Pic de Bernardez (2430m), versant Est en hivernale – à raquettes

Difficulté :
Moyenne
Dénivelé :
1200m
Durée :
2 jours
La carte

Auteurs : , (Avertissements et Droits d'auteur)

Une approche raide en sous-bois, parfois difficile quand la trace n'est pas faite, puis de vastes plateaux enneigés et sauvages. Une grande dimension en hiver.

Accès

En amont du Lauzet-Ubaye, sortir de la D900, au Martinet (Le Martinet). Panneau "Laverq". Poursuivre la petite route souvent glacée jusqu’à Saint Barthélémy.
Se garer au parking indiqué dans le village.

Précisions sur la difficulté

Lorsque la trace n’est pas faite, on a vite fait de chercher son chemin dans un terrain parfois difficile.
Risques liés à la nivologie et à l’altitude en hiver.
Le début de la crête des Grisonnières (facultatif) peut être cornichée et forte en ambiance.
Bivouac d’altitude en hiver à gérer.

Les infos essentielles

  • IGN TOP25 3439ET - Seyne - Chabanon - Grand Puy - Tête de l’Estrop
  • Prendre DVA - pelle -sonde
  • Le tel passe au sommet et devant la cabane.

Itinéraire

Nous sommes à peine arrivés à la voiture, et Jean me dit : "ça va être difficile de faire une aussi belle sortie cette année".. Gloups ! nous ne sommes qu’en janvier et l’hiver commence à peine... Cependant, ces décors en neige profonde, totalement vierge, comme ceux que nous venons de traverser, et cette ambiance, autant sur les crêtes qu’en forêt, relèvent de conditions peu fréquentes.

Nous sommes partis par risque 3, après une importante chute de neige. Pourquoi l’avons nous fait ? ; parce que le fort dénivelé se fait au départ, dans la forêt, ce qui limite les risques d’avalanche (mais ne les exclue pas). Les plateaux qui mènent au sommet sont peu propices aux avalanches, et les pentes avant le sommet, si elles cassent, ont peu d’amplitude.

La montée à la cabane du Jas - de 1238 à 1976 m

Une première journée si l’on veut faire la course avec une étape.
De Saint Barthélémy, on peut monter par le GR6, mais ce sera souvent à pied, pendant une heure car le versant est ensoleillé. Je déconseille donc cette montée aux skieurs, d’autant qu’elle s’effectue en sous-bois.

La bonne pioche semble être sur le versant nord de l’éperon de Serre Langas. Il y a quelques sentes, et certainement une trace qui permet de rejoindre le point 1901 et la cabane du Jas notée 1976.

Nous avons cherché notre bonheur par un itinéraire qui démarre à l’épingle de la piste forestière, mais nous nous sommes vite retrouvés dans des forêts pentues, qui m’ont fait penser aux bois noirs du massif central. Notre itinéraire, ne nous a pas déplu par l’aventure, mais ce n’est pas le plus pratique pour cette ascension. Nous sommes sortis des bois au dessus du Serre Langas et nous avons rendu visite à la cabane de Bernardez (sous le point 1911).

Il nous a fallut traverser au nord une crête boisée (ambiance grand nord avec 1.50m de neige), puis découvrir un autre plateau, celui qui mène au pic de Bernardez. La trace se fait évidemment à un rythme lent. La neige est profonde. Avec le détour à la cabane de Bernardez, nous aurons mis 5 heures pour les 700 m de dénivelés.

Arrivés à la cabane du Jas "1976", vers les 16h00, un peu de terrassement nous attendait ; 2 mètres de neige à remuer pour ouvrir la porte. Un gros boulot qui rappelle que les pelles en plastique, c’est bien en magasin, mais pas vraiment adapté au travail de la neige ;-). Petit conseil : équipez vous de pelles en métal, les seules qui peuvent vraiment accomplir ce qui est nécessaire.

La traditionnelle soupe chinoise inaugure un bivouac très correct dans la cabane du Jas. Comme souvent il y a un poêle, et comme toujours on s’intoxique. Aller en montagne pour se farcir les poumons, c’est ballot..

La montée au Pic Bernardez

Belle ambiance au réveil, dans cette immensité blanche, bleue plutôt, avant l’arrivée du soleil. Quelques prises de vue, par -10°C, nous gèlent les doigts. Mais le soleil arrive lentement et réchauffe la montagne toute entière. Il n’y a pas de vent.

La montée est belle, peu pentue, dans une neige polie et immaculée. Jean exulte dans ce décor de carte postale.

Nous laissons à gauche les pentes qui vont au col de Bernardez pour rejoindre directement le sommet par un itinéraire moins expo. Une pente en traversée, où nous gardons nos distances, puis la crête NE nous mène au sommet par une neige plus dure, et plus facile à négocier. Le vent nous accueille juste en dessous du sommet, 75km/h en arrivant à la croix. Cela renforce encore l’ambiance, et accentue les pentes du sommet. Quelques corniches, mais rien de bien méchant si l’on reste attentif.

La descente

À la vue des étendues de neige, je rêve.. Inutile de dire que pour les skieurs, descendre ces plateaux "faciles" et en bonne neige doit être un must. Pour la forêt qui suit, ce sera plus difficile.

Équipés de raquettes, nous poursuivons l’aventure par la belle crête de Grisonnière. Nous la quittons rapidement, vers le point 2323, pour une belle descente dans la poudre directement vers la cabane.

Ensuite nous prenons le GR6, pas toujours facile à suivre, car il n’est pas marqué sur les arbres. Dans cette neige, nous fonctionnons à l’instinct. ("Fie toi à ton instinct Luke"). La neige devient difficile à vivre dans la forêt, la poudre sur une couche de gel nous envoie régulièrement dans le décor. On rigole quand même...

Puis le GR6 se dévoile à proximité du ruisseau, et voilà St Barthélémy, où un âne bien solitaire nous demande de loin une petite visite. Il doit s’ennuyer le pauvre.
Rien ne bouge dans ce village...

Matériels testés :

  • Sac de couchage SparkIII
  • Sac de couchage Makalu 1
  • Chaussures Forclaz Trek 700
  • Frontale Black D Spot 300
    Pantalon RockfitIII
Dernière modification : 16 janvier 2018
Fort de Dormillouse (2505m), Pics de Savernes (2344m) et de Bernardez (2430m), Vallon de Provence

La carte du topo « Pic de Bernardez (2430m), versant Est en hivernale »

Ouvrir en grand !

Chargement de la carte en cours