Ouille Noire (3357m) Sortie du 8 juillet 2018

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Solitude Haute Mauriennaise, entre neige, glaciers et rocs... M.A.G.N.I.F.I.Q.U.E.

Conditions météo

Tempête de ciel bleu, frais dans le versant W à l’ombre pendant la montée, un petit bisolet doux sur l’arête N au soleil, et biensur le cagnard au soleil à la descente.

Excellent regel nocturne.
On prend la neige à 2820m en continu, crampons franchement nécessaire ce matin tellement c’est tôlé !
A peine dégelé lors de la descente.
La neige est alvéolée comme jamais, incroyable ! Ca ne rend pas la montée agréable, et prive de ramasse lors de la descente.

Départ route du col de l’Iseran 2710m 6h => Sommet 9h.
Début de descente 10h => Voiture Midi tout rond !

Récit de la sortie

Ouille Noire, Arête Nord (voie Normale), le 8 Juillet 2018.

« Arête Nord ! »

L’Ouille Noire ma vielle amie. Combien de fois suis je monté sur ce dôme surprenant !

Au printemps à ski, et je m’arrête sur l’arête, vers ce gros caillou où derrière on bascule sur ce qu’il reste du glacier du Montet, et le refuge du Carro.

Ou bien simplement parce que gourmand que je suis ,j’attends que la belle pente Ouest "décaille" pour me régaler d’arabesques éphémères sur une moquette transformée par les longues journées de printemps.

Ou alors, l’été venu, par les mêmes pentes, crampons aux pieds, l’éternelle pause au même gros caillou, nous enlevons le matériel pour remonter tranquillement cette arête en pente douce ourlée parfois de belles corniches que le vent d’Italie a travaillé à l’envie.

Les schistes ocres, parfois noirs, poussières sèches qui fument sous la brise d’été, un pas de grimpe sur le rognon et mes pas me conduisent sur ce dôme inattendu parfois en neige, parfois tout sec.

Les deux grands cairns m’accueillent, face à la crête dentelée de la chaîne frontière, ses grands sommets, Albaron, Ciamarella, Mulinet et autres Lévana.

Les puissants glaciers s’écoulent, blancs étincelants au début de l’été, gris et presque faméliques à l’automne.

Je fais le tour des cairns, je me retourne, la pointe du Montet, fière aiguille élancée omniprésente au dessus de son petit glacier moribond, ses profonds à-pics et son arête Sud ocre foncée, empilement d’assiettes friables et instables me fait face.

Et puis de partout des pics et des sommets, géants et célèbres, discrets et inconnus pointent dans un ciel d’une profondeur absolue.

Le temps inexorablement s’écoule, au rythme de ma descente. Laissant derrière moi ce fantastique dôme, le temps d’une pause au gros caillou, il est temps de remettre les crampons pour s’en retourner plus bas, là ou il n’y a pas si longtemps un glacier paresseusement s’écoulait.

Dernière modification : 22 juillet 2018

Photos « Ouille Noire (3357m) »

Classique mais depuis des décénies (et oui !) je ne m’en lasse pas ! On ne sait plus ou donner de la tête... Les Arses, et derrière la reine de la haute Maurienne, Charbo. A moins que ce soit elle la reine de la haute Maurienne, la Dent ? Panorama de fou... La chaine frontière, Lévana, Mulinet... La Pointe du Montet. Sommet... Le plan des Evettes, les Ciam’, et l’Albaron, c’est grand ! Les géants de l’Oisans, Pelvoux, Sans Nom, Ailefroide, Coolidge, Agneaux, Grande Ruine, Ecrins... Les Lévana. Derrière les Arses, la plaine de Bessans, Ronce, Pt Mont Cenis, Rognosa d’Etache, Scolette...A l’infini ! Les brumes italiennes. Qui c’est ? Le pas de grimpe, 5m en 2. L’ouille Noire et son arête Nord. Neige trafollée pour le moins... Au pied des Arses, le torrent de la Reculaz, «y a d’la neige !» Cascade du Grand Pisaillas, au fond l’Ouille Noire.