Grande Aiguille Rousse (3482m) par la face Sud

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1520m
Durée :
1 jour
La carte

Auteurs : , , (Avertissements et Droits d'auteur)

La Grande aiguille Rousse (et la "Petite", alt. 3432m) est une montagne magnifique et importante car elle sépare la Maurienne (vallée de l'Arc) de la Tarentaise (vallée de l'Isère), deux des plus belles vallées des Alpes. La source de l'Isère se situe en face Nord de cette montagne et celle de l'Arc, elle, se situe à proximité de sa face Sud. Si le versant nord, très englacé, est réservé aux alpinistes, les randonneurs aguerris peuvent gravir le versant sud et accéder au sensationnel panorama de cette montagne bicéphale. Le final présente une pente raide d'environ 200 mètres, en éboulis croulants. Aussi, l'ascension est beaucoup plus facile en début de saison quand il reste de la neige dans la face. Mais cette facilité se paye : il faut emmener les crampons et le piolet qui peuvent être indispensables et il faudra peut-être forcer la corniche sous le col...

Accès

De Bonneval-sur-Arc, rejoindre le hameau de l’Écot en quittant la D902 au niveau de Tralenta (premier virage de la montée au col de l’Iseran). Une étroite route bitumée de 3 kilomètres mène à un grand parking, avant et après le Pont Saint-Clair (2027m).

Itinéraire

Carnet de route

  • Carte : IGN TOP25 3633ET Tignes - Val-d’Isère
  • Altitude de départ : 2027m
  • Altitude du sommet : 3482m
  • Dénivelé cumulé : 1520m
  • Distance : 18,6km (19,7km avec la variante de descente)

Balisage

  • Aucun balisage sur cet itinéraire.
  • Chemin carrossable, de l’Écot à la Tuilière (VTT autorisés).
  • Bon sentier, de la Tuilière à Plan Sec.
  • Sente, de Plan Sec au replat 2940m.
  • Trace (aucun cairn) pour franchir les barres rocheuses de la face Sud.
  • Hors sentier jusqu’au sommet.

Difficultés et précautions

  • Barres rocheuses au pied de la face Sud : la trace permettant le franchissement n’est pas évidente à trouver. Passage assez raide dans une ravine.
  • Grand névé persistant dans le couloir de la face Sud et possible présence d’une corniche barrant l’accès au col 3368m : crampons et piolet peuvent être indispensables.
  • Couloir de la face Sud : la partie amont est très raide, sur éboulis croulants.

Approche de la face Sud

De l’Écot, suivre sur 2,3 kilomètres la piste carrossable qui longe la rive droite de l’Arc en direction du nord-est.

Au point coté 2118m, quitter la piste au niveau du hameau de la Tuilière en prenant à gauche le sentier qui s’élève plein nord dans les alpages.

On arrive sur un replat face à une cascade juste avant le point coté 2405m, où le sentier franchit le ruisseau du Montet par un joli petit pont en pierres.

Poursuivre l’ascension jusqu’à Plan Sec, où le sentier rejoint le GRP-Tour de Haute Maurienne vers l’altitude 2700m (panneau).

Prendre à gauche le GRP sur 150 mètres environ. S’engager alors sur une discrète sente partant vers la droite, nord-nord-ouest.

D’abord en pente douce, cette sente longe les éboulis de l’Ouille de Gontière. Une montée plus soutenue permet ensuite de franchir une première rangée de barres rocheuses par un couloir herbeux et terreux.

  • Remarque : ce couloir se situe dans l’axe de la Petite Aiguille Rousse.
    À droite de ce couloir, se situe un autre couloir, évident et pierreux, dans l’axe de la Grande Aiguille Rousse, il donne accès au lac de Gontière.

À l’altitude 2940m, la sente débouche sur un replat légèrement incliné au sud-ouest. On se trouve alors au pied de la face Sud défendue par une seconde rangée de barres rocheuses.

