Le Pain de Sucre du Queyras (3208m) à la frontale, au départ du sommet du Col Agnel

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
468m
Durée :
demi-journée
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Magnifique sommet au nom évocateur et mérité, très fréquenté en raison de la proximité de la route du Col Agnel, le plus haut col transfrontalier des Alpes. Ascension nocturne pour le "lever du Soleil".

Accès

  • Route du Col Agnel. Petit parking 150m avant le col, versant français. Possibilité de se garer le long de la route au col lui-même.

Itinéraire

Carnet de route

  • Carte : IGN TOP25 3637OT
  • Tracé IGN
  • Départ : 2740m
  • Sommet  : 3208m
  • Distance  : 4 Km
  • Horaire de départ : 4h00
  • Sommet : 5h40
  • Retour : 9h00

Le Pain de Sucre par le Col Agnel

L’ascension proposée ici, au départ du Col Agnel, est plus courte et plus directe que l’itinéraire classique au départ des parkings qui sont à proximité du refuge Agnel. La dénivellation est inférieure de 160m. Mais on ne passe pas par le Col Vieux qui est un site magnifique. Cet itinéraire est à privilégier pour une ascension rapide, pour assister par exemple, au coucher ou au lever du Soleil. C’est cette dernière option que je vous propose.

Difficulté

Le Pain de Sucre, que ce soit par l’itinéraire du Col Vieux ou par celui du Col Agnel (les itinéraires se rejoignent au pied de la pyramide terminale) est de difficulté moyenne. Les pentes raides demandent un peu d’attention et l’arête finale devient étroite et aérienne, ce qui ne permet pas de la classer en "randonnée familiale". Cependant des enfants bien entraînés gravissent le sommet régulièrement.

L’ascension que je vous propose, de nuit, à la frontale, avec toutes les chances de s’égarer un peu entre les multiples traces, devient de ce fait difficile.

Pour ceux qui préfèrent assister au coucher du Soleil, il faut simplement faire attention à ne pas rester trop longtemps au sommet pour ne pas être "pris par la nuit".

Descriptif

Du petit parking, 150m avant le Col Agnel, en versant français, suivre le sentier bien tracé, qui se dirige au Nord-Ouest, en longeant la crête frontalière.

À noter qu’un sentier part directement du Col Agnel et rejoint le sentier venant du parking.

Le sentier, s’infléchit au Nord pour rejoindre l’itinéraire venant du Col Vieux.

Remonter au mieux la pyramide terminale, sillonnée de multiples traces qui finissent par se rejoindre pour atteindre l’arête sommitale beaucoup plus étroite. Une petite Croix se trouve sur cette arête, un peu en contrebas du point culminant.

Descente par le même itinéraire.

L’ascension

En ce début août 2011, dans le Queyras, malgré les bulletins de Météo-France, annonçant du beau temps, on assiste tous les jours, très tôt, aux débordements nuageux venus d’Italie.

Le 30 juillet, parti par temps clair, je suis arrivé au sommet du Petit Rochebrune sous un ciel couvert.

Le lendemain, je m’arrête au Lac d’Asti. A 8h15, toutes les montagnes sont déjà dans la brume !

Toutes ! Non ! Le Pain de Sucre résiste aux nuées venues d’Italie.

D’où l’idée de faire cette ascension. Ou plutôt, de la refaire.

Mais alors, la refaire différemment !

C’est ainsi qu’est née l’idée de faire l’ascension à la frontale pour assister au lever du Soleil depuis le sommet. Et dans ce cas, partir du Col Agnel ce qui doit me faire gagner une bonne demi-heure de sommeil.

1er août, 3h15, le réveil sonne. Je passe la tête par l’ouverture de ma tente et je constate que le ciel est pur et étoilé. Je pars aussitôt, mon petit déjeuner m’attend déjà dans la voiture et je vais manger en roulant.

Pas de café ! Ni de tartine à la confiture ! Quelques croissants industriels et 3/4 de litre d’eau !

À 3h50 je suis au parking. Le temps de finir de m’équiper, je sors de mon véhicule et...catastrophe ! De larges bandes nuageuses, venues d’Italie évidemment, envahissent le ciel, et seules quelques étoiles brillent.

Je suis sur place, je pars quand même.

Le sentier est large et bien tracé. J’arrive à la jonction avec l’itinéraire venant du Col Vieux.

Je commence l’ascension finale en prenant une sente au hasard. A la lueur de la frontale, difficile de choisir !

La brume monte et commence à m’entourer. Pire encore, des éclairs zèbrent le ciel sporadiquement. Un orage éclate quelque part en Italie. Pas de bruit de tonnerre. Il est donc loin et j’espère qu’il ne va pas se rapprocher.

La trace que je remonte vient buter sur un ressaut rocheux. Cela ne me surprend pas. Il suffit de le surmonter et je vais certainement trouver une autre sente derrière. Le rocher est le même qu’à la Crête de la Taillante. C’est à dire très adhérent...quand il est sec. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Mais cela pourrait être pire s’il gelait !

Petit à petit, je progresse vers le haut. Pas trop vite. Rien ne sert d’arriver trop tôt.

La brume se déchire un peu et une étoile très brillante apparaît. Trop brillante pour être une étoile. Cela doit être une Planète. Mais Jupiter ou Vénus ? Si c’est Jupiter, je devrais la reconnaître avec les jumelles. Un petit point lumineux brille à côté de la Planète. C’est l’un des satellites galiléens de Jupiter.

