Dôme de Chasseforêt (3586m), par les lacs de Chasseforêt

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
2000m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Un topo "rando" au Dôme de Chasseforêt ? On n'arrête pas le progrès ! Ou plutôt (faut-il s'en réjouir ?), on n'arrête pas les effets du réchauffement climatique, qui ont réduit les glaciers du versant est à l'état de reliques entre lesquelles il est désormais possible de monter au sommet à pied sec... Un parcours sauvage totalement hors traces au dessus des lacs de Chasseforêt, sans difficultés techniques particulières, mais qui nécessite un bon sens de l'itinéraire pour se frayer un chemin dans un terrain parfois complexe. Avec, comme bonus, un sommet majeur au panorama magistral où on sera certainement seul dès que midi est passé...

Accès

Route de la Maurienne - Termignon - Bellecombe, grand parking au terminus de la route autorisée à la circulation. Possibilité de prendre une navette montant de Termignon à Bellecombe (gratuite), puis poursuivant à Entre Deux Eaux (2016 : 5.50€), ce qui permet de raccourcir la marche d’environ 1h30.

Itinéraire

  • Altitude départ : 2387m (parking Bellecombe), point bas 2053m (Entre Deux Eaux).
  • Altitude sommet : 3586m.
  • Durée : 12h.
  • Carte : IGN TOP25 3534OT + 3633ET - PN de la Vanoise.

Période

Praticable en conditions estivales, dès l’ouverture de la route de Bellecombe. Jusque assez tard dans l’été, de nombreux névés recouvrent la montagne qui peuvent, selon l’état de la neige et l’équipement, soit faciliter soit compliquer le parcours. Météo "béton" et bonne visibilité indispensables pour ce parcours de haute altitude hors traces au dessus des lacs de Chasseforêt.

En début d’été, cet itinéraire s’apparente plus à une course de neige, nécessitant matériel et horaire adaptés.

Difficulté

Outre la longueur de la marche rendue pénible par la haute altitude du sommet, le parcours entre les lacs et le Dôme de Chasseforêt s’effectue totalement hors traces, sans aucun cairn pour indiquer les points de passage. Il est donc nécessaire d’avoir l’expérience du hors-sentier et un bon sens de l’itinéraire pour savoir lire le terrain et y trouver un cheminement facile, en particulier sur des zones de roches moutonnées parfois coupées de ressauts raides. L’exercice d’ailleurs beaucoup plus difficile à la descente, les points de passage étant moins visibles. Si cet exercice est fait correctement, le parcours peu exposé ne présente aucune difficulté technique particulière, l’usage des mains n’est pas vraiment nécessaire.

Des crampons peuvent être nécessaires pour traverser quelques névés raides qui, en raison de l’altitude, peuvent subsister assez tard en été. Par bonnes conditions, ces névés peuvent également simplifier le parcours en couvrant roches et caillasses pénibles.

L’accès aux lacs de Chasseforêt se fait sur sentier, peu marqué et non balisé dès qu’on quitte le GR, mais le terrain très facile permet de naviguer à vue et de passer un peu où on veut.

Ascension

Entreprendre la longue traversée vers le nord par le plan du Lac, puis descendant sur Entre Deux Eaux soit par la route, soit par le sentier un peu plus court.

La randonnée commence réellement à ce point là. Prendre vers l’ouest le chemin puis le bon sentier remontant en lacets une croupe herbeuse. A la première bifurcation, prendre à gauche pour suivre vers le sud le GR5 en direction du refuge de l’Arpont. Longue traversée en balcon légèrement descendante agrémentée de quelque jolis lacs permettant de gagner la large combe glaciaire issue du glacier du Pelve.

On poursuit sur le sentier remontant un peu le fond de la combe. Lorsque le sentier semble sortir de la combe, le quitter pour remonter à vue le dévers d’une ancienne moraine à gauche sous la pointe 2685m. Monter au plus facile pour sortir sur la large crête herbeuse à l’ouest de la pointe. S’en suit un parcours a vue sur un terrain débonnaire en direction des lacs de Chasseforêt, non visibles avant d’y arriver, mais dont on devine la présence sur le replat pierreux à l’aplomb du Dôme de Chasseforêt.

Monter la pente pierreuse dominant les lacs et, en traversant éventuellement quelques gradins faciles, remonter la petite croupe morainique dominant le lac oriental (le plus grand). Aborder la bosse rocheuse dominant la croupe, de préférence plutôt sur le côté gauche (ne pas viser le collet à gauche de la bosse). Le parcours est sans aucune difficulté si on se donne la peine d’observer le terrain pour trouver le cheminement le plus facile (Photo 25). Ne pas oublier de prendre des repères pour pouvoir facilement refaire le cheminement en descente.