Face Sud et arêtes sommitales des Aiguilles Rousses

Le franchissement des barres rocheuses qui défendent la face Sud s’avère plus délicat.

En arrivant sur le replat 2940m, le traverser à altitude constante pour trouver le départ d’une trace très discrète au pied des barres rocheuses.

Cette trace effectue d’abord une petite traversée à flanc vers la gauche, traverse sous une ravine, traverse ensuite une pente herbeuse. On arrive alors vers une ravine plus marquée, hors champ à gauche sur cette photo.
Ne pas traverser cette ravine et remonter à droite la pente plutôt herbeuse par une sente. Ce passage est un peu raide et nécessite de poser parfois les mains.

  • Remarque : pas de cairns en 2016.

Lorsque la pente diminue, continuer plein nord sur des pelouses alpines (attention aux edelweiss) pour gagner les éboulis de la face Sud vers 3080m.

Progresser nord à nord-nord-est jusqu’à l’altitude 3200m, virer ensuite nord-nord-ouest en visant le col 3368m situé entre les Aiguilles Rousses.

  • Remarque : entre 3200m et 3300m, un grand névé peut persister au-delà de la mi-août. Ce névé assez pentu ne pose aucun problème avec des crampons, c’est même plus confortable que les éboulis.

Sous le col 3368m, les 50 à 60 derniers mètres de dénivelé sont particulièrement raides sur des éboulis de schistes, terreux et croulants.

  • Remarque : certaines années (comme en 2016), une longue corniche peut barrer l’accès au col 3368m. Le franchissement direct avec crampons et piolet reste la meilleure option, car les pentes situées de part et d’autre du col sur la face Sud sont trop raides et exposées pour un éventuel contournement de la corniche.

Une fois sur le replat du col 3368 qui surplombe la branche ouest du glacier des Sources de l’Isère, gravir à gauche la Petite Aiguille Rousse puis à droite la Grande Aiguille Rousse par leurs arêtes faciles.

Le sommet de la Petite Aiguille Rousse (3432m) est constitué d’empilements rocheux et bénéficie d’une vue avantageuse sur le secteur du Montet.

Le sommet de la Grande Aiguille Rousse (3482m), surmonté d’une croix rouillée, bénéficie d’une vue avantageuse sur le secteur du Carro ainsi qu’une vue plongeante sur la raide face Nord (branche est du glacier des Sources de l’Isère).

Ne pas hésiter à continuer un peu sur l’arête descendante après le sommet, afin d’apercevoir les lacs Noir et Blanc situés près du refuge du Carro.

Variante pour la descente

Cette variante de descente contourne les 2 rangées de barres rocheuses et retrouve le GRP au niveau du ruisseau de Plan Sec.
Plus long que l’itinéraire pris à la montée (+ 1,1km) mais plus tranquille, avec un petit lac sur le trajet.

Après la descente du couloir de la face Sud, virer progressivement vers l’ouest en longeant les barres rocheuses au plus près.

Vers l’altitude 2990m, quelques rochers calcaires (facilement repérables dans les schistes) annoncent la proche fin des barres rocheuses.

Environ 50 mètres après ces rochers, plonger à gauche (plein sud) sur de fins éboulis. On trouve alors un trace (liaison avec le Col du Montet) que l’on suit jusqu’à un replat (2880m environ).

Toujours au sud, se diriger vers le lac sans nom situé près du point coté 2867m. Passer le déversoir et s’orienter à l’est en suivant approximativement l’itinéraire de ski de rando.

Entre éboulis et pentes herbeuses, naviguer à vue pour contourner la première rangée de barres rocheuses. Le sentier du GRP est rapidement visible, le rejoindre sur un replat lorsqu’il franchit le ruisseau de Plan Sec (2730m).

Continuer sur le GRP jusqu’à la bifurcation de Plan Sec et prendre à droite pour le retour à l’Écot.

Détail de la sortie du 08 août 2016

De retour au Pont St-Charles après l’ascension de la Pointe de la Galise le 06 août 2016, Alain et moi nous apprêtons à nous quitter. Allez, encore une !

