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Récit de la sortie

Mon petit séjour dans le Dévoluy continue, je viens de réaliser le Gigon par un itinéraire original. Le soir, le ciel se dégage de tout nuage et le soleil se couche dans une ambiance rougeoyante. La journée de demain s’annonce lumineuse.

Je réfléchis encore sur l’ascension du lendemain... la Tête de l’Aupet... la Tête de Lapras... Non, ce sera l’Obiou !
Allez, c’est parti pour les Payas et la longue piste forestière. J’arrive finalement sur le parking sous une nuit étoilée. Je me couche assez tôt après un bon repas en observant les étoiles.

Je me réveille vers 6h00, mais il est encore trop tôt pour partir. En effet, je voudrais profiter du lever de soleil sur la magnifique face est de l’Obiou. Cela me laisse le temps de préparer mes affaires et de prendre un petit déj’.

Je pars vers 7h00 en direction de l’alpage au pied de la montagne dévoluarde. A 7h15, je suis en place. La ligne d’horizon, formée par les sommets des Ecrins et la montagne de Faraut, commence à s’enflammer et l’aube se fait de plus de plus claire.
Il me faut attendre jusqu’à 7h57 pour que le sommet de la Grand Tête de l’Obiou s’enflamme à son tour... L’instant est magique...

A 8h04, le soleil éclaire de moitié cette face est d’un joli jaune-orangé. Ce somptueux spectacle dure jusqu’à 8h30 lorsque le soleil surgit enfin de derrière la montagne de Faraut. Il est maintenant l’heure de se mettre en marche vers ce mythique sommet.

Cela commence par une approche tranquille dans le vallon suivi d’une montée assez forte qui, malgré tout, permet de prendre de l’altitude rapidement. Le décor minéral de la combe du petit Obiou renforce l’austérité de l’ascension.

J’arrive un peu avant 10h00 au passage clé : le fameux couloir. L’itinéraire est bien balisé et tout se déroule bien malgré la forte exposition du passage. Un quart d’heure plus tard, l’énorme bastion sommital se dresse devant moi.

Je continue en direction de la vire de la Cravate que l’on accède après une grimpette ludique de blocs. Ce passage dans la falaise de calcaire en bancs est bien différente des parois calcaires que j’ai pu rencontré auparavant dans les Bauges ou en Chartreuse.
C’est ce qui fait du Dévoluy un massif des pré-alpes unique. Et cela est amplifié par les hautes altitudes auxquelles les montagnes dévoluardes culminent.

Après un petit passage de descente au milieu de la vire puis un autre passage de grimpette à sa sortie, je débouche sur les pentes sommitales plus douces. Le sommet est tout proche... ça y est... cairn en vue ! YES !

Il est 11h00, cela fait 2h45 d’ascension soit trois quart d’heures de moins que le Grand Ferrand. Mais quelle ascension complète ! Et quel panorama ! La journée est parfaite, le soleil est au rendez-vous et pas un nuage dans ce grand ciel bleu.

Je fais la rencontre avec quelques personnes au sommet dont deux qui sont montés par la face nord et deux autres qui connaissent AltitudeRando et l’extraordinaire topo de Michel de la Grande Tête de l’Obiou par le Rattier, l’Arête Nord du Bonnet de l’Évêque, le Malpasset et par le Vallon de Casse Rouge.
Cette fameuse arête nord paraît très escarpée voire inabordable. Chapeau Michel !

Après une heure et demi de contemplation, il me faut revenir sur terre. La descente ne s’annonce pas si aisée, il va falloir être attentif car la prudence est requise. Le temps de se re-concentrer, et c’est parti !

D’abord descendre jusqu’à la vire, remonter la petite cheminée pendant sa traversée, dés-escalader les gradins puis rejoindre le col avant la descente du couloir qui est la plus exposée. Mais finalement, tout se déroule mieux que je ne l’aurais pensé.

Je prends une pause dans l’herbe qui domine le vallon pour profiter encore de la vue sur les Ecrins, plus belle par l’éclairage d’après-midi.

Et enfin retour à l’alpage, je retrouve l’arbre du lever de soleil pour quelques dernières photos avant de regagner la voiture.

Quel sommet ! Et quelle ascension ! Certainement la plus belle que la Montagne m’ait offert... Un magnifique cadeau... mais qui se mérite !

Dernière modification : 24 octobre 2014

A propos

Auteur de cette sortie :

Randonnée réalisée le 18 octobre 2014

Publiée le 24 octobre 2014

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

  • par Le 25 octobre 2014 à 13h35

    Réussite totale.
    Bravo pour le sommet et bravo pour le somptueux lever de Soleil. On ne gagne pas à tout les coups (Cf. le Grand Ferrand) mais là, si. Quand on fait une ascension en versant Est, il faut tenter le coup du lever de Soleil surtout en automne, c’est plus facile qu’en juin pour des raisons évidentes.

  • par Le 25 octobre 2014 à 16h10

    Merci pour ton commentaire.

    Ceux sont les aléas de la nature ! Même si je n’ai pas eu la même chance au Grand Ferrand, j’en garde un très bon souvenir. Le temps couvert par les nuages donne une ambiance beaucoup plus austère à l’ascension. Cela reste une forte expérience malgré tout. Et le mental joue plus que par beau temps, l’épreuve devient plus rude quand les nuages peuvent devenir inquiétants.

    Au Grand Ferrand, l’ascension en solo prenait tout son sens, il ne fallait pas se louper, car je n’avais croisé personne pendant la montée et juste trois personnes ensemble à la descente.

    A l’Obiou, j’ai croisé plus de monde, de part sa fréquentation plus forte et d’autre part parce que le temps était au rendez-vous. L’impression de solo en était amoindrit.

    Bref, deux ascensions totalement différentes mais qui resteront gravés à jamais.

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