant de redescendre vers l’Aubaise, gagner une épaule herbeuse, où une sente monte de quelques mètres vers le Bois du Roi. Point de vue intéressant sur la vire d’Archiane, la Combe de l’Aubaise, et dernier regard vers le Mont Aiguille et le Grand Veymont.

Redescendre dans un pierrier musical, jusqu’au carrefour des 4 chemins de l’Aubaise, puis la Combe de l’Aubaise jusqu’à Archiane.

La sortie

Je ne voulais pas rester sur un échec. Il y a deux ans, j’avais du renoncer en entreprenant un périple du genre. Je reviens.

Arrivée le dimanche à 8h à Archiane. Je monte, rapidement mais facilement, la combe de l’Aubaise, en passant par ce fameux hêtre supérieur. Le poids du sac ne se fait pas sentir, même si j’ai pris la tente après de grandes hésitations ! Me voilà donc au grand cairn des 4 chemins. Je monte jusqu’à la vire au-dessus des barres rocheuses. Je vais voir la vire d’Archiane, qui commence tranquillement avant de devenir bien plus impressionnante, et même trop dangereuse à mon goût. Des bouquetins se reposent tranquillement, et je reprends ma route vers le nord.

J’arrive dans le Jardin, où, à ma grande surprise, deux jeunes cerfs déjeunent. Je les vois avant qu’ils ne me repèrent, mais ils décampent vite quand même. Mais alors, ils ont une manière les cerfs de décamper assez aristocratique, la tête en arrière, jambes tendues, comme s’ils concouraient à un concours d’équitation...

Direction la crête, du Petit Jardin jusqu’au Jardin tout court. Parcours saisissant, paradisiaque, entre les falaises (avec la belle Arche du Petit Jardin), les prairies fleuries (dont des tulipes, encore en bouton pour la plupart), et les animaux (vautours, marmottes, bouquetins). J’arrive à la Tête du Jardin vers 11h, dans les nuages. Nuages qui vont bientôt s’effacer, et libérer tout juste la Croix du Lautaret quand je repars après le repas. Ce qui permet de voir l’itinéraire...

J’arrive donc à la Croix du Lautaret, dans les nuages !... Nuages qui vont s’effacer, presque libérer la Montagnette... mais presque seulement... alors j’y vais quand même... en passant par la source du Marichaume, à sec, et en jetant un regard au Rocher du Combau, et à ce que je ne savais pas être la vire du Marichaume (dont le parcours me semble bien incertain depuis mon point de vue). Donc, demi-tour, et je gagne par le Nord la Fontaine Colombette. Elle coule bien (moins d’une minute pour 1 litre).

Je monte tranquillement jusqu’à la Montagnette... dans les nuages ! Mais eux, ne vont pas se dissiper. Je monte donc la tente, et m’endors en étant persuadé que le lendemain matin, il n’y aura plus de nuages.

Réveil à 5h20. J’ouvre la tente... et... plus un nuage... Mont Aiguille en face, pas encore éclairé. Superbe vue sur les Hauts-Plateaux, et sur les Alpes. Chartreuse (Grande Sure, Grand Som, Chamechaude et Dent de Crolles émergent de la mer de nuages), Belledonne, Taillefer, Grandes Rousses, Ecrins, Dévoluy... Les couleurs changent. La journée est bien lancée.

Je remballe tout, et me dirige au hasard... enfin presque... j’évite de trop jouer aux montagnes russes... mais suit ce qui me semble intéressant, comme cette combe où jouent les marmottes de bon matin. Sacrée bataille ! Bon enfant... celle-là (voir la suite)...

Je remonte ensuite vers la Tête Chevalière, en suivant la crête dès que possible. Un bouquetin mange tranquillement. Et une marmotte habite au bord de la falaise, me laisse le champ libre, et la vue qu’elle a ! Édifiant ! Quel relief !

Parcours sur les prairies de crête jusqu’à Tête Chevalière sensationnel... Là-haut, le vent souffle. Vue sur l’ensemble du parcours depuis hier... Je me pose à l’abri du vent. Une marmotte en poursuit une autre, mais une poursuite cartoonesque, incroyable ! Sauf que ça va dégénérer, quand la poursuivante attrape la poursuivie, et l’attaque ! Cris ! Elle s’échappe et plonge dans la forêt, mais l’autre la rattrape, je ne les vois plus mais il y en a une qui pleure. J’y vais et fais probablement fuir l’assaillante, je retrouve à ses gémissements la marmotte, qui semble bloquée entre deux rochers. A ma vue, elle se tait, mais trouve le moyen d’aller se blottir sous des rochers. Impossible de savoir ce qu’elle avait. Je ne sais pas ce qu’elle va devenir...

Je repars sans rien pouvoir pour elle, et vais me reposer au Pas de l’Aiguille. J’hésite encore à aller du Dôme de Glandasse dans l’après-midi. Bon, j’y renonce, et vais donc rentrer directement, par la Bergerie du Jas neuf, et la Plaine du Roi. Avant de replonger, je retourne au Bois du Roi où j’avais vu de très paisibles bouquetins il y a deux ans. Je n’en vois pas cette fois mais regarde d’en face la vire d’Archiane, impressionnante.

Je redescends enfin par ce que j’ai appelé lithophone, ce pierrier musical qui ramène au 4 chemins de l’Aubaise. Puis, je descends la combe de l’Aubaise dans une chaleur étouffante et assommante. Voilà, j’ai fait le Tour des Hauts-Plateaux, mais je n’en ai pas fait le tour. On y retournerait sans cesse !

Dernière modification : 19 mai 2015