Pointe de Charbonnel (3752m) - voie normale

Difficulté :
Alpinisme PD
Dénivelé :
1950m
Durée :
1 jour

Une ascension complète, très physique se déroulant dans un cadre exceptionnel ! Certainement le sommet le plus engagé de la Maurienne ! – Auteur :

Accès

Bessans. Parking des Vincendières dans la vallée d’Avérole.

Précisions sur la difficulté

  • Cotation : PD (glacier 35°, pentes de neige 40° et passages rocheux en II)
  • Engagement : II (longue course en altitude avec glacier et petite escalade).
  • Très longue course avec 2000m D+ en montée sèche, être en excellente condition physique pour cette course !
  • Vire basse souvent très humide avec des dalles glissantes !

Les infos essentielles

  • Carte IGN : IGN TOP25 3634 OT
  • Altitude minimum : 1815m - Vincendières
  • Altitude maximum : 3752m - Pointe de Charbonnel

Itinéraire

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Préface

La Pointe de Charbonnnel est le point culminant de la Haute-Maurienne. Il est unique et attire l’œil avec sa majestueuse face nord-ouest, où se trouve justement la face d’ascension. Deux kilomètres verticaux en mode montée sèche pour atteindre le sommet ! Sommet réservé à ceux ayant une condition physique sûre et acclimatés.

Le parcours

  • 1ère partie : Des Vincendières au pied du glacier

Des Vincendières (1815m) prendre le pont traversant le torrent puis prendre la piste de droite !.

S’élever en "S" puis au bout repérer un sentier à main gauche, seul endroit où il y a de la recherche.

Après avoir trouvé ce sentier, le remonter agréablement en forêt.

On quitte la forêt plus haut pour laisser place aux beaux alpages, continuer de s’élever grâce au beau sentier.

À l’altitude 2250m environ on est à un croisement : celui avec le sentier menant à la Pointe de Tierce (2938m), le laisser sur la droite et prendre celui de gauche.

On monte sur une belle vire qui traverse en légère montée jusqu’à rejoindre le Torrent du Charbonnel.

Traverser ce torrent facilement puis continuer sur la large vire basse au lieu de monter tout droit comme le disent certains topos !

Remonter assez aisément les pentes herbo-rocheuses de cette rampe et buter sous un petit passage rocheux sous forme de courte cheminée : la négocier (II) et continuer de remonter la rampe avec la pente qui se couche légèrement.

À l’altitude 2900m on rejoint une pente de neige ou de rochers selon la saison partant à main droite, l’emprunter !

La pente est de 30-35° maximum.

70 mètres plus haut repérer franchement à droite une cheminée avec un gros bloc au sommet.

Il s’agit là du passage clé, qui permet de passer la barre rocheuse limitant l’accès à la vire haute.

Emprunter cette cheminée d’aspect verticale et là remonter en son centre (II+)

On aboutit à une terrasse (3040m).

  • 2ème partie : La vire haute et le glacier

Depuis la terrasse monter plein sud dans un pierrier qui se redresse peu à peu.

On aboutira au pied du glacier à l’altitude 3200m environ.

Il ne reste plus qu’à remonter le glacier en montant tout droit sur 150m puis en tirant à gauche (sud-est) jusqu’au sommet.

À noter la pente de 25-30° en moyenne avec un passage à 35° pour le final de l’ascension.

Au sommet du glacier, aller sur l’arête facile à gauche pour terminer aisément le sommet.

Le point de vue du sommet

Depuis le point culminant de la Haute-Maurienne on aperçoit TOUT !! Entre le Mercantour, l’Ubaye, le Viso, le Queyras, les Ecrins, la Vanoise toute proche et ses hauts sommets. Le Grand Paradis, le Mont Blanc, la Plaine du Pô et même la Suisse.
La Vallée d’Avérole, 2 kilomètres plus bas donne une sensation unique !

La descente

Elle se fait par la même voie, ne pas tirer de rappel dans la cheminée, elle se descend bien, descendre un par un par contre pour évier les chutes de pierre et les accidents !!