Ok, ce sera la Grande Aiguille Rousse, sans oublier la Petite qui n’est qu’une formalité. C’est l’un des rares sommets qu’il n’a pas encore gravis sur ce secteur. Quant à moi, j’y retournerais bien volontiers.

J’évoque ici 3 moments marquants de cette randonnée.

  • La mer du nuages

À l’aube, les vallées de Haute Tarentaise et de Haute Maurienne sont envahies d’une mer de nuages qui plafonne vers 2200/2250m. Je la traverse ainsi 2 fois en me rendant à l’Écot via le Col de l’Iseran.

Au lever du jour, elle se dissipe rapidement puis se reforme pendant notre montée entre la Tuilière et Plan Sec, devenant bien compacte. Lorsque les premiers rayons illuminent le sommet de cette mer de nuages, c’est vraiment très beau !

  • Les barres rocheuses de la face Sud

Après Plan Sec, nous franchissons une première rangée de barres rocheuses, par une sente qui nous mène sur un replat à l’altitude 2940m. Nous nous trouvons alors au pied d’une seconde rangée de barres rocheuses qui défendent l’accès à la face Sud.

Lors d’une précédente ascension le 31 juillet 2012, je savais l’existence d’un passage dans ces barres rocheuses mais n’avais aucune idée de sa position.

J’étais alors parti trop à droite (côté Col de Gontière) pour me retrouver dans une impasse sur un terrain plus que scabreux. Contraint de revenir prudemment sur mes pas, j’avais finalement décidé de contourner l’entièreté des barres rocheuses, sans chercher davantage ce fameux passage.

En ce 08 août 2016, alors que nous arrivons sur le replat 2920m, Alain s’arrête à peine et continue en direction des barres rocheuses. Il l’a déjà trouvé, ce passage ! Bien joué Alain, lui dis-je. L’expérience, me répond-t-il. Reçu 5/5.

  • La corniche du col 3368m

La face Sud commence à se redresser et nous cramponnons pour traverser un grand névé persistant qui nous offre un terrain plus confortable que les schistes. Vient ensuite la partie la plus fastidieuse de la randonnée, les très raides éboulis croulants sous le col 3368m. Ça mouline un peu mais finalement, ce n’est pas bien long.

Cette année, une corniche barre l’accès au col. Pas monstrueuse, avec une hauteur de 2,50 mètres environ, elle constitue cependant un obstacle de taille. Alain creuse 5 marches dans la corniche et avec un piolet bien planté au sommet de celle-ci, nous pouvons nous hisser sur le replat du col.

Pendant la visite des 2 sommets, nous gardons à l’esprit qu’il faudra repasser par cette corniche pour la descente. La neige va ramollir, les marches supporteront-elles encore le poids de notre passage ? Car si la corniche n’est pas bien haute, l’aire de réception est étroite avec un ressaut qui peut nous emmener quelques mètres en contrebas en cas de chute.

Nous étudions d’autres possibilités pour contourner la corniche mais aucune ne s’avère convaincante. À trop tergiverser, la neige risque de ramollir davantage. Finalement, nous cramponnons et à l’aide de nos 2 piolets profondément ancrés dans la neige, nous descendons la corniche comme une échelle.

Voilà, affaire classée en quelques secondes ! Comme dit Alain pendant le décramponnage, d’une souris nous en avons fait toute une montagne ! Ouais, c’est pas faux.

Ainsi s’achève une semaine très inhabituelle pour moi, après 3 randonnées en compagnie d’un randonneur et alpiniste chevronné (Pointe Clavarini(o), Pointe de la Galise et Grande Aiguille Rousse).

Content de ces quelques moments partagés, avec cette impression d’avoir beaucoup appris au travers de la simple observation.

Merci Alain !

Dernière modification : 16 mai 2018

La carte du topo « Grande Aiguille Rousse (3482m) par la face Sud »

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