Levanna Occidentale (3593m) par le refuge du Carro

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1600m
Durée :
1 jour

Un beau sommet de Vanoise, qui combine extraordinaire panorama et altitude élevée. Avec le retrait du glacier il est désormais accessible aux randonneurs expérimentés. Selon les années, il faudra compter avec la présence de névés après le Col des Pariotes. – Auteur :

Accès

  • A Bonneval-sur Arc, quitter la route qui monte au col de l’Iseran dans le grand virage qui marque la fin de la plaine. Prendre à droite, la petite route en direction de l’Ecot. On se gare près du pont sur l’Arc.

Itinéraire

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Carnet de route

  • Carte : IGN TOP25 3633ET
  • Tracé IGN
  • Matériel : piolet
  • Altitude de départ : 2027m
  • Distance : 20 km
  • Horaire : 10h30

Refuge

L’ascension peut se faire sur 1 ou 2 jours. L’avantage de la première solution, c’est qu’à 5h00 du matin, il y a de la place sur le parking !

  • Lien refuge du Carro : ICI
  • Lien refuges.info : ICI

Matériel

  • En début de saison ou suivant l’enneigement, piolet et crampons peuvent être utiles

Ascension

Du parking de l’Ecot, suivre la piste carrossable, mais interdite à la circulation, en direction de la Duis.

Un peu avant la Duis, à la Tuilière, prendre un sentier sur la gauche (pancarte). Il remonte les alpages en lacets, passe sur un pont de pierre devant la cascade du Montet et rejoint plus haut le sentier balcon pour atteindre le refuge du Carro. Le dénivelé étant important, il est idéalement placé pour faire l’ascension sur deux jours.

Longer le lac Blanc par le sud, et remonter un vallon, lit d’un petit torrent généralement à sec. Quelques passages sur des roches moutonnées amènent au Col des Pariotes.

Du col, prendre au nord-est de façon à passer au-dessus de ce qui reste du glacier de Derrière les Lacs. Cependant, selon les années ou la période, on peut rencontrer de nombreux névés. Se diriger vers le rebord supérieur du glacier et gagner la face rocheuse.

Peu raide, parcourue par de nombreuses traces cairnées, les passages où il faudra mettre les mains seront rares. On atteint ainsi l’arête nord-ouest de la Levanna. Presque horizontale, on gagne le sommet en passant légèrement en contrebas.

Le panorama est absolument exceptionnel. Vanoise, Grand Paradis, Mont Blanc, Ecrins, Valais, offrent à notre regard un foisonnement de sommets.

Descente

Par l’itinéraire de montée jusqu’au Col des Pariotes.

Ensuite deux options :

  • Descendre au sud sur les Sources Supérieures de l’Arc où l’on trouve un bon sentier qui ramène au parking. Itinéraire un peu plus court que par le refuge.
  • Descendre par l’itinéraire de montée si l’on veut profiter de la beauté du site des lacs Blanc et Noir.

L’ASCENSION

FLASHBACK

10 août 1981.
Le temps n’est pas au grand beau. Il fait Soleil, mais les sommets sont accrochés. La peu fiable météo de l’époque prévoyait une amélioration pour le lendemain. A 6, nous montons au refuge du Carro.

11 août 1981.
Dans la nuit, nous sommes réveillés par le fracas d’un orage et le martèlement de la pluie. A 7h00, il neige à gros flocons. Après le petit déjeuner, une partie de tarot acharnée s’engage. A 10h50, il ne neige plus mais la couche atteint une dizaine de cm. J’en ai assez du tarot et je propose une tentative vers le sommet. A 11h00, quatre d’entre nous sortent du refuge. Le moral est un peu en berne car le principal intérêt de la Levanna c’est son panorama qui est dit-on, un vrai régal. Et aujourd’hui, il semble peu probable que l’on puisse en profiter.

