Grand Roc Noir (3582m) Sortie du 26 juin 2017

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

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Sommet aisément reconnaissable, le Grand Roc Noir constitue une course d'alpinisme très variée qui se termine par 50 mètres d'escalade ludique et engagée.

Conditions météo

Beau temps, pas de vent

Récit de la sortie

Introduction

C’est lors de la marche d’approche de la Grande Casse, vers le refuge du Col de la Vanoise, qu’en me retournant, j’ai remarqué cet impressionnant doigt rocheux tout noir.

Mais, j’avais déjà étudié des topos de ce sommet, ils me paraissaient assez engagés et j’étais passé à autre chose.

Mais, en cette année 2017, la motivation est revenue.

Classé alpinisme F dans certains bouquins avec une escalade de 50 mètres pour atteindre son sommet, mes compagnons Didier, Gégé, Mick1018 d’altituderando et moi-même, avons préparé notre sac avec minutie et y avons déposé nos baudriers, cordes, casques, mousquetons et dégaines.

L’ascension

Le départ effectué du parking de Bellecombe, déjà emprunté pour l’ascension de la Grande Casse, il y a de ça 5 jours, permet de réduire le dénivelé et de démarrer à l’altitude 2307.

La montée vers le Col de Lanserlia est pentue, herbeuse et très agréable et nous permet de nous mettre en température.

La découverte de ses lacs, et notamment le premier, complètement déneigé, nous donne une magnifique perspective sur la Grande Casse qui y reflète dedans.

La suite est plus désagréable, notamment lors de la grande traversée de la morraine de l’ancien glacier du Grand Vallon, et son col est atteint après plusieurs passages de névés et d’autres pénibles traversées d’éboulis en dévers.

Du Col du Grand Vallon, le Grand Roc Noir est de plus en plus proche, et paraît être à porté de mains, mais l’ascension par son arête ouest que nous allons suivre afin d’atteindre la base de son bastion rocheux ne va pas être de tout repos.

Pierrier pourri et totalement instable, escalade engagée sur ce schiste noir qui s’échappe constamment sous nos chaussures, nous allons devoir quitter l’arête, car infranchissable par endroit.

La désescalade au sud pour contourner cette arête s’effectue en fort dévers dans la poussière schisteuse et nécessite des efforts considérables pour, en premier lieu, rester debout, et ensuite remonter le couloir dirigé vers la base du rocher sommital.

Montée extrêmement pénible et usante, une « bavante », comme dirait l’autre !

Arrivés devant la base sud du Grand Roc Noir, nous nous attribuons une bonne pause bien méritée afin de souffler un peu mais nous nous demandons comment monter au sommet.

L’escalade dans la face sud à vraiment l’air compliquée !!!

Puis, le topo nous indique la présence d’une petite sente à droite, qu’il est difficile d’apercevoir, notamment par rapport à la présence de l’impressionnante combe « gazeuse » qui plonge vers le glacier du Vallonet, sous la pointe du même nom.

Le vide est omniprésent.

Puis nous remarquons un passage en dalle lustrée avec son premier relais juste au dessus.

C’est par là que nous allons grimper !

L’escalade est engagée et les prises pour les mains, peu nombreuses, puis c’est un parcours de vires courtes que nous empruntons jusqu’à un deuxième relais.

Nouveau passage rocheux engagé, puis c’est déjà l’apparition du radar météo fixé sur le sommet, et dédié à la communication pour les secours en montagne.

Nous y sommes !

Un gros cairn carré nous accueille accompagné d’une vue immense sur le Vallon de la Rocheure, Grande Motte, Grande Casse, Mont Pourri et Mont Blanc.

Au sud, la Haute Maurienne est à nue, dominée par ses trois emblématiques « fleurons » que sont l’Albaron, le Charbonnel et la Ronce dépassant tous trois, les 3600 mètres d’altitude.

A l’Ouest, la Dent Parrachée et les glaciers de la Vanoise.

A l’Est le Grand Paradis, les Levannas et les glaciers des sources de l’Arc et de l’Isère, c’est grandiose !

Pour la descente du sommet, nous allons effectuer deux rappels, sur les relais que nous avons repérés lors de la montée.

Mick en a repéré un troisième, situé plus au nord, mais nous allons le zapper à la descente.

D’après lui, c’est le dernier à utiliser pour l’ascension et après le passage du deuxième, il aurait fallu suivre une vire vers le nord pour aller le chercher.

Personnellement, je ne l’ai pas vu, trop concentré sur mon escalade, mais il saura mieux en parler que moi.

Pour la descente nous revenons au faux col barré à l’ouest par les grands gendarmes de l’arête et nous reprenons le même cheminement pourri qu’à l’aller.

Mais en descente, tout est plus facile, et le contournement par le sud de cette arête est bien plus aisé.

Nous la récupérons un peu plus loin et rejoignons sans soucis le Col du Grand Vallon.

Le reste de la descente, notamment dans les névés sous le col, est débonnaire et nos retrouvailles avec le terrain plus herbeux du col de Lanserlia sont réjouissantes.

La suite n’est que plaisir et la fierté d’avoir atteint l’impressionnant sommet du Grand Roc Noir commence à grandir en nous.

Une course épique qui marque les esprits, à coup sûr !

"Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu’il réside dans la façon de la gravir" Confucius

Dernière modification : 12 août 2018