Les voies possibles

Merci à alain pour m’avoir donné les variantes de montée, je le remercie d’avance ;)

  • Versant NW (voie normale) : PD, voir topo
  • Arête SE de Mouta : PD, arête très esthétique, il faut d’abord contourner les dents de roche pourrie par la gauche (neige ou pierrier raide) et atteindre une brèche sous les ressauts finaux et monter par le versant Sud du fil (III max.)
  • Arête WNW : PD, très longue arête reliant la Pointe de Tierce au Charbonnel, passage en cheminée au milieu pour rejoindre le collu entre les deux sommets puis on remonte facilement l’arête neigeuse jusqu’au sommet !
  • Crête de la Lombarde (NE) : PD, il faut attraper l’arête au-dessus du cirque glaciaire d’Ouille Mouta et remonter par le fil, un beau ressaut en II/III permet d’atteindre le glacier sommital.
  • Arête SE du Fond d’Orset : PD, voie unique par le Vallon du Ribon, rejoindre le vallon entre l’Ouille Mouta et le Charbonnel, remonter à moitié le vallon puis virer à gauche pour rejoindre la Pointe du Fond d’Orset (3415m) puis suivre le fil de l’éperon jusqu’au sommet.

Description de notre sortie du 3 juillet

Le Charbonnel est une montagne extraordinaire, du fait de sa forme et de sa masse.

Le point culminant de la Haute-Maurienne ne s’atteint pas facilement !

Nous l’avions repéré en 2016, lors de notre ascension de l’Albaron, c’est Patrick, surtout, qui voulait y aller.

La bestiole qu’il l’appelle ce sommet, depuis ça nous est resté et il nous fallait la faire cette bestiole.

En ce début juillet 2018 nous avons prévu une belle excursion dans les Alpes du Nord, de passage dans la Vanoise avant le Mont Blanc nous décidons donc de faire la bête.

C’est donc parti pour cette magnifique mais dure ascension !

6h00, nous sommes aux Vincendières, au pied du Charbonnel, deux kilomètres verticaux nous séparent du sommet !

Déjà ça commence bien nous nous trompons de sentier au début : nous prenons la piste de gauche qui ne mène nulle part au lieu de prendre celle de droite.

Cela nous oblige à grimper dans un couloir d’herbe hors-sentier.

Pas grave, la motivation est toujours là ! À l’altitude 2100m nous traversons à droite pour rejoindre le fameux sentier...

Un névé béton nous sépare du sentier, nous mettons les crampons pour le traverser, on en profite pour le remonter jusqu’en haut sur une bonne centaine de mètres, ça ne mange pas de pain...

Nous rejoignons le sentier vers 2300m environ, on oublie vite cette parenthèse en s’élevant sur ce magnifique sentier raide.

Nous traversons à main gauche vers les vires d’accès au glacier...

Le rocher est très humide en versant nord-ouest, les petits passages rocheux sont rendus délicats.

À 9h00 du matin nous sommes à 2900m, sous la branche basse du glacier et ses énormes séracs...

Nous repérons vite la cheminée (passage clé) d’accès à la branche haute du glacier.

Cette cheminée, d’aspect verticale se passe bien en son centre (II).

On aboutit au grand replat pierreux à 3050m environ.

La suite de la partie sèche se passe très bien jusqu’à ce qu’on atteigne le pied du glacier (3200m environ).

Le moral commence à faiblir et la forme aussi, pourtant il reste 500m de pente à 25-30°

Le brouillard s’installe là-haut... Dommage...

Après 2 heures de montée, nous arrivons enfin tous trois au sommet de la Pointe de Charbonnel après 6h de montée !

Le brouillard se lève pour laisser pénétrer le soleil quelques instants !

On prends quelques belles photos, on se restaure un peu et surtout on se repose, là, on a "envoyé la machine !"

Mais il faut bien descendre à moment donné...

On attaque donc la descente dans de la neige type soupe, ce qui a pour effet de reposer les jambes, en 20 minutes on est en haut du passage clé !

Nous descendons avec attention la cheminée puis descendons la pente de neige à 35° qui ramène sur la vire basse...

On profite d’une belle langue de neige sur la moitié de la vire, ce qui nous ramène à 2700m d’altitude avec la neige, les jambes se reposent pendant un moment !

Nous enlevons ensuite les crampons avant de terminer la descente tranquillement jusqu’aux Vincendières que l’on atteindra à 15h30 !

Au final ça aura été une des plus belles sorties de cette campagne, avec des paysages et un terrain très varié.

En plus, le faire avec Patrick, c’est mystique comme il dit...