Nous sommes très vite absorbés par le brouillard. La visibilité ne dépasse pas 20 m. A 14h00, un de mes compagnons, qui voulait faire demi-tour depuis plusieurs minutes, se fait plus insistant. Un débat est lancé. Un compromis est trouvé. Nous allons poursuivre 1/4 d’heure avant de renoncer. Faisant la trace depuis un bon moment, je me lance vers le sommet avec toute mon énergie. Mais 15 mn plus tard, j’entends : "le 1/4 d’heure est passé, nous rentrons !" Je stoppe mon effort la mort dans l’âme car depuis le temps que nous montons, le sommet ne doit plus être bien loin. Mais une promesse est une promesse.

Et puis soudain, le brouillard se déchire. Pas sur un ciel bleu, ne rêvons pas. Mais sur le grand signal du sommet. Nous sommes quelques mètres sous l’arête horizontale. Le brouillard se referme aussitôt et il n’y aura pas d’autre éclaircie. A 14h30, nous sommes au sommet, privés du somptueux panorama.

Et je fais une autre promesse : celle de revenir.

27 ANS PLUS TARD

10 août 2008.
5h00 du matin, je pars de l’Ecot à la frontale avec l’intention de faire l’ascension dans la journée. Maintenant, les prévisions météo pour le lendemain sont fiables et elles sont affichées dans tous les offices de tourisme. Une journée lumineuse est annoncée, et lumineuse elle sera.

Ne connaissant pas le chemin par les Sources Supérieures de l’Arc, j’opte pour l’itinéraire par le refuge du Carro que j’atteins à 7h30. Une petite halte et je repars vers le col des Pariotes. A 8h30 j’entame l’ascension finale. Il reste beaucoup de névés. Le piolet est utile mais les chaussures mordent bien et je n’utilise pas les crampons. L’altitude se fait sentir et le souffle devient court. Les jambes commencent à se ressentir des 1450 m de dénivelé et des 11 km de distance de l’ascension de la veille. Enfin à 9h50, je suis au sommet avec un panorama fantastique. Pas un nuage, pas même un voile de brume. Une petite bise fraîche fait apprécier une petite laine.

Après avoir goûté à la tranquillité du sommet partagé avec un seul autre randonneur, je redescends sur le refuge du Carro pour passer un moment près des lacs.

A 15h30 je suis de retour au parking.

Je l’avais promis, je suis revenu.

Dernière modification : 16 mai 2018
Ouille du Midi (3042m) en traversée du Vallonnet aux Évettes

A propos

Auteur de ce topo :

Topo publié le 1er janvier 2011

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

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  • par DelgadoLe 5 mars 2011 à 17h41

    Bonjour Alain.

    La Levanna Occidentale devait être au menu pour nos vacances d’été 2009, mais l’importante quantité de neige nous a fait peur et nous avons renoncé dans un élan de sagesse et d’humilité. En 2010, la Pointe Marie et la Pointe Sud-Ouest du Châtelard lui ont grillé la politesse. Mais cette année sera probablement la bonne, bien que l’Ouille d’Arbéron lui fasse concurrence, tout comme la Pointe SO du Châtelard qui a conquis notre coeur.

    En ayant regardé des photos de divers topos, j’ai été surpris par votre terme "peu raide" qualifiant la dernière ligne droite. Il y a plus de 400 mètres entre le Col des Pariotes et le sommet, donc où prend-on vraiment de l’altitude ? Au début ? Et est-il facile de trouver un itinéraire qui évite le glacier et qui n’est pas trop dangereux ?

    Je ne veux pas vous embêter avec mes questions, mais vous avez deux qualités essentielles : vous êtes un vrai randonneur expérimenté et vous savez expliquer.

    Bon week-end à vous.

  • par Le 11 mars 2011 à 19h18

    Bonjour à vous Delgado. Vous êtes très sympa de vous intéresser à mes topos.
    Effectivement en 2009, alors que le centre de la Vanoise était "sec comme un coup de trique", toute la chaîne frontalière était très enneigée. Par exemple, début août, le lac d’Ambin était en grande partie gelé avec de gros névés tout autour.