Jupiter est toujours magnifique à observer. Ses satellites tournent très vite et chaque jour ils sont dans une configuration différente. Quelquefois, ils sont tous les quatre alignés d’un même côté. Quelquefois, ils sont derrière. Aujourd’hui, on n’en voit qu’un. La brume se referme très vite.

La grisaille de l’aube fait peu à peu irruption et je vois l’arrondi des pentes supérieures. Comme tout sommet arrondi, celui-ci recule aussi vite que j’avance.

Néanmoins, je ralentis encore un peu mon rythme, pour ne pas arriver trop tôt au sommet et attendre le lever du jour dans une immobilité glaçante.

Cette fois, l’aube est là et j’éteins la frontale. L’arrondi du sommet cesse de reculer et j’aperçois la petite Croix.

Je suis au sommet à 5h40. Encore trop tôt ! Je suis entouré de brume. J’enfile tous mes vêtements. Mes gants sont humides et froids. J’ai une paire de rechange dans mon sac. Ils sont secs et froids. J’aurais dû les mettre dans mes poches. On ne pense pas toujours à tout !

Le "panorama" me rappelle certaines journées d’hiver dans mon Pilat bien-aimé : de la brume à droite, de la brume à gauche, devant, derrière, dessus, dessous, de la brume partout ! Génial ! Se lever à 3h15 pour cela !

Une petite trouée dans la brume, me révèle un nuage orange. Je le regarde sur l’écran de mon appareil numérique et... je vois apparaître le Mont Viso !

C’est un miracle ! La brume se déchire ! Certes, il reste des nuages ! Et même des cumulonimbus ! Ce sont sans doute eux qui sont responsables des éclairs que j’ai aperçus.

C’est maintenant l’aurore ! Les nuages prennent des couleurs. Une brume basse venant d’Italie franchit le Col Agnel et commence à se déverser comme une marée dans le Vallon de l’Aigue Agnelle. Les Ecrins se teintent d’or.

Et puis soudain, un disque rouge sang apparaît de derrière un nuage. L’appareil photo ne captera pas ce rouge.

Les sommets s’allument les uns après les autres. Le Salsa et le Rubren, le Massif de Chambeyron, la Font Sancte, le Pic de Rochebrune dans son isolement splendide, et puis la Tête des Toillies.

La plaine du Pô est fidèle à elle-même : un océan de brume.

Le Mont Viso, est imposant mais reste dans l’ombre. Le versant qu’il présente n’est éclairé que l’après-midi. Tout comme la Taillante, cette merveilleuse montagne.

Il faudra que je revienne au Pain de Sucre au coucher du Soleil.

La brume monte et je commence ma descente. Je suis resté 2h00 au sommet.

Je pénètre bientôt dans la brume et je peux apercevoir un magnifique "Spectre de Broken". Il devait être écrit que cette journée serait féerique !

Enfin j’arrive au Col Agnel au milieu de volutes de brumes montantes.

Etrangement, alors que la veille le sommet était occupé par de nombreux randonneurs, dès 7h00, ce jour je ne verrai personne.

Vidéo


L’Ascension du Pain de Sucre par britanicus100

Dernière modification : 16 mai 2018
Le Pain de Sucre (3208m)

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Photos « Le Pain de Sucre du Queyras (3208m) à la frontale, au départ du sommet du Col Agnel »

Le Pain de Sucre et le Pic d’Asti, vus d’en face au Col de Chamoussière... ...et vus de la Crête de la Taillante. Le Pain de Sucre vu du sentier montant au Col Vieux. Le Pain de Sucre, vu de la Brèche de Ruine. La Croix sommitale apparaît dans la grisaille de l’aube. Le sommet, cerné de brume. Le Mont Viso se montre alors que je ne m’y attendais plus. Et le Soleil réussi à percer... ...timidement la couche nuageuse. Il apparaît... ...disparaît... ...et réapparaît. Panoramique (assemblage de 4 photos) avec le Mont Viso. Le Pic d’Asti. Zoom sur les Ecrins qui se teintent d’or. Les Ecrins et le Pic de Rochebrune. L’Asti, le Mont Viso et le Pic d’Asti. Le Soleil levant ne fait que caresser cette face Nord-Ouest, haute de 1100m. Vers les massifs de Chambeyron et du Rubren. L’Asti alors que le Soleil joue avec les nuages. Les nuages semblent s’être évaporés. Le Mont de Salsa et le Bric de Rubren. Le Brec et l’Aiguille de Chambeyron. Les nuages sont encore sur l’Italie... ...mais le Queyras est dégagé. Le Massif  de la Font Sancte. Le Grand Queyras, le Lac Foréant et la Taillante. La Tête des Toillies pointe vers le ciel, alors que quelques bancs de brume arrivent. Les nuages ne sont pas loin. Le Pic Sans Nom, le Pelvoux et la Barre des Ecrins. Mais la brume italienne arrrive... ...un océan de brume avec des vagues... ...qui déferlent par le Col Agnel... ...comme une marée implacable... ... qui se déverse sur le Vallon de l’Aigue Agnelle... ...et que rien ne semble pouvoir arrêter, pas même le cône d’ombre du Pain de Sucre. Un dernier regard vers le sommet... ...avant de plonger dans la brume avec  un beau Spectre de Brocken. La brume se déchire un instant, me laissant apercevoir le pain de Sucre depuis le sentier qui me ramène au Col Agnel. L’arrivée au Col Agnel. Le départ du sentier vers le petit parking. La Taillante visible un court instant. Tracé Google Earth. Campanules dans la vallée.