Video

Dernière modification : 2 août 2018
Ouille d’Arbéron (3563m) arête ouest, voie normale

A propos

Auteur de ce topo :

Site web : Altitude Sans Frontière

Jeune passionné de 18 ans, à 1000% de sports montagne & nature ! J'ai découvert la montagne à 14 ans, avec mon père. "La Montagne ça vous gagne" se confirme pour mon cas puisque je suis de plus en plus mordu… Arpentant tous les terrains en toutes saisons, on ne peut plus s'en passer. Une belle addiction ! Je suis un amateur de sommets oubliés ou très peu fréquentés (tout ce qui touche au (...)

Randonnée réalisée le 3 juillet

Topo publié le 28 juillet

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

Afficher les commentaires précédents (9).
  • par Le 28 juillet à 17h47

    Salut,

    Jolie bambée, félicitations !

    J’avais fait Charbo en Juillet 1986 !!!!
    A la place de la cheminée (votre photo 11) il y avait un bombé glaciaire 100m/45° (entre 3100 et 3200). Bombé qu’on a redescendu en rappel sur broches !

    Que de changements en 30 ans !
    En tout cas bravo et bon séjour au pays du diable.
    A+
    Patrick

  • par Le 28 juillet à 19h56

    Voie normale ???

  • par Le 28 juillet à 20h08

    "Aucune crevasse apparente sur le glacier, la corde n’est pas obligatoire"

    Euh... Des lignes de crevasses barrant tout le versant sont visibles, pas trop sur GeoPortail, mais très clairement sur Google Earth ! D’ailleurs, sous le sommet, une belle rimaye est clairement présente...

    A moins d’avoir vu le glacier totalement déneigé pour pouvoir formellement constater l’absence de crevasses, il faut être prudent... D’autant plus qu’après 1500m de dénivelé, le glacier ne sera certainement pas abordé aux aurores ! Et encore moins à la descente...

    Donc, à mon avis, encordement obligatoire... Pour l’instant ! Pour la version "sans corde", attendre encore une décennie ou deux, le temps que le réchauffement climatique fasse son boulot...

  • par Le 28 juillet à 20h21
  • par Le 29 juillet à 23h16

    Salut !
    Qu’il est beau ce sommet : bien joué !
    J’y suis monté une semaine après vous (je mettrai une sortie quand j’en aurai le temps... ainsi que plein d’autres...).
    Pour ma part, j’ai évité la cheminée avec le gros bloc en montant par une langue de neige un peu plus à l’est, mais pas sous les séracs non plus. On rejoint le pied du glacier légèrement plus haut.
    Parti à 4h00 du parking, le passage des dalles humides pour rejoindre la vire à la lueur de la frontale était bien "réjouissant" :-(

  • par Le 29 juillet à 23h34

    @ Galipette : Salut, le topo que tu cites emprunte l’itinéraire "supérieur de ski de rando".
    Pour avoir pu observer cet itinéraire du dessous, je pense qu’il est préférable une fois la neige fondue de suivre le topo de notre ami Rapha pour éviter les chûtes de pierres dans les barres rocheuses.
    De plus, je pense que c’est moins pénible et plus rapide car à part les 2 cheminées citées plus haut, on suit une trace tout le long dans la vire inférieure.
    Les deux itinéraires restent possibles toutefois...

  • par Le 29 juillet à 23h54

    Bonjour à tous
    @ Joëlle —> le topo cité va passer en "sortie" cet itinéraire "skieur" est dangereux en été. Un topo ski de printemps est à faire. C’est donc bien la voie normale.
    @ Pascal —> oui, évidement ! J’ai enlevé la ligne. Il y a déjà eu des morts en crevasses sur ce glacier.

  • par Le 30 juillet à 18h34

    Hello la compagnie, pour les crevasses, on a rien vu. L’an dernier il était complètement dégagé de neige et je n’ai vu aucune crevasse... Donc j’en sais rien. La photo GOOGLE Earth après est de l’année 2014...il se peut que les crevasses aient disparues...

  • par Le 30 juillet à 18h35

    Den’s, Bravo pour ton ascension ! Il faudrait s’en faire une un de ces quatre, t’es dispo quand ?

  • par Le 30 juillet à 19h01
  • par Le 30 juillet à 22h18

    @ Rapha : Yep pourquoi pas, avec plaisir ! Bon, là je viens de reprendre le boulot mais j’aurai surement un peu de temps en août mais surtout en septembre.

    @ Alain : Merci pour le rappel, c’est vrai que tout seul sur glacier c’est toujours risqué. En début de saison (juin / mi juillet) les risques sont moindres, mais...

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