    Venons-en maintenant au terme "peu raide".

    Aller voir mon topo sur la Grande Tête de l’Obiou par la voie normale. Vous verrez sur deux photos, des randonneurs (désignés par une flèche rouge) dans un couloir. C’est un couloir raide et vertigineux. L’ascension est une ascension pour randonneurs du fait de la présence de petites vires que mon ami Patrice, grand connaisseur des montagnes iséroises, appelle avec raison "escaliers dévoluards".

    A la Levanna, rien d’aussi raide et de vertigineux. On prend déjà pas mal d’altitude par des pentes de rocailles et de neige au pied de la face qui commence vers 3200 m.

    Contrairement à l’Obiou, la Levanna est considérée comme une ascension d’alpinisme. Alpinisme facile mais alpinisme quand même. Qualifié cette face de raide voudrait dire que c’est de l’escalade. Hors il n’en est rien.

    La face est loin d’avoir la raideur des pentes que l’on peut rencontrer à l’Obiou. On peut l’estimer à 30° environ. De plus elle est sillonnée de multiples sentes qui serpentent entre les blocs les plus gros. Il faut de temps en temps poser un peu les mains, mais pas d’escalade. Ce qui peut poser problème, c’est la présence possible de verglas. Un orage d’après-midi et la roche devient humide. Des écoulements se forment et lorsque le beau temps revient, on peut avoir des rochers recouverts de verglas qui demandent de la vigilance.

    En espérant avoir répondu à vos questions.

  • par Le 22 juin 2011 à 15h10

    Bonjour,

    Cela fait déjà deux fois que nous devons rebrousser chemin en début d’été sur ce sommet à cause de la neige complètement pourrie dès le matin. Peut-on réellement espérer le réaliser sans matériel fin juin-début juillet cette année ou faudra-t-il vraiment qu’on revienne une fois au mois d’aout ? :)

  • par Le 22 juin 2011 à 15h50

    Bonjour,

    Dès le matin ! Cela veut dire quelle heure ?

  • par Le 22 juin 2011 à 15h59

    Je pense que pour les deux fois on devait avoir passé le col des Pariotes avant 9h00 (en partant de l’Ecot au matin donc).

  • par Le 22 juin 2011 à 16h25

    J’ai entamé le final à 8h30 mais un 10 août. 9h00 fin juin, début juillet, c’est déjà tard ! Ne pas oublier qu’en plus des nuits plus courtes, les conditions de regel nocturne sont plus mauvaises dans les versants Ouest que dans les versants Est ou Nord. Cette année l’enneigement général est très faible. Donc la montagne devrait en principe être sèche plus tôt. Mais je ne peut que vous conseiller de partir à la frontale le plus tôt possible surtout si vous connaissez déjà le chemin.

  • par Le 26 août 2012 à 16h32

    J’ai réalisé l’ascension de la Levanna Occidentale le dimanche 19 Août 2012.... par un temps magnifique et caniculaire (chemise de randonnée largement suffisante au sommet, l’isotherme 0°c était prévu ce jour là à 4 900 m d’après ce qu’une personne de Bessans m’ avait annoncé la veille !)

    J’en garde un souvenir magnifique : c’est mon record d’altitude et c’est l’un des sommets les plus hauts que l’on peut atteindre en tant que randonneur en France sans équipement....

    Au niveau de la difficulté : quitte à choquer certains tout en restant respectueux des avis des autres amoureux de la montagne qui ont une expérience bien plus complète que la mienne en matière de pratique de la haute montagne, bien que n’ayant aucune expérience d’alpinisme mais ayant quand même une expérience confirmée de randonneur ayant gravi plusieurs "3 000".... je trouve que ce sommet est une "simple" course de randonnée et non d’alpinisme quand les conditions climatiques sont excellentes ou optimales (ce qui était le cas pour moi).

    Certes, cette randonnée n’est pas à la portée de tout le monde mais elle est à la portée d’un très bon randonneur.