La bosse rocheuse se prolonge en une bande horizontale séparant deux reliquats glaciaires. La parcourir pour atteindre un large couloir de dalles moutonnées qu’il va falloir remonter. Bien observer pour pouvoir se frayer un cheminement qui devrait être suffisamment facile pour presque ne pas avoir à escalader quoi que ce soit. Il est important de bien mémoriser les points de passage (par exemple en construisant des cairns) pour pouvoir les retrouver à la descente, car ils seront beaucoup moins visibles.

Rejoindre à gauche la crête pierreuse sitôt qu’elle se fait débonnaire. Il ne reste plus qu’à la remonter jusqu’au sommet. C’est facile et la caillasse est assez stable, mais l’altitude se fait sentir... Puis le sommet, délivrance au panorama magistral sur la Vanoise et une bonne partie des alpes savoyardes...

On aura souvent le loisir de pouvoir être seul au sommet, car la plupart des prétendants des itinéraires classiques, soumis aux contraintes glaciaires, l’auront déjà quitté avant la fin de matinée...

Le Dôme de l’Arpont, point culminant des glaciers de la Vanoise, semble tout proche... Certes, les sommets de ces calottes glaciaires débonnaires sont en général peu crevassés, mais il peut toujours y en avoir cachées sous la neige... On résistera donc à la tentation d’aller y faire un tour, surtout dans la chaleur de l’après-midi.

Descente

Le retour s’effectue par le même itinéraire, la plus grande difficulté consistant à retrouver les points de passage faciles dans le dévers de dalles. Pour ceux qui ont des crampons, la présence de névés peut parfois faciliter un peu la tâche...

De retour au lacs de Chasseforêt, plutôt que de suivre la moraine, on pourra profiter de débonnaires pentes herbeuses en descendant vers le GR5 à droite de la pointe 2685m, un peu plus long mais plus tranquille.

Grosse punition en fin de rando, alors que les jambes sont déjà bien lourdes, pour la longue remontée vers le plan des Lacs et le parking de Bellecombe.

Remarques

On notera qu’une partie significative de la randonnée est l’aller-retour du parking de Bellecombe à Entre Deux Eaux (presque 10km et 400m de dénivelé, 3h). En période de vacances estivales, une navette permet de faire le trajet (2016 : première arrivée à Entre Deux Eaux à 8h40, dernier départ à 17h50). Il est cependant difficile de compter dessus pour le retour.

On peut mieux profiter de la navette en montant directement à Entre Deux Eaux depuis Termignon. Au retour, on descendra depuis les lacs de Chasseforêt directement sur le refuge de l’Arpont pour ensuite poursuivre la descente sur Termignon. On remplacera ainsi 350m de remontée par 650m de descente avec beaucoup moins de distance horizontale.

Le refuge de l’Arpont est aussi idéal pour faire cette longue randonnée sur deux jours. Le premier jour, on ira au refuge depuis Entre Deux Eaux en ayant pris la navette depuis Termigon, complétant éventuellement la journée par un aller-retour touristique au lac de l’Arpont. Le deuxième jour, on fera l’aller-retour au Dôme de Chasseforêt via les lacs de Chasseforêt, puis après avoir éventuellement récupéré des affaires au refuge, on poursuivra la descente sur Termignon.

Détail de la sortie du 22 août 2016

Plus de 20 ans que je n’avais pas foulé la Vanoise... Pour ce retour d’un seul (gros) jour, il me fallait quand même quelque chose de grand. Ce Dôme de Chasseforêt, j’en entend parler depuis ma jeunesse comme une belle pyramide entourée de glaciers, à la fois facile et magnifique, souvent la première grande course glaciaire de générations d’apprentis alpinistes...

Mais le temps passe, tout fout le camp, en particulier les glaciers du versant oriental de la pyramide, auparavant immaculée... Constatation décevante lors de ma dernière incursion en Haute-Maurienne il y a quelques années. De visu, plus grand chose à voir par rapport à ce qui est dessiné sur mon IGN...

Mais, du coup, pourquoi ne pas tenter de monter par là ? Aucun topo ne mentionne cette possibilité "non-glaciaire" à ma connaissance, pourtant examen de photos me laisse entrevoir la possibilité... Il faut aller voir sur le terrain !

