Aiguille de la Grande Sassière (3747m) Sortie du 15 août 2016

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Pour se trouver seul au sommet de la Grande Sassière un 15 août, il fallait un départ matinal. Mission accomplie ! Avec en prime, un beau lever du soleil sur le Dôme de la Sache et le Mont Pourri.

Conditions météo

Bien ensoleillé avec quelques voiles nuageux au petit matin, le ciel s’ennuage progressivement (cumulus) à partir de 10h00. Température de 2°C au sommet à 08h40, vent faible.

Récit de la sortie

En descendant de la Grande Sassière lors de l’ascension du 08 août 2012, je m’étais fait la promesse de revenir. Après 1468 jours, voilà qui est chose faite.

En cette journée du 15 août 2016, la météo annoncée n’est pas exceptionnelle mais suffisamment favorable pour bénéficier du panorama au sommet. CAVOK, à condition d’y être assez tôt !

Départ du Saut à 05h00 avec la frontale. Après quelques mètres, je croise déjà 2 autres lampes dans la nuit noire. Il s’agit de 2 randonneuses qui disent se rendre au bout du vallon de la Sassière pour observer bouquetins et chamois. Bonne idée, c’est un excellent spot.

Aucune marche d’approche pour la Grande Sassière, ça monte assez fort dès le départ. Quelle chouette sensation de marcher dans les alpages en pleine nuit, avec le vent et le torrent de la Sassière pour seul fond sonore !

Alors que j’évolue vers l’altitude 2400m, une autre lampe est à mes trousses mais je la perds de vue en arrivant sur le premier replat du Plan de la Casette. Je me retourne de temps à autre, toujours rien. Mais où est donc passée cette personne ?

Sur la montée entre le Plan de la Casette et le début de l’arête, je me trouve bien positionné pour assister au spectacle du lever du soleil, lorsque les premiers rayons illuminent le Dôme de la Sache, le Mont Pourri et le haut des glaciers.

C’est juste magnifique, les quelques voiles nuageux rehaussent les couleurs dans le ciel. L’éphémérité de ce moment le rend encore plus beau.

C’est ensuite l’arrivée sur l’arête et son replat, entre 3110m et 3130m. Le vol se déroule à merveille, la vitesse de croisière est atteinte. À travers mes hublots, la vue se dégage grandement sur la Vanoise tandis que le Mont Blanc pointe le bout de son sommet sur ma gauche.

La petite turbulence de l’altitude 3240m se passe sans encombre. Une corniche borde la sente qui permet de franchir le ressaut. Passage rendu assez glissant par le ruissellement, il devait être beaucoup plus délicat quelques jours auparavant.

À partir de l’altitude 3300m, l’objectif est en vue. C’est une arête bien dégagée qui s’ouvre devant moi, entre l’abrupt à droite et le glacier de la Sassière à gauche.

Toujours aucun trafic dans le secteur, je mets le cap au 090 et passe en mode "autopilot" pour cette longue traversée.

Altitude 3500m, je reprends les commandes. Il va falloir cabrer et mettre plein gaz. Demande de ravitaillement en vol, une bonne tranche de pain d’épices fera l’affaire ! Je tire sur le manche, le variomètre s’affole un peu mais la machine répond bien.

Effort régulier sur les 250 derniers mètres de dénivelé, il faut jouer sur le lacet, ça zigzague pas mal. Puis j’entrevois le sommet. Dernier appel radio, je demande l’autorisation pour un atterrissage plein soleil. "Autorisé Alpha Golf, vous êtes numéro 1, piste dégagée". Youpi !

Il est 08h40, la température extérieure est de 2°C, bienvenue à la Grande Sassière.

Très surpris d’être le premier à fouler le sommet en ce 15 août, je me régale du panorama pendant 20 minutes. Le soleil fait du bien, la montée s’est intégralement déroulée à l’ombre.

Puis un randonneur se présente au sommet. C’est un de nos amis Québécois, la fameuse lampe qui a disparue de mon champ de vision sous le Plan de la Casette !

J’apprends qu’il s’est trompé dans le cheminement du départ, partant en direction des chalets du Chargeur. Du sentier balcon, il a du couper hors sentier pour revenir sur l’arête. Bravo à lui. Puis il me parle de son projet passionnant, la création d’un sentier transappalachien.

Vers 9h15, je regarde du côté de la pente finale. Un convoi de chasseurs alpins est en approche, une trentaine d’individus. Ils sont précieux nos amis chasseurs alpins, mais ça va faire beaucoup de monde au sommet ! Il est temps de laisser la place, je m’apprête à mettre les voiles.

Afin de libérer la sente pour le convoi montant sur la pyramide, j’effectue la descente à l’écart. Le terrain est encore gelé, la progression n’est pas aisée. Lorsque je rejoins les 2 derniers du convoi, j’apprends que l’un d’eux fait l’ascension avec une sérieuse tendinite, sous l’œil bienveillant de son camarade.

Pendant la descente, je croise encore quelques prétendants au sommet dont une équipe de VTTistes.

Promis, je reviendrai.

Dernière modification : 30 août 2016