    Une cotation randonnée difficile (ou bien façon bivouak.net avec sa cotation R5) me semble plus judicieuse quand les conditions climatiques (estivales) sont bonnes (précision importante).

    Le panorama est magnifique.... la sensation d’être en haute montagne est présente (il suffit de voir le "gaz" très présent du côté italien pour s’en convaincre).

    A regarder de plus près, la Levanna centrale me fait penser à une tête de chat avec ses deux petites pointes quand on la regarde bien en face.... j’ai trouvé une légère similitude avec la tête de chat des Aiguilles d’Arves...

    Niveau temps de marche :

    Je suis parti de l’Ecot à 7 H 50 et je suis arrivé au sommet à presque 14 H 00 (à 2 ou 3 minutes près) (j’avais fait un peu moins de 20 minutes de pose au refuge du carro et 15 minutes au col des Pariotes).
    Je suis resté 1 heure au sommet et je suis reparti à 15 H 00 et des poussières .... pour rentrer à 20 heures au parking de l’Ecot.... (je ne descends pas bien vite...)

    Une journée éprouvante (pas mal pour ma première journée de randonnée de ma semaine de vacances dans les Alpes) mais inoubliable.

    Un grand merci à l’auteur de l’article et ainsi qu’aux auteurs d’autres articles sur cette montagne sur d’autres sites qui m’ont donné l’envie de faire ce sommet.

    Sans leurs articles, je n’aurais, peut être, pas tenté un tel sommet de sitôt.

  • par Le 26 août 2012 à 17h10

    Merci du merci.
    Effectivement, on peut se poser le question du classement de l’ascension en randonnée ou en alpinisme.
    On peut, en prenant à droite, éviter les restes du glacier et monter uniquement par des rochers faciles.
    Mais en début de saison, quand il reste de la neige, on va avoir tendance à rester sur cette neige dans l’entonnoir central entre la Levanna et l’Aiguille Percée, où le cheminement est plus facile. Et donc monter sur environ 100m par les restes de la partie supérieure du glacier. Et ce glacier, qui avait une réputation de glacier débonnaire, ressemblait en fait à un vrai gruyère : j’ai vu des photos. Et en début de saison, à cette altitude, crampons et piolet peuvent être utiles. D’où le classement en alpinisme. Nous sommes quand même à 3600m et je préfère que cette ascension soit classée "course d’alpinisme accessible aux randonneurs".

  • par Le 27 août 2012 à 16h24

    Je l’ai aussi réalisée début août et du glacier, il ne reste pratiquement plus rien, sinon une petite plaque de glace... Apparemment les guides ne la proposent même plus en course d’initiation, par contre ils l’attaquent par l’autre côté avec des clients plus chevronnés. Question timing, on l’a fait en 10h, pauses comprises, en montant par les sources de l’Arc, le col des Pariotes puis toute l’arrête et en redescendant par le long du glacier et le refuge du Carro. Certains habitués gagnent pratiquement 1h en coupant directement de La Duis au col mais il faut être costaud !

  • par Le 9 août 2017 à 11h45

    Bonjour, est-ce que le ressaut sommital pose des difficultés ? Il a l’air assez raide, faut-il poser les mains ? Ou sont-ce simplement les photos qui donnent une impression de difficulté ?

  • par Le 9 août 2017 à 11h51

    Aucune difficultés rocheuses. On pose peut-être les mains 2 ou 3 fois dans toute l’ascension, mais c’est plus par commodité pour des ressauts de 40/50 cm max.

  • par Le 9 août 2017 à 12h05

    Merci Alain pour ce retour (ultra) rapide. J’ hésite à aller y faire un tour avec nuit au refuge du Carro vendredi/samedi ou dans un autre style aller au Mont Buet.

  • par Le 9 août 2017 à 12h19

    Je vois que tu as fait la Réchasse. La Levanna n’est pas plus difficile si la météo est bonne.

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