Une journée de libre, grand beau magnifique prévu... Départ bien avant l’aurore pour me trouver à Bellecombe à 7h30. On commence la journée par monter sur la crête dominant le parking juste à temps pour pouvoir observer les détails de la face en question à la lumière du lever de soleil. D’ici, le sommet n’est pas bien haut, seulement 1200m à monter si on pouvait y aller directement...

On poursuit sur le crêtes plutôt que sur la route plus bas, beaucoup plus esthétique, même si ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour préserver les forces pour la suite de cette longue journée... On descend, on s’éloigne... Finalement, on arrive au fond du trou d’Entre Deux Eaux vers 9h, au boulot pour tout remonter...

Première gamelle de la journée (et de l’été ?) sur un pâturage complètement plat, lorsque mon pied s’est pris dans un trou à marmottes caché dans l’herbe...

Cette fois c’est parti... Ça monte puis ça traverse en balcon en redescendant un peu... Le décor est magnifique, surtout à l’arrivée aux lacs... La seule chose un peu déprimante est de voir qu’après trois heures de marche, on est à peine à l’altitude du point de départ...

Bon, fini les détours photo-touristiques, montée aux lacs de Chasseforêt hors traces par le chemin le plus court, histoire de quand même pouvoir prétendre faire attention à l’horaire... Quand même quelques photos de ces merveilleux lacs minéraux, face aux premières difficultés...

11h30, c’est parti dans la caillasse... Elle est stable, et finalement assez agréable... On observe puis on grimpe facilement la bosse rocheuse pour accéder à la bande rocheuse derrière, passage clé pour se faufiler entre les restes glaciaires... Super, pour l’instant ça passe facilement.

Puis vient la première difficulté dans cette combe de rochers moutonnés coupée de ressauts raides à remonter : Des dalles, dédale... Un labyrinthe où des passages très faciles existent, pour peu qu’on se donne la peine de les chercher... C’est certainement beaucoup plus difficile à descendre car ces passages sont beaucoup moins visibles, et on se donne donc le temps de construire quelques petits cairns sommaires pour pouvoir les retrouver.

Cela devient moins raide plus haut, et on peut enfin aller rejoindre la crête de caillasses débonnaire qu’il n’y a plus qu’à remonter jusqu’au sommet. C’est assez stable, mais monter à 3500m après 7h d’effort, ça se sent... Et finalement en haut, entouré de blancheur glaciaire autour duquel le paysage se dévoile...

15h. Seul au sommet, grâce à cet itinéraire donnant le privilège exclusif de s’y trouver l’après-midi. On s’offrira même une grosse heure de pause contemplative... Une grande partie des alpes resplendissent dans une atmosphère particulièrement peu brumeuse, inhabituelle au milieu de l’été.

Bon, il faut quand même penser à descendre... C’est sans difficultés, surtout en trichant un peu, une petite incursion sur un névé me permettant d’esquiver une partie du dédale de dalles tout en me donnant l’impression de ne pas avoir trimbalé les crampons pour rien... Retour sur le plat vers 18h, les lacs plongent dans l’ombre...

Malgré l’heure, les instincts touristiques reprennent le dessus, et voilà qu’on se surprend à faire la tournée photo des gouilles décorées de linaigrettes dans les magnifiques pentes herbeuses éclairées par la lumière jaunissante...

19h30, le soleil disparaît cette fois pour de bon, réservant sa lumière chaude au pentes du Grand Roc Noir et de la Lanserlia. En dessous juste en face, Bellecombe, et le rêve qu’une tyrolienne géante puisse m’y ramener à vol d’oiseau sans avoir à faire le détour par le profond trou là bas au fond...

Si tranquilles soient-elles, les petites remontées du sentier balcon se font sentir dans les jambes... On plonge finalement dans le trou d’Entre Deux Eaux alors que la nuit tombe... Et maintenant, la vraie punition : Ces kilomètres à parcourir, dont 300m de remontée... Cette fois, on le fera par la route, histoire de ne pas trop avoir à plier les genoux pour économiser les cuisses qui ont déjà suffisamment travaillé. La clarté de la nuit sans lune sera tout de même suffisante pour marcher sur le goudron sans avoir à utiliser la frontale, et profiter de l’ambiance sous la Voie Lactée et les myriades d’étoiles décorant cette nuit particulièrement claire... Fin de la balade vers 22h30.

Dernière modification : 16 mai 2018

La carte du topo « Dôme de Chasseforêt (3586m), par les lacs de Chasseforêt »

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